‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 2)Chapitre 52 sur 86 · TROISIÈME ORDRE DES CRUSTACÉS · texte numérisé non relu

TROISIÈME ORDRE DES CRUSTACÉS

LES AHPmPODES ( AwrarvooA)

Sont les seulsMalacostracésà yeux sessiles et iaxnobiles, dont les mandibules soient, ainsi que celles des Crustacés précédents, munies d'un palpe; les seuls encore dont les appendices sous-caudaux , toujours très apparents, ressemblent par leur forme étroite etalongée, leurs articulations et leurs bifurcations ou autresdéeoupures , ainsi que par les poils ou les cils dont ils sont garnis t à de fousses pattes ou à des piedsHiiageoires. Daiis les Malacostracés des ordres suivants, ces appendices ont la forme de lames ou d'écaillés : ces cils ou ces poils paraissent constituer ici les branchies. Beaucoup offrent , ainsi que les Stomapodes et les Laemodipodes , des boui'ses vésiculaires , placées soit entre les pattes , soit à leur base extérieure , dont on ignore Tusage.

La premièi'e paii*e de pieds , ou celle qui correspond aux seconds pieds-^màchoires , est toujours annexée à un segment propre , le premier après la tête. Les antennes , dont le nombre, à une seule exception (les Phronimes) est de quatre, sont avancées, s'amincissent graduellement pour se terminer en pointe , et se composent , comme dans les Crustacés précédents, d'un pédoncule, et d'une tige unique, ou accompagnée au plus dun petit rameau latéral, et le plus souvent pluriarticulée. Le corps est ordinairement comprimé et coui4)é en dessous postérieurement. Les appendices du bout de la queue ressemblent

. AMPUIPODES. 205

le pliis souvent à de petits stylets articulés. La plupart de ces Crustacés nagent et sautent avec facilité ^ et toujours de calé. Quelques-uns se trouvent dans les ruisseaux et les fontaines , et souvent réunis par couples^ composés des deux sexes; mais le plus grand nombre habite les eaux salées. Ces Crustacés sont d'une couleur uniforme , tirant sur le rougeâtre ou le verdâtre. Ik {xiurraient être compris dans un seul genre , celui

Des CiEviTT£s, (oAHHARvs. Fab.)

Qae Ton peut partager d'abord, d'après la forme et le nombre des pieds , en trois sections.

1<* Ceux qui ont quatorze pieds, tous terminés par un crochet, ou en pointe et au nombf e de quatorze.

2" Ceux dont le nombre des pieds est encore de quatorze , mais où ces organes , ou les quatre derniers au moins ,' sont mutiques et simplement natatoires.

9* ceux qui n^ont que dix pieds apparents.

La première section se partagera en deux.

Les uns (TJboptères , Uroptera, Latr.), ont la tête généralement grosse, les antennes souvent courtes et simplement au nombre de deux dans quelques-uns, et le corps mou ; tous les pieds, la cinquième paire au plus exceptée , simples ; les antérieurs courts ou petits, et la queue, soit accompagnée au bout de nageoires latérales, soit terminée par des appendices ou pointes élargis et bidentes on fourchus à leur extrémité postérieure. Ils vivent dans le corps de divers Acalèphes, ou Méduses de Linnaeus, et de quelques autres Zoophy tes.

Ici, comme dans

Les Pbbonimxs (Prroniha, Latr.),

11 n'y a que deux antennes (très courtes et biarticulées) ; la cinquième paire de pieds est la plus grande de toutes , et terminée en pince didactyle ; les appendices du bout de la queue sont au nombre de six, et en forme de stylets, •longés , fourchus ou bidentes à leur extrémité ; Ton voit six sacs vésiculeux entre les dernières pattes. Il parait qu^il en existe plusieurs espèces, mais qu^on n'a point décrites d^une manière comparative et rigoureuse. Celle qui a servi de type est

Le Phronime sédentaire {Cancer sedentarius, Forsk.,Faun. arab., p. 95; Latr., Gêner. Crust. et Insect, I, 11,2, 5), se trouve dans la Méditerranée, et se loge dans un corps membraneux, transparent, en forme de tonneau, paraissant provenir du corps d^me espèce de Beroé.

