TOMI II
sort au travers de Fentonnoir. II parait qu'elle peut même pénétrer dans deux cavités du péritoine que les veines caves traversent en se rendant aux branchies, et qu'elle peut agir sur le sang veineux par le moyen d'appareils glandtdeux , attachés à ces veines.
Entre les bases des pieds est percée la bouche , dans laquelle sont deux fortes mâchoires de corne, semblables.au bec d'un perroquet.
Entre les deux mâchoires est une langue hérissée de pointes cornées ; l'œsophage se renfle en jabot , et donne ensuite dans un gézier aussi charnu que celui d'un oiseau, auquel succède un troisième estomac membraneux et en spirale , où le foie , qui est très grand , verse la bile par deux conduits. L'intestin est simple et peu prolongé. Le rectum donne dans l'entonnoir.
Ces animaux ont une excrétion particulière , d'un noir très foncé, qu'ils emploient à teindre l'eau de la mer pour se cacher. Elle est produite par une glande et réservée dans un sac diversement situé , selon les espèces.
Leur cerveau , renfermé dans une cavité cartilagineuse de la tête , donne , de chaque côté , un cordon qui produit dans chaque orbite un gros ganglion , d'où sortent des filets optiques innombrables ; l'œil est formé de nombreuses membranes, et recouvert par la peau , qui devient transparente en passant sur lui , et forme quelquefois des replis qui tiennent Km de paupières. L'oreille n'est qu'une petite cavité creusée de chaque côté près du cerveau, sans canaux semi-circulaires et sans conduit extérieur , où est suspendu un sac membraneux qui contient une petite pierre.
La peau de ces animaux, surtout des Poulpes, change de couleur par places , par taches , avec une rapidité bien supérieure à celle du Caméléon (1).
Les sexes sont séparés. L'ovaire de la femelle est dans le fond du sac ; deux oviductus en prennent les œufs et les conduisent au dehors au travers de deux grosses glandes qui les enveloppent d'une matière visqueuse, et les rassemblent en espèces de grappes. Le testicule du mâle, placé comme l'ovaire, donne dans un canal déférent , qui se termine à une verge charnue , située à gauche de l'anus. Une vessie et une prostate y aboutissent également. Il y a lieu de croire que la fécondation se fait par
(1) Voyez Caruf, Not. act. nat. cur. XII , part. 1 , p. 920 , et SangioTanni, Ann. doi Se, nat. XVI , p. 508.
CEPHALOPODES. 7
arrosement comme dans le plus grand nombre des poissons. Dans le temps du frai, la vessie renferme une multitude de petits corps filiformes, qui, au moyen d'un mécanisme spécial, crèvent en s'agitant avec rapidité sitôt qu'ils tombent dans Teau, et répandent une humeur dont ils sont remplis.
Ces animaux sont yoraces et cruels ; comme ils ont de l'agilité et de nombreux moyens de se saisir de leur proie , ils détruisent beaucoup de poissons et de^ Crustacés.
Leur chair se mange ; leur encre s'emploie en peinture ; on croit que la bonne encre de la Chine en est une espèce (1).
Les Céphalopodes ne comprennent qu'un ordre , que Ton divise en genres , d'après la nature de leur coquille.
Ceux qui n'en ont pas d*extérieare , ne faisaient même dans Linnœus qu'an seul genre ,
Les Seiches, (Sbpia, L.) (â) Que Ton divise aujourd'hui comme il suit :
Les PouLpBs (OcTOPus, Lam.) Polypus des anciens.
N^ODt que deux petits grains coniques de substance cornée , aux deux côtés de l'épaisseur de leur dos, et leur sac n'ayant point de nageoires , représente une bourse ovale. Leur pieds sont au nombre de huit , tous à peu près égaux, très grands à proportion du corps , et réunis à leur base par une membrane. L'animal s'en sert également pour nager, pour ramper, et pour saisir sa proie. Leur longueur et leur force en font pour lui des armes redoutables, au moyen desquelles il enlace les animaux, et a souvent fait périr des nageurs. Les yeux sont petits à proportion, et la peau se resserre sur eux de manière à les couvrir entièrement quand Panimal le veut. Le réservoir de Pencre est enchâssé dans le foie; les glandes des oviductus sont petites.
