‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 224 sur 433 · BAN MILITAIRE · texte numérisé non relu

BAN MILITAIRE

» nomarque du nome de la Chèvre (Méhit) : je remplaçais la personne de mon père qui » était âgé après avoir eu des récompenses de la part de Pharaon 1. »

De même Ahmès, prince de Nékhabit ?.

Tout vassal requis par son suzerain le suit dans la guerre étrangère”. Mais il doit aussi répondre à son appel, s’il s’agit de prendre part à une guerre civile et d’écraser des rebelles. Téfabi, prince de Siout, après Khiti [*, n’a point dégénéré de la vaillance de son père *:1l « ressemble à un taureau qui sort au jour du » combat ». Mais il n’a pas les mêmes ennemis : les soldats de Khiti étaient « l'élite des pays du sud » ; ceux de Téfabi « com- » battirent contre les nomes du sud, quand ceux-ci vinrent réunis » depuis Éléphantine au sud jusqu'à Antæopolis au nord. » Il raconte longuement sa campagne qui comporte dévastations et incendies comme en pays étrangers, et conclut en se vantant d’avoir « détruit la révolte..., renversé la prospérité de toute » place qui se battait contre le roi » *. Partisan des derniers dynastes héracléopolitains, 1l contribua à réprimer les premiers soulèvements des princes thébains qui fondèrent la x1° dynastie °. Son fils Khiti Il continua à combattre les rebelles,. « sema l’épouvante sur » le monde et châtia les nomes du sud à lui seul » 7. Bien plus tard, lors de troubles analogues, l'Éthiopien Piänkhi voulant faire reconnaître dans toute l'Égypte son autorité, convoqua autour de lui tous les princes du Delta, et, tenant pour rebelles tous les feudataires qui ne se rendaient point à son ban, il les attaqua et les réduisit à la merci*.

Cependant la situation sociale de chacun diversifie les obligations. Le simple guerrier n’a qu'à se présenter avec sa vigueur et son courage. Le gouverneur doit amener le contingent de sa ville ou de sa province. Amoni n'arrive point seul, il conduit

1 Inscr. d'Amon à Béni-Hassan (L. D., IT, 122).

2 Inser. d'Ahmès le marin, El-Kab, 1. 5 : « Mon père était officier... voici que je fis le » service d’officier à cause de lui. » (L. D., II, 12 D; Serue, Urk., IV, 2; Cnaras, Pasteurs, p. 19).

3 Cf. supra, ch. x, p. 429-430.

4 Cf. infra, p. 450, n. 6; 452, n. 4.

5 Inscr. de Téfabi à Siout (Marrevre, M. D., pl. 69 et p, 22; Grirrtrn, Séué, pl. xt).

6 Cf. Masrero, 2. Crit., 1889, II, 415-418 ; H. Or., I, 455-457).

7 Tomb. de Khiti II (Gerra, S'éët, pl. x; Masrero, À. Crit., 418-419; 77. Or., I, 458).

8 Stèle de Piänkhi (ne Roucé, Chrest., IV ; Souærer, Urk., IL 1-56).

quatre cents guerriers d’élites'. Une autre fois, le même nome fournira huits cents combattants. Khiti, prince de Siout, en commande un millier? sans compler sa belle flotte. Le contingent du nome de Thèbes atteindra trois mille hommes : il est proportionnel à la population *.

Chez le militaire, le roi estime la bravoure personnelle :

« Est-ce qu'un homme n’est pas glorifié dans son pays, lorsqu'il a montré son courage » auprès de son seigneur et qu'il a le renom d'un guerrier ? En vérité, l'homme est » acclamé pour sa vaillance. »

dit Ramsès IT à ses soldats, auxquels, dans le poème de Pentaour il reproche leur abandon ‘. Tout roi guerrier aime ses braves. Montouhotpou, fils d'Hapi, sous les premiers Thébains, « comble » le cœur du roi en battant les ennemis * . » — « Je suis le favori » (du roi à cause) de ma vaillance », dit Khiti, prince de Siout, « le fort par son arc, le vaillant par son épée, le plus redoutable » de ses gens » °. De ses soldats, comme de ses marins prêts à l'aventure, l'Égypte aimait à témoigner qu’ « ils avaient vu ciel et » terre et leur cœur était plus résolu que celui des lions”. »

Les biographies d’Ahmès-si-Abina ou d'Amonemhabif entremêlent le récit de leurs exploits et le souvenir des louanges ou des récompenses obtenues. C’est une bataille avec de beaux coups d'épée tranchant têtes et mains ; c’est un siège où l’on monte le premier à l'assaut; c’est une rivière à traverser; ce sont des pays hostiles que l’on soumet en passant d’une course interminable ; c'est une rencontre où chaque fois le roi, témoin du fait d'armes, prodigue félicitations et cadeaux *.

Les qualités du commandement, l’autorité sur les soldats, la hardiesse et la sûreté de la tactique, attirent aussi l'attention et

1 Amoni à Béni-Hassan (L. D., II, 122).

? Khiti Ier à Siout (Marnerre, W. D., pl. 68 et p. 22 ; infra, p. 452, n. 4).

$ Inscr. d'Hammamät, an IT de Montouhotpou II Nibtoouiri (L. D., II, 449 p, 1. 19).

4 Poème de Penraour, Louqsor, 1. 66 (R. Tr., I, 7).

5 Graff. d’Assouan (L. D., IT, 123 p; ne MorGaw, Cat. Mon. I).

6 Khiti Ier à Siout 1. 8-9 (Marrerte, Y. D., pl. 68, p. 22; GrirriTK, Séué, pl. 45).

7 Le Naufragé (Masrero, Conte, p. 137).

$ « Suivant le roi...., celui qui tient dans sa main la force à la suite (”m sa) du seigneur de la double terre, apportant la victoire au dieu bon. » Amonemhabi (M.M.C., V, 275). 9 Cf. supra, ch. 1v, p. 168 et ch. vin, p. 337-338.

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