‹ Le règne animal (volume 2)Chapitre 71 sur 105 · TROISIEME CLASSE DES ANIMAUX VERTEBRES · texte numérisé non relu

TROISIEME CLASSE DES ANIMAUX VERTEBRES

Les reptiles ont le cœur disposé de manière qu'à chaque contraction, il n'envoie dans le poumon qu'une portion du sang qu'il a reçu des diverses parties du corps , et que le reste de ce fluide retourne aux parties, sans avoir passé par le poumon , et sans avoir respiré.

Il résulte de laque l'action de l'oxygène sur le sang est moindre que dans les mammifères, et que, si la quantité de respiration de ceux-ci , où tout \b sang est obligé de passer par le poumon avant de retourner aux parties , s'exprime par l'unité , la quantité de respiration des reptiles devra s'exprimer par une fraction d'unité d'autant plus petite que la portion de sang , qui se rend au poumon , à chaque contraction du cœur , sera moindre.

Comme c'est la respiration qui donne au sang sa chaleur , et à la fibre la susceptibilité pour l'irritation nerveuse, les reptiles ont le sang froid , et les forces musculaires moindres en totalité que les quadrupèdes , et à plus forte raison que les oiseaux ;

(1) Parmi les Harles étrangers, il n'y a guère de bien constaté que M. cucullatus, de la Caroline , enl. 9ô5 et 956 : M. brasiliensis , Vieill. Gai. 283. «^

aussi n'exercent-ils guère que les mouvements du ramper et du nager : et, quoique plusieurs sautent et courent fort vite en certains moments , leurs habitudes sont généralement paresseuses , leur digestion excessivement lente , leurs sensations obtuses, et, dans les pays froids on tempérés, presque tous passent l'hiver en léthargie. Leur cerveau, proportionnellement très-petit, n'est pas aussi nécessaire que dans les deux premières classes , à Texercice de leurs facultés animales et vitales ; leurs sensations semblent moins se rapporter à un centre commun ; ils continuent de vivre et de montrer des mouvements volontaires, un temps très-considérable après avoir perdu le cerveau, et même quand on leur a coupé la tête. La connexion avec le système nerveux est aussi beaucoup moins nécessaire à la contraction de leurs fibres , et leur chair conserve son irritabilité bien plus long-temps après avoir été séparée du reste du corps que dans les classes précédentes^ leur cœur bat plusieurs heures après qu'on l'a arraché, et sa perte n'empêche pas le corps de se mouvoir encore long-temps. On a remarqué, dans plusieurs, que le cervelet est d'une petitesse extrême , ce qui est assez d'accord avec leur peu de propension au mouvement.

La petitesse des vaisseaux pulmonaires permet aux reptiles de suspendre leur respiiation , sans arrêter le cours du sang ; aussi plongent-ils plus aisément et plus long-temps que les mammifères et les oiseaux. Les cellules de leur poumon étant moins nombreuses, parce qu'elles ont moins de vaisseaux à loger sur leurs parois, sont beaucoup plus larges, et ces organes ont quelquefois la forme de simples sacs à peine celluleux.

Du reste, les reptiles sont pourvus de trachée-artère et de larynx, quoiqu'ils n'aient pas tous la faculté de faire entendre une voix.

N'ayant point le sang chaud, ils n'avaient pas besoin de téguments capables de retenir la chaleur; et ils sont couverts d'écaillés ou simplement d'une peau nue.

Les femelles ont un double ovaire et deux oviductus , les mâles de plusieurs genres ont une verge fourchue ou double ; dans le dernier ordre (celui des Batraciens), ils n'ont pas de verge du tout.

Aucun reptile ne couve ses œufs. Dans plusieurs genres des Batraciens , les œufs ne sont fécondés qu'après avoir été pondus ; aussi n'ont-ils qu'une enveloppe membraneuse. Les petits de ce dernier ordre ont, au sortir de l'œuf. la forme et les

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branchies des Poissons , et quelques genres conservent ces organes , même après le développement de leurs poumons. Dans plusieurs des reptiles qui pondent des œufs, notamment dans les Couleuvres, le petit est déjà formé et assez avancé dans l'œuf ail moment où la mère fait sa ponte , et il en est même des espèces que l'ont peut rendre à volonté vivipares en retardant leur ponte (1).

La quantité de respiration des Reptiles n'est pas fixe , comme celle des Mammifères et des Oiseaux; mais elle varie avec la proportion du diamètre de l'artère pulmonaire , comparé à celui de l'aorte. Ainsi les Tortues, les Lézards, respirent beaucoup plus que les Grenouilles , etc. De là des différences d'énergie et de sensibilité beaucoup plus grandes qu'il ne peut en exister d'un Mammifère à un autre, d'un Oiseau à un autre.

Aussi les Reptiles présentent-ils des formes, des mouvements et des propriétés beaucoup plus variés que les deux classes précédentes; et c'est SLutout dans letu' production que la nature semble s'être jouée à imaginer des formes bizarres, et à modifier, dans tous les sens possibles, le plan général qu'elle a suivi pour les Animaux vertébrés, etspécialementpour les classes ovipares.

La comparaison de leur quantité de respiration et de leurs organes de mouvement a donné lieu cependant à M. Rrongniart de les diviser en quatre ordres (2) , savoir :

Les Chéloniens (ou Tortues), dont le cœur a deux oreillettes, et dont le corps , porté sur quatre pieds , est enveloppé de deux plaques oli boucliers formés par les côtes et le sternum.

Les Sauriens ( ou Lézards ) , dont le cœur a deux oreillettes , et dont le corps, porté sur quatre ou sur deux pieds, est revêtu d'écaillés.

Les Ophidiens (ou Serpents) , dont le cœur a deux oreillettes, et dont le corps reste toujours dépourvu de pieds.

Les Ratraciens , dont le cœur n'a qu'une oreillette , dont le corps est nu, et dont la plupart passent, avec l'âge, de la forme d'un Poisson respirant par des branchies , à celle d'un Quadrupède respirant par des poumons. Quelques-uns cependant ne perdent jamais leurs branchies, et il y en a qui n'ont jamais que deux pieds (3).

(1) Par exemple, les couleuvres lorsqu'on les prive d'eau, ainsi que l'a expérimenté M. Geoffroy.

(2) Al. Rrongniart, Essai d'une classification naturelle des reptiles, Paris 1805, et dans les Mém. des savants étrang. , présentés à l'Institut j tome l , p. 587.

(3) D'autres auteurs , comme Merrem, font une autre répartition des Sauriens et des

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