ONZIÈME ET DERNIER ORDRE DES INSECTES
LES DIPTERES. {Tiwi^Kk. — Àntliata. Fab.)
A pour caractères distinctifs : six pieds ; deux ailes membraneuses , étendues, ayant presque toujours au-dessous d'elles , deux corps mobiles, en forme de balanciers (2); un suçoir composé de pièces écailleuses, en forme de soies, d'un nombre variable (deux à six) , et soit renfermé dans la gouttière supérieure d'une gaîne, en forme de trompe, terminée par deux lèvres,
(1) Consultez le mémoire deRirby, tome Xle des Transactions de la Société linnéenne.
(2) Pour se convaincre que ces organes ne représentent point les secondes ailes , il faut comparer le thorax d'une grande Tipule avec celui d'un Ilyménoptère, et particulièrement d'un Cryptocère femelle, les stigmates postérieurs sont très apparents. Ici, comme dans les Hyménoptères , le segment portant les secondes ailes est très peu développé ou incomplet; "il ne forme immédiatement au-dessous de Técusson , qu'une petite pièce très étroite, transverse , linéaire et fort courte. Vient après celle qu'on appelle communément métathorax , et qui forme ce demi-segment que, dans mon Mémoire sur les appendices articulés des Insectes, j'ai nommé médiaire. Il a , de chaque côté, une épine, et deux stigmates plus extérieurs que les épines, et situés à peu de distance d'elles. Le thorax de cesTipules offre la même conformation; seulement, le demi-segment qui , dans les Hyménoptères, sert d'attache aux secondes ailes, est ici un peu moins distinct , et l'on ne voit, à chacun do ces bouts, aucune trace d'ailes. Les balanciers occupent exactement la place des épines, et les stigmates sont pareillement situés en dehors. Il est donc évident que cette extrémité postérieure du thorax portant les balanciers, répond au segment médiaire , le même , où dans les Cigales mâles sont placés les organes de la stridulation , et, qui dans les Criquets de pareil sexe , offre encore des parlicularilcs analogues.
soit recouvert par une ou deux lames inarticulées , qui lui servent d'étui (1).
Leur corps est composé , à la manière de celui des autres Insectes à six pieds, de trois parties principales. Le nombre des yeux lisses, lorsqu'ils sont présents, est toujours de trois. Les antennes sont ordinairement insérées sur le front et rapprochées à leur base ; celles des Diptères de notre première famille ont beaucoup de rapports, par leur forme, leur composition, et souvent leurs appendices, avec les antennes des Lépidoptères nocturnes; mais dans les familles suivantes, qui font le plus grand nombre, elles ne sont composées que de deux ou trois articles , dont le dernier a souvent la figure dun fuseau ou d'une palette lenticulaire ou prismatique , munie soit d un petit appendice, en forme de stylet, soit dun gros poil ou d'une soie , tantôt simple , tantôt velue ou barbue. Leur bouche n'est propre qua extraire et conduire des matières fluides; lorsque ces substances nutritives sont contenues dans des vaisseaux propres, mais dont l'enveloppe est aisément perméable , les pièces du suçoir font l'ofFice de lancettes, percent l'enveloppe et fraient un passage à la liqueur, qui suit le canal intérieur et remonte, par un effetdela pression qu'exercent sur elle ces pièces , au pharynx situé à la base du suçoir. La gaîne du suçoir , ou le corps extérieur de la trompe , ne sert qu'à maintenir les lancettes , et se replie ordinairement sur elle-même, dans leur action. Cette gaîne paraît représenter la lèvre inférieure de la bouche des Insectes broyeurs, comme les pièces du suçoir semblent être les analogues , du moins dans les genres où il est le plus compliqué, des autres parties , telles que le labre , les mandibules et les mâchoires (2). La base de la trompe porte très souvent deux palpes filiformes ou terminés en massue, composés, dans quelques-uns de cinq articles , mais dans le plus grand nombre dun à deux seulement. Les ailes sont simplement veinées, et le plus souvent horizontales (3).
L'usage des balanciers n'est pas encore bien connu ; l'Insecte les fait mouvoir avec une grande vitesse. Beaucoup d'espèces,
(1) Cette trompe s'alonge dans plusieurs espèces de la même famille, en manière de long siphon.
(2) Cet espace antérieur de la tête . qu'on appelle chaperon , et qui est pour moi l'épistome, est ici représenté par cette portion supérieure de la trompe, qui précède le suçoir et les palpes.
(5) Elles peuvent fournir, de même que celles des Hymcnoptères , de bons caractères secondaires pour l'établissement des coupes. J'en ai le premier fait usage. Voyez ,à cet égard , les ouvrages de Fallen , Rirby, Meigcn , Macquart , etc.
DIPTERES. 261
particulièrement celles des dernières familles ont, au-dessus des balanciers, deux pièces membraneuses semblables à deux valves de coquilles, allachées ensemble par un de leurs côtés, et qu'on a nommées ailerons, ou cuillerons. L'une de ces pièces est unie à l'aile, et participe à ses mouvements; mais alors les deux pièces se trouvent presque dans le même plan. La grandeur de ces ailerons est en raison inverse de' celle des balanciers. Le prothorax est toujours très court , et souvent l'on ne découvre que ses portions latérales. Dans quelques-uns , comme les Scénopines, quelques Cousins et quelques Psycliodes, elles sont proéminentes et sous la foimc de tubercules. Le mésathorax compose à lui seul la majeure partie du tronc ou du thorax, au devant , de chaque côté , ou derrière le prothorax , sont deux stigmates : l'on en voit deux autres près de la naissance des balanciers; ainsi que dans les Hyménoptères , ceux du mésathorax sont cachés ou oblitérés.
L'abdomen ne lient souvent au thorax que par une portion de. son diamètre transversal ; il est composé de cinq à neuf anneaux apparents , et se termine ordinairement en pointe dans les femelles ; dans ceux où le nombre des anneaux est le moindre, les derniers forment souvent une espèce de tarière ou d'oviducte , présentant une suite de petits tuyaux rentrant les uns dans les autres, comme une lunette d'approche. Les organes sexuels des mâles sont extérieurs dans plusieurs espèces , et repliés sous le ventre. Les pieds, longs et grêles dans la plupart, se terminent par un tarse de cinq articles , dont le dernier a deux crochets , et très souvent deux ou trois pelottes vésiculeuses ou membraneuses.
Tous les Diptères dont Léon Dufour a fait l'anatomie, lui ont offert des glandes salivaires , caractère commun , suivant lui, à tous les Insectes pourvus d'un suçoir; mais la structure de ces organes varie selon les genres (1).
Plusieurs de ces hisectes nous font du tort, soit en suçant notre sang et celui des animaux domestiques, en déposant même leurs œufs sur leur corps, afin que leurs larves y puisent leur nourriture, soit en infectant, pour le même motif, les viandes que nous conservons et les plantes céréales. D'autres , en revanche , nous sont utiles , en dévorant des Insectes nuisibles , en consumant les cadavres ou les matières animales répandues sur
(1) Foyez ses Recherches anatomiques sur l'IIippobosque des chevaux, Annal, des Se, uatur. , VI, 301.
la surface de la terre , et qui corrompent le fluide que nous respirons, ou en hâtant la dissipation des eaux putrides.
La durée de la vie des Diptères arrivés à leur état parfait, est très courte. Tous subissent une métamorphose complète , mais modifiée de deux manières principales. Les larves de plusieurs changent de peau pour se transformer en nymphes. Quelquesunes même se filent une coque , mais les autres ne muent point; leur peau se durcit, se contracte et se raccourcit le plus souvent; elle devient pour la nymphe une coque assez solide, qui a l'apparence d'une graine ou d'un œuf. Le corps de la larve s'en détache d'abord, et laisse sur les parois intérieures les organes extérieurs qui lui étaient propres , tels que les crochets de sa bouche, etc. Bientôt elle se présente sous la forme d'une masse molle ou gélatineuse, nommée boule-alongée ^ au dehors de laquelle ou nejdislingue aucune des parties qui caractérisent l'Insecte parfait. Enfin , quelques jours après , ces organes se prononcent et se déterminent, et l'Insecte est véritablement en état de nymphe. Il sort, en faisant sauter l'extrémité antérieure de sa coque comme une calotte.
Les larves des Diptères n'ont point de pattes , mais on observe dans quelques-unes des appendices qui les simulent. Cet ordre d'Insectes est le seul où nous voyons des larves à télé molle et variable. Ce caractère est presque exclusivement propre aux larves des Diptères qui se transforment sous leur peau. Leur bouche est ordinairement munie de deux crochets, qui leur servent à piocher les matières alimentaires. Les orifices principaux de la respiration, danslaplupartdeslarves du même ordre, sont situés à l'extrémité postérieure de leur corps. Plusieurs offrent, en outre, deux stigmates sur le premier anneau, celui qui vient immédiatement après la tète ou qui en tient lieu.
Fallen , Meigen, Wiedeman et Macquart, ont, dans ces derniers temps, rendu un service signalé à cette partie de l'entomologie, soit en établissant plusieurs nouvelles coupes génériques , soit en décrivant un grand nombre d'espèces inconnues , et en rectifiant les erreurs où l'on était tombé par rapport à plusieurs de celles qui avaient été publiées. Ils ont aussi fait usage des caractères que présente la disposition des nervures des ailes, et que j'avais moi-même employés le premier, avec une nomenclature propre, dans mon Gênera. Macquart, surtout, lésa très bien exposés, et son travail sur les Diptères du nord de la Fiance, faisant partie du recueil des Mémoires de la Société des
sciences, de l'agricullure et des arts de Lille , dont il est un des membres les plus distingués, surpasse, à mon avis, tous les écrits publiés jusqu'à ce jour sur cet ordre d'Insectes.
Nous partagerons cet ordre en deux sections principales , qui forment même dans diverses méthodes de savants anglais autant d'ordres particuliers.
Les Diptères de la première ont toujours la tête distincte du thorax , le suçoir renfermé dans une gaîne , et les crochets des tarses simples ou unidentés. La transformation des larves en étal de nymphe s'opère toujours hors du ventre de la mère.
Une première subdivision offrira des Diptères dont les antennes sont divisées en un grand nombre d'articles; elle formera notre première famille, celle
Des Némocères. (Nemocera.)
Les antennes sont le plus souvent composées de quatorze à seize articles, et de six ou de neuf à douze dans les autres. Elles sont en forme de filou de soie, souvent velues, surtout dans les mâles, el beaucoup plus longues que la tête. Le corps est alongé, avec la tête petite et arrondie, les yeux grands, la trompe saillante, soit courte et terminée par deux grandes lèvres, soit prolongée en forme de siphon de bec, deux palpes extérieurs, insérés à sa base, ordinairement filiformes ou sétacés et composés de quatre à cinq articles; le thorax gros, élevé et comme bossu ; les ailes oblongues ; les balanciers entièrement découverts et point accompagnés sensiblement de cuillerons; l'abdomen alongé, formé le plus souvent de neuf anneaux, terminé en pointe dans les femelles, plus gros au bout, et muni de pinces ou de crochets dans les mâles ; les pieds fort longs , très déliés , et servant souvent à ces Insectes pour se balancer.
Plusieurs, surtout les petits, se rassemblent par troupes nombreuses dans les airs, et y forment, envolant, des sortes de danses. On en trouve dans presque toutes les saisons de Tannée. Ils sont placés bout à bout dans l'accouplement, et volent souvent dans cette attitude. Plusieurs femelles pondent leurs œufs dans l'eau, les autres dans la terre ou sur les plantes.
Les larves, toujours alongées et semblables à des Vers, ont une tête écailleuse, de figure constante, et dont la bouche offre des parties analogues aux mâchoires et aux lèvres. Elles changent toujours de peau, pour se transformer en nymphes. Ces nymphes, tantôt nues, tantôt renfermées dans des coques que les larves ont construites, se rapprochent, par leur figure, de
l'Insecte parfait, en présentent les organes extérieurs, et achèvent leurs métamorphoses à la manière ordinaire. Elles ont souvent, près de la tête ou sur le thorax, deux organes respiratoires en forme de tubes ou d'oreillettes. Cette famille est composée des genres Culea^ et Tipula de Linnœus.
Les uns, dont les antennes sont toujours filiformes delà longueur du thorax, hérissées de poils, et composées de quatorze articles, ont une trompe longue, avancée, filiforme, renfermant un suçoir piquant et composé de cinq soies (1). Ils constituent le genre
Des Cousins. ( Culex. Lin. — Culicides. Lat. )
Ils ont le corps et les pieds fort alongés et velus ; les antennes très garnies de poils , et qui forment un panaeïie dans les mâles ; les yeux grands, très rapprochés ou convergents à leur extrémité postérieure ; les palpes avancés , filiformes, velus , de la longueur de la trompe et de cinq articles dans les mâles , plus courts et paraissant moins articulés dans les femelles ; ia trompe composée d'un tube membraneux , cylindrique , terminé par deux lèvres , formant un petit bouton ou un renflement , et d'un suçoir de cinq filets écailleux , produisant l'eflet d'un aiguillon ; les ailes couchées horizontalement l'une sur l'autre , au-dessus du corps , avec de petites écailles.
On sait combien ces Insectes sont importuns et fâcheux , surtout dans les lieux aquatiques, où il se trouvent en plus grande abondance. Avides de notre sang, ils nous poursuivent partout , entrent dans nos habitations , particulièrement le soir , s'annoncent par un bourdonnement aigu , et percent notre peau , que nos vêtements ne peuvent souvent garantir, avec les soies très fines et dentelées au bout, de leur suçoir; à mesure qu'ils les enfoncent dans la chair , leur fourreau se replie vers la poitrine et forme un coude. Ils distillent dans la plaie une liqueur vénéneuse , et telle est la cause de l'irritation et de l'enflure que cette partie épi'ouve. On a observé que nous ne sommes tourmentés que par les femelles. Les Cousins sont connus en Amérique sous le nom de Maringouins et Moustiques, On s'y préserve , ainsi que dans d'autres contrées , de leurs atteintes , en enveloppant sa couche d'une gaze ou cousinière. Les Lapons les éloignent avec le feu , et en se frottant les parties nues du corps avec de la graisse. Ces Insectes aiment encore le suc des fleurs. Leur accouplement se fait vers le déclin du jour. La femelle dépose ses œufs à la surface de l'eau , et , croisant ses pattes postérieures près de l'anus , les écartant peu à peu , a mesure que les œufs sortent du corps , elle les place les uns à côté des autres , dans une direction perpendiculaire , comme des quilles ; la masse
(1) Réaumur etRoffredi en ont donné de très bonncsfigures. Celle qu'apiibliée Robineau Desvoidy, dans son Essai sur la Iribu des Culicides ( Mém. de la Soc. d'hist. nat. III , 390), ne peut donner qu'une fausse idée de la disposition de ces soies. Ce savant a émis, à l'égard «e la correspondance de ces pièces et de leur gaine , une opinion bien opposée à celle qui est généralement reçue. S'il avait réfléchi que deux de ces soies , dans les Syrpbes et dans plusieurs autres Diptères , sont annexées aux palpes, il ne les aurait pas sans doute prises pour des mandibules , mais pour les analogues des mâchoires.
DIPTERES. 2C3
qu'ils forment par leur réunion représente un petit bateau , flottant sur cet élément. Chaque femelle pond environ trois cents œufs par année. Ces Insectes résistent souvent aux plus grands froids. Leurs larves fourmillent dans les eaux croupissantes des mares et des étangs , surtout au printemps, époque de la ponte des femelles qui ont survécu. Elles se pendent à la surface de l'eau , la tête en Las , pour respirer. Elles ont une tête distincte , arrondie , pourvue de deux espèces d'antennes et d'organes ciliés , qui leur servent, par le mouvement qu'elles leur impriment , à attirer les matières alimentaires ; un thorax avec des aigrettes de poils; un abdomen presque cylindrique , alongé , beaucoup plus étroit que la partie antérieure du corps , divisé en dix anneaux , dont Tavant-pénultième porte sur le dos l'organe respiratoire , et dont le dernier est terminé par des soies et des pièces disposées en rayons. Ces larves sont très vives , nagent avec beaucoup de célérité , s'enfoncent de temps à autre , mais pour revenir bientôt à la surface de l'eau ; après avoir subi quelques mues, elles s'y transforment en une nymphe , qui continue de se mouvoir par le moyen de sa queue et des deux nageoires de son extrémité. Elle se tient aussi à la surface de l'eau , mais dans une situation différente de celle de la larve , ses organes respiratoires étant placés sur le thorax ; ils consistent en deux cornes tubulaires. C'est là aussi que l'Insecte parfait se développe. Sa dépouille de nymphe devient pour lui une espèce de planche ou d'appui , qui le préserve de la submersion. Toutes ces métamorphoses se font dans l'espace de trois à quatre semaines. Aussi ces Insectes produisent-ils plusieurs générations dans la même année.
Dans l'excellent ouvrage de Meigen sur les Diptères d'Europe , le genre Culex. des auteurs précédents en forme trois. Les espèces où les palpes sont, dans les mâles, plu» longs que la trompe, et très courts dans les femelles, composent celui des
Cousins proprement dits. (Culex.)
Le Cousin commun ( Culex pîpiens . Lin.) De G. , Insect. , VI , xvii , est cendré, avec l'abdomen annelé de brun ; les ailes n'ont point de taches (1). Les espèces où les palpes sont, dans les mâles , de la longueur de la li-ompe, forment un autre genre , celui
Des Anophîîles. (Anophèles.) (2)
Celles où ils sont très courts dans les deux sexes, comprennent celui des
iEDÈs. (jEdes) Iloffmansegg. (5).
Robineau Desvoidy, d'ans son Essai sur la tribu des Culicides , en a ajouté trois autres.
Les espèces dont les palpes (les labiaux) sont plus courts que la trompe, dont les jambes et les tarses intermédiaires sont dilatés et très ciliés, sont distinguées collectivement par le nom générique de Sabètiies (Sabethes) (1). Celles dont la trompe est alongée , recourbée au bout; oii les palpes, pa-
(1) Foyez pour les autres esiièces, Meigen , Dipt., 1,1; Marcq. Dipt. tlii nord ilc l.i Fraiire , Tipulaires, p. 155.
(2)lbiil.l,10;Macq.,ibid.lG2.
(cj)Il)id. I,lô.
(1) Mém.delaScc.d'hist. nat.de Paris, III, 411.
T. ni. â4 .Mé^
reillement courls , ont leur premier article plus épais , le second, plus court et les trois au très CYlindfiques, composent le genreMÉGHARiNE(MÉGARHiNus)(l). Le Culex ciliatus de Fabricius lui a paru devoir en former une autre, celui de Psorophoeb (Psorophora) (2). Les yeux lisses sont très distincts. Les pieds des femelles sont ciliés. Biais le principal caractère consiste dans la présence de deux petits appendices, situés sur le prolhorax , un de chaque côté. Ils nous ont paru formés par une dilatation des extrémités latérales de ce segment. Cet auteur cite, à ce sujet, une observation analogue faite sur une espèce de Psychode, par Léon Dufour, et que je lui ai communiquée. Mais il se trompe en disant qu'elle n'avait pas encore été publiée ; nous en avons fait mention dans la première édition de cet ouvrage, à l'article Rhipîptères ( p. 585) , et à celui de Psychode (p. 600).
Les autres Némocères ont la trompe, soit très courte et terminée par deux grandes lèvres , soit en forme de siphon ou de bec , mais perpendiculaire ou courbée sur la poitrine. Les palpes sont courbés en dessous ou relevés , mais alors d'un à deux articles au plus.
Linnœus les comprend dans son genre
Des TipcLEs. ( TiPCLA. — Tipulariœ, Lat. )
Que nous diviserons de la manière suivante :
Nous formerons une première section avec les espèces dont les antennes sont sensiblement plus longues que la tête, du moins dans les mâles, grêles, filiformes ou sétacées , de plus de douze articles , dans le plus grand nombre , et dont les pieds sont longs et grêles.