Les uns
Les Polypes d^Aristote
Ont leurs ventouses alternant sur deux rangées le long de chaque pied.
L^espèce vulgaire (Sepia octopodia, Linn.), à peau légèrement grenue, à bras six fois aussi longs que le corps , garnis de cent vingt paires de ventouses, infeste nos côtes en été, et y détruit une quantité immense de Crustacés.
Les mers des pays chauds produisent
Le Poulpe granuleux, Lam. {Sepia rugosa, Bosc.) Séb., III, ii. 2, 5.
 corps plus grenu , à bras guère plus longs que le corps , garnis de quatre vingt-dix paires de ventouses. Quelques-uns croient que c est l'espèce qui fournit la bonne encre de la Chine.
D'|utres
(1) Cependant M. Âb. Rémusal n*a rien trouyé dans les auteurs chinois qui confirme cette opinion.
(3) M. de BlainviUo en fait un ordre quUl nommo Cryptodibranchet.
LcsElédons d'Ârislole,
N^out aucune rangée de ventouses le long de chacpe pied. La Méditerranée en produit un remarquable par son odeur musquée,
he Poulpe musqué, Lam., Mém. de la Soc, d^Hist. Nat«, tii-4«, pi. 11. Rondelet, 616 (1).
Les Ab60nacte8 (Abgonacta, Linn.)
Sont des Poulpes à deux rangs de suçoirs, dont la paire de pieds la plus voi« sine du dos, se dilate à son extrémité , en une large membrane. Ils n^ont point dans le dos les deux petits grains cartilagineux des Poulpes ordinaires ; mais on trouve toujours ces Mollusques dans une coquille très mince, cannelée symétriquement et roulée en spirale, dont le dernier tour est si grand, proportionnellement, qu^elle a Pair d'une chaloupe dont la spire serait la poupe : aussi Fanimal s'en sert-il comme d'un bateau, et quand la mer est calme on en voit des troupes naviguer à la surface, employant six de leurs tentacules au lieu de rames, et relevant, dit-on, les deux qui sont élargis pour en faire des voiles. Si les vagues . «^agitent, ou quUl paraisse quelque danger, rArgonaute retire tous ses bras dans «a coquiUe, s y concentre et redescend au fond de Peau. Son corps ne pénètre pas jusqu'au fond des spires de sa coquille, et il paraît qu^il n^ adhère point, du moins n^ a-t-il aucune attache musculaire, ce qui a fait penser à quelques auteurs quHl ne Thabite qu^en qualité de parasite (2), comme le Bernard- FHermite, par exemple ; cependant, comme on le trouve toujours dans la même coquille, comme on n^ trouve jamais d^autre animal (3), bien qu^elle soit très commune, et de nature à se montrer souvent à la surface, comme enfin il paraît que Ton aperçoit le germe de cette coquille jusque dans Pœuf de TArgonaute (4) on doit croire cette opinion encore très problématique, pour ne rien dire de plus.
Les anciens connaissaient déjà ce singulier Céphalopode et sa manœuvre. C'est leur Nautilut et leur Pompilus, Plin., ix, c. 29.
On en connaît quelques espèces fort semblables entre elles par les animaux et par les coquilles, que Linnœus réunissait sous le nom à'Argonauta argo, yuÏQSLiTemeiit Nautile papxracé {b).
(hi croit pouvoir attribuer à un animal analogue aux Argonautes
Les Bbllbbophes,
Coquilles fossiles enroulées spiralement et symétriquement , sans cloisons, mais épaisses, non cannelées, et dont le dernier tour est moins long à proportion (6).
(1) Ajoutez le Pouple cirrheux , Lam. loc. cit. pi. I , fig. 2 , et , en général , plusieurs espèces nouvelles de toute le genre des Seiches , que M. de Férussac se propose de publier bientôt.
(3) C*est dans cette hypothèse que Rafinesque et d^autres après lui ont fait de Panimal le genre Ogtthoé.
^ (3) Ce que Ton a dit de contraire, même tout récemment , ne repose que sur des ouïdire ou des conjectures.
(4) Poli, testac. neap. III , p. 10. f^oye» aussi Férussac, Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris , II , g. 160, et Ranzani, Mém. di Stor, nat. dec. I , p. 85.
