PORTRAIT DU ROI
» sa main »'!. Comme Achille, il a les pieds légers et la course rapide”. Comme les héros d’Homère, il se peut dire 8} àyadés ; son cri de guerre est un « rugissement terrible »°. La vivacité de son regard fascine les ennemis‘. Il ne se contente pas de faire de beaux plans et d'animer les troupes de la voix et du geste, il paye de sa personne. Il combat à la tête de ses troupes *, ou seul s’il le faut *, aussi bien à pied que « ferme sur son char comme le sei- » gneur de Thèbes » 7. Il aime l'offensive ; « c'est un chef pour » l'attaque » qui s’élance avec impétuosité*, et ne recule pas”. Tous les terrains, tous les champs de bataille lui sont bons: il écrase les ennemis sur leurs montagnes, il envahit leurs vallées!?. Il n’a point peur du nombre des ennemis et ne les compte qu’après la bataille quand on relève les trophées : « Lorsqu'il se » rue... il méprise les millions, se joue de leurs infinités; le » cœur calme, il entre parmi les dizaines de millions ;.… il voit les millions devant lui comme une goutte d’eau »!! ou « comme des sauterelles »!?. Casque en tête, il s’élance. Il assomme et il taille des deux mains ‘*, «la massue à sa droite, la lance à sa
1 [bsamboul, grande salle, mur sud (2. Tr., VIII, 123). 2 « Fort sur le cheval, bondissant sur ses jambes ». Ramsès III, an IX, 1. 3 (Danzssy, p. 92). — Cf. Sénouserit Ier (Conte de Sinouhit, supra, p. 127).
3 Ramsès III, an V, 1. 58 (loc. cit., p. 255); etc.
4 Ramsès II « brüle de ses deux yeux fascinateurs « (Brucscu, Rec., pl. Lu, 1. 43). D'autres : « fascinateur de visage contre ses ennemis » (Brucsen, Dict., 990, cit. R. Tr. X VIT, 87, Morer, Sens de hosou).
5 Ramsès III, an VIII, 1. 4 et 22.
6 « J'ai agi seul, le dard dans la main fermée ; on n'échappe pas dans mes mains : ma » main est forte » : Ramsès II, Médinet-Habou, mur N., 9e tableau (Cnapas, p. 256).
7 Ramsès IT, Ibsamboul (2. Tr., VIII, 123). — Cf. Ramsès IT « solide à cheval, gracieux » en char »: Ramesséum (L. D., III. 166 ; Caapas, ZE., 640); — Ramsès III « beau cava- » lier » : Médinet-Habou, an XI (DümicueN, H. Z., 19 ; Daressy, 80); % cour, portique N, 3e tabl. (Daressy, 90).
8 « C’est un chef pour l'attaque... Lors de ses expéditions, il a l’impétuosité d’un » seigneur fort et très vaillant. » Ramsès IV, an INT, Hammamät (L. D., II, 219; Prerrer, p. 278).
9 Cf. Amonembhäit [, pap. Sallier I, pl. xx, 1. 6.
40 Jbsamboul, grande salle, paroi S. (Cæamrozzion, Mon., 12: Gurevesse, À. Tr., VIIT 128).
11 Ramsès III, an XI, 1. 7 et 18 (DümicHen, A. Z., pl. 18; Daressy, p. 80-81). — Cf. « Il » voit les infinités comme un seul. » Médinet-Habou, mur N., 4er tabl. (Daressy, p. 186).
42 Ramsès TI, an V, 1. 63 (pe RouGé, pl. 146 ; Daressy, p. 115).
43 Ramsès ILE, an V, L. 71 « part combattre coiffé du casque comme Sit » (pe RouGx, 147; Danessy, 4116).
44 « Tous ses membres sont investis de force victorieuse; de sa droite il saisit des » multitudes; sa gauche s'étend sur ceux qui sont devant lui, semblable à des flèches » contre eux, pour les détruire; son glaive est tranchant comme celui de son père » Montou. » Ramsès III, an XI (Dümionen, /7. Z., 14; Cuapas, p. 238).
