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LES CHÉIROPTÈRES

Ont encore quelques affinités avec les quadrumanes , par leur verge pendante et par leurs mamelles placées sur 4a poitrine. Leur caractère distinctif consiste dans un repli de la peau qui prend aux côtés du cou , s'étend entre leurs quatre' pieds et leurs doigts , les soutient dans l'air , et permet même de voler à ceux qui ont les mains assez développées pour cela. Cette disposition exigeait de fortej clavicules et de larges omoplates pour que l'épaule eût la solidité requise ; mais elle était in-

lia MAMMIFÈRES.

compatible avec la rotation de l'avant-bras, qui aurait affaibli la force du choc nécessaire au vol. Ces animaux ont tous quatre grandes canines , mais le nombre de leurs incisives varie* On n'en a fait long-temps que deux genres d'après l'étendue de leurs organes du vol, mais le premier des deux exige plusieurs subdivisions*

Lbs Chauve-Souris. (Vbspertilio. Lin.)

Ont les bras, les avant-bras et les doigts excessivement alongés , et formant , avec la membrane qui en remplit les intervalles, de véritables ailes, autant et plus étendues en surface que (Selles des oiseaux. Aussi les chauvesouris volent-elles très haut et très rapidement. Leurs muscles pectoraux ont une épaisseur proportionnée aux mouvements qu'ils doivent exécuter, et le sternum a dans son milieu une arête pour leur donner attache, comme celui des oiseaux. Le pouce est court , et armé d'un ongle crochu , qui sert à ces animaux à se suspendre et à ramper. Leurs pieds de derrière sont faibles, divisés en cinq doigts presque toujours égaux et armés d'ongles tranchants et aigus. Il n'y a point de caecum à leurs intestins. Leurs yeux sont excessivement petits, mais ' leurs oreilles sont souvent très grandes , et forment avec leurs ailes une énorme surface membraneuse, presque nue, et tellement sensible, que les chauve-souris se dirigent dans tous les recoins de leur labyrinthe, même après "qu'on leur a arraché les yeux, probablement par la seule diversité des impressions de l'air. Ce sont des animaux nocturnes qui , dans nos climats , passent l'hiver en léthargie. Us se suspendent pendant le jour dans des lieux obscurs. Leur portée ordinaire est de deux petits, qu'ils tiennent cramponnés à leurs mamelles , et cfcnt la grosseur est considérable à proportion de celle de leur mère*

CARNASSIERS. n5

Ce genre est très nombreux, et présente beaucoup de subdivisions.

• 11 faut d'abord- en séparer.

Les Roussettes. (PtIbopvs. Bnss. )

Qui ont des incisives tranchantes^ chaque mâchoire et des mâchelières à couronne plate (i); aussi vivent-elles en grande partie de fruits dont elles détruisent beaucoup ; elles savent cependant très bien* poursuivre les oiseaux et les petits quadrupèdes. Ce sont les plus grandes chauves-souris, et on mange leur chair. Elles habitent dans les Indes-Orientales.

Leur membrane, est écbancrée profondément entre leurs jambes; elles n'ont ^point ou presque point de queue ; leur doigt index, de moitié plus*ourt que le médius , porte une troisième phalange et un petit ongle qui manque dans les autres cbauve-squris ; mais les doigts suivants n'oo chacun que deux phalanges; leur museau est simple, leurs narines écartée*, leur oreille médiocre , sans oreillon , et leur langue hérissée de piquants recourbés en arrière; leur estomac est un sac très alongé et inégalement renflé. On n'en à découvert que dans l'Asie méridionale et l'archipel des Indes.

i . Roussettes sans queue , à quatre incisives à chaque

• mâchoire. (a>.

La Roussette noire. ( Pter. edulis. Geoff. > D'un brun noirâtre, plus foncé en dessous; près de quatre f>ieds d'envergure. Des îles de la Sonde, des Moluques, où elle se tient le jour suspendue en grand nombre aux arbres. On est obligé de garnir les fruits de filets , pour les préserver dé ses dévastations. Son cri est fort et ressemble à celui de l'oie.. Elle se prend au moyen d'un sac qu'on. lui tend au bout d'une perche ; les indigènes trouvent «a chair délicate /mais elle déplait aux Européens', à

cause de son odeur de muse (3). >

(i) Les-toâchelieres ont proprement deux saillies longitudinales et parallèles, séparées par an si|Ion , et qui s'usent par la détrition.

(a) Iimuens les confondait sons son» espèce da vespertilio vampirus.

