‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 2)Chapitre 43 sur 86 · PREMIÈRE CLASSE DES ANIMAUX ARTICULÉS · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CLASSE DES ANIMAUX ARTICULÉS

IT POURTDS DI PIEDS ARnCULÉS.

LES CliUSTAClÊS ( CausnciA ) ,

Sont des animaux articulés ^ à pieds articulés , respirant par des branchies recouvertes dans les uns par les bords d'un test ou carapace , extérieures dans les autres , mais qui sont renfermées dans des cavités spéciales du corps , recevant Tair par des ouvertures placées à la surface de la peau. Leur circulatioû est double et analogue à celle des Mollusques. Le sang se rend du cœur^ situé sur le dos, aux différentes parties du corps, d'où il revient aux branchies, et de là retourne au cœur (l). Ces branchies , situées , tantôt à la basedes pieds ^ ou sur les pieds mêmes , tantôt sur les appendices inférieurs de l'abdomen , forment , soit des pyramides composées de lames empilées ou hérissées de barbes, soit des panaches, de simples lames , et paraissent même dans quelques-unes uniquement constituées par des poils.

Quelques zootomistes, et spécialement le baron Cuvier, nous avaient fait connaître le système nerveux de plusieurs Crustacés de divers ordres. Le même sujet vient d'être traité à fond par Victor Audouin et Milne Edwards , dans leur troisième Mémoire sur l'anatomie et la physiologie des animaux de cette classe {Ann. des sctenc. hat. , xiv, 77) , et il ne nous manque plus , pour compléter ces recherches , que la publication de celles qu'a faites Straus sur les Branchiopodes , et notamment sur les Limules , dont ces deux naturalistes n'ont point parlé.

(( Le système nerveux des Crustacés , soumis à leurs obser-

(1) l^oyeij ci-aprè«, Tordre des Décapodes.

yaiions , se présente , nous disent-ils , sous deux aspects très différents , qui constituent les deux extrêmes des modifications qu'il offre dans les Crustacés. Tantôt , comme cela a lieu dans le Talitre . cet appareil est formé par un grand nombre de renflements nerveux . semblables entre eux ^ disposés par paires y et réunis par des cordons de communication , de manière à former deux chaînes ganglionnaires , distantes Tune de Tautre et occupant toute la longueur de l'animal. Tantôt^ au contraire . il se compose uniquement de deux ganglions ou renflements noueux , dissemblables par leur forme , leur volume et leur disposition , mais toujours simples et impairs , et situés Tun à la tête et l'autre au thorax. C'est ce que Ton rencontre dans leMaja. »

a Certes , au premier abord ^ ces deux modes d'organisation semblent être essentiellement différents^ et si l'on bornait l'étude du système nerveux des Crustacés à ces deux animaux , il serait bien difficile de reconnaître dans la masse nerveuse centrale du thorax du Maja, l'analogue des deux chaînes ganglionnaires , qui occupent Ja même partie du corps dans le Talitre. Mais si l'on se rappelle les divers faits que nous avons rapportés dans ce Mémoire , on arrivera nécessairement à ce résultat remarquable. »

Ils y ont été conduits par l'étude exacte du système nerveux de divers Crustacés intermédiaires, formant autant de chaînons de cette série, tels que les Cymothoés (1), les Phyllosomes (2), le Homard (3), les Palémons et les Langoustes. Ils se sont aussi étayés des observations du baron Cuvier et de Tréviranus. Ils en déduisent cette conséquence, que malgré ces différences de disposition , le système nerveux des Crustacés est cependant formé des mêmes éléments qui , isolés chez les uns , et uniformément distribués dans toute la longueur du corps , présentent chez les autres divers degrés de centralisation , d'abord de dehors en dedans, ensuite dans la direction longitudinale^ et qu'enfin ce rapprochement dans tous les sens^ est porté à son extrême, lorsqu'il n'existe plus qu'un noyau unique au thorax ( les Crabes proprement dits ou Brachyurej). De tous les Décapo-

(1) Ordre des Isopodes.

(3) Ordre des Stomapodes.

(3) Voyez pour ce sous-genre et les deux suivants , Tordre des Décapodes //amille de» Macroures.

des Macroures obseryës par Victor Audouia et Milne Edwards ^ la Langouste serait celui dont le système veineux sérail le plus centralisé ; et dans notre méthode ^ en efifet , ce Crustacé est peu éloigné des Brachyures. Mais il n'en serait pas de même des Palémons et du Homard; car, suivant eux , les premiers se rapprocheraient plus , sous ce rapport, des Langoustes que le Homard , tandis que , dans notre distribution , ce dernier Crustacé précède les Palémons , disposition qui nous parait fondée sur plusieurs caractères très naturels.

Les Crustacés sont aptères ou privés d'ailes, munis de deux yeux à facettes , mais rarement d'yeux lisses, et communément de quatre antennes. Ils ont , pour la plupart ( les Pœcilopodes exceptés ) , trois paires de mâchoires ( les deux supérieures

3u'on désigne sous le nom de mandibules , comprises) , autant e pieds-mâchoires (1) , mais dont les quatre derniers deviennent, dans un grand nombre, de véritables pieds, et dix pieds proprement dits, tous terminés par un seul onglet. Lorque les deux dernières paires de pieds-mâchoires remplissent les mêmes fonctions , le nombre de pieds est alors de quatorze. La bouche présente aussi , de même que dans les Insectes , un labre, une languette, mais point de lèvre inférieure proprement dite ou comparable à celle de ces derniers; la troisième paire de pieds-mâchoires ou la première ^ ferme extérieurement la bouche et remplace cette partie.

Les organes sexuels , ou ceux des mâles au moins , sont toujours doubles . et situés sous la poitrine ou à l'origine inférieure de cette partie postérieure et abdominale du corps qu'on nomme communément queue ; ils ne sont jamais postérieurs. Leurs téguments sont ordinairement solides, et plus ou moins calcaires. Ces animaux changent de peau , et conservent généralement leur forme primitive et leur activité naturelle. Ils sont carnassiers pour la plupart, aquatiques, et vivent, plusieurs années. Ils ne deviennent adultes ou propres à la génération qu'après

(1) Mâchoires auxiliairoB, d^^ la nomenclature de Savigny, du moins quant aux Crustacés décapodes. Les deux supérieurs formant, dans les Amphipodes et les Isopodes y une sorte de lèvre, il les appelle, dans ce cas , lèvre auxiliaire. Relativement aux Fauchears ou Phalangium^ genre d Arachnides, il dislingue leurs mâchoires, en mâchoires principales, celles qui tiennent aux palpes (faux palpes sqXow lui) et en mâchoires surnuméraires ^ ceWcs qui tiennent aux quatre premières pattes. Les pièces des mômes animaux, qu^on a considérées comme des mandibules , sont pour lui des mandilmles succédanées. A Té^pard des Scolopendres , il admet deux lèvres auxiliaires.

UD cerlain nombre de mues. A Tcxception d'un petit nombre, où les changements de peau influent un peu sur leur forme primitive , modifient ou augmentent leurs organes locomotiles, ces animaux sont en naissant, et à la grandeur près, tels qu'ils seront toute leur vie.

DIVISION

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