‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 219 sur 433 · CONSEILS ROYAUX · texte numérisé non relu

CONSEILS ROYAUX

pour résoudre les difficultés extraordinaires qui surgissent, le roi consulte une sorte de Conseil d'État qui se réunit au palais et lui donne les avis qu’il demande.

Le conte du papyrus I de Saint-Pétershourg met en scène les conseillers intimes du pharaon réunis autour de Snofrou pour délibérer avec lui, et il nous apprend que c’était leur devoir de chaque jour‘. Le conte d’Apopi et de Soqnounri fait paraître également les deux rois entourés de leurs grands chefs, leurs capitaines et leurs généraux avisés, leurs scribes magiciens avec qui ils s’entretiennent des messages à envoyer et de ceux qu'ils ont reçus *. Pour savoir à qui appartient la boucle parfumée de la fille des dieux le pharaon du conte des Deux frères réunit ses scribes magiciens”. Dans le conte de Sénosiris, le sorcier Ethiopien vient défier l'Égypte, « un jour que le roi » Ousimari était assis en la cour d'audience du palais de Pharaon » à Memphis, tandis que l’assemblée des princes, des chefs » militaires, des principaux de l'Égypte, se tenait devant lui, » chacun à son rang dans la cour » *.

Dans la réalité, il en va de même. Toujours les grands officiers de la couronne entourent le roi. Lui soumet-on quelque crime à juger, quelque différend à régler, ils se groupent à droite et à gauche de lui dans les coins de la salle comme assesseurs de son tribunal. Les preuves de l'existence de telles cours de justice s’offrent également dans la mythologie et dans l'histoire dès l’ancien empire”. S'agit-il de quelque décision administrative à prendre, voici les grands qui forment le Conseil royal. On a retrouvé le procès-verbal d’une séance convoquée par Sénouserit [* au sujet de la réédification d’un grand temple d’'Héliopolis :

« L'an IIT,..., il yeut une séance dans la salle du Conseil, conférence de ses serviteurs,

» les S'amirou du Palais Royal v. s. f. et les Ouerou, au sujet d’un endroit pour jeter » les fondements d’un édifice. Discours adressé lorsqu'on eùt obéi: « Qu'iis délibèrent

4 Gorénicuerr, Æ. Z., 1876, p. 109-110; Maspero, Contes, p. 54,

2 Apopi et Sognourt : Pap. Sallier I (Contes, p. 289-284).

3 Les deux frères (Contes, p. 22).

4 Conte de Sénosiris (Masrero, Journal des Savants, p. 480, 1901; Contes, 3° édit. p. 138). 5 Cf. supra, ch. vu, p. 290-292.

» en manifestant leurs opinions. Voici que Ma Majesté prescrit des ouvrages qui rap- » pelleront mes actions d'éclat à la postérité 1. »

Si de l’époque féodale du moyen empire nous passons à celle des grands conquérants thébains, nous voyons la coutume subsister. Hâtchopsou, veut-elle consacrer à Amon-Rà les richesses rapportées de la croisière en Pouanit, vite elle assemble son conseil :

« L'an IX, il (Hâtchopsou) était assis dans son pavillon, apparaissant en roi, avec la ».couronne atef, sur son grand trône de vermeil, dans le lieu saint de son palais. » Vinrent vers lui les grands et les amis du roi. On fit entendre un projet de décret 2. » Quand il s'apprête à parachever le monument de son père à Abydos, Ramsès IT fait convoquer par un chambellan «les gens » du cercle, les nobles royaux, les commandants .des guerriers » également, tous les chefs de travaux et les conservateurs des » archives » *. Songe-t-il en son palais de Memphis aux souffrances des chercheurs d’or de Nubie, pour lesquels il faudrait creuser puits et citernes, il ordonne de même à un chambellan de convoquer les grands de la cour et le prince d’Ethiopie parlera en leur nom‘. Selon les affaires, le roi fait donc appel aux gens compétents. Pour proclamer l’accession au trône de son héritier, le roi réunira tous les chefs de service et les personnages importants : Thotmès [* « fit venir les nobles royaux, les hauts dignitaires, les » amis, les hérauts du palais, les chefs des mandarins, pour » saluer» sa fille Hâätchopsou”. Séti [ «rassemblales officiers du » palais pour établir les diadêmes sur le front » de Ramsès II°. Ramsès IT n'avait sans doute devant lui que les grands et les chefs chargés de reporter ensuite le mot d'ordre aux troupes, aux auxiliaires, aux sujets, esclaves et manouvriers, auxquels il adresse son propre panégyrique et la notification de l’association de son

1 Parchemin de Berlin, 1. 1-4 (Srern, Æ. Z., 1874, p. 85; Cnapas, Choix de textes, p. 7; Masrero, Æ. Or., I, 504).

2 Déir-el-Bahari, an IX. 1. 4 (2. Tr., XVIII, 408, pl. 3).

3 Inscr. dédic. d’Abydos, 1. 33-34 (Maspero, p. 21-22).

# Inscr. de Kouban, I. 7, 41, 19 (Cnapas, Soc. Chalon, 1853, IV, 457-459 — B. Eg., X, 209-217; Enman, Æg., p. 648; Masrero, 7. Or., IT, 408).

5 Inscr. de l'intronisation, Déir-el-Bahari, 1. 8-9 (Navize, À. Tr., XVIII, 98; D.-el-B III, 60; Serne, Urk., IV, 266).

6 Inscr. dédic. d’Abydos, 1. 46 (Masrero, p. 29).

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