Le Phronime sentinelie de Risso (Crust. , II , 3 ), vit dans Tintérieur des Méduses, formant les genres Equorée et Géronie de Pérou et de Lesueur. Une autre espèce, selon Leach, a été observée sur les côtes de la Zélande.

L&, les antennes sont au nombre de quatre ; tous les pieds sont simples ; la queue, a, de chaque côté de son extrémité, une nageoire lamelleuse ou foliacée, dont les lames sont acuminées ou unidentées au bout.

Les Hypkries. (Hypebia, Latr.)

Dont le corps est plus épais eu devant; dont la tête est occupée, en majeure partie, par des yeux oblongs et un peu échancrés au bord interne ; dont deux

304 CBUSTACÉS

des antennes sont aussi lon(jues au moins que la moitié du corps, et terminées par une tige sétacée, longue et composée de plusieurs petits articles (1). Près des Hypéries doit être placé le genre des Tbehistos (Tliemisto, Lat.) Les yeux sont très grands et occupent la majeure partie de la tête; deux des antennes , les inférieures , terminées par une tige) multiarticulée et allant en pointe, sont manifestement plus longues que les deux autres. Première paire des

f>ieds-mâchoires fermant la bouche inférieurement sous la forme d^une lèvre ; es quatre autres pieds-mâchoires très courts, dirigés en avant , appliqués sur la bouche, de sorte (|u^i!s semblent en faire partie, et qu^en ne les comptant pas, ou qu^en ne considérant que comme des pieds les organes locomotiles suivants et beaucoup plus apparents , cet animal , de même que les Hypéries et les Phrosinés, ne paraît avoir, au premier coup d^œil, que dix pieds au lieu de quatorze. La troisième paire de pieds-mâchoires est terminée par une petite pince didactyle. La même paire des pieds proprement dits est beaucoup plus longue que les autres ; son avant-dernier article est fort long, et armé d^un rang de petites ' épines, formant une sorte de peigne. On n^en connaît encore qu^une seule espèce.

Les Phrosines. (Phrosinb, Risso.)

Semblables, pour la forme du corps et celle de la tête, aux Hypéries, mais dont les antennes sont au plus delà longueur de cette partie, de peu d^articles, en forme de stylet, ou terminées par une tige en cône alongé (2).

Les Dactylocères , (Dactylogcra, Latr. )

Dont le corps n^est point épaissi en devant; dont la tète est de grosseur moyenne , déprimée, presque carrée , avec les yeux petits ; et dont les quatre antennes, fort courtes et de peu d^articlcs, ainsi que dans les Phrosines, sont de formes diverses : les inférieures étant menues, en forme de stylet, et les supérieures étant terminées par une petite lame concave au côté interne, représentant une cuiller ou une pince (3).

Les autres (Crevettines ; Gammarinœ, Lat.) ont toujours quatre antennes ; le corps revêtu de téguments coriaces et élastiques, généralement comprimé et arqué; Pextrémité postérieure de la queue est dépourvue de nageoires; ses appendices sont en forme de stylets cylindriques ou coniques. Deux au moins de leurs quatre pieds antérieurs sont le plus souvent terminés en pince.

Les bourses vésiculaircs, dans ceux où on les a observées (les Crevettes, Lat.), sont situées à la base extérieure des pieds, à commencer à la seconde paire, et accompagnées d^une petite lame. Les écailles pectorales renfermant les œufs, sont au nombre de six.

Tantôt les quatres antennes , quoique de proportions différentes dans plusieurs, ont essentiellement la même forme et les mêmes usages; les inférieures ne ressemblent point à des pieds et n^en font point les fonctions.

Un sous-genre, que nous avons établi sous la dénomination

DIONE, (loNE.)

Mais uniquement diaprés une figure de Montagu (Oniscus tkoracicus, Trans.,

(1) Cancer monocuhiden y Montag. Trans. linn. Soc. XI , ii , 3 ; — Hypérie de Lesueur, Lalr. Encyclop. mélhod. ail. d'hisl. nat. cccxxviii, 17, 18; Desmar. Consid. pag. 258.