Les unes, parmi elles et toutes ailées, n'offrent jamais d'yeux lisses. Les palpes sont toujours courts. Leur tête n'est point ou peu prolongée en devant. Les ailes sont couchées ou en toit, avec des nervures généralement peu nombreuses, longitudinales, divergentes et libres postérieurement. Les yeux sont en forme de croissant. Les jambes sont sans épines.
Cette subdivision se compose de petites espèces , vivant, en état de larve et de nymphe , dans l'eau ou dans les galles végétales.
Tantôt les antennes sont entièrement garnies de poils , mais beaucoup plus longs dans les mâles , et formant un grand panache triangulaire.
Leurs larves vivent, pour la plupart, dans l'eau, et ont des rapports avec celles des Cousins. Il y en a qui ont de fausses pattes. D'autres ont, à l'extrémité postérieure du corps , des appendices en forme de cordons ou de bras, et Réaumur nomme ces larves : Vers Polypes. Leur couleur est ordinairement rouge, et telles sont celles qui fourmillent souvent dans l'eau. Les nymphes habitent le même élément , et respirent par deux tuyaux extérieurs et situés à l'extrémité antérieure du corps. Quelques-unes ont la faculté de nager.
Ces espèces sont analogues aux Cousins , et des auteurs les désignent sous le nom de Tlpides culîcif ormes.
Celles dont les antennes sont composées , dans les deux sexes, de quatorze articles ovalaires, dont les derniers peu dilférents des précédents, et dont les ailes sont couchées horizontalement l'une sur l'autre , composent le sous-genre
Des CoRÈTHRES. (CoRETHRA. Mcig. )
La Tipule ciilic}fovme de De Géer (Insect., VI , xxii , 10 , 11) , dont le corps
(1) Mém. de la Soc. d'hist. iiaf. de Paiis, J1I,412.
(2) Ibid.
DIPTERES. 267
est brun, avec l'abdomen et les pieds gris, et les nervures des ailes velues (1). Celles dont les ailes sont inclinées, dont les antennes sont composées de treize articles dans les mâles, et de six dans les femelles, garnis de poils courts, et dont le dernier, ainsi que dans les individus précédents, est fort, long , composent le sous-genre
Des CuiRONOMEs. (Chironomus. Meig.)
De ce nombre est la Tipule annulaire du même (ibld. , xix , 14 , 15) , qui est d'un brun grisâtre , avec des bandes transverses , noires , et un point uoir aux ailes (2).
Les Tanypes (Tanypus. Meig.)
Ont aussi les ailes pendantes , mais les antennes ont quatorze articles dans les deux sexes , avec l'avant-dernier fort long dans les mâles ; tous les autres , ainsi que ceux des antennes des femelles , sont presque globuleux ; le dernier est un peu plus gros que les précédents.
Nous rapporterons à ce sous-genre
La Tipule bigarrée , du même ( ibid. , xxiv, 19 ) , qui est cendrée , avec les ailes blanchâtres , tachetées de noirâtre , et dont les antennes des femelles se terminent en bouton. La larve de la dernière a quatre fausses pattes, deux près de la tête et les deux autres au bout du corps (5).
Tantôt les antennes , toujours composées dans les deux sexes de treize articles au moins , et pour la plupart grenues , n'offrent que des soies courtes , ou tout au plus , et dans les mâles seulement , un faisceau de poils à leur base. Ce sont nos Tipules gallicoles.
Les CÉRATOPOGONS. ( Ceratopogon. Meig. — Ceratopogon , Culicoîdes , Lat. )
Où les antennes ont simplement un faisceau ou bouquet de poils à leur base.
Leur trompe , de même que dans les deux sous-genres suivants , a la forme d'un bec pointu. Les ailes sont couchées sur le corps. Leurs larves vivent dans des sortes de galles végétales (4).
Les PsYCHODEs. (PsYCHODA. Latr. , Meig. )
Sans panache ni faisceau de poils aux antennes. Leurs ailes sont en toit , et ont un grand nombre de nervures.
Une espèce de ce sous-genre a , au devant du thorax, deux appendices , qui nous paraissent formés par les extrémités latérales de son premier segment (5).
Les CÉciDOMYiES. (Cecidomyia. Meig.)
Dont les antennes , ainsi que celles des Psychodes , sont grenues et simplement garnies de poils courts et verticillés , mais dont les ailes sont couchées sur le corps, et n'offrent que trois nervures (6).
(1) f^'oi/ez , pour les autres espèces, Meigen , sur les Diptères, et Lat. , Gen. Crust. et Iiiscct. , IV, p. 247 et suiv.
(2) Les mêmes ouvrages ; et Fab. , Syst. aiitl. (ô) Les mêmes. LaMonog. de Fallén.
(4) Latr. et Meig., ibid.
(iî) Latr. et Meig. , ibid.
(6) Meig. Dipl., I, 93. Foycz aussi le Journal de l'acad. des scierie, rial. de Philad., ocl. 1817. Macquart (Dipt. du nord, de la France ), place immédiatement après les Cccidomyies
D'autres espèces, toujours de la division de celles dont les antennes sont manifestement pins longues que la tête et menues, sont aussi privées d'yeux lisses ; mais les yeux ordinaires sont entiers , ovales ou ronds. Les ailes , écartées dans plusieurs, ont toujours des nervures membraneuses, réunies transversalement, du moins en partie, et des cellules discoïdales fermées. L'extrémité antérieure de la tête est rétrécie et prolongée en manière de museau , et oft're souvent en dessus une saillie pointue. Les palpes sont ordinairement longs. L'extrémité des jambes est épineuse.
Plusieurs de leurs larves vivent dans le terreau, le tan des vieux arbres, etc., et n'ont point de thorax distinct, ni de fausses pattes; elles ol'frent , à l'extrémité supérieure du corps, deux ouvertures plus apparentes, pour la respiralion. Les nymphes sont nues , avec deux tubes respiratoires , près de la tête , et les bords des anneaux de l'abdomen épineux.
Cette subdivision comprend les plus grandes espèces de Tipules, celles qu'on a nommées Couturières , Tailleurs, etc., et qui sont nos Tipulaires terricoles.
Dans plusieurs, les ailes sont toujours étendues; les antennes des mâles sont ordinairement barbues , pectinées ou en scie; les palpes sont composés de cinq articles , dont le dernier, fort long , semble être formé de plusieurs autres très petits, ou comme noueux. Tels sont les sous-genres suivants :
Les Cténophores. (Ctenopiiora. (Meig. )
A antennes filiformes , pectinées dans les mâles , grenues ou en scie dans les femelles.
La C. Pectinicorne ( Tipula peclinlcornis , Fab. ). Son abdomen est fauve , avec des taches noires sur le dos et des raies jaunes sur les côtés. Les ailes ont une tache noire (1).
Les PÉDiciES. (Pedicia. Lat.)
Où elles sont presque sétacées , simples , avec les deux premiers articles plus grands , alongés ; les trois suivants en forme de toupie ; les trois d'après globuleux , et les sept derniers amincis , presque cylindriques (2).
Les Tipules propres. (Tipula. Lat.)
Ayant encore des antennes presque sétacées et simples, mais dont tous les articles, à l'exception du second, qui est presque globuleux, sont presque cylindriques; le premier est plus grand , le troisième est alongé.
La T. des prés. ( T. oleracea. Lin.) De G. , Insect. , VI , xvi , 12-13. Antennes simples ; corps d'un brun grisâtre , sans taches ; ailes d'un brun clair, plus foncé au bord extérieur. Très commune dans les prés, sur l'herbe. La larve se nourrit de terreau gras et des racines des plantes corrompues (5).
Les NÉPHROTOMES. (Nephrotoma. Meig.)
Dont les antennes sont encore simples et presque sétacées , avec les premier
le genre qu'il a établi sous le nom de Lestremie ( Lestremia ). Les antennes sont velues , courbées eu avant , un peu moins longues que le corps , de quinze articles globuleux , pédicules dans les mâles. Les pattes sont assez longues et grêles, avec le premier article des tarses alongé. La Cécidomyia deslruclor, décrite, et figurée dans le journal précité, pourrait bien appartenirà ce nouveau sous-genre; les antennes semblent l'indiquer. Les Macropèzessont encore très voisines de ces Dipicres.
(1) Latr. , Gêner. Crust. et Insect., IV, 254; Meig. Dipt. 1 , 153.
(2) Latr. ibid.; Meigen les réunit mal à propos avec les Limuobies. foycz l'article Pcdilie de l'Enrvelop. mcthod.
(-3) Latr. "ibid,; Meig., ibid.
DIPTERES. 2C0
et Iroisième arlicles alongés et cylindriques, et les suivants arqués; on en compte dix-neuf à celles des mâles, et quinze à celles des femelles. Dans les sous-genres précédents , ce nombre ne va pas au-dessus , même dans les premiers individus (1).
Les Ptychoptères. (Ptychoptera. Meig. )
A antennes toujours simples et presque sétacées, de seize articles , dont le troisième beaucoup plus long que les autres , et les suivants oblongs. Les lèvres de la trompe sont inclinées et très longues (2).
Dans tous les sous-genres suivants , le dernier article des palpes n'est guère j)liis long que les autres, et n'offre aucune apparence de divisions annulaires. Les ailes sont souvent couchées l'une sur l'autre.
Ici les antennes ont plus de dix articles.
Celles où elles sont en majeure partie grenues , de la même grosseur , ou guère plus menues au bout , et souvent garnies de verticilles de poils , composent, dans Meigen , divers genres.
Les Rhipidies. (Rhipidja. Meig.)
Les seuls Tipulaires de cette division, à antennes pectinées dans les mâles (3).
Les Erioptères (Erioptera. Meig.)
Ont, ainsi que les Tipulaires précédentes , plusieurs nervures aux ailes , mais ici garnies de poils (4).
Les Lasioptères. (Lasioptera. Meig.)
Ayant aussi des ailes velues, mais n'offrant que deux nervures (5).
Les LiMNOBiES. (Limnobia. Meig.)
Dont les ailes sont glabres , et dont les antennes sont simples dans les deux sexes (6).
Les PoLiMÈRES (Polymera) de Wiedemann (Dipt. exot. , p. 40), paraissent s'en distinguer par leurs antennes composées de vingt-huit articles , au lieu de quinze à dix-sept.
Dans les autres sous-genres , les antennes se terminent par plusieurs articles évidemment plus menus et presque cylindriques.
Les Trichocères (Trichocera. Meig.)
Ont leurs premiers articles des antennes presque ovalaires, elles suivants plus menus, longs et pubescents. La Tipiile (Thiver de de Géer,qui ressemble à un Cousin, et que l'on trouve souvent dans nos maisons, est de ce sous-genre (7).
Les Macropèzes (Macropeza. Meig.)
Se distinguent à la longueur extraordinaire de leurs dernières pattes. Leurs
(1) FoycsMeig. , Dipt,
(2) Item. ; Lalr., et Gen. Crusl. et Ins. (ô) Item.
(4) Item.
(5) Ilem.
(()) Ilem. ; mais il fuul en relraucher les Péilicits- (7) Item.
antennes, jiisqu'uii peu au-delà de la moitié de leur lonjjueur, sont hérissées do poils (1).
Les DixEs (DixA. Meig.)
Paraissent être très voisines des Tricliocères; mais le premier article de leurs antennes est fort court, le second est presque globuleux, et les suivants sont proportionnellement plus menus. Le dernier article des palpes est aussi plus alongé que dans les Tricliocères (2).
Là les antennes n'ont que dix ou six articles.
Celles où leur nombre est de dix, forment le genre des
M^KiSTOcÈRES. (M^kistocera) dc Wiedemann.
Les ailes sont écartées (3).
Celles où il est de six , celui des
HÉxATOMES, (Hexatoma. Lat. )
Qui comprendra les Anisomères (Jnisomera) et les Nématocères {Nematoceva) de Meigen , qui ne diffèrent qu'en ce que , dans le premier genre, le troisième article des antennes est beaucoup plus long que dans le second ; il s'éloigne peu , à cet égard , des autres (4).
D'autres Tipulaires , analogues aux précédentes par l'absence des yeux lisses, la figure arrondie de leurs yeux, nous offrent une anomalie très rare dans cet ordre d'Insectes : elles sont privées d'ailes, et de là l'origine de la dénomination fï Aptères , que nous donnerons à cette subdivision. Les antennes sont filiformes , mais un peu amincies vers leur extrémité , et peu velues. Les pattes sont longues, avec les jambes mutiques. L'abdomen des femelles se termine en une pointe, formée par une tarière bivalve.
Cette subdivision comprend le genre
ChionÉe. (Chionea.) de Dalman.
Dont la seule espèce connue {Araneoides) se trouve en hiver, sur la neige et sur la glace (5).
On pourrait former un autre sous-genre , avec la Tipule atome de de Géer (Mém. Ins. , vu , 602 , xliv, 27) , qui est pareillement aptère , mais dont les antennes ont au moins quinze articles , tandis que Dalman n'en accorde que dix à celle de l'Insecte précédent. De Géer a trouvé cette espèce sur sa table et courant très vite. L'une et l'autre sont fort petites.
Une autre division de nos Tipulaires , celle des Fungivores , est distinguée des précédentes par la présence de deux ou trois yeux lisses. Les antennes sont d'ailleurs beaucoup plus longues que la tête , menues , de quinze ou seize articles, ce qui éloigne ces Tipulaires de la division suivante. Les yeux sont entiers ou échancrés. Le dernier article des palpes ne présente aucune division. Les ailes sont toujours couchées sur le corps , et leurs nervures, tant longitudinales que transverses, sont ordinairement bien moins nombreuses que celles des Tipulaires précédentes. Les pattes sont toujours longues et grêles, avec les extrémités des jambes épineuses..
Les unes ont les palpes courbés , et composés de quatre articles au moins , bien apparents. Les antennes sont filiformes ou sétacées.
(1) f^oijez Meif;. sur'lcs Dipt.
(2) /'oî/e:: Meig. ibidiet Macq. , Diptères du nord de la France.
(3) Dipt. exot.,p. 41.
(4) Latr. Gêner. Crust. et Insect. , IV, 260; Mcig. ibid. (^) Daim. , Anal. Ealom. , p. 55.
DIPTERES. 271
Il en est parmi elles donl rextréniité antérieure de la tèlc se prolonge en manière de bec ou de trompe , et dans les espèces où ce prolongement est moins notable , la tète est presque entièrement occupée par les yeux. II y a toujours trois yeux lisses. Les antennes sont courtes , et leurs articles peu alongés.
Celles où les yeux occupent presque entièrement la tète, dont les yeux lisses sont d'égale grandeur et portés sur une élévation commune, et dont le museau est avancé et pas plus long que la tête , forment le sous-genre
Des Rhyphes. (Rhyphus. Lat. ) (1)
Celles où les yeux n'occupent que les côtés de la tête , dont les yeux lisses ne sont point situés sur un tubercule commun , où Tantérieur est plus petit que les deux postérieurs , et dont le museau se prolonge sous la poitrine en manière de trompe , composent le sous-genre des
AsiNDULES. (ASINDULUM.) (2)
Celui des
Gnoristes (Gnorista) de Meigen ,
Paraît n'en différer que parce que les palpes, d'après ses figures, semblent être insérés près du bout de la trompe , et non près de sa base. Celte observation m'a été communiquée par Carcel (5).
La tête dans aucun des sous-genres suivants n'offre de prolongement antérieur en forme de museau ou de trompe. Les yeux sont toujours uniquement latéraux.
Tantôt les antennes , dans les mâles au moins , sont plus longues que le thorax , en forme de soie, avec les deux premiers articles plus épais. Il y a toujours trois yeux lisses, dont l'antérieur ou l'intermédiaire plus petit.
Les BoLiTOPHiLEs. (BoLiTOPHiLA. Hoffuiaus. , Meig. )
Où ils sont disposés en une ligne transversc.
Guérin a publié, dans le tome dixième des Annales des sciences naturelles , l'histoire complète et détaillée d'une espèce de ce genre. Sa larve vit dans les champignons (4).
Les Macrocères. (Macrocera. Meig.)
Où les yeux lisses forment un triangle (5).
Tantôt les antennes , mêmes des mâles , sont de la longueur de la têle et du thorax au plus.
Quelques sous-genres , où les yeux sont toujours entiers , s'éloignent des autres par leurs quatre jambes postérieures, toutes garnies extérieurement de petites épines. Tels sont :
Les Mycétophiles. (JIycetophila Meig.) •
Qui n'ont que deux yeux lisses , encore très petits ou point sensibles et très écartés (6) ;
(1) Latr. ibitl. IV. 2ni; Meig. sur le Dipt.
(2) Ilem; Meijj. , ibid.
(•j)Meij;. ibid.
(4) Meig. ibid.
(5) Meig. ibid.
(G) r'tujez l,;ilr. ,Moig. , Marcj., oi l'Enryolop. nuHliod.
Les Leias , (Leia. Meig.)
Oui diffèrent des Mycétophiles par leurs yeux lisses , au nombre de trois , rapprochés, et dont l'antérieur plus petit (t).
Les SciopHiLES (Sciophila) de Meigen ont les articles des antennes moins serrés ou plus distincts que ceux des Leïas, et velus. Leurs ailes offrent, outre la cellule fermée qui s'étend de la base au milieu , une autre cellule complète , petite , et répondant à la première de celles que l'on nomme cubitales dans les Hyménoptères (2).
Des sous-genres , où les jambes n'offrent point d'épines le long de leur côté extérieur, et qui ont tous trois yeux lisses rapprochés, nous séparerons d'abord ceux dont les antennes ont seize articles.
Ceux-ci ont les yeux entiers et sans échancrure notable.
Les Platyures. (Platyura) de Meigen.
Avec lesquelles il réunit, mal-à-propos, les Céroplates, se rapprochent beaucoup, quant aux ailes et au port, des Sciopbiles ; mais leur première cellule cubitale est beaucoup plus grande; leurs antennes paraissent être proportionnellement plus épaisses oii plus comprimées que celles des derniers sous-genrcs, et même un peu perfoliées. L'abdomen des femelles est plus large vers le bout (5).
Les Synaphes. (Synapha. Meig.)
Où les ailes n'offrent qu'une seule cellule cubitale et fermée par leur bord postérieur. La nervure qui les parcourt longitudinalement dans leur milieu , s'évide ou se bifurque près du milieu de leur disque , et forme une cellule complète ou fermée et ovale. Ces Diptères sont d'ailleurs , aux jambes près , très voisins des Leïas (4).
Ceux-là ont les yeux très sensiblement écliancrés au côté interne.
Les Mycétobies. (Mycetobia. Meig.)
Dont les antennes sont composées de seize articles, et dont les ailes ont une grande cellule fermée , s'étendant depuis la base jusqu'au milieu (5). ^
Les MoLOBRES. (MoLOBRus. Lalr. — Sciara, Meig., Macq. ) '
Ayant les antennes composées de même, et où le milieu de l'aile présente une cellule, allant de la base au bord postérieur, et fermée seulement par ce bord (6).
Les Campylomyzes. ( Campilomyza. Wied., Meig.)
Dont les antennes n'ont que quatorze articles, du moins dans les femelles, sont distingués encore des précédents par les ailes , qui sont velues et sans nervures à leur portion interne. Les yeux sont entiers (7).
(1) Meig. sur les Bipt.
(2) Voyez Meig. et Macq.
(ô) Meig. ibid. (^oycz surtout les Diptères du nord de la France, de Macquart, Tipulaires, p. 43.
(4) Meig. ibid.
(5) Mei^. ibid. et Macq., Dipt. du nord de la Fr.
(6) Voyez Meigen cl Macquart. Ce n'est guère que par les ailes , que ce sous-genre m'a paru différer du précédent; et ces caractères sont si peu tranchés, que ces deux sous-genres pourraient être réunis. Olivier, dansun premier mémoire sur qiiekpies Insectes ([uinllaciuent les céiéalcs , a décrit trois espèces des Sciares et en a figuré deux.
(7) Voyez Meigen.
Les dernières Tipulaires fiingivores ,
Les Céroplatks (Ceroplateus. Bosc , Fab.)
Ont les palpes relevés, ne paraissant formés que d'un senl article , de figure ovoïde, et les antennes en l'orme de liiseau et comprimées (1).
