LES COMPLOTS ÉCHOUENT
si pures, au style si simple ; ils lancent des invitations par toute la ville, chargent le sculpteur Gerrachi d'exécuter une statue de la liberté et font tant de bruit de leur projet que les autorités papales croient devoir prendre leurs précautions. Mais il vient peu de monde à leur fête, et quel monde! Si Ton en croit un contemporain, Joseph n'ose pénétrer dans la salle après y avoir jeté un coup d'œil... et Gerrachi s'éclipse, oubliant de rien faire et môme de rendre l'argent M
L'arrivée de deux patriotes français, Jorri et Gomuneau et de trois adjudants généraux, aussi déterminés jacobins, Arrighi, Duphot et Sherlock, survient à point pour faire oublier la mésaventure des démocrates de Rome et leur rendre l'espérance: le Directoire a toujours peur que Naples n'envahisse l'étatpapal, et, pour le défendre plus aisément, il â décidé d'y concentrer le plus de patriotes qu'il pourra^. Est-il vrai qu'on ait tenté d'assassiner Pie VI? Nul ne le pourrait affirmer; ce qui est sûr, c'est que trois Romains sont prévenus de ce crime, arrêtés comme tels et que l'ambassadeur ne tente rien pour les défendre^; ce qui est assuré, aussi, c'est que le parti veut mettre à profit les craintes du Directoire afin de hâter la « démocratisation » de la ville. On se rappelle la mission de Gastelli, d'Albitez et de Pierelli, envoyés à Ancône : l'émeute du mercredi 27 décembre permet d'en saisir les raisons cachées comme elle en démasque le véritable objet.
Ce jour-là, on espère déjouer enfin la vigilance de Consalvi : on se réunira dans les allées paisibles de la villaMedici, sous la direction des Granchi, jardiniers de la villa, des Piranesi, des deux Bouchard et de Gastelli. Un autre rassemblement se formera sous les berceaux et sur les terrasses du Jardin de Malte : ce n'est plus l'horizon lointain et le majestueux spectacle que l'on découvre duPincio, Rome couchée au pied de Saint-Pierre; mais