(5)^1^. ar^o., Favanne, VII, A, 3, A, 3; — Arg. haustrum, Delw. ib. A, 5; •— ^. ttiberculaia , Shaw. Nat. mise. 995; — ^. navicula, Solander , Fav. VII, A , 7j — ^. Amim . Sol. Fav. VII, A , 6; — ^. cranchii, Leach. Trans, phil. 1817.
(6) Bettorophon tfOêulitea, Montf. Couch.lsyst. I . p. 51. royet aussi Defrance, Ann. des Se. nat. I, p. 264.
Les Calmars (Lolioo, Lam.) (1)
Ont daDs le dos, au lieu de coquille, une lame de corue en forme d^épéê ou de lancette; leur sac a deux nageoires, et outre leurs huit pieds, chargés sans^ ordre de petits suçoirs portés sur de courts pédicules, leur tète porte encore deux bras beaucoup plus longs, armés de suçoirs seulement vers le bout, qui est élargi. Ils s^en servent pour se tenir comme à Pancre. Leur bourse à noir est enchâssée dans le foie, et les glandes de leurs oviductus sont très grandes. Ils déposent leurs œufs attachés les uns aux autres , en guirlandes étroites , et sur deux rangs.
On les subdivise aujourd'hui d'après le nombre et Parmure de leurs pieds, et la forme de leurs nageoires.
Les LoLiGOPsis ou Galitabets n^auraient que huit pieds comme les Poulpes ; mais on ne les connaît que par des dessins peu authentiques (2) .
Dans les Calmars proprement dits , les longs bras ont des ventouses comme les autres tentacules, et les nageoires sont placées vers la pointe du sac.
Nous en avons trois dans nos mers.
Le Calmar commun. (Sepia loligo, Linq.) Rondel. 506. Salv. 169. A nageoires formant ensemble un rhombe au bas du sac.
Le grand Calmar. (Loligo sagiituta, Lam.) Séb., III, iv.
A nageoires formant ensemble un triangle au bas du sac, à bras plus courts que le corps, chargés de suçoirs, sur près de moitié de leur longueur.
Le petit Calmar. (Sepia média, Linn.) Rondel. 508.
A nageoires formant ensemble une ellipse au bas du sac, qui se termine en pointe aiguë (3).
Les Ontchothbdthis, Lichtenst. (Ontkia. Lesueur.)
Ont i leurs longs bras des ventouses terminées en crochets. Du reste leurs formes sont les mêmes (4) .
Les Sbpiolbs
Ont les nageoires arrondies, atUchées aux côtés du sac et non à sa pointe. Nous en avons une dans nos mers.
(1) Cahnar , de Theca calamaria (écritoirc) , parce qu'U y a de l'encre, et que sa coquille cornée représente la plume.
(«) yoy9% cependant Leachia cyclura, Lesueur, Se. nat. Philad. II, p. 89 , et Kru-
fenstem , atl. pi. LXZXYiii. , ^ ^ r » .i- ••
(3) Ai. Loi. Bartmmii, Lesueur , Ac. se. nat. PhU. II, vu , 1 , 2; — L. BarUtngu, id.xcv;— L. ilUcebroêa,ïd.^\. f. no 6,-^1. pelagica, Boêc. Vers, l, \,^:--L.Peaht, Lesueur, I,c,vui,l, 2, — i. iMiro, id.xcvi; --L. fcnwtpijiiia, id.ib. III, X.
(4) On. caribœa, Lesueur, Ac. se. nat. Phil. II , ix , 1 , 2 ; — On. angulaia, id. ib. I,
On. Smithii, Leach. ib. f. 3, Joum. pbys. ib. 5
10 CEPHALOPODES.
La Sépiole commune, (Sepia sepiota , Lino.) Rondel. 519
A sac court et oblns; à Dageoires petites et circulaires. Elle ne passe guère trois pouces de longueur, et sa lame de corne est grêle et aiguë comme un stilet.
Les SÉPI0THBUTB8, Blainv. (Gbondrosipia. Leukard)
Ont le sac bordé tout du long, de chaque côté par les nageoires, comme dans les Seiches ; mais leur coquille est cornée, comme dans les Calmars (1).
Les Seiches proprement dites (Sepia. Lam.)
