TRAITÉ DE BOLOGNE
sadeurs avec une telle dureté que Gnudi ne peut retenir ses larmes et court s'enfermer chez lui. Mais ce n'est que comédie pure. Le jeune Corse n'entend pas marcher sur Rome ni détruire le pouvoir papal ; Mantoue tient toujours, et Ton annonce l'arrivée d'une nouvelle armée autrichienne. Et puis Bonaparte se sent aujourd'hui le maître de l'Italie; qui sait s'il ne pourra pas devenir le maître de la France? il importe, en ménageant le Pape, de se ménager les catholiques : « L'influence de Rome est incalculable, écrira-t-il bientôt...; j'ambitionne plus le titre de sauveur que le titre de destructeur du Saint- Siège'. » Le 23 juin, il consent donc à rendre la légation de Ravenne avec Faenza et Ancône; il garde seulement Bologne etPerrare'; il exige 15.500.000 livres en argent, 5.000.000 en nature, cinq cents manuscrits et cent œuvres d'art; en outre, des négociations doivent s'ouvrir à Paris pour régler toutes les questions pendantes entre le Directoire et le Saint-Siège 3. « EnJin, nous respirons », dit le Pape à MendizabaH; il est si heureux d'avoir désarmé Bonaparte que, le 5 juillet, il commande aux catholiques de France de se soumettre au gouvernement républicaine
Pourtant, depuis ce moment jusqu'au mois de novembre 1790, il aura la faiblesse de céder souvent aux suggestions du parti qui défend les intérêts de l'Autriche au sein de la Curie romaine et parmi ses familiers^'; et ses provocations et son impuissance feront
i. Franchetti, 191, note 1, 17 octobre {Corr., II, 41)
2. Il est vrai qu'il mit ce j)a\s à réquisition « avec sa violence habituelle » (Azara au prince Paix, 3 juillet 1796). Cité i)ar Séché, I, 187.
3. Corresp.. I, 431. La campagne de juin 17'JG rapporta en tout 34 millions, 'OO.OCX) francs. ; ■