(2) Phrosina macroplhalma, Rioso , Joiirn. de pliys. octob. 1822; Desmar. ibtd. p. 259; Cancer galba , IHoiitag. Trans. linn. Soc. XI, ii 2.

(3) Phrosina scmilunala , Risso , ibid, Desmar. ibid, La tige des antennes inféricureii présente deux ou trois articles , au lieu que , dans les Phrosines , elles est inarticulée. Ici cnoore les articles des pédoncules des mêmes antennes sont plus courts.

AnPHIPODES. S05

:., IX , m, 3,4), nous présente des caractères très particuliers et qui it de tous les autres du même ordre. Le corps se compose dVnyiron rlicles, mais que Ton ne distingue que par des incisions latérales, eu dents. Les quatre antennes sont très courtes; les externes, plus lonles deux autres, sont seules visibles, lorsque l'animal est vu sur le dos. premiers segments du corps sont pourvus chacun, dans la femelle, de *hes alongés, charnus, aplatis, semblables à des rames. Ltis pattes sont tes, cachées sous le corps et crochues. Les six derniers segments sont ippendices latéraux , charnus , alongés , fascicules ^ simples dans le rameaux dans Pautre sexe. On voit aussi, à Textrémitc postérieure du X autres appendices simples, recourbés, et dont deux plus grands que s. Les valves abdominales sont très grandes, recouvrent toute la partie e du corps , et forment une sorte de réceptacle pour les œufs. Ce se tient caché sous le test de la Callianasse souterraine , et y forme sur es côtés une tumeur. Montagu a conservé en vie , pendant plusieurs Grustacé, qu^il avait retiré de sa demeure. Les femelles sont toujours gnées de leurs mâles, qui se fîxent solidement sur leurs appendices aux, à Taide de leurs pinces. Ce Grustacé est rare, et se rapproche, à e ses habitudes, des Bopyres. {^orez les Annales des sciences natuécembre 1826, XLIX, 10, le mâle ; 11, la femelle.)

iê Amphipodesstiivants ont les segments du corps parfaitement distincts te leur étendue, et, aucun d^eux et dans aucun sexe n'offre ces longs en forme de rames, que l'on voit aux deux premiers des lones.

eux -ci, la griffe ou le doigt mobile , lorsquMl existe des pieds terminés , n^est formée que d^un seul article.

ces derniers, il en est dont les antennes supérieures sont beaucoup rtes que les inférieures et même que leur pédoncule ; la tige de celles-ci osée d^un grand nombre d^articles.

Les Orchesties (Orchestu, Leach. )

s seconds pieds terminés, dans les mâles , par une grande pince , avec bu le doigt mobile long , un peu courbe ; et par deux doigts dans les . Le troisième article des antennes inférieures est au plus de la longueur des deux précédents réunis (1).

Les Talitbes (Talitrcs, Lat.)

aucun pied en forme de serre.

âsième article des antennes inférieures est plus long que les deux préréunis ; ces antennes sont grandes, épineuses (2).

es suivants, les antennes supérieures ne sont jamais beaucoup plus que les inférieures.

ues-uns , ayant d''ailleurs leurs antennes alongées . sétacées et tcrmi- ' une tige pluriarticulée et saus serres remarquables, se rapprochent édents, en ce que les antennes supérieures sont un peu plus courtes que

iêcus gamarellus, Pall. Spicil. Zool. fasc. IX , iv, 8; Cancer gammaruê liHoreus, )esmar. Consid. pag. 261 , xlv , 5.

ûcus locusta^ Pall. Spicil. Zool. Fasc. IX, iv, 7; Cancer gammarus ealtaior, )esm. Consid, xlv , 9.

le* inCfrienrei, et •'éloignent encore de* «nWanu par la farme de leur Ut tr^e par devant, en mniérede mateau. Tel> «ont

Le« Atylei. (ÂTTLra. Leach.) (1).

Ton* ceux qui tuccëdent oot le« antiinnea (npérieiire* auiai loDgnet 01 longaea que le» inférieure*, et leur tête n'avance point en manière de mt

Ici, comme dans tes cinq genres tnivanti du docteur Leach, lepédoDcn antennes est formé de trois articles (9).