Ont les deux longs bras des Calmars, et une nageoire charnue régnant tout le long de chaque coté de leur sac. Leur coquille est ovale, épaisse, bombée, et composée d^une infinité de lames calcaires très minces , parallèles, jointes ensemble par des milliers de petites colonnes creuses, qui vont perpendiculairement de Tune à Pautre. Cette structure la rendant friable, on remploie, sous le nom à^os de seiche , pour polir divers ouvrages, et on la donne aux petits oiseaux pour s^aiguiser le bec.
Les Seiches ont la bourse à Tencre détachée du foie, et située plus profondément dans l'abdomen. Les glandes des oviductus sont énormes. Elles déposent leurs œufs attachés les uijs aux autres en grappes rameuses, assez semblables à celles des raisins, et qu^on nomme vulgairement raisins de mer,
L^espèce répandue dans toutes nos mers (Sepia qjffîcinalis, L.), Rondel., 498,
Séb., III, m, atteint un pied et plus de longueur. Sa peau est lisse, blanchâtre,
pointillée de roux.
La mer des Indes en produit une à peau hérissée de tubercules {Sepia lu-
berculala, Lam.), Soc, d'hist., nat., in-À^y pi. I, fig. 1 (2).
Linneeus réunissait dans son genre
Des Nautilbs (Nautilus, L.)
Toutes les coquilles contournées en spirale , symétriques et chambrées , c*est-à-dire divisées par des cloisons en plusieurs cavités , et les supposait habitées par des Céphalopodes. Une d*elles appartient en effet à un Céphalopode très semblable à une Seiche , mais a bras plus courts ; c*est le genre.
Des Spirules. (Spirula , Lam.)
Dans Farrière de leur corps de Seiche, est une coquille intérieure qui, toute différente qu^elle est de Tos de Seiche, pour la figure, n^en diffère pas beaucoup pour la formation. Qu^on se représente que les lames successives, au lieu de rester parallèles et rapprochées, sont concaves vers le corps, plus distantes, croissant peu en largeur, et faisant un angle entre elles, on aura un cône très alongé, roulé sur lui-même eu spirale dans un seul plan, et divisé transversalement en chambres. Telle est la coquille de la Spirule , qui a de plus ces caractères, que les tours de spire ne se touchent point , et qu^une seule colonne
(1) Chondroêepia loligiformiê , Leukard. ap. Rappel, voyage, An. sans vert,, pi. 6, f. 1.
(3) On trouve parmi les fossiles de petits corps armés d*une épine, qui sont des bouts d*08 de Seiches. Ceat le genre Bbloptbie, Ueshayes. f^oyeM ma note à ce sujet, Ânn. des se. nat. II , XX , 1 , 2.
D^autres fossiles ^ mais pétrifiés, paraissent avoir de grands rapports avec des becs do Seiches. Ce sont les Rtngholithbs de M. Faure Biguct. f^offet Gaillardol , Ann. se. nat. II, 485, et pi. xxn , et d*Orbigny, ib. pi. vi.
creuse, occupaDl le côté intérieur de cbaque chambre, continue son tuyau avec ceux des autres colonnes, jusqu^à rextrémité de la coquille. Cest ce qu'on nomme le Siphon,
On ne connaît qu^nne espèce, dite vulgairement , k cause de sa forme, Cornet de postillon (Nautilus spirula, L.), List., 550, â.
Les Nautilks proprement dits
Ont une coquille qui diffère des Spirales, en. ce que les lames croissent très rapidement, et que les derniers tours de spire, non-seulement touchent, mais enveloppent les précédents. Le Syphon est au milieu de chaque cloison.
L^espèce la plus commune (Nautilus pompiiius, L.), List., 551, est très grande, d^un beau nacre en dedans, couverte en dehors d'une croûte blanche, variée de bandes ou de flammes fauves.
Suivant Rumphe, son animal serait en partie logé dans la dernière cellule, aurait le sac, les yeux, le bec de Perroquet et Teutonnoir des autres Céphalopodes ; mais sa bouche, au lieu de leurs grands pieds et de leurs bras, serait entourée de plusieurs cercles de nombreux petits tentacules, sans suçoirs. Un ligament partant du dos parcourrait tout le Syphon et Vy ^^^^aït (1). 11 est probable aus^i que Fépiderme se prolonge sur Pextérieur de la coquille ; mais on peut croire quMl est mince sur les parties vivement colorées.
