Gard. Antonelli, p
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qu'il convient de se hâter et d'accélérer la marche des troupes libératrices 1.
A Rome, en effet, les jacobins ne sont parvenus ni à organiser l'émeute décisive qui doit jeter le Pape à terre, ni à l'exaspérer au point qu'il perdit patience, congédiât Doria et rendît sa confiance aux amis de Busca et d'Albani. Dans les mystiques émeutes provoquées par les miracles du mois de juillet 1796, le chevalier d'Azara remarque déjà- l'accord des « Zelanti » fanatiques et des patriotes emportés : n'est-ce pas le jeu de ces ennemis d'exciter l'émotion populaire, de provoquer quelque nouveau massacre de Basseville, occasion de troubles, c'est-à-dire de pillage immédiat, prétexte à « démocratisation», c'est-à-dire à pijlage systématique,maisaussi prétexte à guerre ouverte contre les révolutionnaires impies avec l'aide escomptée des Napolitains, des Autrichiens et des Anglais? L'alliance, ou du moins l'action parallèle des deux partis extrêmes, persiste malgré les défaites que leur inlligent la sagesse de Doria et la modération de Joseph. Le 28 juin, vigile de la Saint-Pierre, au moment oii l'on doit tirer la girandole, une mine fait explosion au château Saint-Ange •' : mais les murailles n'en sont pas entamées, et la garnison saute sur ses armes. Quelques jours après, la police découvre que les jacobins préparent un mouvement pour la journée du 15 juillet, et elle arrête aussitôt, avec Angelucci, le libraire Bouchard'^. Leurs compagnons ne se tiennent pourtant pas pour battus : ils rêvent d'accomplir le 1"' août ce qu'ils n'ont pu tenter \e 15 juillet : le malheur est que la police, encore avertie, occupe militairement la ville et
1. Mem. Stor., p. 111. — Cf. Beithicr à Boiiapartr? : 29 décembre (Panckonke, IV, 478). :
2. Lettre au prince de la Paix, en date du 20 juillet 1798 (Séché, I, 190). — ■ Cf. Mémoires... d'un /tomme d'état: « Rome renferma dans son sein deux partis extrêmes et incompatibles. L'un était composé d'ardents novateurs qui avaient soif de révolutions; l'autre était formé d'aftidés aveugles et fanatiques de l'ancien ^ gouvernement papal, qui brûlaient d'écraser les révolutionnaires.
3. // Popolo homano, p. 54. — Baldassari, 116. 4 Azara à Joseph B..., 7 nivôse. — Sçiout, ïll, 259. — Jfem. Stor., 1G5.
JUIN-OCTOBRE 1797 7i
prévient tout mouvement populaire. L'adversaire toujours en éveil qui déjoue les complots patriotes n'est autre que Consalvi, le futur négociateur du Concordat : la bienveillance de Pie VI, la faveur du cardinal d'York, fils de Jacques III Stuart, lui ont donné, au lendemain de la trêve de Bologne, la charge d'assesseur de la congrégation militaire : et, de fait, c'est lui qui en est l'àme, et qui, secondé par le général en chef Santini, découvre les manœuvres jacobines : lorsque, après le 15 février, elles auront abouti enfin, c'est lui que les patriotes voudront promener à travers les rues de Rome, sur un àne, roué de coups par le bourreau ^
Pour le moment, réduits à l'impuissance, contraints d'attendre leurs libérateurs sans pouvoir courir au devant d'eux, ils satisfont leur haine en relisant les furieux pamphlets qu'ils viennent d'imprimer : VInvito A?n?nonlio?'io ai Romani, ou encore Roma aile sue Pf'ovincie, ou encore Proclamazione ai Romani^ ou encore VEsposizione di Fatti e ragioni del Popolo di Roma, ou encore le Manifesto délia repubblica d'Italia al générale Bonaparte, ou enfin la Relazione sulla condotta tenuta dai Romani verso i Francesi dalV epoca délia pace di Tolentino sino al giorno doggio continuazione dei torti che hanno ricevuti i Francesi di Roma e che potrebbero di nuovo richiamare contro di Ici los degno de i RepubUcani: brochure- imprimée à Venise (?), entre mai et octobre 1797, sous les auspices du Comité du Salut Public et du Comité de l'Instruction Publique. La nouvelle du 18 fructidor réchauffe leur ardeur et ranime leur audace : au début du mois de novembre, ils organisent une grande fête dans le vieux palais Sora,aux belles fenêtres grillées, aux lignes