(3) Selon M. Temmink, la Roussette fEdwanh, Geoff. , Edw. aoS , iaove a dos brun foncé , n'est qoe le jeune ftge de cette espèce.

Lbl R*us$Ht*. {Ptet.vulgari*. Geoff.} Buff« X,xiv.

Brune , la face et les côtés du dos fauves, des Nés de- France et de Bourbon , où elle habite sur Jea arbres, dans les forêts. On a comparé.sa chair à celle du lièvre et de la perdrix.

La Roussette à cotUer , Rougette de Buffon. ( Pter. rubricolas. Geoff. ) Buff. X , xVn.

Gris-brun , 'le cou rouge. Des mêmes îles, ou elle vit dans les arbres creux et les trous des rochers (i).

a. Robssbttxs avec une petite queue f à quatre, incisives k

chaque mâchoire.

If. Geoffroy a, le premier, fiait connaître des espaces de cette subdivision. Une- d'elles , laineuse et grise ( Pter. œgjrptiacus) , vit en Egypte dan* les souterrains; une autre , roussatre , à queue un peu plus longue et à demi engagée dans la membrane ( Pter. amplexicaudus), Ànn. Mus., t. XV, pi. rv, vient de l'archipel des Indes , etc. (a)

3. D'après leâ indications de M. Geoffroy , nous, détachons encore des roussettes les céphjuuotes , qui ont les mêmes machelières , mais où l'index , court et pourvu de ses trois phalanges comme cehii des précédentes , manque cependant d'ongle. Les membranes de leurs ailes, a#lieu de se joindre aux flancs, se réunisaentl'unea l'autre sur le milieu du dos , auquel elles adhèrent par. une cloison verticale et longitudinale. EJles ta'ont souvent que deux iùcisives. .

La Cëphalote de Péron. (Cephalotes Peronii. Geoff. ) Geoff. Ann. du Mus., XV, pL rV.

Brune ou rousse. De Timor.

Une fois les roussettes retranchées, il reste les vraies GAAirvE-souBis , qui «ont toutes insectivores, et ont toutes des

(i) Ajoutes Pter. médius. —•> Pter. phœops,— Pter. poliocephalus. — Pter. dasymallus^ Temm. Marnai, pi. x. — Pter. pallidus. — Pter. Keraudrenius, Qaoy etGaym,,Voy. de' FrejcineJ, — Pter. griseus, Geoff. Ann. Mot. pi S. XV, vi j Cap. TemaL, pL n. — Pter. persormius. — Pter. melanooephahiS) Temm. pi, xn.

(a) Àj. Pter. stramineus. — Pter. marginatust Geoff., loc. cfc. pL, y.— Pter. minimes, Id. ; oit kiodote , sir. C. \ on Pter. roslratus, Horsf.

CAKNAS&SM. Il5

macheïï feresr att notnbref de troitfde éhaqtie <S6té à chaque mâchoire, hérissées de pointes coniques précédées d'un nombr* variable de fausses molaires. Leur index n'a jamais d'ongle, et, un seul sous-genre excepté, leur membrane s'étend tcruj«u™ entre le, deo* jambes.

Ou doit les divijer en deux principales tribus. La première a au doigt médius de l'aihe trois phalanges ossi fiées > mais les autres doigts et l'index lui-même n'en ont que deux.

A cette tribu, qui est presque entièrement étrangère, appartiennent" les sous-genres suivants.

Les Molosses. (Molossus. GeofY. Dysopes. Uiger.)

A museau simple , à oreilles larges et courtes , naissant près de l'angle des lèvres,- et s* unissant l'une k l'autre sur le museau , l'oreillon court et non enveloppé par la conque. Leur queue occupe toute la longueur de leur membrane interféoaorale, et s'étend le plus souvent au-delà. On neleur compte presque toujours que deux incisives à chaque mâchoire 5 mais, selon M\ Temmink, plusieurs en auraient d'abord. six en bas, dont il se perdrait successivement quatre.

Les Bihops de' M. Savi sont de ces mofoSes à six incisives inférieures. Il y en a une espèce en Italie ( Diriops cestonn. Savi), Giorn. de letter., n° ai, p. a3o.

M. Geoffroy a nommé NYcriirouKs ceux où il a compté quatre incisives inférieures (1).

On n'avait d'abord découvert de molosses qu'en^mérique (a) ; mais on en connaît aujourd'hui des ded^onti-

(x) Le nyctinome et Egypte , Geofir. , Eg. Mammif. , pi. n, f. a , et Temm. , tfonog. des Ma mm. , pi. xix. — Le Nyctinome du Brésil, Isid. Geofiir., Ànn. des Se. nat., I, pi. xxji, on Mol. ruuutus, Spix, pi. xxxv, £ 7. — Lt JV. gréU (iV. Tenukj Hors/., Jay., n° 5. ), et Temm., Monôfl., pi. xix bis.