» gauche »!. Toutes les armes lui sont bonnes : l'épée, la massue, la hache, la lance, la javeline ou la flèche *. C’est un « seigneur du glaive » *; € son glaive est tranchant » *. « Bras » vigoureux pour tirer de l'arc » *, « il décoche ses flèches sur
» (les insulaires) partout où il lui plaît » ‘; «il lance flèche sur
x . . 7 cs : A 8 » flèche comme les astres scintillants » 7. Ses coups sont sûrs ”,
il atteint de près ou de loin; il est « le guerrier judicieux au trait qui ne manque jamais le but » *. Il frappe sans piué, 1l ouvre de sanglantes trouées dans les rangs ennemis : Q il maitrise des » multitudes...… à lui seul il frappe des millions; à tous les » peuples la respiration périt par lui!° ». « Seigneur victorieux » combaitant des myriades », il & nr les coalisés »!!, « Qui » l'approche est précipité dans l'Enfer »‘*. Nul ne lui échappe ; nul ne lui résiste ; rien ne subsiste derrière lui. Lui cependant ne se lasse pas !*. Il sème la frayeur sur son passage ; on fuit ou on se jette à terre, il frappe et passe impassible; « son aspect est » redoutable lorsqu'il est en fureur ; les plus fermes défaillent » à sa vue; il les fait tomber à genoux, les cœurs navrés; il » ne se retourne pas, il ne voit pas leurs supplications »‘* L'imagination égyptienne aime à le contempler debout, fou-
1 Ramsès III, pl. 41 (Daressy, 62; Dümicnen, 11).
2 Cf. Sinouhit, supra, p. 127.
5 Ramsès II, an V, 1. 58 (p. 255) et 75 (p. 256). Ramsès IT à Ibsamboul (ZX. Tr. VIT, 123). — Cf. supra, p. 123.
4 Ramsès III, mur N., 9% tabl. (Dümicuen, 7. Z., 47 À; CnaBas, p. 257).
5 Ramsès III, an XI, L. 18 (Daressy, 81). — Cf. Séti 1 « tirant de ses deux bras l'arc » comme Montou ». Karnak (Rosezzint, M. St., 49, 1; Guvesse, À. Tr., XI, 58).
6 Ramsès III, Médinet-Habou, mur N., 8e tabl. (RosELLIN, MUR 7132: CHAMPOLLION, Mon., 224; Birc, Pafère, p. 32; DiREsSs. p.192). — « Affermissant l’arc en sa droite, il » lance rapidement sa flèche. » 2 cour (Daressy, 106).
7 Ramsès IIT, mésori an XI (Daressy, p. 85).
8 « Il prend son arc, lance ses flèches, déployant sa force sûrement, sans se fatiguer ». Ramesséum (L. D., IN, 166; CaawpocrroN, Mon., pl. 331; Brucson, Mon., pl. 54; GUIEYSSE, R. Tr., NUIT, 142). — « Toutes ses flèches OL COUt dans les membres de ses ARRET » Ménéptah I, stèle de l'an V (Masrero, 7. Z., 1883, 65).
9 Ramsès III, an V, 1. 55 (Cmapas, p. 254). — « Tirant de l'arc, envoyant les flèches » par ses mains sans qu'elles manquent ». Portique N., 2 tabl. (Daressy, 4. H., 90).
10 Ramsès III, an VIIT, 1. 5-6 (Cnapas, p. 247).
M Ibsamboul, grande salle, paroi S. (Caampozzion, Mon., 12; Gureysse, À. Tr., VIL, 193):
12 Jbsamboul, façade, L. 21 (L. D., IL, 495; Gurevsse, À. Tr., X, 61- -63). — Cf. : « Qui » combat connaissant son impétuosité 9 % Stupide et dément qui attend son choc! il fait » vite connaissance du Douaout, celui qui attaque sa frontière. » Ménéptah, Stèle d'Israël, 1. 12 (Srrgcezserc, Æ. Z., 4896, 3).
