BONS CONSEILS. TRANSMISSION DES ORDRES
« un sage qui devine des combinaisons » K Montouhotpou lui aussi ^ et Sehotpou-ab-Rà également « trouvent à adoucir les dif- » ficultés », et « découvrent l'arrangement (ou la phrase) sage » dans les situations difficiles », car ce dernier « dirige les » affaires avec une tête solide » ^
Leurs paroles judicieuses, l'autorité de leurs avis, la dignité de leur caractère, leur valent des louanges un peu énigmatiques pour nous, comme celles de Tenna « équilibre du roi parmi ses cour- » tisans, balance de l'aristocratie » 'K
Enfin, tout étant bien pesé, combiné et résolu, il faut, sans trahir aucun secret, transmettre au dehors les décisions royales, les traduire en décrets pompeux et les faire parvenir par la voie hiérarchique aux fonctionnaires qui les exécuteront ou en surveilleront l'exécution. Là encore, le roi peut compter sur l'aide de ses ministres, en particulier de ceux qui portent le titre de hérauts ou orateurs royaux^-'. Il trouve en eux de « sages interprètes de ses paroles divines » ^ Antouf qui ^si premier orateur royal, « porte la parole aux hommes;....
» il connaît la délibération du cœur de son souverain;
» il est la langue de l'habitant du palais » ^ Montouhotpou, Sehotpouabrâ ou Karos « font entrer sa pensée parmi les » hommes » ^ Leurs émules peuvent dire avec Amonemhâït : « Ma bouche prospère pour accomplir (les volontés de) mon » maître. ^ »
1 Sar ouhd tessu : Leyde, Stèle V, 4 (Piehl, JE. Z., 1887, 36); Montouhotpou, v», 1. S, [l. c); Karos, 1. 11 (/. c).
2 Ouhd tess, kem saozem qesent : Stèle de Montouhotpou, v, 1. 4-5.
3 Kem tess iiozem m qesentu, ar khet r tep nofer (Mariette, Abydos II, 24; Maspero, B. Eg., VIII, 136-137; Piehl, loc. cit.) — Stèles de Montouhotpou, 1. 4-5, et de Karos, 1. 8-10 (/. c.) : Kem tess, snozem qesentu, etc. : « trouvant les discours adoucissant les » chagrins et malheurs de son maître par son langage, touchant au vrai, connaissant » les ressorts du cœur, respectueux dans son langage devant son seigneur ».
* Tekhou (le support du fléau) n souten m qoiibit chenit, màkhat n rekhit. Tomb. de Tenna, xvni» d. (Piehl, /. H., pi. 108 b; p. 87).
5 Souton ouahmou (cf. supra, ch. ix, p. 367).
6 Amonhotpou (Mariette, Karnak, 36-37, 1. 26; cf. 1. 8 et 18).
7 Antouf, Louvre G 26.
8 Montouhotpou, v, 1. 4 (l. c); Karos, 1. 7 (l. c.) si la traduction est correcte (cf. supra, chap. vni, p. 324, n. 4).
9 Amonemhâït, xviip d. {R. Tr., XIV, 72, 1. 18).
A leur tour, tous les fonctionnaires et serviteurs qui devront exécuter les ordres du roi mériteront ses bonnes grâces pour la manière dont ils s'acquitteront de leurs devoirs quels qu'ils soient. On veut « satisfaire le roi par toutes ses actions ^ » On ne se contente donc pas de se rendre témoignage à soi-même pour la fonction bien remplie ou la besogne bien faite ; mais on invoque le témoignage du souverain, on cite ses éloges ou ses récompenses. Tout ce qu'on fait de bien est fait pour obéir au roi, lui plaire : aussi le roi sait-il bon gré à chacun de ses talents professionnels.
Ce n'est pas le lieu d'étudier par le détail toutes les administrations et les emplois publics de l'Egypte, les fonctions exercées dans le palais ou le domaine royal, et toute la hiérarchie officielle. Il suffira de rappeler les personnages dont nous avons indiqué les éloges ou les faveurs et de signaler brièvement les causes auxquelles ils les attrii)uent. De préférence nous choisirons des exemples dans lesquels la mention des services professionnels accompagne immédiatement l'expression de la satisfaction royale.
I 2. — Devoirs militaires.
Comme chef militaire, hâ, le grand vassal doit le service militaire personnel. Cette obHgation lui est commune avec tous les détenteurs du sol, arrière-vassaux pourvus d'un petit fief de douze aroures cadastrés et inaliénables, classe militaire des menfitou, en qui les étrangers ont vu une caste : celle des guerriers ^ Si l'âge ou les infirmités empêchent le seigneur ou le guerrier de servir en personne, il se fait représenter par son fils ou son plus proche parent. Ainsi Amoni, prince de Béni-Hassan :
« Je suivis mon maître lorsqu'il marcha pour battre les ennemis dans les contrées » étrangères. Je pris part à l'expédition en qualité de fils d'un prince, gouverneur mili- » taire (ropa-hd), de chambellan, de général d'infanterie (mir machdou) et grand
1 Cf. supra, ch. x, p. 420-421.
2 HÉRODOTE, II, 168; Pap. grec 63 du Louvre; Lumbhoso, Del papiro, etc., IVIaspero, Et. Eg., Il, 35-36; H. Or., 305-308. Sur les fJiàyjfioi de l'époque ptolémaïque, cf. Bouché- Leclercq, Lagides, IV, 2-19, etc.