CINQUIÈME ORDRE DES CRUSTACES
iBS ISOPODES (Uovonk. — Polygonata, Fab. le genre MonocuUs retranché,) (1).
Se rapprochent desLœmodipodes par l'absence de palpes aux nandibuies , mais ils s'en éloignent sous plusieurs rapports ; les leux pieds antérieurs ne sont point annexés à la tète , et dépen-
(1) Rapportez encore aux Leptomères la Squilla ventricosa de MûUer, Zool. dan. lvi,1-3; lerbeat. xxxvi , n :— le CbMcer/tn«arta de Unnœus est peut-être congénère. Il lui donne il pieds , mais sans compter la tête.
(S) Sous-genre établi sur une espèce de notj^tes , qui me parait inédite.
(3) La SquiUalobata de Mûller. Zool. dan. «1, 4-6; on Gamtnaruêquadrilobatuê,\hid. MV, 12; VOniêcuê scolopendroides de Palkf, Spicil. Zool. Fasc. IX,iv,15, sont des Cherpoles; leur distinction spécifique n'est point rigoureusement caractérisée. Nous avions •apporté à U première le Cancer linearU de Linnœus , ce qui ( roya* la note précédente) MKM parait aujourd'huit douteux. Son Cancer filiformU est probablement une ChevroUe ; te Cancer pkaema de Monlagu, Trans. linn. Soc. VII, vi, 2, est congénère. La figure qu d » a donnée a été reproduite dans Tatl. d'hist. natur. de l'Encyclop. méthod. çl. cccmxvi , 17. yayeM^ pour cet ordre et ses genres, la seconde édition du nouv. Dict. d'hist. natur. et Toiivrage de Desmar. sur les Crustacés.
(4) Victor Audouin et Milne Edwards nous ont donné (Annales des sciences nat., août
dent , ainsi que les suivants ^ d'un segment propre. H«ont toujours au nombre de quatorze , onguiculés et sans appendice Tësiculeux à leur base. Le dessous de la queue est garni dappendices très apparents ^ sous la forme de feuillets ou de bourses vésiculaires , et dont les deux premiers ou les extérieurs recouvrent ordinairement, totalement ou en grande partie , les autres. Le corps est générament aplati , ou plus large qu'épais. La bouche se compose dés mêmes pièces que dans les Crustacés précédents {voyez les généralités des Malacostracés ) ; mais ici celles qui répondent aux deux pieds-mâchoires* supérieurs des Décapodes , présentent encore plus que dans les derniers l'apparence d'une lèyre inférieure, terminée par deux palpes. Deux des antenned, les mitoyennes, s'oblitèrent presque dans les derniers Crustacés de cet ordre, qui sont tous terrestres, et diffèrent encore des autres par leurs organes respiratoires. Les organes sexuels masculins s'annoncent le plus souvent par la présence d'appendices linéaires ou filiformes, et quelquefois de crochets placés à l'origine interne des premières lames sous-caudales. [jCs femelles portent leurs œufs sous la poitrine, soit entre des écailles, soit dans une poche ou sac membraneux qu'elles ouvrent, afin de livrer passage aux petits, qui naissent avec la forme et les parties propres à leur espèce , et ne font que changer de peau en grandissant. Le plus grand nombre vit dans les eaux. Ceux qui sont terrestres ont encore besoin , ainsi que les
1827 ; p.. 379-381 ) , des observations intéressantes sur la circnlation des Isopodes, et ncH tammentdes Ligies. Le cœur a la forme d^un long vaisseau , étendu au-dessus de la face dorsale deTintestin. Son extrémité antérieure donne naissance à'trois artères, les mêmes que celles des Décapodes. On voit aussi des branches latérales se dirigeant du cœur vers les pattes. Au niveau des deux premières articulations de fabdomen (la queue) , cet organe reçoit, i droite et à gauche, de petits canaux (vaisseaux branchio-cardiaques), qui semblent venir des branchies. Diaprés leurs expériences sur les Ligies, il paraîtrait que le système veineoi est moins complet que dans les Décapodes Macroures ; que le sang, chassé du corps, passe dans des lacunes que les [organes laisseraient entre eux à la face inférieure du corps , et qui communiqueraient librement avec les vaisseaux afférent s des branchies. Le sang, après avoir traversé Tappareil respiratoire, reviendrait