13 Supra, n. 8.
4 Supra, n. 7.
lant du pied l’ennemi vaincu, comme un vainqueur « qui se re- » dresse sur le dos de sa victime »‘!. Les poètes et les dieux aiment à dire que ses victoires ont mis ses ennemis « sous ses » pieds » ou « sous ses sandales »?. Plus souvent cependant, les sculpteurs ? le représentent sur son char de bataille, frappant encore mais déjà victorieux, et tous ses ennemis « renversés pêle- » mêle, étendus de leur long devant ses chevaux »‘. Ainsi € impose-{-il sa crainte à tous les pays des plaines et des mon- » tagnes »°et « toute la terre se courbe devant lui . »
De l'humeur belliqueuse du roi Séti [°', de sa bravoure au combat, des exterminations qu'il opère, les murs de Karnak conservent un éloge d’une vigueur non exempte d’excès :
« Voici que le dieu bon se réjouit de saisir ses armes et est heureux de la violence ; » son cœur s'apaise en voyant le sang et en coupant les têtes des rebelles à son gré ; ie » moment où il les écrase est plus qu'un jour de fête. Sa Majesté les massacra d’un seul » coup ; elle ne laissa pas de descendant parmi eux; ce qui échappa de sa main fut » emmené prisonnier en Egypte 7 .»
L'éloge des qualités militaires des rois est un champ où fleurissent, avec l'hyperbole, les comparaisons et les métaphores. Toutes les ressources de la poétique et de la rhétorique, les scribes les appellent à leur secours pour atteindre à la hauteur d’un pareil sujet.
Tantôt c’est des dieux que l’on rapproche les rois. Comparaison
1 Stèle triomphale de Thotmès III, 1. 48 (Marterre, ÆXarnak, pl. xt). — « Il est étendu » sur le sol, sous les pieds de $S. M., qui est comme Montou vainqueur, et dont les » jambes sont sur sa tète. » Ramsès III, mékhir an XI, 1. 30 (Dümicnen, 15; Daressy, 71).
2 Thotmès III : « Je renverse, dit Amon, qui t'est rebelle sous tes sandales. » Stèle triomphale, 1. 5 {Z. cit.). — Ramsès IT: « Les Asiatiques sont sous tes pieds pour toujours. » Décret de Ptah, Ybsamboul, 1. 19-20. (L. D., III, 494. Cf. Médinet-Habou, L. 29 : Daressy, p. 67). — Ramsès III : « Les Archers de Nubie (Pettiou) sont étendus sous tes pieds. » Chant des points cardinaux (Dümicnen, Æ.-1., 17; Cnasas, Et., 115). — « Les » Syriens et les Libyens (Tamahou) sont sous ses sandales, par les victoires de son » glaive l'Egypte châtie les nations. » Mésori an XI (Danessy, p. 86). — « Amon-Rà couche » toute la terre sous ses pieds. » 2 cour, portique N. (Daressy, p. 107; jcf. 77, 115, 138, 179, 187, 188). Ÿ
3 Beaucoup de statues ou de bas-reliefs représentent sous les pieds du roi assis soit des captifs, soit les neuf arcs, symboles des ennemis.
4 Ramsès III, 2 pyl., face O. (Daressv, 406). — C’est ce que l’on voit pour Ramsës II sur les pylônes de Lougqsor et du Ramesséum, sur les murs de Karnak, dans la grande salle d'Ibsamboul, à Beït-Oually, etc.
