ANNEAUX, STATUES
indifféremment : « remise de l'anneau (signe) de la fonction de » fils royal », ou : « transmission de la fonction au fils royal » '. Dans les décrets de Canope (art. 2) et de Memphis (art. 12), instituant des prêtres des dieux Évergètes et du dieu Epiphane, on n'omet pas de dire que ces prêtres « graveront leur titre sur » Tanneau qu'ils portent au doigt » : ce sera leur consécration officielle.
D'autres fois encore le roi donnait des plats ou patères, comme nos musées en possèdent plusieurs spécimens. On en voit un au Louvre, dont Thotmès III gratifia le général Thoti, celui dont la légende s'empara et auquel elle attribua la prise de Joppé par des stratagèmes que renouvelèrent Zopyre et Ali-Baba-. La patère du Louvre porte cette inscription ^ « don de faveur, de la part du roi » ''.
Parfois le roi faisait présent d'un objet d'art et de dévotion tel que la statue d'un dieu ou la sienne propre, que le fidèle sujet introduisait dans son laraire domestique. Ainsi le roi Aménôthès II « renouvela ses faveurs » pour le prophète Nébouaïou et lui donna une statue de son père Thotmès III ■'. Un autre favori du même roi fit représenter dans son hypogée les statues, sphinx et coUiers, présents du roi et mentionne ses cadeaux du premier de Tan : un char orné d'or et d'argent, des statues d'ivoire, de Tébène, des pierres précieuses pour colliers, etc. ^
Il ne faut pas confondre ce don avec celui d'une statue à l'effigie du destinataire, qui la déposait dans la salle du mobilier de sa tombe, ou encore recevait en mémo temps l'autorisation do la mettre dans tel ou tel temple'. Celle que Sinouhit reçut pour sa
1 Tomb.de Houi. Thèbcs, xvin" d. (Brugsch, Thesaitrus,Y , H3j; Moret, /?. Tr. XIX, 144).
2 Maspero, Contes, p. 150.
■i Aou m host lit kher souton (Dirch, Patère : Soc. Antiq. Fr. 18u8, t. xxiv, B. Eg., IX, 225 sqq. Cf. Maspero, H. Or., II, 277; Petpje, Hist., II, 142).
* Une diidicace analogue orne un vase d'albâtre donné à une nourrice de prince royal ; arit m ho.wu nli kher souton hositou n nouter nofcr (British Muséum, Eg. room, 4499 a : BiRCH, op. cit. p. 232).
^ Ouahm-ni hostou (Bevéria. Mon. hiogr.de Bok-ni-khonsou, p. 43: Birch, /E. Z., 1876, 5) : Stèle de Nébouaïou, 1" prophète d'Osiris (Mariette, Abydos, II, 33 a).
* Tomb. 13 d'Abd-el-Gournah (L. D, III, 63 a) dou, m hosou nt kher souton Ad-khopirou-Rà.
"' Les contrats d'Hapi-Zaoufi avec son prêtre de double et les prêtres du temple de Siout, apprennent que de lui deux statues étaient déposées, l'une dans le temple d'Ouapouaïtou, seigneur de Raqririt, l'autre dans son hypogée, d'où à certains jours on la
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tombe comme faveur suprême de Sénouserit l", après tant d'autres libéralités, « était ciselée en or avec une robe de vermeil et ce » fut Sa Majesté qui l'introduisit » : « Ce n'est pas », pouvait-i! ajouter, « un homme du commun à qui il en a fait autant; et. en » vérité, je fus dans la faveur du roi jusqu'au jour du trépas » ^ Moins précieuses par la matière, mais également honorables comme signe de bienveillance du roi, étaient les statues de pierre. Le ministre Montouhotpou mentionne sur sa stèle que « par ordre » du roi..., on lui a fait une statue placée dans la salle divine » comme à un serviteur du dieu grand » -. Le prince d'Hermopolis, Thot-lîotpou, a fait raconter et peindre dans son tombeau la fête de l'arrivée de sa statue colossale « faveurs reçues du roi », « faveurs du roi solides et perpétuelles », « récompenses splen- » dides obtenues comme faveurs du souverain » ^ Un inventaire de la xu® dynastie nous fait connaître la présence des statues en bois de deux comtes monarques et de cinq autres fonctionnaires royaux, à côté de celles de Sénouserit II, de Sénouserit III et des membres de la famille royale dans le temple de Kahoun, dédié au premier de ces rois ''. On a retrouvé soit dans les hypogées, soiL autour des temples et parmi les ruines, particulièrement à Abydos et à Karnak, un certain nombre de ces statues érigées par de bons sujets avec permission spéciale du roi^ Telles celle du scribe du harem Oïronkhou de Memphis, érigée dans le temple du roi à Abydos^ — celle de l'intendant des greniers Siisit, au même
Iransportait au temple du dieu Gliacal; on rendait un culte à l'une et à l'autre (Inscr. de Siout, 1. 8, 39, 49, 52 : Griffith, Siut, pi. 6-8, 1. 276, 307, 317, 320; Maspero, B. Eg., I. |t. 64-74). — Cf. infra, p. 353, n. 3, les statues d'Ainonemhabi.
1 Pap. Berlin I, 307-309 (Maspeko, M. Z. 1879, 52; Contes, p. 129-130). — La variante (lo l'Ostracon du Brit. Mus. attribue aux fils du roi le cadeau de la statue.
2 Stèle de Montouhotpou, xu'= d. (Mariette, Abydos, III, n» 017, v°, 1. 2-3; R. Tr. X, 145-148). — La « salle divine » peut être ou la « grande salle ousekhit. » du tombeau, ou plutôt celle du temple d'Osiris, le dieu grand.
3 Hostou lit kher souten, — hostou nt souten rnen ouah, — aatou nos m hostou ait neb. : Tomb. de Berchéh (L. D, III, 134; Chabas, Mél. IV, 113; Maspero, B. Eg., I, 57, 59-60).
* Pap. de Kahoun, 2« trouvaille (Borchardt, vE. Z ., 1899, XXXVII. 96-97).
c Mariette, Karnak, pi. 8, p. 42; Catalogue de Boulaq, p. 05; Devéria, B. Eg., IV, 312; Maspero, Documents relatif s aux statues, B. Eg. I, 61 et 81; //. Or., I, 302, n. 5; Lefkduue, Rites, p. 8-9; Moret, Royauté, p. 200-202; Legrain, Rapports, [Ann, Serv. 190], sqq.): R. Tr,. XX VII, 61-82: Catalogue des Mon. troutiés à Karnak.
« xii« ou xiu" dyn.. Mus. du Caire (Mariette, M. D., pi. 27, p. 7).