‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 2)Chapitre 59 sur 86 · DEUXIÈME DIVISION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME DIVISION GÉNÉRALE

LES ENTOMOSTRACES. (Entomostraca. MûU.)

Sous celle dénominalion formée du grec et signifiant Insectes à coquille y Olhon Frédéric Millier comprend le genre Monoculus de Linnaeus , auquel il faut adjoindre quelques-unes de ses Lernées. Ses recherches sur ces animaux , dont Tétude est d'autant plus difficile qu'ils sont pour la plupart microscopiques, et celles de Schaeffer et de Jurine père ont excité l'admiration , et mérité la reconnaissance de tous les naturalistes. D'autres travaux, mais partiels, tels que ceux de Ramdohr, Straus, Herman fils , Jurine fils , Adolphe Brongniart , Victor Audouin et Milne Edwards , ont étendu ces connaissances , sous les rapports surtout de l'anatomie^ mais, à cet égard, M. Straus, quoique devancé, ainsi que Jurine père, pour plusieurs faits importants d'organisation par Ramdohr, dont ils ne paraissent pas avoir connu le mémoire surlies Monocles, publié en 1805, les a tous surpassés. Fabricius s'est borné à adopter le genre Limulus de Mùller , qu'il a placé dans sa classe des Kleistagnathes ou notre famille des Brachyures, ordre des Décapodes. Tous les autres Entomostracés sont réunis , comme dans Linnaeus , en un seul genre , celui de Monoculus^ qu'il met dans sa classe des Polygonales ou nos Isopodes.

Ces animaux sont tous aquatiques et habitent pour la plupart les eaux douces. Leurs pieds , dont le nombre varie , et va dans quelques-uns jusqu'au delà de cent, ne sont ordinairement propres qu'à la natation , et tantôt ramifiés ou divisés , tantôt garnis de pinnules ou composés d'articles lamellaires. Leur cerveau n'est formé que d'un ou deux globules. Le cœur a toujours la forme d'un long vaisseau. Leurs branchies, composées de poils ou de soies, soit isolés, soit réunis en manière de barbes.

(1) Oniscvs armadillo , Lin. Cuv. ibid , 14, 15; Oniscu9 cinereus, Panz, ibid. fasc. LXII^ XXII ; — Oniscu^ ran'egatusy Vill. Entom. IV, xi , 10; ArmadUle puntulé j Dvsm. CooM* SLxix, C; — jirmadiUe des boutiques, Dumér. Dict. des se. natiir. Ill , pag. 1 17 , «^|Hlni>-TPnanf ritalic, et employée nncienncnient par le» apothicaires.

âââ B£S ENTOMOSTRACÉS EN GÉMÉRAL.

de peigne^ d'aigrettes, font partie de ces pieds ou d'un certain nombre d'entre eux , et quelquefois des mandibules et des mâchoires supérieures (voyez Cypris); de là l'origine du mot de Branchiapodes ^ que nous ayons donné à ces animaux , dont nous n'avions d'abord formé qu'un seul ordre. Ils ont presque tous un test d'un à deux pièces , très mince et le plus souyent presque membraneux et presque diaphane , ou du moins un grand segment thoracique antérieur , souvent confondu avec la tête et paraissant remplacer le test. Les téguments sont généralement plutôt cornés que calcaires ; ce qui rapproche ces animaux des Insectes et des Arachnides. Dans ceux qui sont pourvus de mâchoires ordinaires. les inférieures sont toujours découvertes, tous les pieds-mâchoires faisant l'office de pieds proprement dits, et aucun d'eux n'étant appliqué sur la bouche. Les secondes mâchoires , celles des Phyllopodes au plus exceptées , ressemblent même à ces derniers organes ; Jurine les a quelquefois désignées sous le nom de mains.

Ces caractères distinguent les Entomostracés broyeurs , des Malacostracës ; les autres Entomostracés. ceux qui composait notre ordre des Pœcilopodes , ne peuvent être confondus avec les Malacostracés , parce qu'ils sont dépourvus d'organes propres à la mastication ; ou parce que les parties qui paraissent servir de mâchoires , ne sont ppint rassemblées antérieurement et précédées d'un labre , comme dans les Crustacés précédents et les insectes broyeurs , mais simplement formées par les hanches des organes locomotiles , et garnies, à cet effet , de petites épines. Les Paecilopodes représentent dans cette classe, ceux que dans celle des Insectes l'on distingue sous le nom de Suceurs. Ils sont presque tous parasites., et semblent conduire par nuances aux Lernées; mais la présence des yeux, la propriété de changer de peau , ou même d'éprouver une sorte de métamorphose(l) , la faculté de pouvoir se transporter d'un lieu à l'autre, à la faveur de pieds, nous paraissent établir une ligne de démarcation positive entre ces derniers animaux et les précédents. Nous avons consulté , à l'égard de ces transformations, divers naturalistes instruits , et qui ont eu occasion d'observer

(1) Les petits des Daphnies et de quelques autres sous-genres voisins , ceux probcUement encore des Cypris., des Cythérées, ne diffèrent point ou presque pas, à la grandevr près , de leurs parents, à leur sortie de Toeuf; mais ceux des Cyclopes , des Phyllopodeif des Argules, éprouvent, dans leur jeune flge; des changements notables , soit quant ib forme du corps , soit quant au nombre des pattes. Ces organes subissent même d«M ^nelqnes-nns, comme les Argules, dos transformations qui modifient leurs usages.

BRANCHIOPODES. Sâ3

réquemment des Lernées, et aucun d'eux ue les a tu chaner de peau. Les antennes des Entomostracés , dont la forme t le nombre varient beaucoup , servent dans plusieurs à la naition. Les yeux sont très rarement portés sur un pédicule ^ et ans ce cas, ce pédicule n'est qu'un prolongement latéral de la He , et jamais articulé à sa base ; souvent ils sont très rapprohës et même n'en composent qu'un seul. Les organes de la énération sont situés à l'origine de la queue; c'est à tort qu'on vait considéré les antennes de quelques mâles comme leur iëge. Cette queue (1) n'est jamais terminée par une nageoire n éventail , et n'offre point ces fausses pattes , que nous avons bservées dans les Malacostracés. Les œufs sont raslémblés sous i dos , ou extérieurs , et sous une enveloppe commune , ayant I forme d'une ou de deux petites grappes situées à la base de I queue ; il parait qu'ils peuvent se conserver long-temps dans n état de dessication , sans perdre pour cela leurs propriétés, e n'est au plus qu'après la troisième mue , que ces animaux eviennent adultes et capables de se multiplier. On a constaté, regard de quelques-uns , qu'une seule copulation peut féconer plusieurs générations successives.

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