On en voit des individus {Naut. pompilius , /3, Gm.), List., 552; Ammonik, Montf., 74, dont le dernier tour n^cnveloppe et ne cache pas les autres, mais où tous les tours, quoique se touchant, sont à découvert, ce qui les rapproche de9 Ammonites ; néanmoins, ils ressemblent tellement à Fespèce commune pour tout le reste, qu^on a peine à croire qu'ils n^en soient pas une variété.
Les Fossiles nous offrent des Nautiles de taille grande ou médiocre, et de formes plus variées que ceux que produit la mer actuelle (2). On trouve aussi parmi les Fossiles, des Coquilles chambrées, à cloisons simples et à siphon , dont le corps d^abord arqué ou même contourné en spirale, demeure droit dans ses parties les plus nouvelles ; ce sont les Lituus de fireyn, dont les tours sont tantôt contigus (5), tantôt distincts (les Hortoles, Montf.). D^aulres, où il est droit dans sa totalité, sont les Orthoceratites (4). Il n'est pas improbable que leurs animaux aient ressemblé à celui dû Nautile ou à celui de la Spirule.
Les Bêlehnites.
Appartiennent probablement encore à cette famille, mais il est impossible de 8*en assurer , puisqu'on ne les trouve plus que parmi les fossiles ; tout annonce cependant que ce devaient être des Coquilles intérieures. Elles ont un test mince et double , c'est-à-dire composé de deux cènes réunis par leur base , et dont Tintérieur, beaucoup plus court que l'autre , est divisé lui-même intérieurement en chambres par des cloisons parallèles , concaves du côté qui regarde la base. Un sy-
(1| La figm'e qu*en donne Rumphios est indéchiffrable, et ce qui ctoune, c^est que les oomoreux naturalistes qui ont visité la mer des Indes n*aient point examiné ou recueilli on animal qui doit être si curieux , et qui appartient à une coquille si commune.
(3) Grandes espèces à un seul syphon : l Angulitb , Montf. 1,6; — PAcakidr, id. 50; — le CANTaopi , id. 46.
(5) Nautiluê Ittuuê ^ Grael.; — A^. êemilituuêy Plane. I, x.
(4) Brcyn. de Polytbal. pi. III , 1\ , V et VI ; et Walch , Pétrif. de Knorr, supl. iv, b, iv, d , IV. FoyeM aussi Sage , Journal de phys. brum. an ix 9 pi* 1 , sous le nom de Bélemnite.
phon 8*ëtend du sommet da cône externe à celui du cône interne , et se continue de là , tantôt le long du bord des cloisons , tantôt an « travers de leur centre. L'intervalle des deux cônes testacës est remplis
, de substance solide , tantôt à fibres rayonnantes , tantôt à couches coni-
ques qui s'enveloppent, et dont chacune a sa base au bord d'une des cloisons du cône intérieur. Quelquefois on ne trouve que cette partie solide ; d'autres fois on trouve aussi les noyaux des chambres du cône intérieur ou ce qu'on appelle les alvéoles. Plus souvent ces noyaux et les chambres mêmes n'ont laissé d'autres traces que quelques cercles saillants au dedans du cône interne. En d'autres cas on trouve les alvéoles en plus ou moins grand nombre , et encore empilés , mais détachés du double étui conique qui les enveloppait.
Les Bélemnites sont au nombre des fossiles les plus abondants , surtout dans les couches de craie et de calcaire compacte (1) •
M. de Blainville les répartit selon que le cône intérieur ou la partie chambrée pénétre plus ou moins profondément; que les bords du cône extérieur ont ou n'ont pas une petite fente, et enfin selon qu'il y a à la surface extérieure une gouttière longitudinale d'un côté , ou bien deux ou plusieurs gouttières vers le sommet, ou bien enfin que cette surface est lisse et sans gouttières.
Des corps fort semblables aux Bélemnites, mais sans cavité, et même à base plutôt proéminente, forment le genre âctinocam4x de Miller.
Cest sur des conjectures de même sorte que repose le classement des
Ammohitbs, Brug. Vulg. Cornes d'Ammon (S).