5 Ramsès IIL, an V, 1. 26 (Cnagas, p. 229).
6 Ramsès III, mésori an XI (CHABas, p. 241).
7 Séti I, Karnak, mur nord, g., der reg., 8e tabl. (2. Tr., XI, p. 60).
facile! puisque les dieux ont prêté toutes leurs qualités aux rois, il est bien naturel de les distinguer en eux ; on les reconnaitra vaillants comme Montou, terribles comme Sokhmit, etc. ! Mème on franchira vite le seuil de la métaphore et l’on dira que le roi est «un Montou par son courage », ou simplement qu'il est « Montou » même par sa vaillance ». On dira encore que « Montou esten lui. » Et nous pourrions être tentés d’expliquer ainsi l'identification des dieux et des rois par un simple jeu de langage, si d'autre part nous ne connaissions sur ce sujet les théories égyptiennes. Tantôt, c’est dans la nature qu’on cherche les objets de comparaison. Pour sa résistance invincible à l'assaut des adversaires et l’obstacle qu'il oppose à toute agression, le roi sera un bouclier ?, un roc, une montagne, un mur résistant et qu'aucun ennemi ne peut percer, qui couvre l'Égypte de son ombre, une muraille de fer*. Ses volontés sont « une colline d’airain » *; son glaive «une montagne de fer°». Pour son impétuosité, il deviendra un taureau, un lion, un « léopard du Midi » qui à vu le carnage » ? ou quelqu’autre animal belliqueux, voire même le fantastique « griffon aux pas agiles, aux S. Pour la rapidité de ses coups, il rappellera l’épervier qui fond sur sa proie”, « maitre » de l'aile qui enserre en un clin d'œil ce qui lui plait! », le
» ailes de millions d’aroures »
4 Voir ch. I, p. 10-21.
2 Ramsès IE, an VIII, 1. 41; an V, 1. 3 (supra, p. 127, n. 2 et 3).
3 Ramsès If, [bsamboul, grande salle, mur N. (Guivsse, R. Tr, VIN, 134-135). — Ramsès III, Médinet-Habou, mur N., 5e tabl. (Rosezuinr, M. R., 126; CHamroLLioN, Mon., 129; Cnapas, Æf., p. 275; Danessy, 189); cf. 8e tabl. (Dümicen, Z2.-Z., IL, 47 À; CHaBas, p. 257; Danessy, 191). Cf. Sénouserit IIT, Thotmès I, Ménéptah, Séti I, Nectanébo IT (supra, p. 126, n. 1, 3, 4; p. 127, n.2 et 3; p. 198, n. 1).
4 Séti I, Karnak, mur N., dr., 4er reg., 3e tabl. (R. Tr., XI, 72).
5 Médinet-Habou, 2e pylône $S., face est (Daressy, 99; cf. mur N., 40e tabl., p. 493 et Ramsès Il, Louqgsor, pylône (CHampozcioN, Mon., 332; Guisvsse, 2. Tr., VIII, 141).— À un autre point de vue, il pourra être une montagne d’or (Ptolémée IL à Philæ; L. D., IV, 78,1. 5; Serne, Urkunden, IL, 109; cf. infra, ch. vx, $ 4).
5 La comparaison isolée avec un bélier (an V, 1. 68 : Daressv, p. 115) provient d’une traduction fautive.
7 Ramsès UT, Médinet-Habou, tribune sud (Daressy, 180). — « Léopard dévorant s’em- » parant de ce qu'il atteint. » An V, 1. 62 (ne RouGé, Z. H., 146; Daressy, 115).
8 Ramsès III, an V, 1. 61 (Daressy, p. 415); cf. 1. 45-46 (Zbid., p. 113).
9 Zbid., 1. 68.
10 Thotmès III « Je leur fais voir Ta Majesté, dit Amon à Thotmès IT, comme un » astre qui verse l'ardeur de ses feux et répand sa rosée. — Un taureau jeune, ferme
» de cœur, muni de ses cornes, auquel on n’a pu résister... l'hippopotame seigneur de
chacal ‘ou le levrier qui bondit après elle, où « un coursier » ramassé sur ses jambes, coureur rapide comme les étoiles » qui scintillent au haut du ciel? ». Par la terreur qu'il inspire, il fera penser à l’hippopotame ?, au lion ou à la panthère‘ qui fascinent leur proie. Son habileté meurtrière au maniement de toutes les armes le fera nommer « glaive des combattants »5, « glaive ou fouet des barbares, fléau dans la mêlée »7, « verge » de fustigation, poignard du massacre des barbares »*. Nul ne se dérobant à ses coups, il ressemble à « un griffon meurtrier » ?, à « l’épervier dans une volière dont la serre se pose sur les » têtes, sans que nul échappe » ‘ ou « entrant parmi les oiseaux, » les saisissant par millions »!!, à « un vautour au milieu des » moineaux »!? ou « fondant sur des rats » '*, à «un chacal » vautré sur les cadavres » !#.
