‹ Le Régime Pharaonique: Dans Ses Rapports Avec L'évolution De La Morale En ÉgypteChapitre 226 sur 433 · COMMANDEMENT, ORGANISATION · texte numérisé non relu

COMMANDEMENT, ORGANISATION

pas à recruter le nombre de soldats nécessaire à l'expédition projetée, le gouverneur enrôlait des mercenaires étrangers : Nègres, Nubiens, Lybiens, etc. !. Les recrues levées, il les faisait équiper et instruire *. Il fournissait les armes, les chars et les chevaux qu'il fallait. En temps de paix.il se préparait à toutes ces éventualités. Par lui-même ou par des lieutenants, scribes, chefs préposés aux divers services ét bureaux ?, il surveillait l’état civil, Le recrutement, la remonte des arsenaux, faisait inscrire et recenser bêtes et gens, de manière à tenir tout prêt pour le cas échéant‘. Comme chef militaire, il centralisait donc en sa main les commandements actifs et les services administratifs. Enfin, il assurait la fidélité des soldats par la distribution régulière des subsistances, comme son collègue des travaux publics tenait en main les ouvriers qu’il pourvoyait de vivres ; comme lui, il surveillait des terres et des greniers. Les approvisionnements de l’armée ne donnaient pas un mince souci, et le roi même daignait s’y intéresser et témoigner son contentement au ministre en assistant à ses opérations *?.

$ 8. — Rôle religieux.

De même que le nomarque est, dans l'étendue de son nome, général en chef et ministre civil de la guerre, de même il y est à la tête des affaires religieuses, ministre laïc des cultes, si tant est qu'il existe un clergé et non pas seulement des emplois religieux exercés sans se séparer le moins du monde de la société civile. Qu'il conserve pour lui les titres afférents ou qu'il les délègue, 1l

1 Scènes de recrutement : Tombeaux d’Amonemhabi (M.M.C.,N, 234-935); de Péhsoukher (26., 294-295); d'Harmhabi (é6., p. 419-492 et pl. 3: Wizxwson, fig. 104, p. 300); de Zaïnni (CHampozzron, Wot., 484-487, 831; — Stèle de Turin, Masrero, À. Tr., IV, 129-130).

2 Cf. Inscr. d'Ouni (supra, p. 189).

3 Les titres militaires qu'énumère le papyrus Hood-Wilbour sont les suivants en ordre dégressif : mir machaou, général d'infanterie; sekha menfilou, scribe de la milice ; donou pa menfitou, lieutenant de la milice; mir sousimou, préposé aux chevaux ; donou tintihtoriou, lieutenant des chars; kazana et sinni, cocher et combattant des chars de guerre; gai-sirou, officier porte-ombrelle (1. 46-18).

4 Masrero, Et. Eq., I, 17-18, 34-37, 39-41).

5 « Amonemhabi fait défiler les officiers d'administration de l’armée, les officiers des » subsistances des soldats en présence de Pharaon v.s. f., pour qu'on remplisse les sacs » d'aliments. » Amonemhabi (#. M. C., V, 229).

tient sous sa dépendance les biens au temple et leur personnel. En tant que « supérieur des scribes de la table de tous les dieux” », il dispose de tous leurs revenus. En tant que « chef des prophètes » septentrionaux et méridionaux? », il commande au sacerdoce tout entier *.

Souvent le baron féodal ne se contente pas d'un titre général et préfère mentionner dans son protocole ses rapports avec les divinités locales. Les gouverneurs de Syène président au culte des dieux des cataractes. Le prince (Ad) Noubkaoüri-nakht est « féal » à Khnoum, seigneur de Ia cataracte, maître d'Éléphantine », et « féal à Sati, dame d'Éléphantine, et à Nékhabit, souveraine du » midi ». Son fils, le baron héréditaire Sironpouït, fils de dame Satihotpou, ne se contente pas d'afficher de la dévotion ; il s’appelle « chef des prophètes de Khnoum, chef des prophètes de » Sati ». Un autre Sironpouït, fils de la dame Sitténi, probablement oncle et prédécesseur du précédent, prend ces mêmes titres, avec la variante: « chef de tous les prophètes de Sat », et celui de « féal d’Anubis » ; dans un bas relief, qui représente les préparatifs du sacrifice, 1l « regarde les taureaux, les bœufs, les » veaux, s’occupant à organiser la fête de tous les dieux d’Élé- » phantine »*, De la vi® dynastie, passons aux xi° et xn°. Comme les barons d'Éléphantine, ceux de l'Égypte moyenne dirigent les cultes locaux. Le baron de Siout Téfabi, vainqueur d’une révolte des Thébains contre le roi Héracléopolitain, a soin de dire qu’il € détruisit la rébellion par le conseil et selon les plans du chacal » Ouapouaïtou, le dieu de Siout »°. Antef, nomarque d’Abydos et vice-roi de la Haute-Egypte, « purifia sa ville, rétablit les mys- » tères et la religion dans ses temples » 5. Khnoumhotpou, régent de Monaïtkhoufou, est prophète d'Hor et de Pakhit? : l’un de ses successeurs, Khiti, grand supérieur du nome de la Gazelle, est

1 Hir sekhaou noutirou nibou.

2 Mir noutir honou qgimäitou mihitou.

3 Pap. Hood, 1. 18-19 (Cf. Maspero, Zf. ég., II, 42-43).

+ Hypogées d’Assouan (Bourranr, R. Tr. X, 188-194).

5 Tomb. de Téfabi à Siout (Grrrerrm, Sêut, pl. xu; Masrero, 4. Or. I, p. 457). $ Stèle d’Antef, 1. 26-27 (Louvre C 26 : ne Roucé, Cat., p. 89).

7 Hypogée de Béni-Hassan (L. D., II, 124; R. Tr. I, 162).

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