Car on ne les trouve non plus que parmi les fossiles. Elles se distinguent en général des Nautiles , par leurs cloisons qui , au lieu d'être planes ou simplement concaves , sont anguleuses , quelquefois ondulées , mais le plus souvent déchiquetées sur leurs bords , comme des feuilles d'acanthes. La petitesse de leur dernière loge peut faire croire que, comme la Spirule, elles étaient des coquilles intérieures. Les couches des montagnes secondaires en fourmillent , et l'on en voit depuis la grandeur d'une lentille jusqu'à celle d'une roue de carrosse. Les variations de leurs enroulements et de leurs syphons donnent les motifs de leurs subdivisions.
On réserve particulièrement le nom d'ÂMuoNiTES , Lam. (Simplegadbs , Montf., 82), aux espèces qui montrent tous leurs tours. Leur syphon est placé près du bord (3).
(1 ) Les ouvrages les plus coniplets sur ce genre singulier de fossiles , sont le Mémoire sur
ha Bélemnites conêidéréea zoologiquement et géologiquement sur le même sujet, dans le
â« tome , l^e part, des Trans. géologiques , seconde série , Londres 1826. Ployez aussi Sage,
Journal de pnys. brum. an ix; mais surtout fructidor an ix, et Raspail, Journ. des Se.
d^observ. deuiîènie cahier. A ce genre se rapportent le Paclite , Montf. 1 , 31 8 ; — le Tha- . -^ « . . .. . •».« , ^.. . .-r^ ., . ^M. XaBélem-
sont des
Chri-
\ore, d75, us paraissent ces noyaux ou pues GAiireoies aeiacnes ae leurs eiuis.
(3) Ce nom Tient de la ressemblance de leurs volutes avec celles de la corne d^un Bélier.
(3) Les espèces d^AMMONiTKS ont été long-temps recueillies et décrites avec moins de
soin que celles des coquilles ordinaires. On peut commencer leur étude par Particle jim^
Od les a distinguées derDièremeot en celles qui ont le bord des cloisons foliacé (les Ammoritbs, les Planitbs, de Haan), et en celles qui Font simplement anguleux et onduleui (les Cératitbs, de Haan).^
Celles où le dernier tour enveloppe tous les antres, sont les OaiuLiTis^Lam., On Globitbs et Goniatitbs, de Haan, ou PiLASusBs, Montf., 02. Le siphon y est comme dans les précédentes. ^^
On a donné le nom de Scaphitbs, Sowerb., à celles dont les tours sont contigus et dans le même plan , excepté le dernier, qui est détaché et se reploie sur lui-même (1).
On en voit de toutes droites, sans aucune partie en spirales (les Bacvlitbs, Lam.). «
Les unes sont rondes (2) ; d^autres sont comprimées (3). Quelquefois o» voit à ces dernières un syphon latéral.
Il y en a d^arquées à leurs premières loges (les Hamitbs, Sowerb.)*
Enfin, celles de toutes qui sortent le plus des formes ordinaires à cette famille, ce sont les Turrilitrs, Montf., llo, où les tours, loin de rester dans le même plan , descendent avec rapidité , et donnent à la coquille cette forme d^obélisque qu^on nomme turriculée (4).
On croit encore , toujours d'après des motifs ^nblables , devoir rapporter à la famille des Céphalopodes, et considérei^mrae des coquilles intérieures
Les CAMiKiNKs. Brug. (NuMiuuTBs.'^LaA.) Vulg. Pierres nummulaireê,
numismales f lenticulaires*
Qui ne se trouvent également que parmi les Fossiles , et présentent à Feiténeor une forme lenticulaire , sans aucune ouverture apparente , et à rintérieur une cavité spirale , divisée par des cloisons en une infinité de petites chambres , mais sans syphon. C'est nn des fossiles les pldl répandus , et qui forme presque à lui seul des chaînes entières de oolfines calcaires , et des bancs immenses de pierre à bâtir (&)•
Les plus communes, et celles qui deviennent les plus grandes ,fknt Xout-àfait discoïdes, et n^ont qu^un seul rang de chambres par tour de spire (6). <#
On en trouve aussi quelques espèces très petites de cette sorte dans certaines mers (7). ^
moniie de TEnc. met. vers. 1 , 28 , et par celui de M. de Roissy , dans le Buffon de Sonnini, Mollusques , V, 16. Il faut aussi consulter la Monographie qu^en a donné M. de Haan, sous le titre de Monographiœ ammoniteorum et goniateorum êpecimeu, Leid. 1325.