Les ravages en territoire ennemi évoqueront l’idée des sauterelles”, celle des ardeurs du soleil!f ou celle d’une flamme jaillis-
» l’'épouvante, sur les eaux et qu'on n’a pu approcher... un lion furieux qui se couche » sur leurs cadavres à travers leurs vallées... le maître de l'aile (l’épervier) qui em- » brasse en un clin d'œil ce qui lui plaît... O chacal du midi, seigneur de vitesse, qui » rôde à travers les deux régions. » Stèle de Karnak, Musée n° 127 (MarieTTE, Xarnak, pl. 11; Serue, Urkunden, IV, 614-618 ; Maspero, Genre épist., p. 88).
1 Thotmès III, Loc. cit. — « Cest un chacal (levrier) marchant, parcourant ce pays en » une heure, un lion terrible parcourant les chemins secrets de tout pays. » Séti I, Karnak, mur N., dr. der reg., tabl. À et 8 (R. Tr., XI, 71, 72). — Ramsès Il, Ibsamboul, façade, 1. 15-16 (L. D., III, 195, infra, p. 141).
2 Ramsès III, an VIII, I. 3 (Cnapas, p. 247).
3 Thotmès IIf, loc. cit.
4 Non la grande panthère, inconnue dans l'Afrique orientale, mais le léopard abi, ou petite panthère à longue queue, et le guépard bisou (Cf. Masrero, Z. Or., I, 33; Boussac, La Nature, 1908, p. 71-75, 248-250).
5 « Car de même qu’une jeune panthère en face d’un bœuf qui s’affaisse, les âmes » de S. M. les ont aveuglés. » Inscr. de Thotmès I, Tombos (L. D., III, 5 À, 1. 10-11 ; Prec, Petites Et., p. 3-4, 24-25; Masrero, /1.-0., Il, p. 229, n. 3). — Pour le lion, cf. infra, p. 134-135.
6 Ibsamboul, grande salle, paroi S. (Cæampozcron, Mon., 12; Gurieysse, 2. Tr., VIII, 123).
7 Ramsès III, an VIII, 1.3 (Cmapas, p. 247). — « Ils sont frappés comme des gerbes. » An V, 1. 34 (Daressy, p. 112; cf. p. 107).
8 Pap. Br.-M. (CHapas, Zf., 220).
9 An V, 1. 22 et 46 (CnaBas, p. 228).
410 Ramsès III, Médinet-Habou, mur N., 9% tabl. (Dümicuen, 7. Z., 47 À; Cnapas, p. 256).
M Décret d'Amon, Médinet-Habou, 4e pyl. (Dümicuen, pl. 12; Daressr, 62).
12 St. de Ptolémée I (MareTre, Â. D., pl. x1v, p. 3).
18 St. de Ménéptah, an V (Masrero, Æ. Z., 1883, p. 65).
1# Ramsès III (DümicaeN, 7. Z., 12; Daressy, 62).
15 Ibsamboul, grande salle, paroi S. (CæawpozLron, Mon. pl. 12 ; Guieysse, À. Tr., VIII, 193). Les soldats de Ramsès III «aussi nombreux que les sauterelles » Mur N.,1ert. (Daressy, 186).
16 «Ses émanations sont comme du feu pour ses adversaires, faisant que ceux qu'il » atteint deviennent comme pulvérisés; ils redoutent son nom, qui est pour les étran-
sant quand il n’y a pas d’eau’, d’un feu dévorant*, d’un feu brûlant qui se développe dans Les herbages”, d’une étincelle puissante qui met le feu, une fournaise qui calcine les os dans les chairs *. IL « lance flèche sur flèche comme les astres scintillants » °. Son choc irrésistible et la terreur qu'il inspire font penser aux grandes forces de la nature et aux cataclysmes qu'elles déchainent, à la tempôte®, au vent”, à la foudre, à l'incendie”. C'est « une trombe d’eau »”°, « une montagne de granit qui tombe » sur la tête » des ennemis !°, « le ciel insondable engendrant la » tempête qui emporte les arbres et les fleurs » ”*, « un ouragan » pour les peuples, un grand rugissement sortant des nuées pour
s'emparer de leurs villes et faire de leurs demeures des tom- » beaux » ©, Les ennemis devant lui ne sauraient tenir, pailles légères ou troupeaux effrayés.