Quelques-nns offrent, dans lenrs antenne* supérieures , nn caract^e n dans cetardre;reiitrémité interne du troiaième article de leur pédoncule nn petit filet articulé. 11 distingua

Les CaavBTTas ou Cievbbtteb. (Gimhibds, Lat.)

Les quatre pieds antérieurs sont en forme de petites serres, avec lagri le doigt mobile se repliant on dessous.

L'espice la plus connue, et d'après laquelle cette coupe a été établi

la Crevette dei ruiueaux (Cancer putex Lin.), Saullla pulex, Dei;., Ii

VU,iii.i[,l,2.

Lea antres espèces sont marines {5}.

Les antennes des suivants sont , ainsi que daqs tons les autre* Amj des, simple* ou sans appendices.

Lei

ivg, (SIblit*. Leacb.)

Ont lec second* pieds terminés, dans les mâles, par une pince grande, primée, avec la grifTe repliée sous sa face interne. Les antennes sont ni d'égale longueur. L'extrémité postérieure du corps offre, de chaque cod petite lame foliacée (4).

Les «Jti

. Leach.)

Dont les seconds piedssont pareillement ter minés, dans les mâles, en une g pince comprimée, mais dont la griffe se replie sur sa tranche inférienree point cachée. Lea antennes supérieures sont plus longues que les inférî et l'eitrémité postérieure du corps ne présente point de lames en fenilli

Les ÂHPiTBOÉs. {Ahi

(1) Jlglu* carinaluM, Leach. Zool. mite, un; Desmar. Coniid. pig. 363, u.' marut cariHalut, fab. — G. hk^*? rjiud. Phippt. Toy. au Pal. bor. m , 9:

(3) Le troiiimèiiia article du pédoncule peut devenir trii petit , et l'asiimilc sniTsnti, DU ceux de la tige; ce pédoncule, comme dans les Détamiiut, na compoiique de deui articles. La lige , dsci U méthode du docteur Leacb, est mer un autre article , maii composé.

(S) roge* Deimar. Ccniid. psg. 365-367.

H) Cancer palmalut, Montag. Trsni. bnn. Soc. Vil, p. 69; Enejctop. m d'bist. natur. cccixxii.31 ; Detniar. Coniid. ii,v,7.

(5) CanciT gammariM gr«nman*t , Houtog. Trans. Soc. linn. IX, tv, ! Goniid. pag. 3iM.

(6) CantBT rubricatui, Montag. Tram. linn. Soc. IX, pag. 00; Xncjciop. n d'bitt. nstur. cccuivi , S3; Desmar. ConiJd. 11.V, 9 ; — Oiijsciu eaiiésAiu, 1 Z00I. Fatc. IX,iu,lS} G(iiMMnu«aiualbM,F«b.

AVPHIPODES. 307

Les Pbéeosbs, (Pbbrosa, Leach.)

Qui ne diffèreDt des Âmpithoés <{u^en ce que les mains des serres sont filU formes (1).

Là, le pédoncule des antennes n^est composé que de deux articles (le troisième se confondant par sa petitesse avec ceux de la tice , ou formant celui de sa lutte) ; les supérieures sont plus longues que les inférieures. Tous les pieds sont simples ou sans pinces, Tels sont

Les Dkxamines. (Dexamink, Leach.) (2)

Dans ceux-là la griffe ou le doigt mobile des deux pinces , est biarticulée. Les antennes sont d^égale longueur.

Les Leccotboés, (Leugotbos , Leach.)

Qui ont les antennes courtes, avec le pédoncule de deux articles ; les quatre pieds antérieurs terminés fortement en pince ; les griffes des deux antérieurs biarticulées ; celles de la seconde paire diin seul article et longues. (3)

Les Gérapbs, (Cbbapus, Say.)

Dont les antennes sont grandes, avec le pédoncule de trois (les supérieures) on quatre (les inférieures) articles ; dont les deux pieds antérieurs sont petits, «▼ec une griffe d^un seul article , et dont les deux suivants se terminent par ane grande main triangulaire, unie, dentée, avec la griffe biarticulée.

