‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 222 sur 433 · DISCRÉTION · texte numérisé non relu

DISCRÉTION

«il entendait les affaires seul avec le grand-juge-comte, en tout secret. au nom du roi, » du Harem royal, et des six Grand-Chambres 1 »: et même « quand s’instruisit dans je » Harem l'affaire de la reine Amitsi, en secret, Sa Majesté l’y convoqua seul, hors de la » présence de tout juge-comte et de tout grand, sauf lui seul » 2.

Ces confidences exigent en retour le silence et la discrétion. Le roi les trouve autour de lui. On n’abuse pas de ses secrets. La dignité royale que l’isolementetle mystère entourent d’une auréole divine, demeure sauvegardée et ne se compromet pas dans les bavardages de la foule. Les enquêtes délicates restent ignorées. Leurs effets seulement révèlent les résolutions prises. À ses autres qualités Montouhotpou joint celle-ci :

« Si on lui disait quelque parole, il gardait le secret sur les desseins de son maître et » reportait les paroles au palais... »; c'était «un cœur voilé sur ce qui se passe au » palais, une bouche scellée sur ce qu'il avait entendu. 8 » Vers le même temps, Khnoumhotpou donne cette raison de sa fortune : « Je reçus ces faveurs parce qu'il (le roi) connaissait ma » discrétion (m. à m. la place de ma langue) et mon humilité. » Plus tard, Hâtchopsou apprécie le ministre Thoti parce qu’elle le connaît pour un homme « discret (voilé de bouche) sur les affaires » de son palais »°. Anna ne manque pas de se qualifier aussi de « satisfait de cœur, clos de lèvres, caché de bouche sur tout » ce que renferme le Palais » 5. Amonhotpou était une « bouche » unique » aussi bien pour les paroles que pour le silence”. Nakht-Khem explique ses succès personnels par « sa discrétion » et son sang-froid » *.

R. Tr., XIX, 124). — Nenka, « jurisconsulte, prophète de Mâit, pesait les paroles » (M.M.C., 1, 196 : Sriscezzere, R. Tr. XVI, 29). — Montouhotpou aussi était « juriscon- » sulte et prophète de Mâit » (Loc. cit.).

1 D’autres sont aussi rattachés par leur titre aux six grand-chambres (Prieur, Pr. S.B.A., 1890, 424).

2 Inser. d'Ouni, L. 3-4 et 10-11 (Srrecezpere, R. Tr., XVI, 29).

3 Hap khet her sam hit, khetem ro her sodem-f. Stèle de Montouhotpou à Abydos, vo, L. 4 et 5 (R. Tr., X. 148). — Mêmes expressions dans la stèle de Karos, favori de la reine Ah-hotpou, (la variante « au lion du palais », c’est-à-dire au roi Amonhotpou son petit-fils, risque de n'être qu’une erreur de lecture pour r khennou « à l'intérieur du »)

Stèle de Karos à Drah-Abou’l-Neggah, L. 8 (Bourranr, R. Tr., IX, 94; Danessy, X, 145; Maspero, M.M.C. I, 627).

4 Hypogée de Béni-Hassan (R. Tr., I, 165).

5 Stèle Northampton, L 35 (Serne, Urk., IV, 429; SPreceLBERG, R. Tr., xxu, 118-122).

6 Stèle d'Anna (R. Tr., XIV, p. 73).

1 Stèle d'Amonhotpou l'architecte à Silsiléh (Lecrann, Ann. Serv., IV, 209).

8 Peh-n-i nen her ger kebbh : Nakht-Khem (Louvre C 55 : Preur, Z. Æ., pl. 10, p. 13).

Le roi leur communique ses idées; ils délibèrent avec lui, l’éclairent, le conseillent et inspirent ses résolutions. Montounsisou, conseiller très intime de son roi, « est arrivé aux honneurs » à cause de la sagesse des desseins qui sont en son cœur » !. Plus tard Amonemhäit, fonctionnaire de Thotmès IE, « marchait sur » son eau et discutait ses desseins et ses projets » *. Quant à Amonhotpou-Houi, fils d'Hapou, ministre d'Aménôthès HE c’est un conseiller précieux, dont la sagesse, la perspicacité et l’éloquence furent nourries par l'étude :

« Moi, je suis un grand à la tête des grands, pour dècouvrir le sens intime des paroles » divines, avec sagesse ; ministre des desseins royaux et faisant primer le souverain. » Je m'appliquai aux écrits divins; je contemplai les lumières de Thot; je fus initié à » leurs secrets ; je sondai tous leurs mystères ; je possédai l’art de l’éloquence en toutes « ses parties #. »

La sagesse parait dans leurs discours. Il est dit de Montouhotpou: « la paix était dans les paroles qui sortaient de sa bouche, et

» le livre de Thot était sur sa langue »*. De mème de Amonhotpou « muni de conseils ; sa bouche est sage comme celle de » Ptah » *. Anna est un « maitre de sagesse, fort éloquent (excellent » au travail de la bouche), excellent à parler, possédant sa langue, » célèbre par ses paroles °». Tenna se montre « habile quand » il révèle ses pensées » *. Rekhmarà est « chaleureux dans ses » discours, calme à écouter, habile dans ses projets » $. Personne ne rivalise avec Ounnofris : « Tant qu'il cache sa pensée, le pre- » mier est à bout ; lorsqu'il à exposé son idée, il est admiré pour » la vigueur de son cœur°. »

Agite-t-on quelque question épineuse, leur habileté s’en tire avec honneur et dégage les solutions justes. Tel personnage est

1 Stèle de Montounsisou, 1. 7-8 (Louvre C À : Masrero, 2. Eg., NII, 156).

2 Stèle d'Amonemhäit, xvmme d. (R. Tr., XIV, 72).

$ Statue d’Amonhotpou (ManeTre, Karnak, 36-37, 1. 26-29; Brucscu, Æ. Z., 1876, p'07.

4 Stèle de Montouhotpou, r° (loc. cit.).

5 Inscr. d'Amonhotpou à Déir-el-Bahari (L. D., IV, 67 D; Æ. Z., 1887, 418).

6 Neb sart, aker neztou ro, aker sod, skem nas, rekh sou m zodtou : Tombeau d'Anna à Cheikh-Abd-el-Gournah (CHamPoLnioN, Noë., 1, 492; Serue, Urk., IV, 67).

7 Monkh ab-f häti : Inscr. de Tenna (Pieux, Z. Æ., p. 87, pl. 108).

8 Serf[hati] m nesnez, her m sodem, aou-a gert chessa-koua m sekherou : Rekhmarâ vestibule, mur S.-0. (NewBerry, Rekhmara, pl. vu, 1. 36). ;

3 Stat. de Ounnofir, 1. 2, ép. ptolém. (R. Tr., XV, 157).

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