Notre dernière division générale des Tipulaires, celle que j'appelle Florales, se compose d'espèces dont les antennes, guère plus longues que la tête , dans les deux sexes , sont généralement épaisses , de huit à douze articles, en forme de massue perfoliée, presque cylindrique dans la plupart, en fuseau dans quelques , et terminées dans les autres par un article plus gros et ovoïde. Le corps est court et épais. La tète est ordinairement presque entièrement occupée par les yeux dans les mâles. A raison des nervures des ailes et des palpes, ces Diptères se rapprochent des Tipulaires fungivores. Tels sont surtout
Les CoRDYLES, (CoRDYLA. 3Ieig. )
Qui s'éloignent de tous les suivants sous le rapport de leurs antennes en fuseau, composées de douze articles. Les yeux sont ronds, entiers, écartés, et les yeux lisses manquent. Les pattes sont longues avec les jambes épineuses au bout (2).
Nous passerons maintenant à des sous-genres dont les antennes sont composées de onze articles , formant une massue presque cylindrique. Les yeux des mâles sont toujours fort grands , rapprochés ou contigus.
. Ici , comme dans le sous-genre précédent, la tête n'offre point d'yeux lisses ; les yeux des femelles sont échancrés au côté interne , et en forme de croissant.
Les SiMULiEs. (SiMULiuM. Lat. , Meig. , — Culex , Lin. — Rhagio, Fab.)
Les antennes sont un peu crochues au bout , de là l'origine du nom à''AtraC' locera, donné d'abord à ce sous-genre par Meigen. Ces Insectes sont très petits, fréquentent les bois humides, et sont très incommodes par leur piqûres. Ils pénètrent quelquefois dans les parties de la génération des bestiaux et les font périr. On les a aussi appelés , ainsi que les Cousins , Moustiques (3).
Là , les trois yeux lisses sont distincts.
Un seul sous-genre se rapproche du précédent par ses yeux en croissant, dans les femelles; et il se distingue de tous les autres de cette division par ses palpes très petits , et n'offrant qu'un article distinct.
Les ScATOPSES. ( ScATOPSE. Gcoff. , Meig. , Fab.)
Le S. noir ( Tipula lalrinarum. De G.) se trouve en quantité dans les latrines . particulièrement en automne (4).
Les Penthétries (Penthetria. Meig.)
Ont les yeux entiers et séparés dans les deux sexes. Les pattes sont longues et sans épines (5).
Les DiLOPHES. (DiLOPHUS. Meig. — Hirtea, Fab.)
Que l'on confondait avec les Bibions, ont les yeux contigus dans les mâles, et occupant presque entièrement la tête. Une rangée de petites épines couronne l'extrémité de leurs jambes antérieures (6).
(5) Latr. Gener. Ciust. et Insect. IV, 202. Foyez aussi Fab. Meig. , ( G. plat'/ura ,) 3Iacquart et Daim., Anal. Entom. , 98.
(1) Meig.bipt. 1,274.
(2) roijez Latr. ibid. ; Meig. et Fab. (ô) Latr. Meig. Fab.
(4) Foyez 3Ieig.
(6) Fotjez Meig.
274 iiNstci £-3
Enfin les dernières Tipulaires florales n'ont que neuf ou huit articles aux antennes. Les espèces où il y en a neuf, formant une massue presque cylindrique et perfoliée , composent le sous-genre
Des BiBio?)s. (BiBio. Geoff. , 3Ieig. — Hirlea, Fab.)
Ces Diptères sont lourds, volent peu et restent long-temps accouplés. Quelques-uns, très communs dans nos jardins, ont des noms vulgaires qui indiquent le temps où ils paraissent; comme ceux de Moxiches de St.-Marc , de Mouches de St. -Jean. Les deux sexes diffèrent quelquefois beaucoup par leurs couleurs; c'est ce que l'on voit dans
Le Biblon ■précoce ( Tlpida hortulana. Lin. fem. , ejusd. T. marci , le mâle.)
Geoff. Ins. Il , xix , 5. Le mâle est tout noir ; la femelle a le thorax d'un rouge
cerise , l'abdomen d'un rouge jauncàtre , et le reste du corps noir. Il est très
abondant sur les (leurs , au printemps.
On croit que ces Insectes rongent les extrémités des boutons des plantes, et qu'ils leur sont nuisibles.
Leurs larves vivent dans les boues , la terre et le fumier , et ont des petites rangées de soie sur leurs anneaux. Leurs nymphes ne sont pas renfermées dans des coques (1).
Les AspisTES. (AspisTES. Ilofm., 3Ieig. )
Sont les seuls de celte division qui n'aient que huit articles aux antennes , et dont le dernier formant une massue ovoïde (2).
Tous les Diplexes suivants ont, un petit nombre excepté., leurs antennes composées de trois articles, et dont le premier quelquefois si court, qu'on peut ne pas en tenir compte; le dernier, dans plusieurs, est annelé transversalement , mais sans séparations distinctes. 11 est souvent accompagné d'une soie, ordinairement latérale, située au sommet de l'article dans d'autres , offrant à sa base un ou deux articles , et tantôt simple , tantôt soyeuse. Si cette soie est terminale , il arrive , dans plusieurs , que sa longueur diminue et que son épaisseur augmente, de sorte qu'elle a la forme d'un stylet. Quoique cette pièce puisse être regardée comme une continuation de l'antenne, cependant comme elle s'en détache et paraît en constituer un appendice, on jetterait de la confusion dans la nomenclature, et l'on s'écarterait de la marche généralement adoptée , en ajoutant au nombre des articles oïdinaires de l'antenne, ceux de la soie. Les palpes n'ont jamais au-delà de deux articles.
Les uns dont, un petit nombre excepté, les larves se dépouillent de leur peau pour se transformer en nymphes , ont toujours le suçoir composé de six ou quatre pièces; la trompe, ou son extrémité au moins , c'est-à-dire ses lèvres , est toujours
(1) Voyez Moigeii.
(5) Idcin.
DIPTERES. 273
saillante. Les palpes, lorsqu'ils existent, sont extérieurs et insérés près des bords de la cavité orale. Le suçoir naît près de cette cavité.
Les larves , dans ceux même où la peau sert de coque à la nymphe [Straf tomes) ^conservent leur forme primitive.
Cette subdivision comprendra trois familles.
La première, celle
Des Tanystomes, (Tanistoma.)
Se dislingue des deux suivantes par le dernier article des antennes , qui n'offre , en n'y comprenant point le stylet ou la soie qui peut le terminer , aucune division transverse ; le suçoir est composé de quatre pièces.
Leurs larves ressemblent à des Vers longs, presque cylindriques , et sans pattes, avec une tète écailleuse et constante, toujours munie de crochets ou d'appendices rétracliles , qui leur servent à ronger ou à sucer les substances dont elles se nourrissent. La plupart vivent dans la terre. Elles changent de peau pour subir leur seconde transformation. Les nymphes sont nues et offrent plusieurs des parties extérieures de l'Insecte parfait, qui sort de sa dépouille par une fente du dos.
Une première division nousoffrira des Diptères dont la trompe, toujours entièrement ou presque entièrement saillante, avec l'enveloppe extérieure, ou la gaîne du suçoir, de consistance assez solide ou presque cornée , s'avance plus ou moins , sous la forme d'un tube ou d'un siphon , tantôt cylindrique ou conique, tantôt filiforme , et se termine sans empâtement notable, les lèvres étant petites ou se confondant avec la gaîne. Les palpes sont petits.
Les uns, vivant de rapine, ont le corps oblong, avec le thorax rétréci en devant, les ailes couchées sur le corps 5 leur trompe est le plus souvent courte ou peu alongée , et forme une sorte de bec. Les antennes sont toujours rapprochées, et les palpes sont apparents.
Les AsrLEs. (Asilcs. Lin.)
Qui ont la trompe dirigée en avant.
Ils volenten bourdonnant , sont carnassiers et très voraces, et saisissent, suivant leur taille et leur force , des Mouches , des Tipules , des Bourdons et des Coléoptères, pour les sucer. Leurs larves vivent dans la terre , ont une petite tête écailleuse , armée de deux crochets mobiles , et s'y transforment en nymphes , qui ont des crochets dentelés au thorax et de petites épines sur l'abdomen.
Les uns {Jsilici, Lat.) ont la tète transverse; les yeux latéraux et écarté» entre eux , même dans les mâles ; la trompe aussi longue au moins que la tête , et une cellule complète , en forme de triangle alongé, près du bord interne (la dernière de toutes), et se terminant au bord postérieur. LV'pislomc est toujours barbu.
Tantôt les tarses se terminent par deux crochets , avec deux pelotes intermédiaires.
Ici le stylet du bout des antennes est peu sensible, ou lorsqu'il est très distinct , son second et dernier article ne se prolonge point en manière de soie.
Il en est parmi eux dont les antennes ne sont guère plus longues que la tête ; leur stylet est peu sensible , ou très court, et conique et pointu ; la partie de la tête leur donnant naissance n''est point ou est peu élevée.
Les Laphires. (Laphria. Meig. , Fab. )
Où le stylet du dernier article des antennes , qui est en forme de fuseau ou de petite tête obtuse , n'est point ou presque pas sensible, et où la trompe est droite (1).
Les Ancilorhynques. (Ancilorh\nchus. Lat.)
Où le stylet des antennes est à peine saillant et pointu; et où la trompe a la forme d'un bec comprimé , arqué et crochu (2).
Les Dasypogons. (Dasypogons. Meig., Fab.)
Où ce stylet est bien distinct et conique, et où la trompe est droite (3).
Dans les deux sous-genres suivants , les antennes sont manifestement plus longues que la tête , souvent portées sur un pédoncide commun ; le stylet est alongé , de la même épaisseur que l'antenne, au bout de laquelle il forme deux articles, dont le second plus long, presque cylindrique ou ovoïde, et se terminant en pointe obtuse. Dans
Les CÉRATURGUES. (Ceraturgus. Wicd. )
Les antennes ne sont point portées sur une élévation commune , et leur premier article est plus court que le suivant (4). Dans
Les DiocTRiEs. (DiocTRiA. Meig., Fab.)
Ces organes sont situés sur un pédoncule commun , et leur premier article est plus long que le suivant (5).
Là , le stylet du bout des antennes se prolonge en manière de scie. Ceux où cette soie est simple forment le sous-genre
Des Asiles proprement dits. (Asilus).
On trouve fréquemment en Europe , vers la fin de l'été , et dans les lieux sablonneux ,
h'' Asile frelon {Asilus crabonifonnis , Lin. ) , De Géer , Insect. , VI , xiv, 3. Cette espèce, est longue d'environ un pouce, d'un jaune d'ocre, avec les
(1) roijez Latr. Gen. Crust. et Ins. , IV, 298, Meig., Fab. Wied. et Macq. • (2) Deux espèces recueillies en Dalmatie, par Dejean , et une autre des Indes orientales.
(3) Les mêmes auteurs.
(4) Ibid. Anal. Entom. pi. 1, 5.
(5) Les mêmes auteurs.
trois premiers anneaux de rabdomen d'un noir velouté , les autres d'un jaune fauve et les ailes roussâtres. On a suivi ses métamorphoses, ainsi que celles de 1'^. cendré { A. forcipalus , Lin. ) (1). Ceux dont la soie des antennes est plumeuse forment le sous-genre
Des Ommaties. (Ommatiis. IHig. , Wied. ) (2)
Tantôt les tarses se terminent par trois crochets , dont l'intermédiaire remplace les deux pelottes.
Les GoNYPES. (GoNïPus, Lat. — Leplogasler , Meig. )
Le stylet se termine par une soie courte. L'abdomen est long et presque linéaire. Les tarses sont arqués (5).
Les autres {Hybotini , Lat.) ont la tête plus arrondie, presque entièrement occupée par les yeux dans les mâles, avec le chaperon souvent point ou peu velu. La trompe est fort courte. Les ailes ont moins de nervures que celles des précédents , et leur portion interne n'olfre point cette cellule complète, triangulaire , et dont la pointe s'appuie sur le bord postérieur, ou du moins elle n'est que rudimentaire.
Tantôt le dernier article des antennes est grand , en forme de fuseau alongé, et se termine par un très petit stylet.
Les OEdalées. (OEdalea. Meig. )
Tantôt le dernier article est court , ovoïde ou conique , avec une longue soie (4).
Les Hybos. (Hybos, Bleig. , Fab. — Damalis , Fab. )
Où les cuisî5es postérieures sont grandes et renflées (5).
Les OcYDROMiES. (OcYDROMiA. HolTm. Meig.) Où elles sont de grandeur ordinaire (6).
Les Empis. ( Empis. Lin. — Empides, Lat. j
Très voisins des Asiles par la forme du corps et la position des ailes , mais ayant la trompe perpendiculaire ou dirigée en arrière. La tète est arrondie , presque globuleuse , avec les yeux fort étendus.
Ils sont de petite taille , vivent de proie et du suc des fleurs. Le dernier
(I ) Consultez , pour les autres espèces et pour ces divers sous-genres, Latreille, Meigen , Fabricius, Wiedemann et Macquart. J'avais présumé que le G. Cijrtoniaàe Meigen ne devait point être placé avec les Platypczines, mais avec les Empides, ainsi que l'avait j ugé Fallén. Macquart vient en effet de le reporter avec ceux-ci. Ce sous-genre se distingue detousceux de cette division, ayant, comnie lui, deux articles aux antennes et les palpes couchés sur la trompe, par la forme conique et alongée du dernier article de ses antennes , parles ailes et la petitesse de ses palpes. Nous renvoyons, pour d'autres détails à l'ouvrage de ce savant, sur les Diptères du nord de la France.
(2) Wied. Dipl. exot.,215.
(ô) Voijcz\es auteurs ci-dessus.
(4) Item. Macquart (Dipt. du nord de la France ) a établi dans cette division, deux nouveaux genres; celui deMicROvuoRE (Microphora), semblable à celui d'OEdalée, par Talongement du troisième article des antennes, mais avec lestyletalongé; et celui de Lemtopèzb (Lemlopeza) , très voisin des Ocydromies, mais avec le stylet tout-à-fait terminal , tandis qu'ici il est inséré sur le dos du troisième article , un peu au-dessous de son extrémité.
(5) Item.
(6) Item.
article de leurs antennes est toujours terminé par un stylet biarticulé et court, ou par une soie. Les mâles de quelques espèces ( Hilares ) ont le premier article de leurs tarses antérieurs très dilaté.
Les uns ont des antennes de trois articles. Tantôt le dernier est en forme de cône alongé.
Ici la trompe est beaucoup plus Ionique que la tête; le stylet biarticulé terminant les antennes est toujours court. Les palpes sont toujours relevés.
Les Empis propres. (Empis.)
IjE. pieds-emplumés {Empis peîinipes , Fab.) , Panz., Faun. Ins , lxxiv, 18, est noir , avec les ailes obscures ; les pieds postérieurs de la femelle sont garnis de poils en forme de plumes.
Les Ramphomïies (Ramphomyiv. Meig. )
Ne diffèrent des Empis que par Tabsence d'une petite nervure transverse du bout des ailes (1)
Là , la trompe n'est guère plus longue que la tête.
Dans les Hilares (Hilara , Meig. ) les antennes sont terminées par un petit stylet de deux articles (2).
Dans les Brachystomes (Brachystoma , Meig. ) , c'est une longue soie (5).
Tantôt le dernier article , terminé aussi par une soie , forme avec le précédent un corps sphérique.
Tels sont les Glomes ( Gloma , Meig. ). La trompe est aussi fort courte (4).
Les autres n'offrent distinctement que deux articles aux antennes. Le dernier est ovoïde ou presque globuleux, et terminé par une soie, formant, comme dans les précédents , le second article du stylet. La trompe est généralement courte , et les palpes sont couchés sur elle.
Les HÉMÉRODROxMiEs ( Hemkrodromia , Hoffm. , Meig.) sont remarquables par la longueur des hanches des deux pattes antérieures (5).
Les Sicus ( Sicus , Lat. ) , ou les Tachydromies ( Tacliydromia) àe Meigen , ont un renflement aux cuisses de la première ou de la seconde paire de pattes (6).
Enfin les Drapétis (Drapetis, Meig.) ont le dernier article des antennes presque globuleux , et leur trompe est à peine saillante (7).
Macrpiart , appliquant la méthode de Jurine aux Diptères , et donnant plus d'attention à d'autres parties, a établi quelques nouveaux sous-genres, mais dont l'exposition nous mènerait trop loin (8).
Les autres Tanystomes de notre première division ont généralement le corps court , large , avec la tête exactement appliquée contre le thorax, les ailes écartées , et l'abdomen triangulaire. Ils ont , en un mot , le port des Mouches ordinaires de nos habitations. Leur trompe est souvent longue.
Les Cyrtes. ( Cyrttjs. Lat. )
Intermédiaires entre les Empis et les HomLilles , ont les ailes inclinées de chaque côté du corps , les cuillerons très grands et couvrant les bar
(1) f^oyez Latr. Meigen et Fab. : Macq. , F. II.
(2) Meig. Macq.
(ô) Meig.
(4) Item.
(5) 3Ieig. Macq.
(G) Item.
(7) Meig.
(8) Macq.
DIPTERES. 279
lanciers, la tète petite et . globuleuse , le thorax très élevé ou bossu, et l'abdomen vésieulaire , arrondi ou presque cubique, les antennes très rapprochées, et la trompe dirigée en arrière ou nulle.
Ceux qui ont une trompe prolongée en arrière , forment le genre Panops ( Panops) de Lamarck et celui des Cyrtes ( Cyrtus) proprement dits de Latreillc. Dans celui-ci les antennes sont très petites , de deux articles , avec une soie au bout du dernier; dans Fautre , elles sont plus longues que la têle , presque cylindriques, de trois articles , et sans soie à l'extrémilé. Les autres Cyrtes n'ont point de trompe remarquable. Le G. Astomelle ( Astomella) de Dul'our est distingué par ses antennes composées de trois articles , dont le dernier en bouton alongé, comprimé et sans soie. Dans le genre IIknops (Ogcodes, Lat.) d'illiger , et celui d'AcnocÈRE ( Acrocera) de 3Ioigen , les antennes sont très petites , de deux articles , avec une soie terminale. Elles sont insérées au-devant de la lèle dans le premier , et à sa partie antérieure dans le second (1).
Les BoMBiLiES ( BoMBYLius. Lin. — Bomhyliers, Lat. )
Ont les ailes étendues horizontalement , de chaque côté du corps , avec les balanciers nus; le Thorax est plus élevé que la tète ou bossu, ainsi que dans les Cyrtes; les antennes sont très rapprochées, et l'abdomen est triangulaire ou conique ; la trompe est dirigée en avant.
Leurs antennes sont toujours composées de trois articles , dont le dernier alongé , presque en fuseau comprimé , tronqué ou obtus , ordinairement terminé par un stylet très court , et jamais par une soie alongée. Les palpes sont petits , grêles et filiformes. Leur trompe est ordinairement fort longue et plus grêle vers le bout. Leurs pieds sont longs et très déliés. Ils volent avec une grande rapidité, planent au-dessus des fleurs sans s'y poser, y introduisent leur trompe pour en sucer le miel , et font entendre un bourdonnement aigu. Je soupçonne que leurs larves , ainsi que celles du genre suivant , sont parasites.
Les uns ont une trompe manifestement plus longue que la tête, très grêle et allant en pointe.
Les Toxophores ( Toxophora. Meig. )
S'éloignent de tous les autres par leurs antennes aussi longues que la tête et le corselet, avancées . filiformes, terminées en pointe, et dont le premier article est beaucoup plus long que les autres. Le corps est alongé (2).
Parmi ceux dont les antennes sont beaucoup plus courtes,
Les Xestomyzes (Xestomyza. Wied.)
Se rapprochent des précédents par la longueur du premier article de ces organes, qui surpasse notablement celle des autres ; ce premier article est presque en forme de fuseau , ainsi que le troisième ou dernier fo).