(1) Buffon en a trois , confondus par Gmel. sons le nom commun de Vtsperùlio molossus : M. longicaudatus, Buff. X , xix , à. — M.fusciventer, ib. 1. — M. guyaneruis , id., Sopp. VII, txxv. Depuis lors ils se sont multipliés. M. ru/us , Geoffr. , Ann., Mas. VI , i55. — M. alceto, Temm. , Monogr. , pi. xx. •— M. Abrasus, Temm. , ib. , d1. xxi. — M. velox Natterer , Temm., pi, xxii, 1. — M. Obscurus9Qeoî{.9Temm.9 îb. , pL xxii , 3. Mais Ces espèces n'ont pas été suffisamment comparées

nents (i). Plusieurs ont le pouce des pieds de derrière plus séparé que les autres doigts, et mobile séparément, caractère sur lequel, dans une espèce ox\ il est très prononcé , M- Horsfield a établi son genre Cheiaoheles (a).

C'est probablement ici qu'il faut encore placer les, Thihoptbra de Spix, qui paraissent avoir plusieurs des caractères des Molosses, et dont le pouce porte une petite palette concave qui leur est particulière et peut leur servir à se mieux cramponner (3).

Les NocTiLioirs. ( Noctilio. Linn. Ed. XII. )

À museau court renflé, fendu, comme en un double bec de lièvre , garni de verrues et de sillons bizarres , à oreilles séparées; ils ont quatre incisives en baut et deux en bas ; leur queue est courte et libre au-dessus de leur membrane interfémorale.

L'espèce la plus connue est d'Amérique, de couleur

fauve uniforme. ( Vesp. leporinus. Gm.) Schreb. lx. (4)

Les Phtllostomes. (Ptyllostoma. Cuv. et GeofF. )

Dont le nombre régulier des incisives est de quatre à chaque mâchoire, mais où une partie de celles d'en bas tombent souvent « rejetées par l'accroissement des canines, et qui se distinguent en outre par la membrane en forme de feuille relevée en travers sur le bout de leur nez. Le tragus de leur oreille représente une petite feuille plus ou moins dentsfl^ Ledr langue, qui peut s'alonger beaucoup, se

mtmmm

à celles de Bnfifbn , ni arts M. uninus, Spix , pi. xxxv , f. 4 , et Jf . jumarius , ib. , f. 5 et 6,

(i) M. plicàtus ( FespcrL plicatus, Buchan. ) , Trans. linn. , Y, pi. xm.— M. de Ruppd(Dysopes ruppdii , Twain. , Monogr., pi xvm.)

(a) ÇheiromcUs foiyuatzu, Horsfield, Jav. , oa Dysopcs cheiropus, Temm. , Monog. , pi. xvn.

(3) Thir. trioolor, Spix, 36, f. 9. Nont ne plaçons ce sons-genre qu'avec doute , parce qne sa description est incomplète.

(4) Le 2Y. dorsatusy Geoff. on JYvittatus, Pr. Max., a nne bande blanchâtre le long du dos. — Le iV. albivenier, Spix, 35 , a et 4 > est 'fauve dessus, blanc dessous, et un peu plus petit. — Ag\ iK rufiu, Spix, 35, 1.

CAB*A66IBB6. J lj

termine par des papilles .qui paraissent disposées pour former un organe de succion , et leurs lèvres ont aussi des tubercules arrangés symétriquement. C§ sont des animaux d'Amérique, qui courent à terre mieux que les autres chauvesouris , et qui ont l'habitude de sucer le sang des animaux.

i. Phyllostohes sans queue. (Vampiaûs. Spix. )

Le Vampire* ( V. spectrum. L.) A ndirarguaçu des Brasiliens. Seb. Lvm. Geoff. Ann. Mus. XV, xii, 4*

A feuille ovale creusée en entonnoir ; brun-roux, grand

comme une pie. De l'Amérique méridionale. On l'a accusé de faire périr les hommes et les animaux en les suçant ,

mais il se Borne à faire de très petites plaies qui peuvent

quelquefois être envenimées par le climat (i).

a. Phtllostoxzs à queue engagée dans la membrane

interfémorale.

Le Fer de lance. ( V. hastatus. L. ) Buff. XIII , xxxih.

Feuille du nez en forme de fer de lance , k bords entiers (a).

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