‹ Le règne animal (volume 2)Chapitre 90 sur 105 · PLECTOGNATHES · texte numérisé non relu

PLECTOGNATHES

Les opercules et les rayons sont en outre cachés sous une peau épaisse , qui ne laisse voir à l'extérieur qu'une petite fente branchiale (1). On ne trouve que de petits vestigesde côtes. Les vraies ventrales manquent. Le canal intestinal est ample, mais sans cœcums (2), et presque tous ces Poissons ont une vessie natatoire considérable.

Cet ordre comprend deux familles très naturelles, caractérisées par la manière dont leurs mâchoires sont armées : Les Gymnodontes et les Scléroder3ies.

La première famille , ou

Les Gymnodontes ,

A, au lieu de dents apparentes, les mâchoires garnies d'une substance d'ivoire, divisée intérieurement en lames, dont l'ensemble représente comme un bec de perroquet, et qui, pour l'essentiel , se compose de véritables dents réunies , se succédant à mesure qu'il y en a d'usées par l'effet de la trituration (3). Leurs opercules sont petits; leurs rayons au nombre de cinq de chaque côté, et les uns et les autres fort cachés. Ils vivent de Crustacés, de Fucus ; leur chair est généralement muqueuse et peu estimée ; plusieurs espèces passent même pour vénéneuses, au moins dans certaines saisons.

Deux de leurs genres, les Tetrodons et les Diodons , vulgairement les Boursouflais, ou les Orbes, peuvent se gonfler comme des ballons, en avalant de l'air et en remplissant de ce fluide leur estomac , ou plutôt une sorte de jabot très mince et très extensible qui occupe toute la longueur de l'abdomen en adhérant intimement au péiitoine , ce qui l'a fait prendre tantôt pour le péritoine même, tantôt pour une espèce d'Epiploon. Lorsqu'ils sont ainsi glonflés, ils culbutent : leur ventre prend le dessus, et ils flottent à la surface sans pouvoir se diriger; mais c'est pour eux un moyen de défense , parce que les épines qui garnissent leur peau, se relèvent ainsi de toute part'(4).lls ont en outre une vessie aérienne à deux lobes ; leurs reins, placés très haut, ont été pris mal à propos pour des poumons (5). On

(1) Cette disposition dont il y a déjà un commencement dans les Chironectes , a fait croire à plusieurs naturalistes que les Plectognathes manquent d'opercules et de rayons. Ils en ont comme les autres poissons.

(2) Bloch suppose à tort des cœcums aux Diodons.

(3) Voyez mes leçons d'An. comp. tom. III. p. 125.

(4) frayez Geoffroy-St.-Hilair^ Desc. des poissons d'Egypte, dans le grand ouvrage sur l'Egypte. Il y a aussi des dispositions analogues dans les Chironectes.

(5) C'est ainsi que je crois pouvoir expliquer Terreur de Schœnf. Écrits des nat. de Berlin,

ne leur complc que trois branchies de chaque côté (1). Ils font entendre , quand on les prend , un son qui provient sans doule de l'air qui sort de leur estomac. Leurs narines sont garnies chacune d'un double tentacule charnu.

Les DioDONs (DioBON, L. ) Vulg. Orbea épineux.

Se nomment ainsi , parce que leurs mâchoires indivises ne présentent qu'une pièce en haut et une en bas. Derrière le bord tranchant de chacune est une partie rondo , siilonnce en travers, qui forme un puissant instrument de mastication (2). Leur peau est armée de toute part de gros aiguillons pointus, en sorte que quand ils sont renflés, ils ressemblent au fruit du maronnier.

Il y en a un assez jifrand nombre d'espèces , dans les mers des pays chauds.

Les unes ont les piquants longs, sonlcnns par deux racines latérales.

La plus commune de ce groupe {D/'od. ^Uuu/n,B].), 125, et mieux Séb. TU, xxiii, 1, 2, atteint plus d'un pied de diamètre (3).

D'autres ont des piquants courts , portés sur trois racines divergentes (4).

D'autres, enfin, ont des piquants grêles comme des épingles ou comme des cheveux (5).

Les Tétraodons (Tetraodon, L. )

Ont les mâchoires divisées dans leur milieu par une suture , de manière à présenter l'apparence de quatre dents , deu\ dessus , deux dessous. Leur peau n'est garnie que de petites é])ines peu saillantes. Plusieurs espèces passent pour être venimeuses.

Le plus anciennement connu est celui du Nil,

Fahaca des Arabes, Fiasco psaro des Grecs , etc. {Tetraodon linealus, L.), Tet. ■physa, Geoffr., Poiss., d'Egypt., I, 1, Rondel., 419.

A dos et flancs rayés longitudinalement de brun et de blanchâtre. Le Ail en jette beaucoup sur les terres, lors des inondations, et ils servent de jouet aux enfants.

Quelques-uns ont le corps comprimé latéralement et le dos un peu Iran-

VIII, 190, et celle de PluiTiier, Schn. 513; et sans doute aussi celle de Garclen , Lin. Syst. cd. xu , I , p. 548 , in not. Quant aux organes celluleux dont parle Broussonuet, Ac. des Se. 1780, dernière page, il n'existe rien qui puisse y avoir donne lieu. 11 est du l'ait que ces poissons ne diffèrent en rien des autres pour la respiration.