(1) Fotjcs Lam. Ann. du Mus. d'hist. III, p. 263, xsu , 5; Latr. , Gen. Crust. et Insect. IV, p. 515 et suiv.; les articles Ogcodc et Panojisàe l'Encycl. méth.; Meigeu et Fabricius. f^oycz, pour le G. astomelle , le Dict. classiq. d'histoire naturelle.
(2) f^oijez Meigen. ; son T. iiiaculafiis , avait été décrit et figuré par Villcrs , dans son Entom. d'Europ. , III , x , 51 , Asilus fascicvlatus. Foyez aussi Vied. ( Dipt. exot. ).
(5)Wicd..Dipt.cïot., 155,1. 11.
Un auJre sous-genre, où le premier article est encore fort long, pst celui des
Apatomyses. (Apatomyza. Wied.)
Mais ici cet article est cylindrique (1).
Dans les suivants de la même division , ou de ceux dont la trompe est longue et sétacée, ou filiforme, le dernier est le plus long.
Tantôt les deux premiers articles des antennes sont courts , presque delà même longueur.
Les Lasies. (Lasius. Wied.)
Où la tête , dans Tun des sexes , est presque entièrement occupée par les yeux; où le dernier article des antennes est fort long, presque linéaire, comprimé , et sans stylet sensible au bout. L'abdomen est volumineux. Le labre est grand à sa base et tronqué au bout.
Dans un individu que je dois à la générosité de Lacordaire, la trompe s'étend le long du dessous du corps , et le dépasse postérieurement. Ce caractère et quelques autres sembleraient indiquer que ce sous-genre appartient plus naturellement à la tribu des Vésiculeux , et qu'il se place près des Panops (2).
Les UsiES. (UsiA. Latr. — Voluce.lla , Fab.)
Où le dernier article des antennes est ovoïdo-conique , obtus ou tronqué au bout , et terminé par un stylet. Les palpes ne sont point apparents. Ces espèces sont propres aux contrées méridionales de l'Europe et à l'Afrique (5).
Les PiiTHiRiEs. (Phthiria. Meig. )
Semblables aux Usies parles antennes, mais ayant des palpes distincts (4).
Tantôt le second article est évidemment plus court que le premier 5 le dernier est long, généralement presque cylindrique, et terminé en pointe. Tels sont :
Les BoMBiLLES proprement dits. (Bombylius. Meig.)
Les palpes sont très apparents.
Ces Diptères ont le corps garni d'un duvet abondant et laineux qui le colore. Le suivant est le plus commun aux environs de Paris.
Le B. bichon {B. major , Lin. ) De Géer , Insect. , VI , xv, 10 , 11 , long de quatre à cinq lignes , tout couvert de poils d'un gris jaunâtre ; trompe longue et noire; moitié extérieure des ailes noirâtre, le reste diaphane; pieds fauves. Geoffroy a confondu ce genre avec celui des Asiles (5).
Les Gérons. (Geron. Meig.)
Ne paraissent se distinguer des Bombilles que par l'alongement plus remarquable du dernier article des antennes, sa terminaison en manière d'alêne, et
(1) Wied., Dipt. exot. , III. Je n'ai vu aucune espèce de ce genre.
(2) Id. Anal.entora. 1, 5.
(û) Latr. Gêner. Ciust. et Insect. , IV, 314 ; voy. encore Fab. et Meig.
(4) Les mêmes.
(5) Ibid. Latreille, Meigen , Fab. , Macq. et Oliv. , article Bomhille. Les genres Corsomyza et Toiiiomyza de Wiedemann ( Dipt. exot. ) , me sont inconnus. Le premier et le dernier article des antennes une fois plus long que les deux précédents, comprimé au bout. Le second paraît avoisiner les Cyllénies et les Mulions.
par les ailes, qui ont près du limbe postérieur une nervure transverse de moins, de sorte que le nombre des cellules lermées de ce limbe est moindre (1).
Le genre Thlipsonifza de Wiedemann (Dip-*:. exot., I , iv ) , paraît avoisiner le précédent et les Phthiries. Je présume que près d'eux vient encore celui qu'il nomme Amie tu s ; de part et d'autre, le premier article des antennes est plus long que le second et cylindrique , caractère qui les rapproche des Gérons. Mais les ailes des Amiclus dilfèrent un peu de celles des genres précédents.
Les autres espèces ont la trompe de la longueur au plus de la tête et renflée au bout; le premier article de leurs antennes est le plus grand de tous. Celles où il est beaucoup plus gros que les suivants, appartiennent au genre Ploas (Ploas. Conophoriis , Meig. ) (2); et celles où cet article est simplement plus long , sans être notablement plus gros , deviennent des Cyllénies (Cyllenia) (3). Dans celles-ci l'abdomen est plus alongé et presque conique.
Les Anthrax. ( Antrha x. Scop. , Fab. — Musca, Lin. Anthracii, Lat.)
Semblables aux Bonibilles , mais dont le corps est déprimé ou peu élevé en dessus , point gibbcux , avec la tête aussi haute et aussi large que lui. Les antennes sont toujours très courtes et , les Stygides seules exceptées , écartées l'une de l'autre, et toujours terminées par un article en forme de poinçon ou d'alêne. La trompe , un petit nombre excepté , est généralement courte , peu avancée au-delà de la tète , souvent même retirée dans sa cavité orale , et terminée par un petit renflement formé par les lèvres. Les palpes sont ordinairement cachés , menus, filiformes, et, dansplusieurs au moins , adhèrent chacun à l'un des filets du suçoir. L'abdomen est moins triangulaire que celui des Bombilles, et en partie carré. Ces Insectes sont généralement velus. Leurs habitudes sont très analogues à celles des mêmes Diptères. Ils se posent souvent à terre, sur les murs exposés au soleil , le long desquels ou les voit souvent voltiger , et sur les feuilles.
Les uns avoisinent les Bombilles par leurs antennes très rapprochées à leur base. Leur trompe est très peu saillante au-delà de la cavité orale. Tels sont
Les Stygides. (Stygides. Lat. — Stygia^ Meig.) (4)
Dans les autres , les antennes sont écartées.
Ici , la tête est presque globuleuse ; la trompe n'est jamais longue ; les palpes sont toujours cachés , et l'extrémité des ailes ne présente point un grand nombre de petites aréoles , formant un réseau.
Les Anthrax proprement dits. (Anthrax. Meig.)
Dont les trois yeux lisses sont très rapprochés.
L'A. morio (Musca morio. ) A. morio ; Panz. Faun. 1ns. Germ. xxxui, 18. ; A. semialra. Meig. , tout noir , avec des poils roussàtres sur le thorax et les côtés de l'abdomen. Les ailes , depuis leur base jusqu'un peu au-delà de la moitié de leur longueur, sont noires ; cette couleur forme , en se terminant , quatre dentelures presque égales ; c'est l'espèce la plus commune de nos environs (5).
(1) Foij. Meigeii.
(2) Latr. Gêner. IV, 312 ; Fab. Meig. Macq. (ô)LiUr. ibid.el Meig.
(4) Foijezcci auteur et Shicquart. Lu dcnominalion de Shjgia avait déjà été consacrée à un genre de Lépidoptères. )>e genre Slygide est désigne dans l'Encyclopédie méthodique (x, G76), sous le nom de Lomatie (Lomalin).
(5) Voyez. Meig. Fab. Falien , Macq. ol Wiedem.
T. iii. 36
Les HiRMONEt'RES , (HiRMONEURA. Wiecl. , Meig. )
Où l'un des trois yeux lisses, Tantérieur , est éloigné des deux autres ou des postérieurs ; la trompe est cachée. Les ailes ont plus de nervures que celles du sous-genre précédent (1).
Là , la tête est proportionnellement plus courte , presque hémisphérique et comprimée transversalement; les antennes sont très écartées; la trompe est plus longue que la tête ; les palpes sont quelquefois extérieurs , et Textrémité des ailes offre souvent une réticulalion analogue à celle des ailes des Névroplères.
Ceux où elles sont toujours réticulées , comme de coutume , dont la trompe est seulement un peu plus longue que la tête , dont les palpes ne sont point apparents , où le premier article des antennes est cylindrique , un peu plus long que le suivant , et le dernier en forme de cône alongé , composent le sous-genre
Des MuLioNS. (MuLio. Lat., Meig. — Cytherea , Fab.) (2)
Ceux dont le sommet des ailes est plus souvent réticulé , à la manière de celles des Névroptères, dont la trompe est beaucoup plus longue que la tête , avec les palpes extérieurs , et dont les deux premiers articles des antennes sont très courts, presque d'ég(ile grandeur, presque grenus, et dont le dernier est en forme de cône très court , avec un stylet brusque et presque en forme de soie au bout , forment le genre
Des NÉMESTRiNES. {Nemestrina. Lat.. Oliv. , Wied. )
Les tarses ont trois pelotes, tandis que dans les sous-genres préeédents il n'y «n a que deux , et souvent peu sensibles (5).
Deux espèces, et dont l'une ( Cytherea fasclata , Fab. ) se trouve en Italie et dans la ci-devant Provence , diffèrent peu , quant à la réticulalion de leurs ailes , des autres Anthrax. Elles forment le genre Fallénie (Fallenia) de Meigen et Wiedemawn. Suivant eux, la trompe peut se courber en dessous le long de la poitrine (4).
Le g. CoLAxde Wiedemann (Anal. Entom. 18, fig. 8.) nous paraît se rapprocher, quant au port et quant aux antennes et aux ailes, des derniers Anthrax ; mais, d'après ce savant, la cavité orale est fermée , comme dans les OEstres , et les yeux lisses manquent.
Notre seconde division générale des Tanystomes a pour caractères : trompe membraneuse, à tige ordinairement très courte , peu avancée , terminée par deux lèvres bien distinctes et relevées ou ascendantes.
Les larves des derniers Diptères de cette division ont une tête de forme variable.
Les uns {Leptides) , ont les ailes écartées et offrant plusieurs cellules complètes. Les antennes ne se terminent point en palette. Les palpes sont filiformes ou coniques.
(1) Foyez Meigen.
(2) Foyez Latreille, Meig. , Fab. Wied.
(3) Les Hirmoneuies doivent en être exceptées, d'après la figure de Tune des patles, donnée par Meigen.
(4) l'oyez les mêmes auteurs et l'article Nvmcifrine de l'Encyclop. méthod.
Tantôt ces palpes sont retirés dans la cavité orale. Les antennes se terminent en forme de fuseau ou de cône alongé , avec un petit stylet articulé au bout (1).
Les Thérèves. ( The rêva. Lat. , Meig. — Bihio, Fab. )
La T. plébéienne. [Bibio pleheia , Fab. ) noire, avec des poils cendrés ; anneaux de l'abdomen bordés de blanc. Sur les plantes. La larve d'une espèce de ce genre ( Nemotelus hirtus , de G. ) vit dans la terre , et ressemble à un petit Serpent. Son corps est blanc et pointu aux deux bouts. Elle se dépouille entièrement de sa peau lorsqu'elle se transforme en nymphe. (2)
Tantôt les palpes sont extérieurs. Le dernier article des antennes est soit presque globuleux ou réniforme , soit presque ovoïde ou conique , et terminé , dans tous , par une longue soie.
Les tarses ont trois pelotes.
Tels sont
Les Leptis. ( Leptis, )
Qui se divisent en plusieurs sous-genres.
Les Athérix. (Athérix. Meig. Fab.)
Où le premier article des antennes , plus grand que le second , est épais , du moins dans l'un des sexes , et où le troisième est lenticulaire et transversal.
Les palpes sont avancés (5).
Les Leptis propres. (Leptis. Fab., Meig. — Auparavant Rhagio, Fab.)
Où le dernier article des antennes est presque globuleux ou ovoïde, toujours terminé en pointe , et jamais transversal.
Les uns ont les antennes plus courtes que la tête , avec les trois articles presque d'égale longueur.
Ici les palpes sont avancés.
Tels sont les Leptis de Macquart , où le troisième article des antennes est ovoïde , ou en forme de poire.
Le L. bécasse {Musca scolopacea , Lin. ) , Némotèle Bécasse, De G. Insect.
VI , IX , 6. Tiiorax noir ; abdomen fauve , avec un rang de taches noires sur
le dos; pieds jaunes ; ailes tachetées de brun. Très commun dans nos bois.
Là, les palpes sont élevés perpendiculairement. Ce sont les Chrysopiles ( Chrysopilus) clè ce savant , et que Fabricius réunit aux Athérix.
Les autres ont les antennes de la longueur de la tête, avec le premier article alongé, cylindrique; le second court ; le troisième conique; les palpes relevés. Les tarses postérieurs sont plus épais que dans les précédents. L'abdomen est linéaire.
(1) Cette subdivision répond à lafaniille des Xylotomes de Meigen et Macquurt.
(2) Latr. ibid. Fab., Meigen et Macquart. J'ai vu, dans la collection de Faujas, un morceau de schiste portant l'empreinte d'une espèce de ce genre.
(ô) Foijez les mêmes auteurs.
Le L. Ver-Lion (Musca Vermileo, Lin.) , Némotèle Ver-Lion, De G. ibid. x, semblable à une Tipule j jaune; quatre traits noirs sur le thorax; abdomen alongé , avec cinq rangs de taches noires; ailes sans taches. La larve est presque cylindrique, avec la partie antérieure beaucoup plus menue, et quatre mamelons au bout opposé. Elle ressemble à une Chenille arpenteuse en bâton , et en a même la roideur lorsqu^n la retire de sa demeure. Elle donne à son corps toutes sortes d'inllexions , s'avance et se promène dans le sable, y creuse un entonnoir, au fond duquel elle se cache, tantôt entièrement, tantôt seulement en partie, se lève brusquement lorsqu'un petit Insecte tombe dans son piège, Tembrassc avec son corps, le perce avec les dards ou les crochets de sa tète et le suce. Elle rejette son cadavre, ainsi que le sable, en courbant son corps et le débandant ensuite comme un arc. La nymphe est couverte d'une couche de sable.
De Romand, à Tours, qui fait une étude particulière des Insectes de ses environs, a observé de nouveau les métamorphoses de ce Diptère, et m'a envoyé plusieurs larves vivantes. J'en ai conservé quelques-unes dans cet état, près de trois ans (1).
Les Clinocères (Clinocera) de Meigen paraissent, par leurs ailes, appartenir à la division suivante.
Les autres Tanystomes de notre seconde division ont les ailes couchées sur le corps , et n'offrent au plus que deux cellules complètes ou fermées. Les antennes se terminent en une palette, presque toujours accompagnée d'une soie (2). Les palpes du plus grand nombre sont aplatis en forme de lames et couchés sur la trompe.
Ces caractères, un corps comprimé sur les côtés, avec la tête triangulaire , un peu avancée en manière de museau , l'abdomen courbé en dessous , et des pattes longues , déliées , garnies de petites épines , distinguent particulièrement le genre
Des DoiicHOPEs. ( Douchopcs. Lat. , Fab. )
Qui forme maintenant une petite tribu ( Dolichopodes ) distribuée par Macquart d'une manière très naturelle , que nous adoptons , sauf un renversement qui reportera en tête les Dolichopes propres et les Ortochiles par lesquels il finit.
Les organes copulateurs masculins des uns offrent des appendices en forme de lames.
Ici , la trompe est alongée et forme un petit bec.
Les Ortochiles. (Ortochile. Lat., Meig. , Macq. ) (3)
Là , ainsi que dans tous les autres Dolichopes , la trompe est fort courte , ou presque pas saillante.
(1) Voyez pour les autres espèces, Fabricius, Meigen et Macquart.
(2) Dans plusieurs, le dernier article des antennes diffère peu de celui des Diptères précédents ; mais la position respective des ailes et leur réticulation offrent des caraclères distinctifs.
(3) Latr, Gcner. Crust. et Insect., IV, 289. Voyez aussi Meigen et Macquart.
Les DoLicHOPES propres. ( Doticnopus.)
Où le troisième article des antennes est presque trianfîuiaire , peu alongé, avec une soie de longueur moyenne , sans renllenient , en lorme de nœud , entre sou milieu et son extrémité.
Ces Insectes ont souvent des couleurs vertes ou cuivreuses. Les pieds sont longs et très déliés. Ils se tiennent sur les murs , les troncs d'arbres, les feuilles , etc. Quelques-uns courent avec célérité sur la surface des eaux. Les organes sexuels des mâles sont presque toujours extérieurs , grands , compliqués et repliés sous le ventre.
Le D. à crochets ( D. ringulahts , Fab.) , Némotèle bronzée, de G. , Insect.. VI , XI , 19 , 20. Antennes de moitié plus courtes que la tête ; corps d'un vert bronzé, luisant, avec les yeux dorés et les pieds d'un jaune pâle; ailes sans taches. Sa larve vit dans la terre; elle est longue, cylindrique , avec deux pointes , en forme de crochets recourbés. La nymphe a sur le devant du thorax deux cornes assez longues , dirigées en avant et courbées en S (1).
Les SvBisTROMES. ( Sybistkoma. Mcig.
Où le dernier article des antennes est presque en forme de lame de couteau , avec une soie très longue et renflée en manière de nœud, avant son extrémité (2).
Les organes copulateurs des mâles des autres ont des appendices filiformes.
Ici, le troisième article des antennes est soit ovalaire ou triangulaire, soit fort long et très étroit , presque lancéolé.
Il a cette dernière forme dans
Les Raphiuns. (Raphicm. Meig. ) (3)
Il est en forme de hache ou triangulaire , avec une soie velue , et dont le premier article très court ou indistinct , dans
Les PoRPHYROPS. (PoRPHYROPS. Mcig. ) (4).
Cette soie est simple , avec le premier article distinct et alongé , dans
Les MÉDÉTÎiREs. (Medeterus, Fisc. , Meig. )
Le dernier article des antennes , ou la palette , est ovalaire.
Macquart a formé un genre {Hyclrophorus) , avec les espèces dont la soie est tout-à-fait terminale. Celles où l'insertion est dorsale composent seules le genreMédétère{5).
Là, le troisième article des antennes est presque globuleux. La soie est toujours velue. Si elle est terminale, on a le genre Chrysote (Chrysotus) ; si elle est insérée un peu au-dessous, celui de Psilope (Psilopus) ; enfin , si elle part de plus bas , ou de près de la base , celui de Diaphore (Diaphoris) , qui , par sa tête presque sphérique et entièx-ement occupée par les yeux , dans les mâles, nous paraît conduire aux Diptères suivants , ou à la famille des Platypezines {Platypezina) de Meigen. Les ailes , les yeux lisses , et quelques autres caractères tirés
(1) Foyez, pour les autres espèces cl quelques uns des sous-genres suivants, un Mémoire de Cuvier , inséré dans le Journ. d'Hist. natur. et de phys. , tom. 11 , p. 253. Foyes aussi Meigen et Macquart.
(2) Meig. Macq.
(5) Item.
(4) Item.
(5) Item.
de la considéralion des parties de la tête , corroborent ceux que nous avons exposés. 3Iais il nous est impossible de nous livrer ici à de semblables détails (1).
Les Platypézines de flieigen , dont Macquart a retranché , avec raison , le G. Cyrtome , et auxquelles nous réunissons celui de Scénopine et sa famille des MÉGAcÉPHALEs { 3Iegacepliall) (2), se composent de Diptères très analogues par la trompe , les antennes et les ailes , aux Dolichopes ; mais leur corps est déprimé, avec la tête hémisphérique et presque entièrement occupée par les yeux, du moins dans les mâles. Les palpes sont relevés ou retirés, cylindriques ou en massue , et ressemblent à ceux des Notacanthes. Les pieds sont courts , sans épines , avec les tarses postérieurs souvent aplatis et larges.
Ces Diptères sont très petits , et Macquart nous a donné plusieurs observa, tions intéressantes sur les habitudes de plusieurs espèces.
Les uns ont une soie au dernier article des antennes.
Ceux où cette soie est terminale , dont les yeux sont contigus supérieurement dans les mâles , et dont les trois premiers articles des tarses postérieurs, ou le premier au moins , sont aplatis et larges , forment deux sous-genres.
Les Callomyies. (Callomyia. Meig.)
Ow le premier article des tarses postérieurs est seul dilaté, mais aussi long que les autres réunis.