(1) Se. oUiquuB, Sowerb. ; Cut. Os. foss. II , S» part. pi. ii , f. 13. •
(2) Baculitea vertebralis, Montf. 342; Fauj. mont, de Saint-Pierre , pi. xxi.
(5) Ce quW nomme /it>rr0 de Laon, n'est formé que de camérines. Coà^r de tels rochers que les pyramides d^Egypte sont fondées , et avec des pierres semb^Hn qu*èlles sont construites. Foife» le Mémoire de Fcaris sur les discolithes dans ses Mém|ireasi# ritalie , et celui de Héricart de Thury, ainsi que les énumérations données par nharck, Anim. sans vert. VII , et par M. d^Orbigny, Tab. méth. des Céphalopodes.
(6) Nautilue mammiUa, Ficht. et Moll. VI, a, b, c, d ; — Naut. lenticularis, VI, e, f , g , h , VU , a-h. A ce genre se rapportent aussi le LicoPHas et 1*Egbonb, Montf. 158, 166 , et son Rotalite, 162, très différent des Rotalibs de Lamarck.
(7) NautiluM radiatHê, Ficht. et Moll. VI , a, b, c,dj — A^an/. renoms, ib. e, f, g, h.
D^autres petites espèces, soit fossiles, soit vivantes, ont leur bord hérissé de pointes qui leur donnent la forme d^étoiles (les Sidébolitrbs, Lam.) (I).
Des travaux et des recherches d^u ne patience infinie , exécutés successivement par Bianchi (ou Janus Pumcus), Soldani, Fichtel et Moll, et Âlc, d^Orbigny^ont fait connaître un nombre étonnant de ces coquilles chambrées et sans ^feion comme les nummulaires, extrêmement petites, souvent même toutà-fait microscopiques, soit dans la mer, parmi le sable, les fucus, etc., soit à Tétat fossile, dans les couches sableuses de divers pays ; et ces coquilles varient à un degré remarquable pour la forme générale, le nombre et la position relative des chambres ; etc. ; une ou deux espèces, les seules dont on ait observé les animaux , ont paru montrer un petit corps oblong , couronné par des tentacules nombreux et rouges, ce qui, joint aux cloisons de leur coquille, les a fait ranger, comme les genres dont nous venons de parler, à la suite des Céphalopodes, classement qui aurait besoin d^étre confirmé par des observations plus nombreuses, pour être regardé comme définitif.
Linnœus et Gmelin placent parmi les Nautiles, celles de ces espèces qui étaient connues de leur temps.
M. d^Orbigny, qui les a étudiées avec plus de soin que personne, en fait un ordre quMl nomme Fobaminifbbes, parce que les cellules n^y communiquent que par des trous, et les divise tfhfamilles diaprés la manière dont les cellules sont rangées.
Lorsque les cellules sont simples et disposées en spirale, ce sont ses Hkli- C08TB6UBS, ct cllcs sc subdiviseut ^core. Si les tours de la spirale s^enveloppent, comme il arrive nommément Sds m Camérines, ce sont ses Hélicostègues nautiloides (2).
Si les tours ne se recouvrent pas, ce sont les Hélicostègues ammonoides (5).
Si les tours s^élèvent comme dans la plupart des univalves, ce sont les Hélicostègues turbinoides (4) .
(\)^iderol, calcitrapotde , Lam. Faujas, mont, de St-Pierre, pi. xxxiv.
(^ Ces êtres infiniment petits intéressant peu notre plan , nous nous bornerons à citer les noms des genres avec quelques exemples. Dans cette première difision , sont comprises les CafiMrifi4^eUes-mème sons le nom oe Nummuluibs , et en outre les Nonionines ( Nau- ^lifuê pomptloidûê, Fitclitelet Moll. N. incrassatus, id.). ^ Les Stdbbolinks, les mêmes que les Syderolithcs , Lam.
Les CaiSTBLLAiaKS (Naulilus cassis. liaut. galsa, id., etc.),
Les RoBULiNBS (A^i^i7m« calcar^N. vortei, id.).
Les SpiBOLiNB8(4S]ptro/tiii/e« cylindracsa, Lara. Anim. sans vert.),
Les PÉNÉBOPLES ( A^aii/f7«t planatuM, Ficbtel «t Moll. etc. ) ,
Les Dbndbitihbs,
Les POLTSTOMBLIRS,
Les AaoMALiNBS, Les Vbbtbbbalinrs,
Les ClSfllDULINBS.
