‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 206 sur 579 · avril. Collezione, I · texte numérisé non relu

avril. Collezione, I

196 AVRIL-MAI n98

« bagarini^ » ; il n'y avait qu'un moyen de mettre fm à l'agiotage : rouvrir les banques officielles. D'autre part, la monnaie do cuivre se cachait, et le besoin s'en faisait vivement sentir dans la vie quotidienne, au moment oii disparaissaient les billets représentant de grosses sommes ; avec les meilleures intentions du monde, on en était arrivé à paralyser à la fois et les grosses transactions et la petite circulation !

Il fallut donc décréter du même coup et la réouverture des banques légales et la révocation de la loi du 25 mars. Le 5mai^' deux lois étaient promulguées, dont l'une remonétisait les cédules supérieures à 35écus, mais en en les réduisant au tiers de leur valeur nominale, tandis que l'autre accordait aux deux banques officielles la faculté de couper les cédules de 35 écus et de valeur moindre en coupons de 10 pauls et de 50 bajoques, qui devaient être remboursables en espèces avant trois mois : on les appelait les resii. Afin de préparer ce remboursement, on demandait à tous les citoyens de porter au gouvernement le cuivre qu'ils pouvaient avoir-^ ; avec celui dont l'Etat disposait, on devait commencer immédiatement à rembourser les cédules^. Si la joie des Romains fut vive de pouvoir enfin changer ce papier maudit contre des espèces sonnantes, elle fut aussi de courte durée. La notification du 9 mai qui fixait au prochain terzidi, 13 mai, l'ouverture des banques, parlait du change de cédules contre les resti aussi bien que contre des espèces. Du coup, toutes les illusions tombèrent : c'était toujours du papier qu'on échangerait contre du papier; pourquoi se déranger dès lors? Le 13 mai au soir, au lieu d'avoir

2. 17fiorile. Colle zione,'l, 437-439. Il était entendu que ces coupons ne devaient être délivrés par les banques qu'aux personnes venant faire de la monnaie.

3. Sala, I, 194, 199. 11-12 mai. Bufalini aux commissaires, 28 ma.\{Archivio,2%).

4. Le 8 mai, en effet, paraissait enfin l'arrêté consulaire rouvrant les banques à raison de quatre jours par décade, afin de permettre le change des cédules corrente en monnaie de cuivre {CoUezione, 1,443); on devait chaque jour négocier 1.000 cédules, celles de 3 écus d'abord, puis celles de 4, puis de 5, 6, ainsi de suite (Sala, I, 193, 199) jusqu'à celles de 35.

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h(^gocié chacune un millier de cédules de 3 écus, ainsi que la loi l'autorisait, la banque de San-Spirito n'en avait changé que 652, la banque du Mont que 6ilM Le discrédit croissait tous les jours; on craignait même que les cédules au-dessous de 35 écus ne vinssent elles-mêmes à être démonétisées-, et le ministre des Finances, affolé, offrait atout instant sa démission.

Il fallait pourtant solder la contribution de guerre, entretenir les troupes, payer les administrations.

Gomme il était naturel, et sans préjudice d'autres mesures, — on le verra plus loin — les commissaires et le ministère recoururent d'abord aux impôts réguliers. Les anciens impôts du temps des Papes qui n'avaient pas été explicitement abolis furent effectivement maintenus'^ En outre, et afin d'acquitter notamment la contribution de guerre, une loi du 30 mars établit un impôt extraordinaire sur les biens fonciers, impôt qui était de 5 0/0 pour les biens ecclésiastiques et de 3 0/0 pour les autres^. Peu de temps après, le 8 avril, ainsi que le faisait prévoir la loi précédente^, on décrétait un emprunt forcé sur les riches'', à recouvrer dans l'espace de quinze jours : chaque département était taxé à 250.000 écus, — sauf le Tibre, auquel on n'en demandait que 50.000.

Les riches se firent tirer l'oreille : on dut employer la force pour contraindre le prince Doria à payer (10 avril). Le zèle des Jacobins les plus enthousiastes était soudain refroidi : il fallut faire occuper le Ghetto par la troupe, pour en tirer quelque chose. Dans les environs de Rome, les exécutions se multipliaient^ : on n'avait même pas égard à l'absence des propriétaires ^. Comme cela ne suf-

i. liapporto del BuffaUni ai Consoli, 24 fiorile [Archimo, 8). Sala, I, 199.

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