LE PAPE VEUT LA PAIX
parue entre le 31 août et le 28 décembre 1797: c'est une longue et intéressante apologie de la politique suivie par le Saint-Siège vis-à-vis de la France. L'auteur anonyme suppose que le peuple romain prend la parole et s'adresse aux antres peuples qui habitent l'Italie centrale pour défondre leur commun souverain, le pape, contre les attaques de toute sorte auxquelles il est en butte. « Voici, dit-il en terminant..., voici justifiée ma « conduite... Je me iïalle que cette grande nation et « son représentant en Italie et son frère, qui réside <( comme ambassadeur de sa république auprès du (c Saint-Siège, ne voudront pas prendre en mauvaise « part cette riposte ; elle ne tend à rien d'autre qu'à « me préserver de nouveaux et plus graves malheurs ^ »
Ainsi, à la fin de 1797, Pie VI veut la paix avec le Directoire, comme le Directoire et Bonaparte veulent la paix avec Pic VI. Cette politique pacifique, que semblent imposer à l'Etat romain la pauvreté de son sol et le désordre de ses finances, et que lui conseille, d'autre part, l'isolement delà Papauté affaiblie, envahie, je dirais presque démantelée à la fin du xvui'' siècle par les attaques et les prétentions des Etats fébronianisles, se trouve confirmée et affermie par la situation respective de la Papauté catholique et de la Révolution française, en décembre 1797; des influences plus fortes quecelles de la coterie impériale à Rome et de la coterie sectaire de Paris semblent concourir pour assurer la paix entre elles. Et cependant, le 20 janvier 1798, une armée française marche d'Ancône sur Rome, et le général qui la commande a l'ordre d'y instal er une république. Entre la fin de décembre 1797 et la fin de janvier 1798, la situation politique s'est donc radicalement transformée ; entre ces deux dates a été massacré à Rome le général Duphot.