(3) D'Orbigny n>n fait que quatre genres,
Les SOLBANIBS , Les OpEBCULlBBS.
Les PLANOaBULlMCS.*
Et les Plamulinbs,
(4) CellflÉâ comprennent dix genres , Les TBoliPrin.iNRs ,
^ Les fltaBolaiNBS ,
Les GIobicbbinbs ,
Les Calcabinbs, où l'on place entre autres le Nautitus Spsnghri , Fichicl et Moll. iir , d , i , et XV;
Les ROTALIBS,
Les RosAUNis , Les Valvulinrs^
Des cellules simples peuvent aussi être enfilées sur un seul axe droit ou peu courbé, e^est la famille des Sttcostbgobs (1).
Ou bien elles peuyent être disposées en deux séries alternatives ; ce sont alors les ënallostbgobs fl).
Ou bien elles peuvent éftre rassembfées en petit nombre et ramassées comme en peloton 3 ce sont les Aq4tri8tbgubs (3).
Enfin dans les Entomostègubs (4), les cellules ne sont pas simples comme dans les autres familles , mais elles se subdivisent par des cloisons transverses , de manière que la coupe deJa coquille présente une sorte de treillis.
Les Buuminbs , Les UvicimiiiBS , St les Clavuuiibs.
(1) Les Stycostègues sont difisées par d*Orbigny en hait genres , ^^
Les N0SO8AIBB8, qu^il subdivise en Nodosaibes propres, comme Nautiiua rad^^Uj Lin. ; — Naut. jugoêuê, Hontag. Test. brit. XIV, f. 4; en Dbntalimbs, tels que JVlKmluê recius, Montag. I, cit. XIX, f. 4, 7 ( le genre Rbopuagb , Montf. 1 , 330); en Obthocb- MiBS, comme Nodoêaria clavulus, Lam. Encycl. pi. 460 , f.3, et en Hocronimes,
Les FaoïfvicuLAitBS , où vient RenuUna complanata , Blain?. Malac.,
LesLniGOLiNBS,
Les RmuLiiiBS.
Les Yaginulinbs, auquel appartient Nautilus legumen, Gm. Plane. I, f. 7; Encycl.
LePllARGiifULiHBS, où ost NautUuê raphanyê, Gm. Soldan. II , ici?,
Les PuLNULAnss, comme Nautilus crtpiduluêy Ficht. et Moll. xix , g , h , i ,
St les Pavonimbs. ^
(9) D^Orbigny a cinq genres d*Enallo»iègue9 ,
Lm Bigbnbbuibs ,
Les Tbxtvlaibbs.
Les YuLvoLmBS ,
Les DlMOBPBIH B8 , Les POLTMOBPBINBS ,
Les YiaGuuiiBs ,
Et les Sphbboïdinbs. %
(3) Les AoAnnsTiGUBS ou Milliolbs des auteurs , qui composent à elles seules des banc$ immenses de pierres calcaires , ne forment dans d^Orbigny que six genres ,
Les BiLOooLUf ES , Ék
Les SnaoLOcuLniBS , ^
Les TaiLOGUuiiBS , les AaricuLuiBS ,
Les QUUIQUBLOCULINBS ,
Et les Abblosihbs.
De Blainville assure avoirobservé que leur animal n*a point de tentacules; en ce cas il s^éloignerait beaucoup des\Iéphalopodei.
(4) Les Eniomo9tèffU9s ressemblent extérieurement à plusieurs des BsLicosTiGUBS. D*Orbigny en fait cinq genres , 0 ^
Lei AimiSTéGiiiBS , 9
Les HirnosnoTiiBS ,
Les ÛRBICULllf BS ,
Les Alvéolihbs,
Et les Fabdlairbs.
Les personnes qui voudront approfondir cette partie curieuse de la Conchyliologie , sur laquelie notre plan ne nous permet pas de nous étendre ; mais qui peut être fort utile dans rétnde des couches fossiles , trouveront un bon guide dans le tableau méthodique des Céphalopodes inséré par d*Orbigny, dans les Ann. des se. nat. 1826, tome VII, p. 05 et 24S , et profiteront aussi avec avantage des modèles en grand que cet habile observateur a fait exécuter.