Chaque comparaison engendre une nouvelle série de métaphores. La comparaison avec le lion‘ se poursuit dans les détails.
» gers comme l'haleine du soleil sur les deux terres. » Ramsès III, Médinet-Habou, mur N., 5e tabl. (Daressy, p. 189). — « Il ôte les souffles aux étrangers par son haleine. » An XI,1.2-3 (Daressy, 92). — « Mettant son haleine comme du feu pour leurs chairs. » Mésori an XI, L 6 (Daressy, p. 80).
IPS SEM ravagea le pays des Rotennou, massacra leurs chefs et fit dire aux » captifs : « Qu'est-ce cela? Il est comme une flamme jaillissant quand il n’y a pas d’eau! » Il fait cesser à tous les révoltés toute opposition de leurs bouches; il ravit le souffle » de leurs narines. » Séti I, Karnak, mur N., dr, 2° reg., 4e tabl. (R: Tr, XI, 73). — Cf. Ibsamboul, grande salle, mur S. (CaampozzroN, Mon., pl. xv-xvi; Gureysse, 2. Tr, VIII, 124) : « (Ramsès I) fait dire aux Nègres : il est une flamme quand il s’élance ».
2? Ramsès IT, Ramesséum (2. Tr., VIII, 142); Ramsès IIT, an V, 1. 45 (Daressy, p. 143).
3 Ramsès III, an V, L. 33 (Danessy, p. 112). — « Comme la flamme s'empare des herbes » sèches quand le vent l’active. » Ramsès [f, Ibsamboul, façade (L. D., III, 195: Gureysse, R. Tr., X, 62). d
! Ramsès II, an XI, mékhir, 1. 19 et mésori (Cnapas, p. 238-240; Dümicuen, AÆ.-Z., pl. 13 et 23; Daressv, 70, 84).
5 Mésori an XI (Daressy, 85).
6 « Sa bouche (lance) la tempête d'Amon contre laquelle on ne peut tenir. » Mésori an XI,1. 34-35 {ne Roucé, 116; Daressy, 82).
7 Ramsès III : « vent furieux », mésori an XI, 1. 21 (DümicHeN, Æ. Z., 18); — « grand » ouragan », mur N., 8 tabl. (Daressy, p. 191).
$« Mon haleine consume leurs villes » Ramsès IIT, Médinet-Habou, 2e cour (Da- RESSY, p. 107).
9 St. de Piänkhi, 1. 96.
10 Ramsès III, mékhir, an XI (Dümicnen, A. Z., 15; Cnapas, p. 239).
1 Décret d'Amon, Médinet-Habou, forteresse et Ler pyl. (Dümicen, Æ. Z., 19: Daressy 51 et 69). :
2 Ramesséum (L. D., pl. 166; CnamwpozuroN, pl. 331; Brucsca, Mon., pl. 54; Gureysse R. Tr., NI, p. 142). À
15 Cf. le dieu éthiopien Maæyÿouk — md, lion + ntul, »dovlu, thol, grand (Bnucscu, Æ. Z., 1887, 78-80. — Cette explication est contestée : Mandoulis — Maroul, comme Osimandyas — Ousimäri).
€ Lion redoutable, fils de Sokhmit » !, « lion plein de vaillance » ?, le roi entre en fureur comme un lion; il rugit comme un lion *; il est « terrible comme un lion fascinant des chèvres {. Puis dans la mêlée, il se dresse « comme un lion pour terrifier des gazelles » ÿ: « c’est un lion qui frappe de la griffe »°, ou « un lion furieux » déchirant de ses pattes celui qui l'approche » 7; il pose « sa » grille sur leur tête »‘; les ennemis « tombent sous sa griffe » ° :
ses griffes les ont anéantis sur place ". Enfin, quand le champ de bataille lui reste, c’est « un lion furieux qui se couche sur leurs » cadavres à travers leurs vallées » !, « le lion qui foule ses enne- » mis sous ses sandales, le grand lion qui les dévore » ??, « le lion » ravisseur dévorant tout ce qu'il rejoint » F.