Les Platypèzes. (Platypeza. Meig.)
Où les quatre premiers articles des tarses postérieurs sont aplatis.
Ceux où la soie est insérée sur le dos de cet article , près de sa jonction avec le précédent , dont les tarses ne sont point dilatés , et où les yeux sont séparés dans les deux sexes , composent le genre Pipuncule (Pipunculus. Lat. — Cephalops, Fallen.). La tête est presque globuleuse.
Les autres n'ont point de soie au dernier article des antennes. Il est plus étroit et pli|s long que dans les précédents.
Les ScÉNOPiNEs. ( ScENOPiNus. Lat., Meig. — Musca , Lin. )
La S. des fenêtres ( Musca fenestralis, Lin. ) , Schell. , Dipt. , XIII , 1 , la fem. ; 2, le mâle. Tête et thorax d'un bronzé obscur j abdomen noir , strié transversalement , rayé de blanc , dans le mâle ; pieds fauves, avec les tarses obscurs. Très commune sur les vitres de nos l'euêlres (5).
La troisième famille des Diptères , celle
Des Tabaniens. (Tabanides.)
A pour caractères ; trompe saillante, terminée ordinairement par deux lèvres , avec les palpes avancés 5 dernier article des antennes annelé ; suçoir de six pièces : elle comprend le genre
Des Taons. (Tabancs) de Linnœus (4).
Diptères semblables à de grosses Mouches , et connus par les tourments
(1) Meig., Macq. Le genre Lonchoptera que Meigen place avec les précédents , en est très éloigné. Foyes la tribu des Muscides.
(2) Nous en formons une petite tribu sous la dénomination des Céphalopsides.
(3) Ployez, pour tous ces sous-genres , les auteurs précités.
(4) Cette famille ne se lie point avec la précédente. Elle me paraît former, avec la sui-
DIPTERES. 287
qu'ils font éprouver aux Chevaux et aux Bœufs , dont ils percent Ja peau pour sucer leur sang. Leur corps est généralement peu velu. Ils ont la tête de la largeur du thorax , presque hémisphérique et couverte, à l'exception d'un petit espace, surtout dans les mâles , par deux yeux, qui sont communément d'un vert doré, avec des raies ou des taches propres. Leurs antennes sont à peu près de la longueur de la tête , de trois articles , dont le dernier plus long, terminé en pointe , sans soie ni stylet au bout, souvent taillé en croissant au-dessus de sa hase , avec des divisions transverses et superficielles, au nombre de trois à sept. La trompe du plus grand nombre est presque membraneuse , perpendiculaire, de la longueur de la tête ou un peu plus courte , presque cylindrique , et terminée par deux lèvres alongées. Les deux palpes sont ordinairement couchés sur elle, épais, velus, coniques, comprimés et de deux articles. Le suçoir renfermé dans la trompe est composé de six petites pièces, en forme de lancettes, et qui, par leur nombre et leur situation respective, représentent les parties de la bouche des Coléoptères. Les ailes sont étendues horizontalement de chaque côté du corps. Les cuillerons recouvrent presque entièrement les balanciers. L'abdomen est triangulaire et déprimé. Les tarses ont trois pelotes. Ces Insectes commencent à paraître vers la fin du printemps , sont très communs dans les bois et les pâturages , et volent en bourdonnant. Ils poursuivent même l'homme pour sucer son sang. Les bêtes de somme n'ayant pas les moyens de les repousser, sont plus exposées à leurs attaques , et sont quelquefois couvertes de sang, par l'effet des piqûres de ces Insectes. Celui dont Bruce a parlé dans ses voyages, sous le nom de Tsaltsahja, et que le Lion même redoute , est peut-être de ce genre.
Les uns ont la trompe beaucoup plus longue que la tête , grêle , en forme de siphon , écailleuse, terminée ordinairement en pointe, et les palpes très courts , relativement à sa longueur. Le dernier article des antennes est divisé en huit anneaux. On en a composé le sous-genre
Des Pangonies. { Pangonia. Lat.,Fab. — Tanyglossa. Meig. )
Ces Insectes ne se trouvent que dans les pays chauds, et vivent du suc des fleurs, comme les Bombilles (1).
Les autres ont la trompe plus courte , ou à peine plus longue que la tête membraneuse, terminée par deux grandes lèvres ; la longueur des palpes épale au moins la moitié de celle de la trompe 5 le dernier article des antennes'est divisé en cinq ou quatre anneaux.
Tantôt les antennes ne sont guère plus longues que la tète ; le dernier arti-
vante , une série particulière , conduisant des Némocères aux Athéricères. La famille précédente en composerait une autre qui y mènerait aussi, de sorte que les derniers Diptères de celle-ci se rapprocheraient des derniers Notacanthes. Les Culicides et les Tabanides sont les seuls Diptères dont le suçoir soit de six pièces.
(1) Article /"«h^o/jiV de l'Encyclop. méthod.; voyez aussi Meigen et Wiedemann.
Quelques espèces sont privées d'yeux lisses, et forment le genre Philoliche de HofFmansegg (Wied. Dipt. exot., 54). D'autres espèces de Taons, dont la trompe est avancée, ainsi que dans les Pangonies , mais ascendante; dont les palpes ont trois articles, au lieu de deux; et dont les antennes ressemblent à celles des Taons proprement dits , composent le genre de Rhinomyza de Wiedemann ( ibid. 59 ).
Ceux qu'il nomme (ibid. ), Rapiuorhynchus et Acanthomera, et qu'il place entre le précédent et celui de Tabanus , rentrent, d'après notre méthode, dans la famille des Notacanthes.
(le. nui a un peu la l'orme d'un croissant et se termine en alêne , est divisé en cinq anneaux, dont le premier très grand avec une dent supérieure. Ce sont :
Les Taons proprement dits. ( Tabanus. )
Le T. des Bœufs ( T. bovinus , Lin.) , De Géer, Insect. , VI , xii, 10, 11 , long d'un pouce. Corps brun en dessus, gris en dessous, avec les yeux verts, les jambes jaunes, des lignes transversales et des taches triangulaires d'un jaune pâle sur Tabdomen; ailes transparentes, avec des nervures d'un brun roussàtre. Sa larve vit dans la terre. Elle est alongée, cylindrique, amincie vers la tête qui est petite et armée de deux crochets. Les anneaux du corps , au nombre douze , ont des cordons relevés. La nymphe est nue , presque cylindrique, avec deux tubercules sur le Iront, des cils sur les bords des anneaux, et six pointes à son extrémité postérieure. Elle se rend à la surface du sol lorsqu'elle doit se dépouiller de sa peau , pour prendre la forme du Taon , et sort à moitié de la terre.
Cette espèce est très commune dans nos environs.
Le Taon de Maroc (3Iaroccafius, Fab. ), qui est noir, avec des taches d'un jaune doré sur l'abdomen, tourmente les Chameaux. Leur corps, au témoignage de Desfontaines , est quelquefois tout couvert de ces Insectes (1).
Tantôt les antennes sont très sensiblement plus longues que la tète et terminées par un article en cône alongé ou presque cylindrique . et n'ofl'rant souvent que quatre anneaux. Les yeux lisses manquent dans plusieurs.
Les uns, dont le dernier article des antennes est toujours en forme d'alêne et divisé en cinq anneaux , ont trois yeux lisses.
Ceux où le premier article est manifestement plus long que le suivant et cylindrique ; et où celui-ci est très court, en forme de coupe, forment le genre
SiLviE ( SiLvius. ) de Meigen (2).
Ceux où les deux premiers articles sont cylindriques , et presque d'égale grandeur, composent son genre
Chrysops. ( Chrysoi>s. )
lie C. aveuglant ( C. cœcutiens , Fab. ) , De Géer, Insect. , VI , xiii ,3,5; yeux dorés , avec des points pourprés ; thorax d'un gris jaunâtre , rayé de noir ; dessus de l'abdomen jaunâtre , avec une grande tache noire , fourchue au bout, sur les deux premiers anneaux; deux autres alongés , delà même couleur, sur chacun des anneaux suivants , et trois, d'un brun noirâtre et transverses, sur les ailes. Il tourmente beaucoup les Chevaux (3).
Les autres sont dépourvus d'yeux lisses ; le dernier article de leurs antennes , quelquefois cylindrique , n'offre que quatre anneaux. Ici comme dans
Les H^.MATOPOTES , ( H^F.MATOPOTA. Mcig. )
Ilestsubulé, elle premier article estépais, presque ovalaire dans lesmàles(4).
(1) Voyez pour les autres espèces de ce sous-j^enie, Lair. Fab. Meigen, Palisot de Ueauvois , Macqiiart , Fallen et Wiedemaim.
(2) Fotjez Meigen. Il ne cite qu'une seule espèce, le Tabanus Filiili de Fab., et auqnel il rapport» son 7'. ifalicus.
(ô) Voyez Fab. Latr. Meig. Fallen, Wied. Macq. ,etc. {A) Voi/cz les mêmes auteurs.
Là comme clans
Les HÉxATOMEs. ( Hexatoma. Meig. — Heptatoma, auparavant. )
Les antennes, plus longues que dans les précédents , sont cylindriques; leur dernier article est fort alongé (1).
La quatrième famille des Diptères , celle
Des Notacanthes. (Notacantha.)
Nous offre , ainsi que la précédente , des antennes dont le troisième et dernier article est divisé transversalement en manière d'anneaux, ou qui sont même (voyez les Chiromyzes) composées de cinq articles bien séparés ; mais le suçoir n'est formé que de quatre pièces; la trompe, dont la tige est ordinairement très courte, est presque entièrement retirée dans la cavité ovale. La consistance membraneuse de cet organe et ses lèvres relevées , ses palpes terminés en massue et pareillement redressés , la disposition respective des ailes , qui sont ordinairement croisées , la forme de l'abdomen, qui est plutôt ovalaire ou orbiculaire que triangulaire , enfin 1 ecusson souvent armé de dents ou d'épines, distinguent encore lesNotachanlliesdesTabanides. On n'a observé qu'un petit nombre de leurs larves. Celles qu'on a découvertes, et qui ont été décrites par Swammerdam , Réaumur et Rœsel , sont aquatiques {voyez ci-après) se rapprochent de celles des Athéricères, par leur têle molle, de forme variable, et par l'habitude de se transformer en nymphes sous leur propre peau ; mais elles conservent leurs formes et leurs proportions primitives , ce qui n'a pas lieu dans les Athéricères.
D'autres larves de Notacanthes (Xylophages) vivent dans les parties cariées , humides ou suintantes des arbres.
Nous partagerons les Notacanthes en trois sections principales.
Ceux de la première [Mydasii. Lat.) n'ont jamais de dents ou d'épines à l'écusson. Leur corps est oblong^ avec l'abdomen en triangle alongé et conique. Les ailes sont écartées. Leurs antennes, sur lesquelles nous fondons le caractère le plus distinctif, sont composées, tantôt de cinq articles distincts, dont les deux derniers forment dans les uns une massue, et dans les autres , l'extrémité d'une tige cylindrique , terminée en manière d'alêne ; tantôt de trois articles , dont le dernier plus grand , presque cylindrique , allant en pointe et divisé en trois
(1) Foyez Fab. Latr. Meig. Fallen. macq. Wied., etc. ''
anneaux ; ainsi ces organes sont toujours divisés en cinq. Si l'on en excepte les Mydas, où l'on aperçoit les vestiges d'un très petit stylet, cet appendice, ni la soie qui le remplace, n'existe dans aucun Notacanthe de celte section ; peut-être que les deux derniers articles les représentent.
Les uns ont des antennes beaucoup plus longues que la tête, de cinq articles, terminées en une massue alongée , formée par les deux derniers , avec un ombilic au bout, et duquel sort une soie très courte. Les cuisses postérieures sont fortes et dentelées ou épineuses au côté interne. Les cellules postérieures des ailes sont complètes ou fermées avant le bord , étroites ou alongées , et obliques ou transverses.
Ces Diptères composent le genre
Des Mydas. (Mydas. ) Qui se divise en deux sous-genres.
Les CÉPHALOCÈRES. ( Cf.phalocera. LalF. )
Dont la trompe est en forme de siphon , longue et avancée (1).
Les Mydas propres. (Mydas. Fab. )
Où celte trompe , ainsi que d'ordinaire dans cette famille , est courte et terminée par deux grandes lèvres (2).
Les autres ont des antennes guère plus longues que la tête , cylindriques, et allant en pointe à leur extrémité. Les tarses ont trois pelotes. Les cellules postérieures des ailes sont fermées par le bord postérieur et longitudinales.
Les CHYROiaYZES. (Chiromyza. Wied.)
Où les antennes ont cinq articles bien séparés , dont les deux derniers menus (3).
Les Pachystomes. (Pachystomcs. Lat. )
Où les antennes sont composées de trois articles , dont le dernier divisé en trois anneaux (-4).
(1) Sur un Insecte du Cap de B.-Esp.
(2) roijez Tdh. Latr. et surtout D:iliiian (Dipt.exot., 115) qui en décrit plusieurs espèces. Ce sous-genre et le précédent paraissent former une division particulière, qu'il faudrait peut-être, dans un ordre naturel, reporter plus haut. Les ailes ont des rapports avec celles des Pangonies.
(ô) Wied. Dipt. exot. I, vin.
(4) Latr. Gêner. Crust et Insect. , iv, 280 ; Encyclop. méUiod. , article Pachystome. La larve du P. syrphoïde (Pan?,. , Faun. Insect. Germ. lxxvm, 9, feni.) vit sous récorce du pin; sa nymphe ressemble à celle des Taons.
DIPTERES. 291
La seconde section {Decatoma, Latr.) nous offre des antennes toujours composées de trois articles , dont le dernier plus long, sans stylet ni soie, et divisé en huit anneaux, est en massue dans les uns, et presque cylindrique ou en forme de cône alongé, dans les autres. Les ailes sont généralement couchées sur le corps . Les tarses ont trois pelotes.
On peut réunir ces Diptères en une coupe générique , celle
Des Xylophages. (Xylophagcs.)
Les uns ont les antennes beaucoup plus longues que la tète , avec les deux premiers articles fort courts, et le troisième fort long, comprimé, formant une massue étranglée et un peu coudée au milieu , et dont la portion inférieure en cône alongé , et l'autre en palette ovale. L'écusson est inerrae.
Les Herméties. ( Hermetia. Latr. , Fab. (1)
Les antennes des autres ne sont jamais beaucoup plus longues que la lêle, et se terminent par un article presque cylindrique ou eu cône alongé. Ici l'écusson n'offre point d'épines.
Les Xylophages propres (Xylophagus. Meig. , Fab. , Latr. )
Ont le corps étroit et alongé, avec les antennes sensiblement un peu plus longues que la tète , et terminées par un article presque cylindrique. La tête est courte, transverse, sans éminence particulière en devant.
Le X. noir ( X. ater. Latr., Gen. Crust. et Insect. I, xvi , 9 , 10.) est alongé, noir, avec la bouche, une ligne de chaque côté du thorax , l'écusson et les pieds jaunes. On le trouve , au mois de mai , dans les plaies des ormes (2).
Les AcANTHOMÈRES. ( AcANTHOMERA. Wicd.)
Où les antennes, de la longueur au plus de la tète , se terminent par un article en cône alongé, ou presque en forme de poinçon, comprimé, et dont le premier anneau est plus grand que les autres ; il ressemble un peu, sous ce rapport, à celui des Taons. La tête est hémisphérique , avec les yeux très grands. L'abdomen est large et aplati; l'espace interoculaire présente inférieurement un avancement en forme de corne ou de bec pointu. Les deux articles des palpes sont de longueur égale.
Dans un autre genre de Wiedemann , celui 'de Raphiorhynque (Raphiorhyn- CHus) , le premier article de ces palpes est très court, et le second, beaucoup plus long, se termine en pointe. Les autres caractères sont d'ailleurs identiques. Les espèces de l'un et de l'autre sont de l'Amérique méridionale (3).
Là l'écusson est armé d'épines.
Ceux-ci ont des antennes simples.
Les Cœnomyies. (Cœnomyia. Latr. , Meig. — Sicus, Fab. )
Elles sont très voisines des deux sous-genres précédents Les antennes ne sont guère plus longues que la tête , avec le troisième article conique ou en forme
(1) Foyt'sLalr. et Fab.
(2) Les mêmes, Meig. Macq. ;fam. des Xylopliagites, et Wied. (3)Wied.,Dipt. esot. ,11, i,l.
de poinçon; le premier est sensiblement plus long que le suivant. Les palpes sont très apparents, cylindriques, finissant en pointe, et de deux articles égaux. L'écusson a deux épines.
La C . ferrugineuse {Sicus ferrugmeus. Fab.) Meig. Dipt. II, xii , 16-25, roussàtre , avec des taches ou des raies jaunes ou blanchâtres sur Tabdomen; elles varient un peu; le thorax est quelquefois brun , et Tabdomen a des taches de cette couleur. Elle est très rare aux environs de Paris , mais commune dans le département du Calvados. Çj'e&\.\s. Mouche armée odorante {Strat. olens) du Tableau élémentaire de THistoire naturelle des Animaux. Elle répand une forte odeur de mélilot, qui dure même long-temps après sa mort (1).
Les BÉRis ( Beris. Latr. Meig.)
Ont les antennes un peu plus longues que la tête , avec les deux premiers articles d'égale longueur , et le troisième en cône alongé. L'écusson a quatre à six épines (2).
Les Cyphomyies. (Cyphomyia. Wied.)
Où les antennes sont encore plus alongées, avec le premier article plus long que le second ; le troisième est linéaire et comprimé. L'écusson a deux épines (3).
Ceux-là ont des antennes jettant, de chaque côté, près du milieu, trois à quatre filets , linéaires , velus , et les articles supérieurs soyeux ; elles sont presque sétacées vers le bout. L'écusson a quatre dents.
Les Ptilodactyles. (Ptilodactylus. Wied.)
Ils ont le port des Bérîs et des Cyphomyies {A).
La troisième section (^Stî'atiomydes , Lat.) a aussi des antennes de trois articles, dont le dernier offre tout au plus, le stylet ou la soie non compris, cinq à six anneaux. Ce stylet ou cette soie existe dans presque tous; et dans ceux qui n'en ont pas , le troisième article est long, en fuseau alongé, et toujours divisé en cinq ou six anneaux. Les ailes sont toujours couchées l'une sur l'autre. Dans plusieurs des espèces dont les antennes se terminent en massue ovalaire et globuleuse, et toujours pourvue d'un stylet ou dune soie, l'écusson n'est point épineux.
Cette section comprend le genre
Stratiome. (Stratiomts. GeoflF.)
Les uns ont le troisième article des antennes alongé , en forme de fuseau ou de cône, sans soie au bout, et presque toujours terminé par un stylet
(1) Foy. Latr. Fab. Meig. et Macq.
(2) Voyez les mêmes auteurs.
(3) Wiéd. Anal. Entom. , lô , fig. 4.
Le genre Platyna de ce savant, établi et figuré dans le même ouvrage, nous est totalement inconnu. L'Insecte, d'après lequel il l'a formé , a le port des Béris et des Cyphomyies, les antennes pareillement longues, filiformes, dont les deux premiers articles alongés, cylindriques, et le dernier, à en juger d'après la figure qu'il adonnée de l'un de ces organes, sans anneaux. L'écusson n'a qu'une épine.
(4) Stratiomys quadridentata , Fab.
de deux articles. L'écusson est armé de deux épines ou dents, dans le plus grand nombre.
Ici la trompe est très courte. Le devant de la tète ne s'avance point en forme de bec , recevant inférieurement cet organe et portant en dessus les antennes. Les antennes sont insérées, comme de coutume, sur le front.
Les.SiRATiOMES proprement dits (Stratiomys Fab. )
Ont les antennes beaucoup plus longues que la tête , le premier et le dernier article étant fort alongés; celui-ci est en forme de fuseau ou de massue étroite et alonf[ée , rétréci aux deux extrémités , de cinq anneaux au moins distincts (1), sans stylet brusque au bout. Les deux anneaux qui le composent ne sont point distingués des autres par un rétrécissement brusque.
