‹ Le règne animal (volume 2)Chapitre 14 sur 105 · ÉLÉMENTS ORGANIQUES · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS ORGANIQUES

eux sous forme d'eau et d'acide carbonique. L'azote, de quelque part qu'il pénètre dans leurs corps, paraît y rester.

Les rapports des végétaux et des animaux avec l'atmosphère sont donc inverses ; les premiers défont de l'eau et de l'acide carbonique, et les autres en reproduisent. La respiration est la fonction essentielle à la constitution du corps animal; c'est elle en quelque sorte qui l'animalise , et nous verrons aussi que les animaux exercent d'autant plus complètement leurs fonctions animales , qu'ils jouissent d'une respiration plus complète. C'est dans ces difterences de rapports que consiste le quatrième caractère des animaux.

DES FORMES PROPRES AUX ÉLÉMENTS ORGANIQUES DU CORPS ANIMAL, ET DES COMBINAISONS PRINCIPALES DE SES ÉLÉMENTS CUIMIQUES.

Un tissu aréolaire et trois éléments chimiques sont essentiels à tous les corps vivants, un quatrième élément l'est en particulier aux animaux ; mais ce tissu se compose de diverses formes de mailles , et ces éléments s'unissent en diverses combinaisons.

Il y a trois sortes de matériaux organiques ou de formes de tissu , la cellulosité , la fibre musculaire et la matière médullaire; et à chaque forme appartient une combinaison propre d'éléments chimiques ainsi qu'une fonction particulière.

La cellulosité se compose d'une infinité de petites lames jetées au hasard et interceptant de petites cellules qui communiquent toutes ensemble. C'est une espèce d'épongé qui a la même forme que le corps entier, et toutes les autres parties la remplissent ou la traversent. Sa propriété est de se contracter indéfiniment quand les causes qui la tiennent étendue viennent à cesser : cette force est ce qui relient le corps dans une forme et dans des limites déterminées.

La cellulosité serrée forme ces lames plus ou moins étendues que l'on appelle membranes ; les membranes contournées en cylindres forment ces tuyaux plus ou moins ramifiés que l'on nomme vaisseaux; les filaments, nommés fibres, se résolvent en cellulosité ; les os ne sont que de la cellulosité durcie par l'accumulation de substances terreuses.

La matière générale de la cellulosité est cette combinaison

qui porte le nom de yélatine , et dont le caractère consiste à se dissoudre dans l'eau bouillante et à se prendre, par le refroidissement, en une gelée tremblante.

La matière médullaire n'a encore pu être réduite en ses molécules organiques^ elle paraît à l'œil comme une sorte de bouillie molle où l'on ne distingue que des globules infiniment petits; elle n'est point susceptible de mouvements apparents; mais c'est en elle que réside le pouvoir admirable de transmettre au MOI les impres3ions des sens extérieurs, et de porter aux muscles les ordres de la volonté. Le cerveau, la moelle épinière en sont composés en grande partie ; et les nerfs, qui se distribuent à tous les organes sensibles , ne sont , quant à leur essence , que des faisceaux de ses ramifications.

La fihre charnue ou musculaire est une soile particulière de filaments dont la propriété distinctive, dans l'état de vie , est de se contracter en se plissant quand ils sont touchés ou frappés par quelque corps, ou quand ils éprouvent, par l'intermédiaire du nerf, l'action de la volonté.

Les muscles, organes immédiats du mouvement volontaire, ne sont que des faisceaux de fibres charnues ; toutes les membranes, tous les vaisseaux qui ont besoin d'exercer une compression quelconque sont armés de ces fibres ; elles sont toujours intimement unies à des filets nerveux ; mais celles qui concourent aux fonctions purement végétatives se contractent à l'insu du moi , en sorte que la volonté est bien un moyen de faire agir les fibres , mais ce moyen n'est ni général , ni unique.

La fibre charnue a pour base une substance particulière appelée ^/6rme^ qui est indissoluble dans l'eau bouillante , et dont la nature semble être de prendre d'elle-même celte forme filamenteuse.

Le fluide nourricier ou le sang , tel qu'il est dans les vaisseaux de la circulation, non-seulement peut se résoudre, pour la plus grande partie, dans les éléments généraux du corps animal, le carbone, l'hydrogène, l'oxigène et l'azote, mais il contient déjà la fibrine et la gélatine presque toutes disposées à se contracter et à prendre les formes de membranes ou de filaments qui leur sont propres ; du moins suffit-il d'un peu de repos pour qu'elles s'y manifestent. Le sang manifeste aussi aisément une comlDinaison qui se rencontre dans beaucoup de solides et de fluides animaux, Valbuminey dont le caractère et de se coaguler dans l'eau bouillante, et l'on y

Page 1