‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 3)Chapitre 55 sur 101 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

354 MOLLUSQUES de leur peau, et y forment des tissus plus ou moins compliqués et plus ou moins serrés.

Leurs mouvemens consistent en contractions dans divers sens, qui produisent des infiexions et des prolengemens ou relàächemens de leurs. diverses parties, au moyen desquels ils rampent, nagent et saisissent différens objets, se- Ion que les formes des parties le permettent; mais comme les membres ne sont point soutenus par des leviers articulés et solides , ils ne peuvent avoir d’élancemens rapides.

L'irritabilité est extrème dans la plupart, et se conserve long-temps après qu'on les a divisés. Leur peau est nue, très-sensible, ordinairement enduite d’une humeur qui suinte de ses pores; on n'a reconnu à aucun d'orsane particulier pour l’odorat, quoiqu'ilsjouissent de ce sens; ilse pourrait que toute la peau en füt le siége, car elle ressemble beaucoup à unemembrane pituitaire. Tous les acéphales, les brachiopodes, les cirrhopodes, et une partie des gastéropodes et des ptéropodes sont:

privés d’yeux , mais les céphalopodes en ont d'au moins aussi compliqués que ceux des animaux à sang chaud. Ils sont les seuls où l'on ait découvert des organes de l’ouie, et dont

EN GÉNÉRAL. 355 le cerveau soit entouré d’une boëte cartila= sineuse particulière.

Les mollusques ont presque tous un développement de la peau qui recouvre leur corps et ressemble plus ou moins à un manteau; mais qui souvent aussi se rétrécit en simple disque , ou se rejoint en tuyau, ou se creuse en sac , ou s'étend et se divise enfin en forme de nageoires.

On nomme r2o{lusques nus, ceux dont le Manteau est simplement membraneux ou charnu; mais il se forme le plus souvent dans son épaisseur une ou plusieurs lames de substance plus ou moins dure, qui s’y déposent par couches, et qui s’accroissent en étendue aussi-bien qu'en ‘épaisseur, parce que les couches récentes débordent toujours les anciennes.

Lorsque cette substance reste cachée dans l'épaisseur du manteau, l'usage laisse encore aux animaux qui l'ont, letitre de rnollusques nus. Mais le plus souvent elle prend une grosseur et un développement tels que Fanimal peut se contracter sous son abri; on lui donne alors le nom de coquille, et à l'animal celui de £estacé ; lépiderme qui la recouvre

356 | MOLLUSQUES est mince et quelquefois desséché; 1l s ‘appelle communément drap marin (1).

Les variétés de formes, de couleur, de surface, de substance et d'éclat des coquilles sont infinies ; la plupart sont calcaires; 1l y en a de simplement cornées ; mais ce sont toujours des matières déposées par couches, ou transsudées par la peau sous l’épiderme, comme l’enduit muqueux , les ongles, les poils, les cornes, les écailles et même les dents. Le üssu des coquilles diffère selon que cette transsudationse fait par lames parallèles ou par filets verticaux serrés les uns contre les autres.

Les mollusques offrent toutes les sortes de mastication et de déglutition; leurs estomacs sont tantôt simples, tantôt multiples, souvent munis d'armures parüculières, et leurs intesuns diversement prolongés. Ils ont le plus souvent des glandes salivaires et toujours un foie considérable , mais point de pancréas ni de mésentère, plusieurs ont des sécrétions qui jeur sont propres, mais aucun ne produit d'urine.

(:) Jusqu'à moi l'on avait fait des testacés un ordre particulier ; mais ily a des passages si insensibles des mollusques nus aux testacés , les divisions naturelles groupent tellement les uns avec les

autres, que celte distinction ne peut plus subsister, Il y a d’ailleurs plusieurs Lestacés qui ne sont pas des mollusques,

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