Leurs larves ont le corps long , aplati , revêtu d'un derme coriace ou assez solide divisé en anneaux, dont les trois derniers, plus longs et moins gros, forment une queue terminée par un grand nombre de poils à barbe ou plumeux, et qui partent de l'extrémité du dernier anneau comme des rayons. La tête est écailleuse, petite, oblongue , et garnie d'un grand nombre de petits crochets et d'appendices qui leur servent à agiter l'eau , où ces larves font leur demeure. Elles y respirent, en tenant le bout de leur queue suspendu à la surface de l'eau; une ouverture située entre les poils de son extrémité , donne passage à l'air. Leur peau devient la coque de la nymphe. Elles ne changent point de forme , mais elles deviennent roides et incapables de se plier et de se mouvoir ; la queue fait souvent un angle avec le corps. Elles flottent sur l'eau. La nymphe n'occupe qu'une des extrémités de sa capacité intérieure. L'Insecte parfait sort par une fente qui se fait au second anneau, se pose sur sa dépouille, où son corps se raffermit et achève de se développer. Nous trouvons communément dans notre pays
Le S. Chainœleon {S. Chamœleon. Fab.) Rœs,Inst. II, Musc, v, long de six lignes; noir; extrémité de l'écusson jaune, avec deux épines; trois taches d'un jaune citron, de chaque côté du dessus de l'abdomen (2).
Les Odontomyies (Odontomtia. Meig. )
Ont les antennes guère plus longues que la tète, avec les deux premiers articles courts, presque d'égale longueur ; le troisième en cône fort alongé, grêle, à cinq anneaux au moins distincts, dont le dernier conique, brusquement comprimé, recourbé en dedans, représente l'extrémité du stylet, d'ailleurs semblable aux autres (5).
Les Ephippies. (Ephippium. Latr. — Clitellaria, Meig.)
Ayant aussi des antennes, dont la longueur ne surpasse guère celle de la tête, et dont les deux premiers articles sont courts, mais où le suivant forme im cône plus court, plus épais, avec le quatrième anneau en cône tronqué, brusquement aminci au bout, et terminé par un stylet de deux articles, dont le second beaucoup plus long, un peu arqué.
VÉ. thoraciqiie {Stratiomys Ephippium. Fab.) Schaeff. Monograph. 1755,
très noire ; thorax d'un rouge satiné, avec une épine de chaque côté et deux à
l'écusson. Sur les troncs des vieux chênes (4).
(1) Il y en a six, ainsi que dans les suivants', mais dont le cinquième très court et peu distinct. Les deux derniers se transforment en un stylet ou en une soie.
(2) Voyez, pour les antres espèces , Latreille, Meigen et Macquait. (5) Item. Meigen réunit maintenant ce genre au précédent.
(4) Voyez les mêmes auteurs.
Les OxYcÈRES. (OxYCERA. Meig.)
Semblables aux Ephippies par la brièveté de leurs antennes, et qui ont aussi un stylet; mais dont le troisième article est plus court, presque ovoïde, avec le quatrième anneau plus court, sans rétrécissement brusque au bout; si Ton regarde l'antenne de profil, on voit que le stylet, plus menu, plus long que dans le sous genre précédent, et se rapprochant davantage de la forme d'une soie, n'est point terminal, mais inséré sur le dos, près du sommet;
L'O. Hypoléon {Stratiomys Hypoléon, Fab.) Panz., Faun. Insect. Germ., 1 , 14, varié de noir et de jaune, écusson de cette dernière couleur, à deux épines (1).
Là, la trompe est longue, grêle, en siphon, coudée à sa base, et logée dans la cavité inférieure d'une saillie en forme de bec , du devant de la tête, portant les antennes, dont la forme et les proportions sont les mêmes que dans le sousgenre précédent.
Les Némotèles. (Nemotelus. Geoff., Fab.) (2).
Dans les autres, le troisième article des antennes forme, avec le précédent, une massue ovoïde ou globuleuse, terminée par une longue soie. L'écusson est rarement épineux.
Les Chrysochlores. (Chrysochlora. Latr. — Sargus^ Fab.)
Où le troisième article de» antennes est conique, et se termine par la soie (5) .
Les Sargues. (Sargus. Fab.)
Où le même article est presque ovoïde, ou presque globuleux, arrondi ou obtus au sommet, avec la soie insérée sur le dos, près de la jonction du quatrième (4) anneau avec le précédent; le premier article est presque cylindrique.
L'écusson est rarement épineux. Le corps est souvent alongé, vert ou cuivreux et brillant.
Le S. cuivreux {Musca cupraria., Lin.) Réaumur, Insect., IV, xxii, 7, 8;
De G., Insect., VI, xii, 14, d'un vert doré; l'abdomen d'un violet cuivreux;
pieds noirs; avec un anneau blanc ; ailes longues, avec un tache brune.
Sa larve vit dans les bouses de vaches, a une forme ovale-oblongue , rétrécie et pointue en devant, avec une tête écailleuse , munie de deux crochet?. Son corps est parsemé de poils. Elle se métamorphose sous sa peau, et sans changer essentiellement de forme. L'Insecte parfait sort de sa coque en faisant sauter sa partie antérieure. Voyez Réaumur, Insect. , iv. Mémoire iv et i.
Le S. de Réaumur {S. Reautnurii. Meig.) Dilïère du précédent par son
abdomen, dont la plus grande partie, ou du moins la base, est couleur de
sang ou rosée (5).
Les Vappons (Vappo. Lat., Fab. — Pachygaster, Meig.) Ne diffèrent des Sargues , qu'en ce que leurs antennes encore plus courtes,
(1) Foyez Lat. Meig. Macq.
(2) Item.
(5) Sargus amelhyslinus , Fab.
(4) Les Sargues, quoi qu'en dise Meigen , ont le troisième article divise en quatre anneaux.
(5) Foijcz Ealr. Meig. 31acq. , etc.
"VViedemann a figure dans ses Jnulccla entomologica, une espèce du Brésil (Ftircifer)^ très remarquable par son écusson armé d'une longue épine fourchue au bout.
DIPTERES. 295
ont les deux premiers articles plus courts et plus larges, ou tout-à-fait transversaux (1).
Notre seconde division générale des Diptères ayant un suçoir renfermé dans une gaine , et dont les antennes n'ont que trois ou deux articles, comprend ceux dont la trompe, ordinairement membraneuse , bilabiée, longue, coudée, et portant les deux palpes un peu au-dessus de son coude, est le plus souvent entièrement renfermée dans la cavité orale , et n'a que deux pièces au suçoir, lorsqu'elle est toujours saillante. Le dernier article des antennes, toujours accompagné d'un stylet ou d'une soie, n'offre jamais de divisions annulaires. Les palpes sont cachés dans le repos.
Celte division formera notre cinquième famille, celle
Des Athéricères. (Athericera.)
La trompe se termine ordinairement par deux grandes lèvres. Le suçoir n'a jamais au-delà de quatre pièces , et n'en offre souvent que deux. Les larves ont le corps très mou, fort contractile, annelé, plus étroit et pointu en devant, avec la tête de figure variable, et dont les organes extérieurs consistent en un ou deux crochets, accompagnés, dans quelques genres, de mamelons, et probablement dans tous, d'une sorte de langue destinée à recevoir les sucs nutritifs. Le nombre de leurs stigmates est ordinairement de quatre, dont deux situés, un de chaque côté, sur le premier anneau , elles deux autres sur autant de plaques circulaires, écailleuses, à l'extrémité postérieure du corps. On a observé que ceux-ci étaient formés , du moins dans plusieurs, de trois stigmates plus petits et très rapprochés. La larve peut envelopper ces parties avec les chairs du contour , qui forment une sorte de bourse ; elle ne change point de peau ; celle qu'elle a dès sa naissance devient, en se solidifiant, une espèce de coque pour la nymphe; elle se raccourcit, prend une forme ovoïde ou sphérique, et la partie antérieure, qui était plus étroite dans la larve , augmente de grosseur , ou devienl quelquefois plus épaisse que l'extrémité opposée. On y découvre les traces des anneaux, et souvent les vestiges des stigmates, quoiqu'ils ne servent plus à la respiration. Le corps se détache peu à peu de la peau ou de la coque, se montre sous la figure d'une boule alongée et très molle, sur laquelle on ne distingue aucune partie,
(1) f^oijezLatT. Meig. VV^ied., etc.
et passe bientôt après à l'état de nymphe. L'insecte sort de sa coque, en faisant sauter, en forme de calote, son extrémité antérieure. Il la détache par les efforts de sa tête. Cette partie de la coque est d'ailleurs disposée de manière à s'ouvrir.
Peu d'Alhéricères sont carnassiers en état parfait.
Ils se tiennent, pour la plupart, sur les fleurs, les feuilles, et quelquefois sur les excréments des animaux.
Cette famille comprend les genres : Coiiops^ OEustrus^ et la majeure partie du Musca de Linnaeus.
Nous devons naturellement séparer du dernier des espèces, et en assez grand nombre , dont le suçoir se compose de quatre pièces, et non de deux, comme dans tous les autres Athéricères. Elles formeront une première tribu , celle des Syrphides (Syr-
PHID^) (1).
Leur trompe est toujours longue , membraneuse , coudée près de sa base , terminée par deux grandes lèvres , et renferme dans une gouttière supérieure le suçoir. La pièce supérieure de ce suçoir , qui est insérée près du coude , est large , voûtée et échancrée à son extrémité ; les trois autres sont linéaires et pointues , ou en forme de soie ; à chacune des deux latérales , représentant les mâchoires, est annexé un petit palpe membraneux , étroit, un peu élargi et arrondi au bout; la soie inférieure est l'analogue de la languette. La tète est hémisphérique et occupée , en grande partie , parles yeux , dans les mâles surtout. Son extrémité antérieure est souvent prolongée en manière de museau ou de bec, recevant en-dessous la trompe, lorsqu'elle est pliée sur elle-même. Plusieurs espèces ressemblent à des Bourdons, et d'autres à des Guêpes. Lepeletier de Saint-Fargeau a communiqué à l'Académie royale des sciences des observations curieuses sur des accouplements contre nature, ou, pour me servir de ses expressions, des mariages adultérins, de quelques-uns de ces Insectes, mais dont il n'a pu suivre les résultats.
Cette tribu ne comprendra qu'un seul genre , celui
Des Syrphes. (Syrphus.)
Une première division générale se composera de toutes les espèces dont la trompe est plus courte que la tète et le thorax. Le museau , dans celles où il est distinct, est perpendiculaire et court.
Viendront ensuite des Syrphides, dont le devant de la tête offre, un
(1) Au lieu de Syrpiues {Sirphiœ), dénomination que nous avions d'abord employe'e.
DIPTERES. 297
peu au-dessus du bord supérieur de la cavité buccale , ou vers l'origine du museau, une éminence.
A la tête de ces espèces seront celles dont les antennes , toujours plus courtes que la tcte, ont une soie plumeuse. Leur corps est court, souvent velu, avec les ailes écartées. Ces Diptères ressemblent, au premier coup d'œil, à des Bourdons, et comme les larves de plusieurs d'entre eux vivent dans l'intérieur des nids de ces Hyménoptères, il semblerait que Tauteur de la nature ait voulu les revêtir de la même manière , afin que , trompant les regards des Bourdons, ils pussent s'introduire, sans danger, dans leurs habitations.
Ces Syrphides composeront trois sous-genres.
Les VoLDCELLES ( VoLucELLA. Gooff. , Meig. , Fab. )
Ont le troisième article de leurs antennes , ou la palette, oblong j son contour forme un triangle curviligne et alongé.
La V. bourdon ( Musca mystacen , Lin. ) De G. , Insect. , VI , vm , 2, qui est noire, très velue, avec le thorax et le bout de l'abdomen couverts de poils fauves ; l'origine des ailes est de cette couleur.
Sa larve vit dans les nids des Bourdons ; sont corps s'élargit de devant en arrière , a des rides transverses, de petites pointes sur les côtés, six filets membraneux, disposés en rayon, à son extrémité postérieure, et offre , en dessous, deux sigmates et six paires de mamelons, garnis chacun de trois longs crochets , qui lui servent à marcher.
Ici vient encore la M. à zones , de Geofl'roy ( Syrphus înanîs , Fab. ; Panz., Faun. Insect. Germ. , 11 , 6 ) , longue de huit lignes , peu velue , fauve , avec la Icte jaune, et deux bandes noires sur l'abdomen. Sa larve vit aussi dans le nid des Bourdons (1).
Les SÉRIC05IYIES. ( Sericomyia. Meig. , Latr. — Syrphus, Fab. )
Où la palette des antennes est semi-orbiculaire (2).
Les Eristales. ( Eristalis. Meig. , Fab. )
Qui , en restreignant ce sous-genre aux espèces dont la soie des antennes est sensiblement velue, ne diffèrent des Séricomyies que parleurs ailes. Ici la cellule extérieure et fermée du limbe postérieur, celle qui est située près de l'angle du sommet, a une forte échancrure arrondie au côté externe 5 il est droit dans le sous-genre précédent (3).
A ces sous-genres en succéderont d'autres très analogues aux précédents , par la forme courte de leur corps, leur abdomen triangulaire , leurs antennes beaucoup plus courtes que la tcte , mais dont la soie est simple, ou sans poils bien apparents.
Les ims ont , comme les Eristales , la dernière cellule externe de leurs ailes fortement unisinuée au côté extérieur. Leur corps est généralement velu. Les antennes sont très rapprochées à leur base.
Les 3Iallotes. ( Mallota. Meig. — Eristalis, ejusd. Fab. ) Où le dernier article des antennes forme une sorte de trapèze transversal ,
(1) l^oycz pour les autres espèces , Latr. Meig. Fab. et F;illcii.
(2) Les iTirnies.
(") Lcsi". inhicnriu^, •tinn'li'! , olpinusi}e Meigen,
dont le côté Je plus large en devant, (et présentant lorsquMl est dilaté', «hc l'acelte elliptique, rcbordée) tout autour (1).
Les HÉLOPHiLES. ( Helophilus. Meig. — Er'istalls , ejusd. Fab. )
Où la palette des antennes forme un demi-ovale.
Leur corps est généralement moins velu que celui des précédents. Les larves de plusieurs ont le corps terminé par une longue queue , ce qui leur leur a fait donner le nom de f^ers à queue de Rat. Elles peuvent l'alonger et l'élever perpendiculairement jusqu'à la surface des eaux ou des cloaques où elles vivent , pour respirer au moyen de l'ouverture de son extrémité. Leur intérieur présente deux grosses trachées très brillantes , et qui , vers l'origine de la queue , forment des plexus très nombreux et dans une agitation continuelle.
Les vaisseaux qui se remplissent d'eau pluviale , contiennent un assez prand nombre de ces larves. On prendrait leur queue pour des filets de racines. ( Voyez Réaum. , Ins. , IV, xxx, )
VH. abeilliforme ( Musca tenax ^ Lin., Réaum. , Ins. , IV, xx, 7, est de la taille du mâle de l'Abeille domestique , et lui ressemble, au premier coup d'oeil , par ses couleurs. Son corps est brun , couvert de poils fins , d'un gris jaunâtre , avec une raie noire sur le front, deux à quatre taches d'un jaune fauve de chaque côté de l'abdomen. Sa larve vit dans les eaux bourbeuses , les latrines et les égoûts. Elle est du nombre de celles qu'on a nommées Vers à queue de Rat.
On dit qu'elle est si vivace, que la compression la plus forte ne peut la faire périr (2).
D'autres Syrphides diffèrent des derniers par la cellule extérieure et fermée du limbe postérieur ; son côté externe est droit, ou très faiblement siuué. Les antennes sont élevées à leur naissance, et s'avancent presque parallèlement ; leur dernier article est presque ovo'idc ou presque orbiculaire. La saillie antérieure de la tète est très courte. L'abdomen est généralement plus étroit et plus alongé que dans les sous-genres précédents. Les ailes, dans ceux où il est plus court , sont ordinairement écartées.
Les Syrphes proprement dits. ( Syrphus. Lat. , Meig. — Scœva, Fab. )
Dont l'abdomen va en se rétrécissant de sa base à sa pointe.
Leurs larves se nourrissent uniquement de Pucerons de toute espèce , qu'elles tiennent souvent en l'air et qu'elles sucent très vite. Leur corps forme une espèce de cône alongé, est inégal ou même épineux. Lorsqu'elles doivent se métamorphoser, elles se fixent aux feuilles ou à d'autres corps par un gluten. Leur corps se raccourcit, et sa partie antéi-ieure, qui était la plus menue, devient la plus grosse.
Le S. du groseille)' ( Scœva ribes'ii, Fab. ) , De G. , Ins. , VI, vi, 8, un peu plus petit que la Mouche de la viande. Tète jaune ; thorax bronzé , avec
(1) l''oijcz Meigen.
(2) Les llclophiles de Meigen et la plupart de ses Erisfolis, ceux dont la soie des antennes est simple, comme les suivants : Septdchralis , ^rEticus, Tenax , Cryptarum, Nemorum , Àrhustonim f etc.
. On pourrait passer des Ilélophiles aux Callicères , aux Cérlesi , aux Chrysotoxes , aux Paragues , aux Syrphes , tciniiner la division de ceux qui ont une éminenee nasale par les Bacchas , et commencer la division de ceux où elle n'existe point , par les Ascies et les Sphégines , Diptères très voisins des Bacchas. Viendraient ensuite les Aphrites , les Mérodons , etc. Cette série serait peut-êlre plus naturelle.
des poils et réciisson jaunes; quatre bandes de cette couleur sur l'abdomen,
dont la première interrompue (1).
Un autre sous-genre très voisin du précédent, et qui n'en diffère que par 1 abdomen proportionnellement plus long, rétréci à sa base, et terminé en massue alongée , est celui
De Baccha. ( Baccha. Meig. , Fab.)
Il faudrait y réunir je pense, le Syrphus ( Scœva, Fab. ) Conopseus ùe Meigen, quoique la palette des antennes soit moins orbiculairc que celles des Bacchas (2).
Nous passons à d'autres sous-genres semblables aux précédents, quant à la lorme du museau, de la soie des antennes, mais où la longueur de ces organes égale au moins celle de la face de la tète.
Ici , les antennes ne sont point portées sur un pédicule commun , et leur longueur ne surpasse point celle de la tête.
Les Paragues. (Pabacus. Lat. , Meig. — MuUo, Fab.) (5).
Là, elles partent d'une élévation commune, et sont plus longues que la tête. Tantôt la soie est latérale.
Les Sphécomyies. (Sphécomyia. Lat.)
Où elle est insérée sur le second article ; le dernier est beaucoup plus court que les deux autres, surtout que le premier, et presque ovoïde ; celui-ci et le second sont longs et cylindriques.
J'ai établi ce genre sur un Diptère recueilli à la Caroline, par Bosc.
Les PsARES. (PsARus. Lat., Fab., Meig.)
La soie des antennes est insérée sur le dos du troisième article, près de son extrémité; cet article est presque ovalaire,de la même longueur que le second ; le premier est beaucoup plus court. Le pédoncule commun est proportionnellement plus élevé que dans les sous-genre analogues. Les ailes sont couchées (4).
Les Chrysotoxes (Chrysotoxum. Meig. — Mulio, Fab.)
La soie des antennnes est pareillement insérée sur le troisième article, mais près de sa base ; cet article est le plus long de tous, en forme de triangle étroit etalongé; les deux autres sont presque d^égale longueur. Les ailes sont écartées (5).
Tantôt la soie (toujours épaisse et en forme de stylet) termine Tantenne.
Les CÉRiES. (Ceria. Fab.) Dont le corps est étroit, alougé, et semblable à celui d'une Guêpe ; où le second
(1) Latr. ibid. Foyez Meigen. Les Chrysogastres ( Clirysorjastor) de Meigen nous paraissent peu différer des Syrphes ; leurs ailes sont couchées sur le corps , caractère qui convient assez à plusieurs espèces du sous-genre précédent. Les antennes sont presque identiques de part et d'autre ; seulement , dans les Chrysogastres, le front des femelles est cannelé de chaque côié ; l'éminencc nasale est plus forte , et forme une petite bosse arrondie , dont la chute est brusque.