(1) On a déjà un exemple de ce nombre dans la Baudroie.

(2) Les mâchoires de ce genre ne sont pas très rares parmi les pétrifications.

(3) LeDiod. histrii , El. 12G, est la même espèce non gonflée. Je la nomme, pour éviter toute équivoque, Dicdon pttnctatus; — Aj. Diod. spinosissimns , Cuv. Méni. du Mus. IV , p. 134, Séb. III, XXIV , 10 ; — Diod. tricdriciis , Cuv. Mém. du Mus. IV , p. 135. Séb. II,xxni,4; — D. nicicvicrus , Cuv. loc. cit. IV, vu, 5; — D. norcm-maculaius, id. ib. VI, 3 I — D. sex-viacuialiis , id. ib. vu . 1 ; — D. multiviaculahis , id. ib. 4.

(4) Diod. tigrimts, Cuv. Wéni. du Mus. IV, vi, 1, ou orhiculaitis, Bl. 127, Seb. III, xxni , 5 ; — I>. rivulatus, Cuv. ib. 2, ou Macuhito-striMfus, Milehill. vi, 5 , prob. Verbe. Lac. I, xsiv, 5; — D. jaculi férus , Cuv. loc. cit. vu, 3 ; — D. antennatus , id. ib. 2.

(5) Diod. pilosHs, Mitcbill. Poiss. de New-Y. I, 471 .

PLECTOGNATIIES . ,',87

chaiil; ils doivent se gonllor moins que les autres. L'un d'eux est électrique (1).

Je sépare des Téliaodons et méiiie de tous les Orbes ou Boiirsouflus :

Les Moles, (Orthagorisccs. Sch. Cephalus. Sh.) vulg. Poissons-lunes;

Qui ont les mâchoires indivises, comme les Diodons, mais dont le corps, comprimé et sans épines , n'est pas susceptible de s'enfler et dont la queue est si courte et si haute verticalement, qu'ils ont l'air de poissons dont on aurait coupé la partie postérieure , ce qui leur donne une figure très extraordinaire et bien suffisante pour les distinguer. Leur dorsale et leur anale , chacune haute et pointue , s'unissent à la caudale. Ils manquent de vessie natatoire ; leur estomac est petit et reçoit immédiatement le canal cholédoque. Sous leur peau est une couche épaisse de substance gélatineuse.

On en trouve dans nos mers , une espèce quelquefois longue de plus de quatre pieds, et pesant plus de trois cents livres ; à peau très rude , et d''uue belle couleur argentée. ( Tetraodon mola , L. ) Bl. 128 (2).

(1) La tête et la queue des Tétiaodons sont généralement lisses, mais le reste de leur corps peut être rendu plus ou moins âpre , au moyen de très petites épines qui sortent de leur peau . Les diverses combinaisons des parties lisses et des parties âpres , et les configurations qui résultent des formes plus ou moins oblongues de leur tête , nous ont permis de les arranger comme il suit :

I. Espèces à tête courte, susceptibles de se boursouffler en forme globuleuse, lo A corps rude partout.

A. Sans taches; — Tetr. intmaciilatus, Lacep. I, xxiv, 1 , Russel , 1 , 26.

B. A taches noires ; Telr. moucheté, Lacep. I, xxv , I , ou T. commersonii, Seliu. Russel,!, 28; — Tetr. fluviatilïs, Buchan. xxx , 1 ; — Tetr. geoiuetricus , Bl. Schn. Catesb. II,xxvni.

C. A bandes noires. Tetr. fahaca, ou T. physa , Geoif. Eg. poiss. 1,1; — T. linealus , Bl. 141 , dont Tetr. psitlacus, Bl. Schn. 93, est au moins très voisin.

D. A taches pâles. Tetr. tostadiniiiis, Bl. 139 , dont T. reticularis, Bl. Schn. paraît une variété ; — T. hispidus, Lacep. I , xxiv , 2 , et GeoÉF. Eg. poiss. 1,2, — T. paloca , Buchan. XVIII, 2.

2" A corps lisse partout. T. lœBissimus, Bl. Schn. — T. cutcutia, Buchan, XIII , 3.

3" A flancs seulement lisses , et avec des tentacules latéraux. T. spengleri , Bl. 144, Seb. m , xxui , 7 et 8 , qui est le même que le Tetr. pliimierij donné d'après Plumier , Lacep. I , XX, 3. N. B. Que ce que Lacep. a pris pour une bosse , n'est que la pectorale de l'autre côté dont on voit la pointe, et que le Sphéroïde tubercule établi par Lacep. Il, 1, est tiré de la même pi. de Plumier, et représente le même poisson vu de face. Schneider s'en était déjà aperçu , Bl. Schn. , ind. p. lvii. — T. honkenii , Bl. 143.

4" A flancs lisses, sans tubercules latéraux. T. ocellatus , Bl. 145; — T. turgidus , Mitch. pi. VI , f. 5; — 7^. lunaris , Russel , 1 , 29.

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