Comme le soleil créateur du monde, engendreur des dieux, des hommes et des choses, le roi est un procréateur, un mâle, un taureau, le même mot répond à des idées connexes. À propos de bataille, le mot reste mais le point de vue change. Nous avons vu le roi « taureau fort »*; il est encore taureau belliqueux!. En
1 Thotmèés III « le lion redoutable, le fils de Sokhmit » (Comment Thoti prit Joppé : Contes, p. 158).
2 Ptolémée à Philæ, mau ur puhti (Caampozzron, MVot., I, 207).
8 Dit par Amon : « Je donne que rugisse Ta Majesté sur tous pays » Séti I, Karnak, mur N.(Caampozzion, Mon., 299; R. Tr., XI, 74). — Ramsès III, Décret de Ptah, Il. 32 (Daressy, p. 67). — Ramsès II, façade d’Ibsamboul, L 414 : «Cest un lion victorieux, » s’élançant sur les fuyards en poussant des hurlements, faisant retentir de ses cris les » vallées du pays des antilopes. » (L. D., III, 195; Guresse, 2. Tr., X, 61-63). — Cf. supra, p. 128, n. 8.
4 Ramsès III, an XI (Capas, p. 239). — Cf. « Le roi les chargeait comme un lion » fascinateur (ma mau hosa). » Séti Le, Karnak, mur N. (L. D., 126 A; Gurevsse, À. Tr., XI, p. 55}. — «II ne connaît pas le lion qui est devant lui; Râ-nib-mà, c’est un lion » fascinateur » (Zt. Eg., UI, pl. 254, cit. Morer, 2. Tr, XVII, 87).
5 « Il est comme le lion qui se gonfle (se dresse, ched) pour terrifier des gazelles. » Ramsès III, mékhir an XI, 1. 32 (Dümicuen, 7. Z., 15).
6 Sénouserit (Sinouhit, Contes, p. 132). :
7 Ramsès III, Médinet-Habou, mur N., 8e tabl. (Cnapas, p. 258).
8 Ramsès III, mésori an XI (Caapas, p. 241; Danessy, 84, cf. 82).
9 Ramsès III, mésori an XI (Dümicnen, 7. Z., pl. 22; Cuapas, p. 239).
10 Ramsès III, Médinet-Habou, mur N., 9 tabl. (Dümicuen, H. Z., I], #7 A; CnaBas, p. 257).
11 Thotmès III, Chant triomphal (loc. cit., p. 132).
12 Nastosenen, st. de Dongolah (L. 2., V, 164; Bnucscu, Æ. Z., 1887, 80).
13 Ramsès III, mésori an XI, 1. 21 (Daressy, p. 81).
14 Supra, p. 1, 419 (n. 5), 120 (n. 4, 2, 13), 122 (n. 4), 123 (n. 6), 124 (n. 8), 132.
15 Dans certains monuments des dynasties thinites, la métaphore s'exprime par le dessin ; au bas de la palette de Nar-Mer, un taureau détruit de ses cornes une enceinte fortifiée et pose le pied sur un ennemi terrassé qui se débat (Quisezr, Hiéracônpolis, I, pl. 29; Æ. Z., 1898, XXX VI, pl. 12; Lecce, 2. SBA., 1900, pl. I; CAparT, Les Anou, p. 16; Débuts de l’art, fig. 67. — Cf. L. D., III, 17 a). — De même sur une palette du
lui les nations voient « un taureau jeune, ferme de cœur, muni » de ses cornes, auquel on n’a pu résister » !. © Il possède la force » comme un taureau agile des cornes » ?. Si on l’irrite, 1lest « le » taureau qui tombe sur ce qui vient à toucher ses cornes » *. Attaqué, il transforme rapidement la défensive en offensive : «Il » était comme un taureau se tenant sur son pâlurage, agissant de » ses cornes et se tenant prôt à fondre sur quiconque approche de » sa tête » ‘. Ne craignant pas le nombre des ennemis il est {au- « reau fort contre les multitudes » °. Dans le combat, c’est un taureau qui « se dresse avec des beuglements »°, ou « qui attaque | » des pieds, frappe des cornes, et ébranle les montagnes en)
poursuivant celui qui l'approche »’; «ses pieds avaient foulé,
les Libyens et sa corne s’était enfoncée au milieu d'eux » * Enfin ce taureau « dompte les pays » ?.