(2) Meig. ibid.
(5) Foycz Latr. et Meigen.
(A) Item.
(3) Item.
article des antennes, tic la longueur du dernier, compose avec lui une massue en l'ormede fuseau, avec un stylet très court. L'abdomen est long et cylindrique. Les ailes sont très écartées, et la cellule extérieure du limbe postérieur a, au côté externe, uu angle rentrant bien prononcé (1).
Les Callicères. (Callicera. Meig.)
Dont le corps, plus court et plus large, soyeux, a le port des Mouches ordinaires ; où le second article des antennes, plus court que le dernier, forme avec lui une massue en fuseau, alongée, comprimée, un peu arquée , avec la soie en forme de stylet alongé; le premier article est plus long que le suivant. La cellule extérieure du limbe postérieur n'offre sur ses côtés aucune échancrure (2).
L'éminence nasale, qui distinguait les Syrpbides dont nous venons d'exposer les sous-genres, n'existe plus dans les suivants. La soie des antennes est presque toujours simple. Les ailes sont couchées l'une sur l'autre.
Les premiers tiennent des précédents, sous le rapport de la longueur de leurs antennes. Elles sont très rapprochées à leur base; le second article, le plus court de tous, forme avec le troisième une massue étroite et alongée; la soie est insérée près de la base du dernier et simple.
Les CÉRATOPHYES. (Ceratophya. Wied.)
L'écusson est inerme. Le troisième article des antennes est presque une fois plus long que le premier (5).
Les Aphrites. (Aphritis. Lat. — Mulîo, Fab. — Microdon, Meig.)
li'écusson offre deux dents. Le premier article des antennes est presque aussi long que les deux suivants réunis.
Dans ce sous-genre, dans le précédent, ainsi que dans les Ascies, les deux premières cellules fermées du limbe postérieur se terminent en manière d'angle (î).
Les antenne» des Syrphides suivants sont plus courtes que la tête.
Les pattes postérieures sont souvent grandes , surtout dans l'un des sexes.
Tantôt la palette des antennes est oblongue, presque en forme de triangle alongé. Les cuisses postérieures sont épaisses et dentées. Les ailes sont couchées l'une sur l'autre.
Les MÉRODONS, (Merodon, Meig., Fab.— J/Z/e^/a, Eristalis, Lat.—Syt'phus, Fab.)
Dont l'abdomen est triangulaire ou conique , sans rétrécissement à sa base , et où la cellule externe du limbe postérieur des ailes a extérieurement une forte échancrure.
La larve du M. du narcisse {Erlstalis narcissî, Fab.) , Réaum., Insect., IV , XXX , ronge l'intérieur des oignons de narcisse. L'Insecte parfait est d'un bronzé obscur, mais couvert d'un duvet fauve, avec les pieds noirs. Les jambes postérieures sont tuberculeuses au côté interne (5).
Les Ascies. (Ascia. Meig.)
Ont l'abdomen rétréci à sa base et en forme de massue. Les deux premières cellules fermées du limbe postérieur des ailes se terminent angulairement ; le côté extérieur de la première est droit (6).
(1) Voyez Fab. Lalr. Meig. Wiedem.
(I) Foye:i Lalr. Meig.
(ô) Wicd. Anal. Entom. , fij^. 9.
(4) Voyez Latr. Geiier. Ciust et Insect. , IV, 329, Meig. cl Fallcii.
(5) Voyez Meigcn. (fi) Idem.
DIPTERES. 301
Tanlot la palclte des antennes est courte ou médiocrement alongée, soit presque orbiculaire , soit presque ovoïde.
Ici , comme dans le dernier sous-genre, Tabdomen est rétréci à sa base , et en l'orme de massue.
Les Spuécines. (Spuegina. Meig.)
La palette des antennes est orbiculaire. Les cuisses postérieures sont en massue, et épineuses en dessous (1).
Là, Tabdomenest soit triangulaire ou conique, soit presque cylindrique.
Dans les uns , les ailes ne dépassent guère l'abdomen (qui est souvent étroit et alongé).
Nous en séparerons ceux dont les cuisses postérieures sont 1res renflées, avec le côté interne armé de petites épines. Les cellules lermées du limbe postérieur des ailes sont sinuées postérieurement.
Tels sont les EtniknES (Eumeuus) de Meigen , auxquels nous réunissons ses XvLOTES (XYLOTA),dont Fabdomen est seulement plus étroit et presque linéaire, et que nous avions placés avec les Milésies. De ce nombre est
IPE-s/fflant {Musca jyipiens, Lin.), Panz., Faun. Insect. Germ., XXXII, 20,
qui est long d'environ quatre lignes , noir , avec l'abdomen lacbelé de blanc
de chaque côté. Il fait entendre , en bourdonnant , un son aigu , semblable à
lin piaulement (2).
Dans les deux sous-genres suivants , les cuisses postérieures sont tantôt peu dilïérenies des précédentes , tantôt plus grosses, mais unidentées au plus.
Les Milésies. (Milesia. Latr., Fab., Meig. — Tro^ndia, Meig.)
Où les deux pieds postérieurs sont brusquement plus grands que les autres, avec les cuisses grosses et unidentées dans plusieurs. Le corps est alongé, avec l'abdomen conique , ou presque cylindrique et convexe (3).
Les PiPizES. (PiPiZA. Meig. — Ejusd. Psilota. — EristaUs,l^ah. — MUesîa,li3iiv.)
Dont les pieds postérieurs sont simplement un peu plus grands que les autres, et dont l'abdomen est déprimé , semi-elliptique et arrondi aubout. Le yeux sont pubescents. Ces Diptères ont de grands rapports avec les Syrphes , et surtout avec les Clirysogastres de Meigen (4).
Les Erachyopes (Bracuyopa. Hoffm., Meig.)
Se distinguent de tous les sous-genres précédents , par leurs ailes , qui dépassent de beaucoup l'abdomen. Ces Diptères ressemblent d'ailleurs beaucoup aux Milésies et paraissent conduire aux i?/H>z^/e*, dernier sous-genre de cette tribu. Selon flieigen , la soie des antennes est velue à sa base : mais je n'ai pu découvrir ces poils dans les individus que j'ai eus à ma disposition. Il rapporte à ce sous-genre l'Oscine de l'olivier, de Fabricius , qui appartient certainement à la tribu des Muscides (5).
Les Syrphides que nousavons vus avaient une trompe plus courte que la tète et le thorax , et la saillie en forme de bec , courte et perpendiculaire. Cette trompe est maintenant sensiblement plus longue, presque linéaire , et la saillie antérieure de la tête , proportionnellement plus alongée , se dirige en avant ,
(1) Voyez Meigen.
(2) Voyez Meig. ; genres Eiimcrus et Xylola.
(5) Le même , g. Mylcsia , Tropklia. Lu ijulellc des antennes des Tropidics est proporlionriellcmcnt plus large, et comme lionquée ou dès obluse.
(4) Le môme g. Pipiza, Psilota.
(5) Voyez BIcig.
en manière de bec poiiilu. Ces Diplères , par leurs ailes couchées sur le corps , par Ja forme des auleiines , ressemblent d'ailleurs beaucoup aux Bracliyopes it aux Milésies. Les cuisses sont simples. Tels sont
Les Rhingies. ( Rhingia. Scop., Fab., Meig. ) (1)
Le g. PÉLÉcocÈRE ( Pelecocera ) de Hoffmansegg, et figuré par Meigen , nous est inconnu. Mais il est facile de le distinguer de tous ceux dont les antennes sont plus courtes que la tète , par la soie des antennes qui est courte , épaisse, un peu soyeuse , cylindrique , et divisée en trois articles , dont le dernier un peu plus long. La palette est presque en l'orme de triangle renversé.
Le suçoir de tous les autres Athéricères n'est plus composé que de deux soies , dont la supérieure représente le labre , et l'inférieure la languette.
Ces Athéricères formeront trois autres petites tribus, qui correspondront aux genres OEstrus et Conops de Linnœus , et à celui de 3Iusca de Fabricius , tel qu'il l'avait d'abord composé.
Les Stomoxes et les Bucentes se liant avec ce dernier genre , nous commencerons parla tribu des OEstrides {OEstrides)^ qui se compose du genre
Des Œstres. (OEstbcs. Lin.)
Bien distinct , en ce qu'à la place de la bouche , on ne voit que trois tubercules , ou que de faibles rudiments de la trompe et des palpes.
Ces Insectes ont le port d'une grosse Mouche très velue , et leurs poils sont souvent colorés par zones, comme ceux des Bourdons. Leurs antennes sont très courtes , insérées chacune dans une fossette , au-dessous du front, et terminées en une palette arrondie , portant sur le dos , près de son origine, une soie simple. Leurs ailes sont ordinairement écartées; les cuillerons sont grands et cachent les balanciers. Les tarses sont terminés par deux crochets et deux pelottes.
On trouve rarement ces Insectes dans leur état parfait , le temps de leur apparition et les lieux qu'ils habitent étant très bornés. Comme ils déposent leurs œufs sur le corps de plusieurs quadrupèdes herbivores , c'est dans les bois et les pâturages fréquentés par ces animaux qu'il faut les chercher. Chaque espèce d'Œstre est ordinairement parasite d'une même espèce de raammifèi-e, et choisit , pour placer ses œufs, la partie du corps qui peut seule convenir à ses larves, soit qu'elles doivent y rester, soit qu'elles doivent passer de Là dans l'endroit favorable à leur développement. Le Bœuf, le Cheval, l'Ane, le Renne, le Cerf, l'Antilope, le Chameau, le Moutonet le Lièvre sontjusqu'icilesseulsquadrupèdes connus sujets à nourrir des larves d'Œstres. Ils paraissent singulièrement craindre l'Insecte lorsqu'il cherche à faire sa ponte.
Le séjour des larves est de trois sortes, qu'on peut distinguer par les dénominations de cutané, de cervical ai de gastrique, suivant qu'elles vivent
(1) Foyés Fub. Lut. Meig., etc.
DIPTERES. 30Ô
dans des tumeurs ou bosses formées sur la peau , dans quelques parties de l'intérieur de la tète et dans l'estomac de l'animal destiné à les nourrir. Les œufs d'où sortent les premières sont plaeés par la mère sous la peau, qu'elle a pereée avec une tarière écailleuse , composée de quatre tuyaux rentrant l'un dans l'autre , armée au bout de trois crochets et de deux autres pièces. Cet instrument est formé parles derniers anneaux de l'abdomen. Ces larves, nommées 7oo;?s par les habitants de la campagne, n'ont pas besoin de changer de local ; elles se trouvent , à leur naissance , au milieu de riiumeur purulente qui leur sert d'aliment. Les œufs des autres espèces sont simplement déposés et collés sur quelques parties de la peau , soit voisines des cavités naturelles et intérieures où les larves doivent pénétrer et s'établir, soit sujettes à être léchées par l'animal, afin que les larves soient transportées avec sa langue dans sa bouche, et qu'elles gagnent de là le lieu qui leur est propre. C'est ainsi que la femelle de l'Œstre du Mouton place ses œufs sur le bord interne des narines de ce Quadrupède , qui s'agite alors, frappe la terre avec ses pieds et fuit la tête baissée. La larve s'insinue dans les sinus maxillaires et frontaux, et se fixe à la membrane interne qui les tapisse, au moyen des deux forts crochets dont sa bouche est armée. C'est ainsiencore que l'Œstre du Cheval dépose ses œufs, sans presque se poser , se balançant dans l'air, par intervalles , sur la partie interne de ses jambes, sur les côtés de ses épaules et rarement sur le garot. Celui qu'on désigne sous le nom à'Hémo7Thoïdal, et dont la larve vit aussi dans l'estomac du même Solipède, place ses œufs sur ses lèvres. Les larves s'attachent à sa langue et parviennent, par l'œsophage, dans l'estomac, où elles vivent de l'humeur que secrète sa membrane interne. On les trouve le plus communément autour du pylore , et rarement dans les intestins. Elles y sont souvent en grand nombre et suspendues par grappes. Clark croit néanmoins qu'elles sont plus utiles que nuisibles à ce quadrupède.
Les larves des OEstres ont, en général , une forme conique et sont privées de pattes. Leur corps est composé , la bouche non comprise, de onze anneaux chargés de petits tubercules et de petites épines , souvent disposes en manière de cordons et qui facilitent leur progression. Les principaux organes respiratoires sont situés sur un plan écailleux de l'extrémité postérieure de leur corps, qui est la plus grosse. Il parait que leur nombre et leur disposition sont différentes dans les larves gastriques. Il paraît encore que la bouche des larves cutanées n'est composée que de mamelons , au lieu que celle des larves intérieures a toujours deux forts crochets.
Les unes et les autres ayant acquis leur accroissement, quittent leur demeure , se laissent tomber à terre , et s'y cachent pour se transformer en nymphes sous leur peau, à la manière des autres Diptères de cette famille. Celles qui ont vécu dans l'estomac suivent les intestins et s'échappent par l'anus , aidées peut-être par les déjections excrémentielles de l'animal, dont elles étaient les parasites. C'est ordinairement en juin et en juillet que ces métamorphoses s'opèrent.
Humboldt a vu, dans l'Amérique méridionale, des Indiens dont l'abdomen était couvert de petites tumeurs , produites, à ee qu'il présume , par les larves d'un Œstre. Des observations postérieures paraissent appuyer ce sentiment, Ces Œstres appartiennent peut-être au genre Cutérèbre, de Clark, dont les larves vivent sous la peau de certains mammifères.
Il résulterait encore , de quelques témoignages, qu'on a retiré des sinus
maxillaires OU frontaux de l'homme dcslarves analogues à celles del'Œstrc. Mais ces observations n'ont pas été assez suivies (1).
i:OE. du hœtifi OE. bovls. De G.) Clarck., Lin., Soc. Trans. III . xiii, 1,6, long de sept lignes, très velu ; thorax jaune avec une bande noire j abdomen blanc à la base , avec rextrémilé l'auve ; ailes un peu obscures. La femelle dépose ses œufs sous le cuir des Bœufs et des Vaches , âgés au plus de deux ou trois ans et les mieux portants. Il s'y forme des tumeurs ou des bosses, et dont le pus intérieur alimente la larve. Les Chevaux y sont encore sujets.
Le Renne, l'Antilope , le Lièvre, etc., nourrissent aussi sous leur peau d'autres larves d'OEtres, mais d'espèces différentes.
h'OE. du3Iouton ( OE. ovis, Lin. ), Clarck., ibid. xxxii, 16, 17, long de cinq lignes , peu velu ; tête grisâtre ; thorax cendré , avec des points noirs élevés ; abdomen jaunâtre, finement tacheté de brun ou de noir; pattes d'un brun pâle ; ailes transparentes. La larve vit dans les sinus frontaux du Mouton. Celle de l'espèce qu'on nomme Trompe {Trompe, Fab.) se trouve dans les mêmes parties du Renne.
L'Œ. du Cheval ( OE. Equi, Lalr. ), Clarck., ibid.,xxxni, 8, 9, peu velu, d'un brun fauve ; plus clair sur l'abdomen ; deux points noirs et une bande de même couleur sur les ailes. La femelle dépose ses œufs sur les jambes et les épaules des Chevaux ; la larve vit dans leur estomac.
IHïE. TIcmorroldal (OE. Hémorroklalis , Lin.), Clarck., ibid., 12, 15, très velu ; thorax noir , avec l'écusson d'un jaune pâle ; abdomen blanc à la base, noir au milieu , et fauve à l'extrémité ; ailes sans taches. La femelle dépose ses œufs sur les lèvres des Chevaux. Sa larve vit dans leur estomac.
VOE. Vétérinaire (OE. Veterintts) , Clarck-, ibid. , 18, 19, tout couvert de poils roux ; ceux des côtés du thorax et de la base de l'abdomen blancs ; ailes sans taches. Sa larve vit dans l'estomac et les intestins du même Solipède. La femelle dépose peut-être ses œufs sur la marge de l'Anus.
La troisième tribu des Alhéricères, celle des Conopsaires {Conopsaricè) , est la seule de la famille dont la troaipe soit toujours
(1) J'ai présenté, à l'article OEslrc de la seconde édition du nouveauDict. d'hist. natur,, une nouvelle distribution méthodique des Insectes.
Les uns ont une trompe très petite et rétractile. Le genre Cutérèbre( Cuterebra ) de Clarck, et celui qu'on nomme Cépuénémyie ( Cephenemyia). Le premier a la soie des antennes plumeuse, et les palpes ne sont point a^^arenïs. AJ'OEstnishuccatiis de Fab. , est de ce genre. Clarck en a décrit une autre espèce (Ctinicnli) , et j'en ai fait connaître une troisième (Ephippùint)' toutes sont d'Amérique. La soie des antennes est simple dans les Céphénémyies, et les palpes sont sensibles. L'OEstriis à trompe de Fab., en est le type. Les autres n'ont point de trompe. La soie des antennes est toujours simple. On découvre encore deux palpes dans les OEdémagènes (OEdemagena). Ce genre est établi sur l'OEstre des Rennes (Tarandi).
Les trois genres suivants n'en offrent plus.
Les IIypodermes { IIypoderma) ont une petite fente buccale, en forme d'Y. Tel est le caractère de l'OEstre du Toeuf. Les Céphalémyes (Cepualemyia) ont deux tubercules très petits, en forme de points , qui sont les vestiges des palpes. Les ailes sont écartées, et les cuillerons recouvrent les balanciers (OEslrus Otis). Dans les OEstres (OEstrus ) , ces deux tubercules existent aussi ; mais les ailes se croisent au bord interne , et les cuillerons ne recouvrent qu'une partie des balanciers, OEstrusEqni, Fab., et quelques autres). Meigen appelle ce dernier genre , Gaslrns ; c'est celui de Gnsfcriiphtlus du docteur Leach. Tous les autres n'en forment pour eux qu'un seul , celui d'OEsirus. Ici les cellules postérieures sont fermées par des nervures transverses, avant d'atteindre le bord postérieur; dans les Gastrus f c'est le bord (|ui les ferme. Nous avons exposé, à l'article OEslrc du nouv. Dict. d'hist., ces divers caractères et quelques autres.
DIPTERES. 305
saillante, en forme de siphon , soit cylindrique ou conique, soit sétacé. La réliculation des ailes est la même que celle de notre première division des Muscides.
La plupart de ces Insectes se tiennent sur les plantes.
Les CoNOPs. (CoNOPs ) de Linnaeus.
Les uns ont le corps étroit et alon{jé , l'abdomen en forme de massue, courbé en dessous, avec les organes sexuels masculins saillants j le second article des antennes presque aussi long que le troisième, qui forme, soit seul, soit, et le plus souvent , avec lui , une massue en fuseau , ou ovoïde et comprimée.
Ici la trompe est avancée , et uniquement coudée près de sa naissance.
Tantôt les antennes sont beaucoup plus longues que la tête , et terminées en massue , en l'orme de fuseau. Les ailes sont écartées.
Les Systropes. (Systropus. Wied. — Cephenes. Latr.) Où le dernier article des antennes forme seul la massue et n'offre point de stylet. L'abdomen est long et grêle. Ces Insectes , propres à l'Amérique septentrionale , ressemblent à de petits Spbex. Leurs antennes sont proportionnellement plus longues que celles des Conops , et leur trompe est un peu ascendante (1.)
Les Conops proprement dits. ( Conops. Fab., Lat., Meig. )
Où les deux derniers articles des antennes forment, réunis, une massue, avec un stylet au bout.
Le C. grosse tête (C. macrocephala , Fab.) , noir ; antennes et pieds fauves ; tête jaune, avec une raie noire; quatre anneaux de l'abdomen bordés de jaune; côte des ailes noire.
Le C. pieds-fauves ( C. rufipes , Fab. ) , qui est noir , avec les anneaux de l'abdomen bordés de blanc; sa base ainsi que les pieds fauves , et la côte- des ailes noire.
