‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 99 sur 579 · MARCHE SUR ROME · texte numérisé non relu

MARCHE SUR ROME

Composée de vieux soldats, conduite par ses généraux habituels, la petite troupe peut s'avancer sans crainte à travers l'Apennin central ; pourvu seulement qu'elle ne soit pas obligée de s'éparpiller en minuscules colonnes dans la montagne insurgée. Or voici qu'une insurrection éclate, avec une violence extrême, sur la droite française. A Masaccio, les paysans se révoltent : c'est un petit village, près Jesi, dont les murailles crénelées étonnent le gracieux pays de Gentile da Fabriano et de Giovanni Battista Salvi. La 12" légère heurte les rebelles établis dans la campagne ; elle les pousse sans peine jusqu'à leurs murs, mais tente en vain de les forcer : elle a dédaigné de prendre ducanon, elle doitbattreen retraite. L'insurrection peut s'étendre : si le coup de main décidé par le Directoire échoue, en quelle posture se trouvera la France? Le général Rey reçoit l'ordre de marcher sur le village et de l'enlever, coûte que coûte, avec la 21% la 15" légère, quatre pièces d'artillerie légère et deux cents chevaux. Le bruit de l'expédition se répand dans la contrée, les habitants épouvantés évacuent leur petite citadelle : Rey y entre sans combat le 2 février, y frappe une contribution de 20.000 écus romains et y fusille un insurgé ! Puis il poursuit sa marche sur Cingoli, où se sont repliées les bandes rebelles, tandis que la garnison papale, qui ne veut pas se compromettre avec eux se retire sur San Severino. Après un engagement assez vif, — il lui coûte vingt-cinq hommes, dont un chef de bataillon (de la 12"), — il s'empare de la ville et lui impose une contribution de 1 million d'écus, qu'il réduit ensuite à 300.000 : il rassure les habitants et regagne à la hâte la route deFoligno^

Rerthier veut prévenir le renouvellement d'une

B. 13). Le décret du 3 février (15 pluviôse), exécuté seulement le 20 de ce mois (2 ventôse), créait Vannée de Home. Cette armée, su|)primée par l'arrêté du 8 mars (18 ventôse) exécuté le 28 (8 germinal), c'est-à-dire réunie a l'armée d'Italie, fut reconstituée par les arrêtés du 18 octobre et du 5 novembre (27 vendémiaire) 15 brumaire), exécutés le 20 novembre (30 brumaire. Dépôt). 1. Rey à Berthier< — Berthier au Directoire (Dépôt, 5 et 6 février).

pareille affaire. Il écrit à l'archevêque de Pérouse, le 6 février, pour qu'il engage ses prêtres et ses moines à maintenir la tranquillité partout; il lui déclare qu'il les rendra responsables des troubles qui pourront éclater sur son passage; il l'assure, du reste, de son respect pour le culte et de sa déférence pour les ministres de Dieu^. En même temps et plus vivement que jamais, il recommande aux chefs de corps de faire observer par leurs hommes une très exacte discipline : comme l'atteste la lettre qu'il envoie à Rey le 4 février et les reproches qu'il adresse à Gervoni l'avant-veille 2. Puis, sachant que le paysan ne se révolte que parce que le soldat le pille, et que le soldat ne pille que parce qu'il meurt de faim'^, il donne tous ses soins au service des approvisionnements et des subsistances. Par un ordre daté de Gamerino, 1"'' février, il réquisitionne, pour le 4, à Spolète, 40.000 rations de pain, viande et vin, et 10.000 rations de fourrages; et, comme les priori residenti Anacleto Sansi, Giuseppe Luparini, Onofrio Leguzi, Filippo Palenca, s'imaginent, épouvantés, que ces provisions ne suffisent qu'à lavant-garde, Berthier rassure avec bonté les députés qu'ils lui envoient à Foligno, Giuseppe Maria Garocci et Bernadino Leguzi (l'avocat) : c'est pour toute l'armée que la réquisition est commandée, et nulle autre ne doit la suivre^. De même qu'à Spolète, il fait préparer à l'avance les subsistances nécessaires à Gività Gastellana^; enfin il s'occupe, dès le 5 février, de l'approvisionnement de Rome''.

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