VICTOIRES FRANÇAISES, FÊTES JACOBINES
« intérêts... Ayez confiance, ô Romains, dans les opé- « rations du consulat et dans la sollicitude de ces sages « citoyens : ayez confiance en notre zèle ^ » Le fait est que, malgré le froid, le mois de janvier se passe tranquillement : le peuple souffre avec patience et les Jacobins peuvent, tout à leur aise, célébrer les triomphes de Championnet.
Le soir du 1"'' janvier, à la fin du premier acte d'une comédie qu'on joue au Valle, Valterre se lève, demande le silence et annonce que l'armée victorieuse a dépassé Itri et franchi le Garigliano : le 11, on joue au même théâtre les Bacchanales ^ aux cris cent fois répétés de : mort aux tyrans, mort au Pape, mort aux prêtres ! Le 20, l'enthousiasme est surexcité par l'annonce de la reddition de Gapoue-, et c'est au milieu de la joie qu'apporte cette nouvelle que, le lendemain, Bertolio célèbre par un grand festin donné à l'Académie de France l'anniversaire de la mort de Louis XVI; il a fait venir chez lui, pour charmer ses invités, les meilleurs musiciens de Rome : ce qui fait manquer, du reste, la représentation du Chirurgien d' Aix-la-Chapelle ^ donnée le soir au théâtre Alibert. Le 25, les nouvelles sont plus splendides encore : le consul Brizi reçoit de Couture une lettre enthousiaste : « Vive la liberté, cher consul, « écrit-il... ; Naples est entre les mains des troupes « françaises-^ » ; le 28, la nouvelle officielle est arrivée, et Rome tout entière illumine ses rues. On plante un arbre de la liberté sur la place « délie Carette » : Gagliuffi invoque les Muses et compose un second hymne républicain dont Gugliclmi écrit la musique'^; enfin on joue à l'Argentina une farce qu'à composée Luciani, le chef du secrétariat au ministère de la justice : Ferdinand IV conquérant de Ronie'^\ et l'on