LE CARDINAL ZURLO
de Vincenzo Giordani^ condamné à mort, le 23 avril, par la commission militaire, pour avoir prétendu que les Français étaient en retraite, que l'Empereur avait un commandant à Rome et pour avoir fait rentrer dans la ville tous les vignerons de la campagne, en assurant qu'on en fermait les portes-. Les succès de Savarin, qui prend Caslellamare, de Gragnani et de Watrin, qui battent les Anglais et les obligent à se rembarquer sont exploités avec fureur; mais malgré ces succès isolés, malgré les précautions contre les mauvaises nouvelles, malgré les démentis officiels, on ne parvient pas à contrebalancer l'effet des défaites de Schérer et de Moreau^.
Les patriotes sont réquisitionnés ; le clergé est sollicité. L'éclat que produit la retraite de l'armée de Macdonald est adouci par la surprenante proclamation du cardinal-archevêque de Naples. Le 18 mai, le jour même où part le général en chef, le ministre de la Justice s'adresse aux Romains : « Entendez, dit-il, la voix des vrais pasteurs de l'Eglise qui offrent aux peuples les aliments salutaires de la frater- ( nité évangélique, le premier objet du gouvernement républicain. Un des plus doctes et des plus zélés est l'archevêque de Naples, respectable par ses vertus et son patriotisme. Ecoutez son langage, apprenez les véritables maximes d'un sage ecclésiastique qui cherche à sauver le peuple, non à l'entraîner à sa ruine. » Et, en effet, « Giuseppe Maria, par la miséricorde de Dieu et de la sainte Eglise de Rome, cardinal Capecce Zurlo, archevêque de Naples », envoyait « à tous les fidèles de son diocèse et à tous les peuples républicains du territoire napolitain, salut et bénédiction », leur confiait, dans une proclamation solennelle, qu'une « nouvelle horrible » était par-
1. Cf. sentence de mort de la Commission militaire des 12, 13 et 14 germile, IV, 143, « consideranda clie e realmènte coUezione ».