‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 73 sur 579 · AGRESSIONS ET PROVOCATIONS CISALPINES · texte numérisé non relu

AGRESSIONS ET PROVOCATIONS CISALPINES

piquet accourt, l'officier français survient : il désapprouve hautement Fénrieute; mais on lui assure qu'elle répond à un vœu général de la population, et il rentre dans son poste, tandis que les autorités papales se retirent sur Macerata'. Dans cette ville même, au mois de janvier-, les mômes événements se répètent : on distingue très nettement le but que poursuivent les Cisalpins, expulser les autorités romaines. Quel que soit le gouvernement provisoire qui les remplace, ils comptent bien lui succéder un jour; et ils feront en sorte que ce jour ne tarde pas à poindre '\

Le Pape, au contraire de « toute l'Europe ' », n'a pas reconnu leur république ; ils le somment de réparer sur-le-champ ce qu'ils considèrent comme une injure, espérant, par leurs menaces, le pousser à un éclat, ou trouver dans ses tergiversations un prétexte à rupture. Le 24 novembre (4 frimaire) arrive à Rouen un officier cisalpin porteur d'un ultimatum : il fait comprendre au Saint-Siège que, s'il tient à éviter la guerre, il doit reconnaître dans les huit jours la République nouvelle ■'. Mais, le lendemain môme, 25 novembre, le Saint-Siège donne satisfaction à ces comminatoires exigences; le cardinal secrétaire d'Etat adresse au citoyen Tosti une lettre solennelle, telle qu'on la lui réclame; les Cisalpins n'ont plus de prétexte.

Ils s'en passeront. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, le cardinal Doria est subitement réveillé : on lui remet une lettre du président d'Urbin, datée du 4, qui l'avise

1. Cardinale Antonelli, Informazioni, 6i, 148. ?. Leopardi, Antohiofp'afla, p. 90.

3. Ils sont honinips à aider les événements. Ils intriguent i>our ])rovoquer des émeutes à Montignolo (24 ventôse VI), dans la républiciue de Lucnnes (21 ventôse VI). et dans la république Ligurienne (12 ventôse) (Dépôt de la guerre : Armée d'Italie (14 mars, 11 mars, 2 mars l'798)]. Le 2 mars 1798, le ministre des Relations extérieures de la réjjublique ligurienne écrivait à Berlhier pour se l)laindre des Cisalpins: « Ils veulent, lui dit-il, annexer la Ligurie ; nos deux bataillons nous manciuent; hier, au Cercle constitutionnel, le ministre cisalpin a fait acclamer la Réi)ublique italienne. >> A peine dél)arrassée de la Cisalpine, la Ijigurie se jette avec fureur sur le Piémont, afln de le « démocratiser ». Cf. l'arrêté du Directoire du 1" messidor an VI (Redon de Belleville, II, 38-39) et lettre de Talleyrand à Redon de Belleville à la date du 14 thermidor.

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