Ainsi louangé sur tous les tons, le roi guerrier est considéré sans conteste comme le protecteur de ses peuples ", et aussi bien comme le « protecteur de ses guerriers » , le « rempart de ses
Louvre, le taureau à cornes convergentes, le dieu Bat, selon Navizze (Æ. Z., 1906, XLIII, 77-83), terrasse un ennerini (Lecce, op. cit, Navise, L. c., fig. 1). — Sur une palette divisée entre le Louvre et le British Museum, un taureau à 2 tèles contemple la lutte d’un lion et de 2 archers (Lecce, pl. 2; Navice, fig. 2). — Le Livre des Pyramides, compare le roi soit au dieu Bat (Pépi I, 1. 267; Mirinri, 1. 480; Pépi IT, 1. 1240 : 2. Tr., soit à un taureau (Ounas, 1. 179, 538; Pépi I, L. 229 : À. Tr., II, 196, IV, 63; VII, 147.
— On retrouve le taureau, foulant aux pieds un homme, sur un scarabée de Thotmès IIT (Perte, Hist. Scarabs, 993, cf. 996; Newserry, Cat., pl. 28, n° 34, cf. n° 42), et piétinant deux ennemis à l’intérieur d’un naos sur une barque dans un tableau de Thotmès If (Deïr-el-Bahari : L. D., III, 17 4). Comparez, dans la même attitude, les sphinx du pectoral de Sénouserit [IT (ne Moncan, Dahchour, p. 64, pl. 19 et 21; Maspenro, H. Or., I, 518, Guide to Mus., Le éd., 1908, fig. 97, p. 430 ; Vernier, Bijoux, n° 52.002, Cat. gén. Mus., pl. 1, p. 4; Mém. Inst. fr. d’Arch., 1907, pl. 9; Caparr, Art ég., pl. 50), et celui du dos de fauteuil d’Aménôthès III au tombeau de Khâmhäit (Abd-el-Gournah : LD NÉE EC):
1 Thotmès I oc CT D M92 026107
? Ramsès III, mésori an XI, 1. 13 (DümIcHEN, pl. 18); 2e pylône sud, façade (ne Roucé, I. H:,129; Daressy, p.81 et 99).
3 Ramsès III, an VIII, 1. 30 (Caanas, p. 252),
4 Ramsès III, an V, 1. 57 (CHaBas, p. 255).
5 Ramsès Il, Ibsamboul, grande salle, mur S. (Guievesse, À. Tr., VIII, 193).
6 Ramsès II, Ramesséum “BAVGSGH, Rec., I, 54).
7 Ramsès III, an V, L. 32 (Cxapas, p. 230; Danressy, p. 412: «un taureau fort de » membres, aux cornes aiguës, défendant les montagnes » }.
8 Ramsès II, an III (pe Roucé, Mus. Louvre, p. 19).
9 Aménôthés I (supra, p. 120, n. 2).
10 Mak Kamit : cf. supra, p. 120, n. 16, et p. 121-192; infra, p. 140, n. 4.
1 Maki menfitou-f : Ramsès II, Ibsamboul, façade, 1. 6 (LP D., III, 195; Gumvysse, R. 7r., X, 61). — Nohem maächäoüf : Aménôthès Il (d'après le nom d'un fils de Mouienhikou, ‘dont le nom vient d'une autre épithète du même roi: Louvre € 59: pe RouGé, p. 404).