au cœur, en traversant les vaisseaux branchio-cardiaques. Cette disposition établirait le passage|du système circulatoire des Crustacés Décapodes a celui de certains Crustacés Branchiopodcs. Selon Cuvier, les deux cordons anomaux composant la partie moyenne dusxttème nerveux des Cloportes (et probablement des Amphipodes ), ne sont pas entièremenflapprochés ,eton les distingue bien dans toute leur étendue. Il y a neuf ganglions sans compter le cerveau ; mais les deux premiers et les deux derniers sont si rapprochés, qu*on pourrait les réduire' à sept. Le second et les six suivants fournissent des nerfs aux sept paires de pattes; les quatre antérieurs, quoique analogues , par Pordre de succession des parties , aux quatre derniers pieds-mâchoires des Décapodes, sont réellement des pieds proprement dits. Les segments qui viennent immédiatement après , ou ceux qui forment la queue , reçoivent leurs nerfs du dernier ganglion; res segments peuvent être considérés comme de simples divisions d*uu segment unique , représenté par ce ganglion ; aussi voyons-nous que le nombre des segments postérieurs varie.
ISOPODES. îir
autres Crustacés vivant aussi hors de l'eau, d'une certaine humidité atmosphérique, pour pouvoir respirer et conserver leurs branchies dans un état propice à cette fonction. Cet ordre , dans Linnscus, embrasse le genre
Dbs Cloportis, (Omscus. )
Que nous partagerons en six sections.
La première (Epicarides, Epîcaridet. Latr.) se compose d^Isopodes parasites, sans yeux ni antennes, dont le corps est très plat, très petit, et oblong dans les Diâles; beaucoup plus grand dans les femelles, en forme d^ovale rétréci et un peu courbé postérieurement , creux en dessous , avec un rebord tlioracique , dÎTÎsé de chaque côté en cinq lobes membraneux \ les pieds sont situés sur ce rebord, très petits, recoquillés, et ne peuvent servir à la marche ni à la natation. Le dessous de la queue est garni de cinq paires de petits feuillets ciliés , imbriqués, répondant à autant de se'gments, et disposés sur deux rangées longitudinales ; mais Fextrémité postérieure est dépourvue d^appcndices. La bouche ne présente distinctement que deiu feuillets membraneux, appliqués sur nn autre de même consistance , en forfll de grand quadrilatère. La concavité inférieure, formant une sorte de corbeille plate, est remplie par les œufs. Près de leur issue se trouve constamment Pindividu que Ton présume être le mâle. Son extrême petitesse semble interdire toute possibilité de copulation. Suivant Desmarest , il est pourvu de deux yeux ; sont corps est droit et presque linéaire.
Cescrustacés ne forment qu^un seul sous-genre, celui des Bopyrbs. (Boptbos , Latr.)
L^espèce la plus commune est le Bopyre des chevrettes (Bopyrus crangorum, Latr., Gêner. Crust. et Insect. , 1, 114 ; Monoculus cranfforum, Fab. ; Fouger. deBondar., Mém. de PAcad. roy. des scienc, 1772, pi. I; Desmar., Gons., XLDC, 8 — 15), vit sur les Palémons Squille et Porte-scie. Placée immédiatement sur les branchies et au-dessous du test, elle produit sur Tun de ses côtés une grosseur en forme de loupe. Les pécheurs de la Manche croient que ce sont des individus très jeunes de Plies ou de Soles.
Risso en a décrit une autre espèce (B. des Palémons), et sous la femelle de laquelle il a observé huit à neuf cents petits vivants (1).
La seconde section (Gtmothoadès , Cymothoada, Latr.) comprend des Isopodes à quatre antennes très apparentes, sétacées et presque toujours terminées par une tige pluriarticulée; ayant des yeux, une bouche composée comme dWdioaire {vox^z les généralités des Malacostracés à yeux sessiles) ; des branchies ▼ésiculeuses , disposées longitudinalement par paires; la queue formée de quatre à six segments, avec une nageoire de chaque côté ; près du bout, et les pieds antérieurs le plus souvent terminés par un fort onglet ou crochet. Ces Crustacés sont tous parasistes.
