Archivio, 38, 21 ventôse
460 DICTATURE DE BERTOLIO
pourquoi l'on dit à Rome, le 14, que la surveillance des Beaux-Arts sera désormais la seule charge des consuls, des sénateurs et des tribuns^.
De ce pouvoir qu'il s'est attribué, Bertolio use d'abord, pour satisfaire sa haine, poursuivre Championnet et venger sur lui l'humiliation de la commission civile. Le 14 mars, il fait arrêter les frères Sieubert, fournisseurs de l'ancien général-; le 12, il fait traduire Barssal, qui travaille avec lui à l'établissement de la République napolitaine, devant un conseil de guerre. Le lendemain, il met à l'ordre du jour de l'armée l'extrait des registres du Directoire daté du 25 thermidor (7 ventôse. Dépôt): Le Directoire exécutif, informé que, depuis la rentrée de l'armée française dans Rome et l'occupation qui s'en est ensuivie des Etats napolitains, il a été commis dans ces contrées des vols, des exactions et des dilapidations dont la voix publique accuse des individus qui ont fait ou font encore partie de l'armée de Naples... arrête ce qui suit : on traduira devant un conseil de guerre tous les prévenus de vols... » Bertolio se sert de cet arrêté comme d'une armew contre l'armée, dont sa propre impuissance a fait ressortir le rôle prépondérant. En même temps, il détermine. . le sénat à nommer une commission chargée « de pré-« « senter un aperçu des désordres publics survenus <( en 1798 ». Le 21 mars, ce rapport est lu en séance publique; il a pour titre: Ce que coûte z/n essai de\ République. Et il conclut que les Français, — entendez l'armée, — ont enlevé 56.696.382 écus'^.
1. Cf. lettre du Consulat au Commissaire Bertolio, ambassadeur de la République française, 21 fiorile. Archivio, 22. Sala, UI, 37. Bertolio et Galisti.