Le Cérape tubulaire (Ceraput iubularis , Tfaom. Say. Jour, of the Âcad. of nat. scienc. of Phiiad., I, iv, 7-11 ; Desm., Gonsid., XLVI, 2) vit dans un petit tube cylindrique, et se rapproche , à cet ^ard , du sous-genre suivant. Od le trouve, en grande quantité, près de Egg-Biarbourg, sur les côtes maritimes des Etats-Unis, parmi les Sertulaires, dont il paraît se nourrir.

Tantôt enfin les antennes inférieures, beaucoup plus grandes que les supérieures , et dont la tige est composée au plus de quatre articles , ont la forme de pieds, et paraissent servir, du moins quelquefois, dWganes de préhension.

Ici les seconds pieds sont terminés par une grande pince.

Les PoDOcÈREs. (Podocbbus , Leach.)

A yeux saillants (4).

Les Jassks. (Jassa, Leach.)

A yeux non saillants (5).

Là aucun des pieds n^est terminé par une grande pince.

Les CoBOPfliEs. (GoBOPBiuM , Lat.)

La Coraphie longues-cornes {Cancer grossfpes , Lin.); Gammarus iongicomis , Fsb»5 Ordscus votutator, Pall., Spicil. zool.. fasc; iX, iv, 9; Desm., Gonsid.

(1) Pkeruaa fucicola j Leach ; Traiis. linn. Soc. XI, p. 360 ; Desmar. Consid. p. 268.

(2) Cancer gamniarus spinosuê, Montag. Trans. Soc. linn. XI, pag. 3; Desmar. Consid. XLV, 6. H

(3) Cancer articuloaus, Montag. Trans. linn. Soc. VII, 6 ; Desmar. Consid. pag. 265.

ztv,5.

(4) Podocerus vatiegatus , Leach. Trans. linn. Soc. XI, pag. 3C1; Desmar. Cort^id.

pag. 969.

(5) Jassa pulcKcUa , Leach. ibid, pag/361; Desmar. Consid. pag. 269.

XLVl, 1, appelée Pemjrt sur les côtes de La Rochelle, vit dans des trous qu*elle se pratique dans la vase, couverte eu grande partie de parcs en bois, nommés Bouchots j par les habitants. L^animal ne commence à paraître qu^au commencement de mai. Il fait une guerre continuelle aux Néréides, aux Âmphinomes, aux Arénicoles et à d'autres Annelides marins qui font leur séjour dans les mêmes lieux. Il n'est rien de plus curieux que de voir, à la marée montante, des myriades de ces Crustacés , s'agiter en tout sens, battre la vase de leurs grands bras, et la délayer, pour tâcher d'y découvrir leur proie. Ont-ils trouvé Pun de ces Annelides, souvent dix et vingt fois plus gros qu'eux, ils se réunissent pour l'attaquer et le, dévorer. Ils ne cessent leur carnage que lorsqu'ils ont aplani et fouillé toutes les vases. Ils se jettent même sur les Mollusques, les poissons et les cadavres restés à sec. Ils montent aux clayons renfermant les Moules, et sur elles. Les boucboleurs prétendent même qu'ils coupent les soies, qui y retiennent ces coquillages , afin de les faire tomber dans la vase et pouvoir ensuite les dévorer. Ils paraissant se multiplier pendant toute la belle saison, puisqu'on trouve à diverses époques des femelles portant leurs œufs. Les oiseaux de rivage et plusieurs poissons les dévorent à leur tour. Nous sommes redevables de ces intéressantes observations à d'Orbigny père, conservateur du Musée de La Rochelle et correspondant de celui d'histoire naturelle de Paris {Voy» l'article Podocèrede l'Encyclop. méthod.).

La seconde section (Hrtbropes , Heteropa , Lai,) est composée de ceux qnl ont quatorze pieds, dont les quatre derniers au moins mutiqucs au bout et uniquement propres à la natation; comprend deux sous-genres (1).

Les Ptkry COGÈRES, (Pterygocera, Lat.)

Qui ont le thorax partagé en plusieurs segments ; quatre antennes garnies de soies ou de poils, formant des panaches; tous les pieds natatoires, dont les derniers grands et pinnés (2); et des appendices cylindriques, articulés, à l'extrémité postérieure du corps.