Tantôt les yeux sont portés sur des tubercules, au sommet de la tête ; la queue nVst composée que de quatre segments. ^
Les Séboles. (Serolis. Leach.) ^
Dont on ne connaît qu'une seule espèce {Cymothoa paradoxa, Fab.). Les antennes sont placées sur deux lignes, et terminées par une lige pluriarticulée.
(1) yoyety sur ce sous-genre, Touvrage de Desmaresl , où il est décrit très complètement.
Sous les trois premiers segments de la queue, eutre les appendices ordinaÎKt, il y en a trois autres transverses et terminés postérieurement en poiote (Voyez, pour d'autres détails, Desmar. , Consid, sur la classe des Crut, pag. 292-294).
Tantôt les yeux sont latéraux et point portés sur des tubercules. La qoene est composée de cinq à six segments.
Ici les yeux ne sont point composés d^yeux lisses, rapprochés et en forme de petits grains; les antennes sont sur deux lignes et de sept articles au moioi; les six pieds antérieurs sont communément terminés par un fort onglet.
Dans les uns, et dont la queue est toujours de six segments, la longueur det antennes inférieures ne surpasse jamais la moitié de celle du corps.
Nous commencerons par ceux dont les mandibules , comme de contuiae , ne sont point ou sont très peu saillantes. Ici viennent
Les Gthothoés. (Ctmothoa. Fab.)
Dont les antennes sont prescpie d^égale longueur , les yeux peu apparents, avec le dernier segment de la queue en carré transversal , et les deux pièces terminant les nageoires latérales, linéaires et égales, en forme de stylet (1).
Les IciTiTOPiiiBS, (IcHTHTOPiiLvs^ft^* — Neroclla , Lîvoneca, Leach.)
Ayant aussi les antennes d^égale longueur et les yeux peu visibles, mau àoiA le dernier segment du corps est presque triangulaire , avec les deux pièces te^ minant les nageoires latérales , en forme de feuillets ou de lames (dont Textérieure^plus grande dans les Nérociles, et de la grandeur de Faulre dans les Kvonèces) (2).
Dans les quatre sous-genres suivants, les antennes supérieures sont manifestement plus courtes que les supérieures.
Plusieurs ont, ainsi que les Cymothoés. tous les pieds terminés par un onglet fort et très arqué ; les huit derniers ne sont point épineux ; les yeux sont tonjours écartés et convexes. Ils forment trois genres dans la méthode de Leach, mais que Ton peut réunir en un seul sous-genre ^ous la dénomination comanne de Fun dVux, celui
De Canolibe. (Ganoliba, Leach. — ejusd. Anilocra. Olencira.)
Les Olencires (3) ont les lames de leurs nageoires étroites et armées de piquants. Dans les Anilocres (4), la lame extérieure de ces nageoires est plus longue que rintérieure; c^est Tinverse dans les Ganolires (5). Ici, en outre, les yenx sont peu granulés, tandis qu^ils le sont très sensiblement dans le précédent.
Dans les trois sous-genres suivants, les second, troisième et quatrième pieds sont seuls terminés par un onglet fortement courbé, et les huit derniers sont épineux. Les yeux sont ordinairement peu convexes, grands, et convergent antérieurement.
Les ^GA (^A , Leach.) Ont les deux premiers articles de leurs antennes supérieures très larges et
(1) Cftnothoa œatrum , Fab. Desmar. Consid. xlvi ,0,7; — C. imbricata, Fab. f^Offth pour les autres espèces , Desmar. ibid.
(2) yoyez le même ouvrage deDesmarest, pag, 507, genres Nérorile et Litponècef diternés espèces de Cimothoés de Risso, pag. 51 0 et 51 1 .
(5) Desmar. Consid. pag. 506.
(4) — Ibid, Itein, Anilocre du Capj xlvmi, 1 .
(5) — Ibid, pag. 505.