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LE PREMIER ORDRE DES ARACHNIDES

LES PULMONAIRES. (Uvocara. Fab.)

À des sacs pulmonaires et six à huit yeux lisses.

Ces arachnides ont toutes deux mandibules, deux mächoires avec deux palpes et une lèvre.

Les stigmates sont situés sous le ventre, et leur nombre varie de deux à huit. Ils donnent chacun dans un petit sac , aux parois duquel adhère un organe respiratoire composé de petites lames; le cœur est un gros vaisseau qui règne le long du dos, et donne des branches de chaque côté. Les pieds sont constamment au nombre de huit.

La plupart de ces animaux sont suspects.

Leur morsure ou leur piqûre peut produire, dans quelques circonstances, et surtout dans les pays chauds, des accidens plus ou moins graves.

La première famille des ARACHNIDES PuL-

MONAIRES, Celle des Fireuses , se compose du genre DES ARAIGNÉES. ( ARANEA. L. ).

Elles ont des palpes en forme de petits pieds, sans pince ni griffe au bout, terminés au plus par un petit-crochet, et dont le dernier article renferme ou porte , dans les mâles, les organes de la génération.

Ce sont les seules arachnides dont la griffe ou le crochet mobile des mandibules ait, sous son extrémité supérieure, une petite ouverture pour la sortie d’un venin.

Les araignées ont le tronc d’un seul article, auquel est suspendu, en arrière , et par le moyen d’un pédicule court, l'abdomen. Cette dernière partie est ordinairement molle , sans anneaux, a en dessous, près de sa base, deux stigmates recouverts, et à l'anus, six mamelons charnus, percés au bout d’un grand nombre de petits trous, et d’où s’échappent des fils de soie d’une extrême ténuité, partant de leurs réservoirs intérieurs. Le canal intestinal est droit ; il a d’abord un premier estomac composé de plusieurs sacs; puis vers le milieu de l'abdomen une seconde dilatation stomacale, entourée du foie.,

Les femelles emploient plusieurs fils pour former les cocons qui enveloppent leurs œufs; mais plusieurs individus des deux sexes ourdissent avec eux des toiles d’un tissu plus ou moins serré, dont la forme et la situation varient selon les habitudes particulières des espèces, et qui sont autant

de pièges où les insectes dont ces animaux se nour- | 4

PULMONAIRES, 75 rissent, se prennent ou s’embarrassent. Les fils qui retiennent la toile sont plus forts que les autres, et ceux qui recouvrent immédiatement les œufs, diffèrent encore souvent des fils extérieurs, et sont plus fins et plus doux au toucher. Plusieurs arachnides se servent aussi de cette matière soyeuse pour se construire une habitation.

Celles qui font des toiles se tiernent tranquilles dans leur centre, ou dans la retraite qu’elles se sont | ménagées auprès d’elles, jusqu’à ce que des mouvemens extraordinaires imprimés à la toile par quelque animal qui s’y trouve arrêté , les préviennent. Elles accourent promptement, fondent sur lui, si leurs forces ne sont pas trop inférieures aux siennes, le percent de leur dard, afin de lui donner la mort ou de laffaiblir, etsouventle garottent ou l’enveloppent même d’une couche de soie, pour le mettre dans l'impuissance de se dégager. Elles le sucent, et rejettent ensuite son cadavre. Plusieurs cependant le laissent dans leur toile.

On a essayé de tirer parti de leur soie, et on est parvenu, au moyen de la filature, à en faire des bas de soie et des gants. |

Plusieurs de ces animaux sont si cruels, qu’ils ne font pas même grâce à leur propre espèce , et que les mâles, craignant d’être dévorés par leurs femelles, ne s’en approchent, au tems des amours, qu'avec une grande circonspection, ou après beaucoup de tâtonnemens. |

Les organes sexuels sont doubles. Ceux des mâles , ordinairement très-compliqués et composés

de différentes pièces écailleuses, sont généralement renfermés dans une cavité du dernier article des palpes, qui forme pour ces individus une sorte de massue ou de bouton. Ceux des femelles consistent en deux conduits tubuleux plus ou moins rapprochés, et cachés dans une fente transverse située à ia base du ventre, entre les organes de la respiration. Le mâle y introduit alternativement l'organe fécondateur de chacune de ses parties sexuelles , mais si légèrement, et d’une manière si instantanée, qu'il n’y a presque qu’un simple contact. La position respective qu'ont alors les deux individus, varie selon les genres.

Il n’y a, le plus souvent, qu’une ponte par année, et qui a lieu, dans nos climats, vers la fin de lété ou au commencement de l'automne. La quantité des œufs varie. Plusieurs éclosent avant l'hiver , et leurs fils forment alors ces corps blancs et filamenteux qui voltigent dans l’arrière-saison, etque le vulgaire appelle ls de la Vierge. Les œufs des autres m’éclosent qu’au printems de l’année suivante. Plusieurs espèces peuvent vivre quelques années. [If paraîtrait, d’après les observations de M. Amédée Lepelletier, que ces animaux ont, comme ceux de la classo précédente , la faculté de régénérer les pattes qu'ils ont perdues. Audebert a vu une femelle produire plusieurs générations successives , par le seul effet de l’accouplement qui en avait fécondé la prennère. On emploie pour subdiviser un genre si nombreux , des caractères tirés de la disposition des yeux , et de quelques parties de la bouche.

Les unes ont les yeux rapprochés dans la largeur de l'extrémité antérieure du corselet, ou sur une partie qui répond au front, soit au nombre de six, soit au nombre de huit, dont quatre ou deux au milieu, et deux ou trois de chaque côté, Elles font des toiles, ou jettent au moins des fils pour surprendre leur proie, et se tiennent immobiles dans le piège ou tout anprès. Ce sont les fileuses sédenaires.

