BRUXELLES
LOUIS HAUMAN ET COHP<>, LIBRAIRES-ÉDITEURS.
LE
DEUXIÈME GRANDE DlIrlSFON.
Les Mollusques n'ont point de squelette articulé, ni de canal Tertëbral. Leur système nerveux ne se réunit point en une moelle épinière, mais seulement en un certain nombre de masses médullaires, dispersées en différents points du corps, et dont la principale , que l'on peut appeler ceryeau, est située en U^yers, sur l'œsophage qu'elle enyeloppe d'un collier neryeux. Leurs organes du mouyement et des sensations n'ont pas la même umfbrmité de nombre et de position que dans les animaux yertébrés , et la yariété est plus frappante encore pour les yiscères , et surtout pour la position du cœur et des organes respiratoires, et pour la structure et la nature même de ces derniers; car les uns respirent l'air élastique, et les autres l'eau
(1) LiniUBai réunissait en une seule classe, sous le nom de Vers , tous le animaux non Yertébrés , sans membres articulés ; il la divisait en cinq ordres : les Intbstims , embrassant quelc[ue8-uns de mes Annelides et de mes Intestinaux; les Mollusques, comprenant mes Mollusques nus , mes Ecbinodermes et une partie de mes Intestinaux, et de mes Zoopbytef ; les Tbstacbs, comprenant mes Mollusques et Annelides à Esquilles; les Tttbo- Fhitbs, ou Coraux pierreux, et les Zoophttks, embrassant le reste des Polypes, quelques Intestinaux et les Iniusoires.
La nature n*était point du tout consultée dans cet arrangement ; Bruguières , dans l*En<cyd. métbod. cbercna i le rectifier. Il établit six ordres de yers , savoir : les iNPUSonxs ; lesIimSTUis, qui comprenaient aussi les Annelides; les Mollusques, réunissant à mes ▼raïs Mollusques nus, plusieurs de mes Zoophy tes ; les Echinodeaius , comprenant seulement les Oursins et les Astéries; les Tbstacbs, à peu près les mêmes que ceux de Linnœus ; et les Zoorams , nom sous lequel il n^entendait que les Coraux. Cette distribution n^était préférable à celle de Linnœus que par un rapprocbement plus complet des Annelides, et par la distinction d^une partie des Echinodermes.
Je proposai un arrangement nouveau de tous les animaux sans vertèbres , fondé sur leur structure interne , dans un mémoire lu à la Socité d*his%ire naturelle , le 21 floréal an m, ou le 10 mai 1795 , dont tous mes travaux postérieurs , sur cette partie de Thistoire natu- ' reOe , ont été des développements .
â MOLLUSQUES
douce ou salée. Cependant leurs organes extérieurs et de locomotion sont généralement symétriques des deux côtés d'un axe.
La circulation des Mollusques est toujours double , c'est-àdire que leur circulation pulmonaire fait toujours un circuit à part et complet. Cette fonction est aussi toujours aidée au moins par un ventricule charnu , placé non pas comme dans les poissons , entre les veines du corps et les artères du poumon^ mais au contraire entre les veines du poumon et les artères du corps. C'est donc un ventricule aortique. La famille des Céphalopodes seule est pourvue en outre d'un ventricule pulmonaire, qui même est divisé en deux. Le ventricule aortique se divise aussi dans quelcfhes genres, comme les Arches et les Lingules ; d'autres fois , comme dans les autres bivalves , son oreillette seulement est divisée.
Quand il y a plus d'un ventricule , ils ne sont pas accolés en une seule masse , comme dans les animaux à sang chaud , mais souvent assez éloignés l'un de l'autre, et l'on peut dire alors qu'il y a plusieurs cœurs.
Le sang des Mollusques est blanc ou bleuâtre, et la fibrine y parait moins abondante, en proportion, que dans celui des animaux vertébrés. Il y a lieu de croire que leurs veines font les fonctions de vaisseaux absorbants.
Leurs muscles s'attachent aux divers points de leur peau , et y forment des tissus plus ou moins compliqués et plus ou moins serrés. Leurs mouvements consistent en contractions, dans divers sens , qui produisent des inflexions et des prolongements ou relâchements de leurs diverses parties , au moyen desquels ils rampent , nagent et saisissent différents objets , selon que les formes des parties le permettent ; mais comme les membres ne sont point soutenus par des leviers articulés et solides , ils ne peuvent avoir d'élancements rapides.
L'irritabilité est extrême dans la plupart, et se conserve long-temps après qu'on les a divisés. Leur peau est nue, très sensible ordinairement enduite d'une humeur qui suinte de ses pores ; on n'a reconnu à aucun d'organe particulier pour l'odorat, quoiqu'ils jouissent.de ce sens, il se pourrait que toute la peau en fût le siège , car elle ressemble beaucoup à une membrane pituitaire. Tous les Acéphales, les Brachiopodes, les Cirrhopodes, et une partie des Gastéropodes et des Ptéropodes sont privés d'yeu#, mais les Céphalopodes en ont d'au moins aussi compliqués que ceux des animaux à sang chaud.