Les Apseodes. (Apsrudes, Leach. — Eupkeus , Risso.)

Qui ont aussi le thorax divisé en plusieurs segments , mais dont les deux pieds antérieurs sont terminés en une pince didactyle; dont les deux suivants sont élargis en une massue terminée en pointe et dentelée sur les bords; dont les six suivants sont grêles et onguiculés au bout ; dont les quatre derniers sont natatoires. Les antennes sont simples. Le corps est étroit, alongé , avec deux longs appendices, en forme de soie, à son extrémité postérieure (5).

Le genre établi par Milne-Ëdwards, sous le nom de

Rboé, (Ruoea, Edw.)

Diffère du précédent par les antennes supérieures, qui sont plus grosses, plus longues et bifides.

(1) Cette section et la suÎTante forment , dans la première édition de cet ouvrage, la seconde desisopodes, celle des PhyHhranche». Mais outre que nous avons aperçu, dans quelques-uns de ces Crustacés, des palpes mandibulaires, lu forme des appendices sousH^udaox nous a paru les rapprocher beaucoup plus des Amphipodes que des Isopodes. Au surplus, oinsi que nous Tobservons plus bas , ces animaux, dont nous n'avons vu qu^un petit nonibre, n^ont pas encore été bien étudiés.

(2) D'après la figure de Slabber (Oniscus arenarius, Encyclop. méthod. atl. dliist. natur. cccxxx ,3, 4.) , le nombre des pieds ne serait que de huit ; mais je présume , psr analogie, qu'il est de quatorze; au surplus, si la figure est cxat^e, ce genre appartiendrait à la section suivante.

(3) Eupheus ligioideêf Risso , Crust. III , 37; Desmar. Consid. 285; — ApseudeB talpa, Leach: Cancer yatnmarus talpa , Montag. Trans. linn. Soc. IX, >^» ^î Desmar. Consid. xLvi , 0. f^oy. aussi le Gammarus heteroclitus de Viviani , Pbosphor. maris, II , u, 13.

UEMODIPODES. 209

La troitième et dernière section (Dbgempbdes, Decempedeê, Lat.) se copupose l*An9phipodes n^o(Trant que six pieds distincts.

Les Typiis (Typhis. Risso.)

N^'ont que deux antennes très petites. La tête est (prosse, avec les yeux point ^ailUnts. Chaque paire de pieds est annexée à un segment propre; les quatre anéri^urs sont terminés en pince didactyle. De chaque côté du thorax sont deux amec mobiles , formant des sortes de battants ou de valves, qui, réunies, et 'anisMil repliant ses pieds et sa queue en dessous, ferment inférieurement e GorpS) et lui donnent la forme d^un Sphéroïde. L^extrémité postérieure de la [oeiie est dépourvue d^appendices (1).

Les Ancées. (Anceus, Risso. — GncUhia, Leach.)

Qui ont aussi le thorax divisé en autant de segments que de paires de pieds* nais où tous ces organes sont simples et monodactylt* s. Ils ont d^ailleurs quatre intennes (sétacées). La tête est forte, carrée, avec deux grandes saillies en Tonne de mandibules. LVxtrémité de la queue a des appendices foliacés, en formé de nageoires (2).

Les Pranizes (Praniza, Leach.)

Ont quatre antennes sétacées, ainsi que les Ancées; mais leur thorax, vu en dessus , ne présente que trois segments , dont les deux premiers , très courts, transversaux, portant chacun une paire de pieds, et dont le troisième,. beaucoup plus grand , longitudinal , portant les autres. Tous les pieds sont simples. La tète est triangulaire, pointue en devant, avec les yeux saillants. L^extrémité postérieure du corps offre aussi, de chaque côté, une nageoire (5).

A ce môme ordre des Amphipodes paraissent appartenir divers autres genres de Savigny, Rafinesque et Say (4), mais dont les caractères n^ont pas été donnés ou sufGsamment développés. Ceux môme de quelques-uns des sousgenres que je viens de citer sollicitent un nouvel examen.

Milne Edwards a recueilli sur plusieurs de ces Crustacés, des observations précieuses et détaillées, qui contribueront certainement à éclaircir ce sujet.

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