Nous les divisons en cinq sections. Les quatre premières ont des caractères communs. Tantôt les deux paires extrêmes (1, 4, ou 4, 1.) de pieds, tantôt la première et puis la seconde , ou la quatrième et la précédente surpassent les autres en longueur. L'animal, dans le repos, tient toujours élevés ces organes «lu mouvement, et n’a qu’une seule manière de marcher, celle de se diriger en avant.

Leurs yeux ne forment point, par leur réunion, un sea ment de cercle ou un croissant. Elles font toutes des toiles pour surprendre leur proie.

La première section des FiLEuSESs, celle des TERRITÈLES (Araweïnes THerapnoses. Wadck.) , se distingue aux crochets des mandibules , qui sont fléchis en dessous ou sur leur côté inférieur, et aux filières , dont deux grandes et les autres très-pelites.

Les organes sexuels des mâles sont toujours à découvert et très-simples.

Les Mycares. (Mycare. Walck.)

Dont les palpes sont insérées à l’extrémité des mâchoires. Les unes ont des pointes cornées , disposées en forme de rateau ou de dents de peigne, au dessus de la base du crochet des mandibules. Elles se creusent des galeries souterraines , et construisent à leur entrée, avec de la terre et de la soie , uu opercule mobile, fixé par une charnière, et qui, à raison de sa forme parfaitement adaptée à l'ouverture , de son inclinaison , de son poids naturel et de la situation de la charnière, ferme de lui-même et d’une

manière très-juste, l'entrée de l'habitation. La mère y fait sa ponte. Telles sont

La Mygale maçonne. (M. Cœmentaria. Walck. Hist.des Aran. fasc. III, tab. x, le mâle.) Crochets des tarses simples ou sans dentelures; corps d’un brun-fauve, et rateau des mandibules composé de cinq denis presque évales et toutes pointues. Des environs de Montpellier.

La Mygale pionnière. ( M. Fodiens. Walck.) Aranea sauvagesii. Ross. Faun. et Etrusc. IT, 1x, 11. Crochets des tarses simples ; corps d’un brun-foncé; rateau des mandibules ayant deux dents plus fortes et obtuses. En Toscane, dans l’île de Corse, s’établissant quelquefois dans les murs. Elle porte ses petits sur son dos.

Les autres mygales n’ont point de rateau aux mandibules, et vivent dans des troncs d'arbres ou dañs d’autres cavités que le hasard leur procure. Elles sont très-grandes, saisissent quelquefois des Colibris ou des Oiseaux-Mouches , et sont connues aux Antilles sous le nom d’Araignées- Crabes. Leur morsure passe pour très-dangereuse.

La Mygale aviculaire. ( Aranea avicularia. Lin. Fab.) Kléem. Insect. x1 et x11, mâle. Longue d’environ un pouce et demi, noirâtre, très-velue, avec l'extrémité des palpes, des pieds, et les poils intérieurs de la bouche rougeâtres. — Cayenne, Surinam (1).

Les Arypes. (Arypus. Lat.— OLETERA. Walck.)

Ont les palpes insérées sur une dilatation extérieure et inférieure des mâchoires; la lèvre très-petite, et recouverte par la base de ces dernières parties de la bouche.

L'Atype de Sulzer.'( Aranea picea. Sulz.) Aéypus Sulzeri. Lat. Gener, Crust. et Insect. 1, v, 2, mâle. A

(1) Aj. M. fasciata. Séba, Mus. I, Lxix, 1. Walck, ist. des

Aran, 4,1, fem.

Latr. gener. Crust. et Insect. 1, v», 1. M. 'nidulans. Brown.

Hist. nat. Jam. xL1v, 3.

corps noirätre et long, d'environ huit lignes , se creuse, dans les terreins en pente et couverts de gazon, un boyau cylindrique , profond, long de sept à huit pouces, d’abord cylindrique, incliné ensuite, où il se file un tuyau de soie blanche, de la même forme et des mêmes dimensions. Le cocon est fixé avec de la soie par les deux bouts, au fond de ce tuyau. Des environs de Paris, et même de son intérieur.

M. de Basoches a observé, près de Séez, une variété qui est constamment d’un brun plus clair.

Les Ér1oDons. (Ériopon. Lat. — MissuLENA. Walck.)

Qui ressemblent aux Ætypes par l'insertion des palpes, mais dont la lèvre s’avance entre les mâchoires.

La seule espèce connue (Eriodon occatorius. Lat.), a été rapportée de la Nouvelle-Hollande. Son corps est noir et long d’un pouce.

La seconde section des FiLeuses, les TugiTèLes, ou les ARAIGNÉES TAPISSIÈRES, a les crochets des mandi- : bules repliés en travers le long de leur côté interne ; les quatre filières extérieures saillantes, cylindriques, rapprochées en :1n faisceau, dirigé en arrière, et les pieds robustes.

La plupart ont la quatrième paire de pieds, et ensuite la première, ou réciproquement, plus longues. Leur abdomen est de grandeur moyenne , et ne contraste point, par l'étendue de son volume , comme dans les deux tribus suis vantes, avec celui du corselet. Beaucoup sont nocturnes, et n’ont que des couleurs sombres ou peu variées.

Ces arachnides se filent dans des trous, des fentes, sous les pierres, entre les feuilles , les branches, aux angles des murs, etc., une toile blanche, d’un tissu serré, ordinairement horizontale, tantôt en forme de tuyau ou de nasse, tantôt contournée en trémie, où elles se tiennent renfermées et à l'affût des insectes. Dès qu'ils se présentent à l'entrée de leur cellule, elles s’y rendent aussitôt, les saisissent et

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