11 subit ses métamorphoses dans l'intérieur du ventre des Bourdons vivants, et sort par les intervalles de ses anneaux. Une larve apode, trouvée dans le Bourdon des pierres {A. lapiclaria, Lin. ) , et peut-être celle de celle espèce de Conops, a fourni à feu Lâchât et à Audouin, le sujet de belles observations anatomiques (2).
Tantôt les antennes sont plus courtes que la tête , et se terminent en une massue ovoïde; les ailes se croisent sur le corps.
Les ZoDioNS. (ZoDiON. Lat., Meig.) (5)
Là . la trompe est coudée vers sa base , et ensuite près du milieu , avec l'extrémité repliée en dessous. Les antennes sont plus courtes que la tête, terminées en palette, avec un stylet.
Les Myopes. (Myopa. Fab.)
Le M. roux {M.ferruginea. Fab.) , qui est roussâlre , avec le front jaune, et les ailes noirâtres (4).
(1) Wied. Dipt.exot..I,vii.
(2) Voyez Fab. Latr. Meig. , elc. , et le premier vol. des Méin, de la Sop. d'iiist. naliii. <lc Paris, etc.
(ô)LaU-. Geii. Cnist. et Insect. ,3û6; Mei^;. Bipt. xxxvn, 17. (-'() / oye^rnb. Latr. Meis;. Fall. etc.
Les autres (Slomoxxcfœ, Meig.) ressemblent, par leur forme générale, la disposition de leurs ailes , leurs antennes terminées en palette , plus courtes que la tête et accompagnées d\ïne soie , et leur abdomen triangulaire ou «onique, sans appendices extérieurs, aux Mouches ordinaires.
Les Stomoxes. ( Stomoxys. Geoff. , Fab. )
Dont la trompe n'est coudée que près de sa base , et se porte ensuite entièrement en avant.
Le S. piquant ( Conops calcltrans, Lin.) , De G. , Insect. . VI , iv , 12 , 15. Soie des antennes velue ; corps d'un gris cei'.dré, tacheté de noir; trompe plus courte que lui. 11 pique fortement les jambes , surtout aux approches de la pluie (1).
Les BucENTES. (BicENTES. Latr. — Stornoxys, Fab. — Siphona, Meig. )
Dont la trompe est coudée deux fois , comme celle des Myopes (2).
Le G. camus de Nitzsch {Insect. epiz. , Mag. , Entom. de Germar), qu'il rapporte à noire famille des Cono|)saires , est distingué des précédents, en ce qu'il n'offre que des rudiments d'ailes. L'espèce servant de type a été figurée par Germar , dans sa Faune des Insectes d'Europe, fasc. IX, tab. 24. La direction de sa trompe , la forme de ses antennes et celle du corps, semblent indiquer qu'il vient près des Stomoxes.
Une trompe très apparente , toujours membraneuse et bilabiée, portant ordinairement deux palpes (les Phores seuls exceptés) , pouvant se retirer entièrement dans la cavité buccale, et un suçoir de deux pièces , distinguent la quatrième et dernière tribu, celle des Muscides, [3hiscides) des trois précédentes. Les antennes se terminent toujours en palette, avec une soie latérale. Ces Alhéricères embrassent l'ancien genre 3Insca de Fahricius, que les travaux de Fallen elMeigen, sans parler des nôtres, ont singulièrement modifié. Toutes les difficultés qui entravent son élude, sont cependant bien loin d'être aplanies; car, quoique ces savants aient établi un très grand nombre de nouveaux genres, il en est cependant encore quelques-uns, tels que ceux de Tnchina et à Anthomyin ^ (\ue l'on peut considérer comme des sortes de magasins. En effet dans l'ouvrage de Meigen, qui est uniquement consacré aux Diptères dEurope , le premier de ces genres se compose de trois cent quinze espèces, et le second de deux cent treize. Le docteur Robineau Des- Yoidy, voulant achever de compléter ces recherches et pourvoir aux besoins de la science, s'est livré, avec beaucoup de zèle, à une étude spéciale des Muscides , qu'il nomme Myodai-
(1) Lepeletier et Servile ont formé axée le S. siberita de Fabricius, un nouveau genre, Prosène, ( Proscna ) et qu'ils distinguent du précédent , à raison de sa trompe beaucoup plus longue ( quatre fois plus longue que la tête ), et de la soie des anlcn nos , garnie de barbes des deux côtés.
('.') l.at. Gcn. Crust. et Ins. . IV, ôiîO ; Mcig. Dipt. xxwn — 18-23.
DIPTERES. 307
res-^ el le Mémoire sur ce sujet, qu'il a présenté à rAcaderaie royale des sciences, a été jugé dig^ne de faire partie du recueil de ceux des savants étrangers^ mais comme l'impression n'en est pas encore terminée , et que nous n'en connaissons que les divisions générales, présentées dans le rapport qu'en a fait à l'Académie , Blainville , nous n'avons pu en profiter. Nous eussions d'ailleurs dépassé les limites de cet ouvrage, et effrayé peut-être les jeunes naturalistes, par l'exposition de cette multitude de nouveaux genres qu'il a introduits dans cette triJDU, et dont plusieurs , au sentiment même du rapporteur , paraissent peu distincts. Nous pensons même que le travail de Meigen , sauf la révision des deux coupes génériques précédemment mentionnées, est, dans l'état actuel de la science, bien suffisant.
Sous le rapport des caractères employés par Robineau , pour signaler ces groupes , très peu lui sont propres. Il en est même , tels que celui de la disposition des nervures des ailes, dont il aurait pu tirer un parti avantageux, qu'il a négligés, du moins dans le travail qu'il a présenté à l'Académie. Sa première famille, celle des Calyptérées ^ est la même que celle que, dans mon ouvrage sur les familles naturelles du règne animal, j'avais nommée Créophiles,el qui était d'ailleurs établie dans mes ouvrages précédents. D'après l'analyse de son Mémoire, donnée par Blainville , l'on voit qu'en général les caractères des neuf autres familles des Myodaires ne sont le plus souvent fondés que sur la diversitédesmodesd'habitation,lescouleurs,etsur quelques autres considérations assez vagues; nous allons essayer de coordonner les genres deMeigen, Wiedemann et Fallen , que nous avons pu étudier, à notre ancienne distribution, mais avec quelques changements nécessités par les observations de ces célèbres naturalistes, et d'autres qui nous sont particulières.
Cette tribu , comprendra le genre
Des Mouches. (Mcsca.)
Des antennes insérées près du front, des palpes portés sur la trompe et se retirant avec elle dans la cavité buccale, des nervures transverses aux ailes, tels seront les caractères d'une première section des Muscides ailées, et qui comprendra huit groupes principaux, ou sous-tribus.
Celles de notre première division, les Créophiles ( Crenphilœ) , ont de grands cuillerons recouvrant presque entièrement les balanciers. Leurs ailes sont presque toujours écartées, avec les deux cellules terminales et extérieures du limbe postérieur (1) , fermées par une nervure transverse.
(1) La plus extérieure est située sous une cellule étroite , alongéc el fermée par le bord
Parmi les espèces qui nous offrent constamment ces caractères, nous Jislinfuerons celles dont Pépistome ne s'avance point en manière de bec, et dont les côtés de la tête ne se prolongent pas sous la forme de cornes.
Les unes ont la soie des antennes simple ou sans poils bien sensibles.
Dans un seul sous-genre, celui
Des EcHiNOMYiEs. tEcHiNOMYiA. Dum. — Tachina, Fabr. Meig.)
Le second article des antennes est le plus long de tous. Le dernier, on la
palette, est plus large , comprimé, presque en forme de triangle renversé ou
Irapézoïde ; la soie est biarticulée inférieurement.
VÉ. fféante {3Iusca ff rossa, Lin.) de Géer, Insect., VI, 1, 12. La plus grande espèce connue , et presque de la taille d'un Bourdon , noire, hérissée de gros poils; têtejaune; yeux bruns ; origine desailes roussàlre. Elle bourdonne forlenient, se pose sur les lleurs , dans les bois , et souvent aussi sur les bouses de vache. C'est là que vit sa larve , dont le corps est jaunâtre , luisant , conique , avec un seul crochet , et deux petites cornes charnues à son extrémité antérieure , ou la pointe , et le bout opposé terminé par un plan circulaire , sur lequel sont deux stigmates , formés chacun d'une plaque lenticulaire , brune, élevée dans son milieu. Le second anneau du corps, la tète comptée pour un, offre aussi de chaque côté un stigmate. Dans la coque de la nymphe, qui est pareillement conique, l'extrémité postérieure présente aussi deux stigmates plus distincts; son contour est formé par une lame à neuf pans. /^oje:;Réaum., Insect., IV, xii, 11, 12; XXVI, 6—10(1). Dans les autres Créophiles , le troisième article des antennes est plus long
que le précédent , ou du moins jamais plus court.
Tantôt la face antérieure de la tête est presque rase, ou n'offre que des poils
très courts , disposés comme d'ordinaire , sur deux rangées longitudinales , et
dont aucuns notablement plus grands et en forme de crins.
Ici l'abdomen est toujours convexe, à anneaux très distincts, et plus ou
moins triangulaires.
Dans ceux-ci la soie des antennes, dont le second article, fort alongé , est
coudée et forme un angle , près de son milieu, à la jonction d* cet article , avec
le suivant ou la dernière division de la soie.
Les GoNiEs. (GoNiA. Meig.) (2)
Dans ceux-là , ainsi que dans les autres Créophiles, la soie des antennes n'est point coudée vers son milieu.
Les BIlLTOGRAMMES. (MlLTOGRAMMA. Meig.)
Le troisième article des antennes est notablement plus long que le précédent (3).
postérieur , que Ton peut considérer comme une sorte de cubitale. Dans les divisions suivantes , aucune nervure transverse ne ferme celte cellule extérieure. La seconde, ou celle qui est accolée au côté interne de la précédente, est également fermée dans les dernières Muscides; mais elle n'est plus terminale, et souvent même elle est beaucoup plus courte; les nervures longitudinales qui en forment les côlés, se prolongent jus([u'au bord postérieur , ce qui produit une autre cellule , devenant terminale et incomplète. Dans les Créophiles , les deux nervures ne se prolongent point ou très peu au-delà de la cellule fermée.
(1) Divis. A , du g. Tachina de Meigen. L'espèce appelée Ferox a ses palpes dilatés eu spatule et forme le g. Fahncia de Robineau. Lq Stoino.ri/s boinbilans de Fab. , a le faciès des Écliinomvics et la trompe des Buccntes.
(2) Meig.
(â) Idem.
DIPTERES. 509
Les Trixes. (Trixa.)
Où sa longueur excôde de peu celle du précédent (1).
Là Fabdomen est tantôt très renflé , comme vésiculaire , el à séparations d'anneaux peu marquées; tantôt très aplati. Les ailes des derniers sont très écartées, et souvent un peu arquées extérieurement.
Les Gymnosomes (Gymxosomia. Bleig. — l^achina, Fabr.
Dont Tabdomen est renflé, comme vésiculeux ou ovoïde, avec les séparations des anneaux peu distinctes; et dont les antennes sont aussi longues que la face de la têle, avec les second et troisième articles presque de longueur égale, et celui-ci linéaire (2).
Les CiSTOGASTREs. (CisTOGASTER. Latr.)
Où Tabdomen est conformé de même, mais dont les antennes sont beaucoup plus courtes, avec le troisième article plus long que le précédent, prcs([ue carré, wn peu plus large et arrondi au bout. (5)
Les PuASiESj (Phasia. Meig. — Thereva, Fab.)
Qui ont Tabdomen très aplati, presque demi-circulaire, et les jambes simplement garnies de petits poils (4).
Les Trichiopodes. (Trickiopoda. Lat. — Tachina, Fabr.)
Dont Tabdomen est pareillement aplati , mais oblong , et dont les deux jam.bes postérieures ont extérieurement une frange de cils lamelliformes (5).
Tantôt la face antérieure de la tête offre deux rangées de longs poils formant des sortes de moustaches, et dont deux ordinairement plus grands, situés, un de chaque côté, à l'extrémité supérieure de la cavité buccale.
11 en est dont les ailes sont vibratiles , et dont l'abdomen est étroit , alongé , presque cylindrique ou en cône alongé. Ils forment trois sous-genres. Les ailes des deux premiers ont, ainsi que celles des précédents et de ]a plupart des autres , les deux cellules externes et fermées de leur extrémité postérieure, presque également prolongées en arrière; la plus extérieure dépasse de peu Tautre, et ses angles postérieurs sont aigus. Les antennes sont aussi longues ou guère plus courtes que la face de la tête.
Les Lophosies. (Lophosia. Meig.)
Où le dernier article des antennes forme une très grande palette triangulaire (6).
Les OcYPTÈRES. (OcYPTERA. Mcig., Fab.)
Où le même article des antennes, guère plus large que le pi'écédent, forme une palette linéaire ou en carré long.
Dans un Mémoire pour servir à l'histoire du genre Ocyptera, inséré dans les Annales des sciences naturelles (X, 248, xi). Léon Dufour nous a fait connaître les larves de deux espèces , iO. de la Casskle et 10. bicolore. Celle de
(1) Meig.
(2) Idem.
(ô) Confondu avec le sous-genre précédent.
(4) Lat. Gcncr. Crust. et Insect. , IV, 344 ; Voilez aussi Fab. , Meig. (o) Les Thercca plumiiKs, Lampes de Eab. el [ilusieurs autres espèces inédites, loul-ji^ d'Amérique.
(6) roycz Jleigcn.
la première espèce vit dans la cavilé viscérale de la Casside bicolore, et celle de la seconde dans la même cavité du Pentatome gris. L'une et l'autre ne se nourrissent que de Tépiploon , ou corps graisseux de leurs hôtes. Leur corps est oblong, mou , blanchâtre , parfaitement glabre , ridé et contractile. Son bout antérieur ol'fre deux mamelons , ayant chacun deux petits corps cylindriques , terminés en manière de bouton ombiliqué au centre, et deux ^îièces cornées, assez fortes, ayant chacune en dehors un grand crochet ou deux, ce qui les fait paraître fourchues et adossées par leur convexité. Il semble, d'après la figure qu'en donne ce naturaliste , qu'il y en aurait une pour chaque mamelon , et qu'elles seraient intérieures. Il les considère comme des mandibules , et les espèces de palpes dont nous venons de parler et dont le disque est percé au centre, seraient des sortes de pieds-paipes, faisant l'office de ventouse ou servant au tact. Le corps de ces larves se termine par une sorte de siphon, de la longueur du tiers du corps, de consistance plus solide, de forme invariable, et allant en se rétrécissant, avec l'apparence de deux crochets au bout. L'extrémité postérieure de ce siphon occupant l'un des stigmates métathoraciques , et en contact avec l'air , sert à la respiration de la larve. On ne découvre ni antennes , ni yeux. C'est dans le même séjour que la larve passe à l'état de nymphe. Cette nymphe est ovoïde, sans aucune trace d'anneaux, et présente à l'un des bouts quatre (O. casside) et six (O. bicolore) tubercules. Elle quitte sa demeure avant de devenir Insecte parfait , tantôt sans que l'Insecte où la larve a vécu périsse, tantôt aux dépens de sa vie. Ces larves ont deux vaisseaux salivaires, quatre vaisseaux biliaires, des trachées toutes tubulaires, sans aspect nacré ni stries transverses , et disposées en deux troncs principaux , émettant un grand nombre de branches ramifiées. Ces troncs paraissent s'aboucher par un orifice,unique,à la base du siphon caudale. Le tube alimentaire a quatre fois environ la longueur du corps , et présente un œsophage capillaire , un jabot en forme de godet turbiné , qui dégénère insensiblement en un estomac lubuleux, replié sur lui-même , et suivi d'un intestin flexueux , d'un rectum peu sensible, et terminé par un cœcum oblong (1). Dans le sous-genre suivant, celui des
MÉLAKOPHOREs. fMELAKOPHORA. Mcig. , Supprimé aujourd'hui par lui et réuni à celui de Tachina).
Les antennes sont beaucoup plus courtes , leur extrémité ne dépasse guère, lorsqu'elles sont inclinées, la moitié de la longueur de la face de la tête. La cellule la plus extérieure des deux complètes, qui terminent l'aile , est beaucoup plus avancée postérieurement que l'interne, et obtuse à l'angle interne de son extrémité (2).
L'abdomen des autres Créophiles est peu alongé , triangulaire , et les ailes ne sont point vibratiles.
Les Phanies. (Phania. Meig.)
Où l'extrémité postérieure de l'abdomen s'alonge, se rétrécit, et se replie en dessous. Le troisième article des antennes est alongé et linéaire. Les ailes , d'après les figures de Meigen, ressemblent beaucoup à celles du dernier sousgenre. Suivant lui, l'abdomen n'offre , ainsi que celui des Lophoses et des Ocyptères, que quatre anneaux api^arents (5). Celui
Des Xystes, (Xysta. Meig.) En a cinq à six. Les antennes sont courtes , avec les deux derniers articles
(1) F oyez Meig. et Tait. Ocyplùre de rEncyclop. mélhod.
(2) Lnt. Gencr. Crust. cl Inscct. , IV, 340. (ô) Foyez Mcijj.
DIPTERES. 311
presque dVgale longueur. Les jambes postérieures sont un peu arquées • comprimées et ciliées.
Ce sous- genre nous paraît faire le passage des Gymnosomes aux Phasies, et se rapprocher aussi des Trichiopodes. L'on sentira facilement combien est équivoque le caractère tiré de la présence ou de l'absence des poils de la face de la tète , eaiployé par Meigen. Ouelques espèces de Trichiopodes sont ambiguës sous ce rapport (1)
Les Tachines. (Tachina. Fab., Meig.)
Dont l'abdomen n'est point recourbé en dessous, à son extrémité postérieure, n'offre extérieurement que quatre anneaux et dont les antennes aussi longues, ou presque aussi longues que la tète , se terminent par un article plus long que le précédent.
Quelques espèces, formant une coupe particulière, vivent sous la forme de larves , dans le corps de diverses Chenilles et les font périr (2).
Nous passons maintenant aux Créophiles , dont la soie des antennes est sensiblement velue ou plumeuse. Leur troisième article forme toujours une palette alongée , plus longue que l'article précédent.
Les Déxies. (Dexia. Meig.)
Qui ont le port des Ocyptères , leur abdomen étant étroit et alongé , surtout dans les mâles (5).
Les Mouches proprement dites. (Musca. Lin., Fab., Meig. — ^lesembinna, Meig.)
Où l'abdomen est triangidaire , avec les yeux contigus postérieurement ou très rapprochés dans les mâles.
Ici se placent la plupart des Mouches dont les larves se nourrissent de viandes . de charognes , etc. 5 quelques autres du même sous-genre vivent dans le fumier. Elles ont toutes la forme de Vers mous, blanchâtres, sans pieds, plus gros et tronqués à leur extrémité postérieure, s'amincissant ensuite et se terminant en pointe à l'autre bout , où l'on distingue un à deux crochets , avec lesquels ces larves hachent leurs matières alimentaires , et dont elles hâtent la corruption. Les métamorphoses de ces Insectes s'achèvent^en peu de jours. Les femelles ontl'extrémité postérieure de l'abdomen rétrécie et prolongée en forme de tuyau ou de tarière . pour enfoncer leurs œufs.
La M. à viande {31. vomiloria , Lin.) , Rœs. , Insect. . II, Musc, et Cul. , IX, X, une des grandes espèces de notre pays. Front fauve; thorax noir; abdomen d'un bleu luisant, avec des raies noires.
Cet Insecte a l'odorat très fin ; il s'annonce dans nos maisons par son bourdonnement assez fort , et dépose ses œufs sur la viande. Trompée par l'odeur cadavéreuse qu'exhale le gouet serpentaire {Arum dracunculus , Lin.) ]ors({u'il est en fleur, elle y fait aussi sa ponte. Quand sa larve doit passer à l'état de nymphe , elle quitte les matières où elle a vécu , et dont la corruption pourrait lui être alors nuisible, entre dans la terre, si elle en a la facilité , ou se métamorphose dans quelque endroit sec et retiré.
La M. dorée {31. cœsar, Lin.). Corps d'un vert doré, luisant, avec les pieds noirs. Elle pond dans les charognes.
(1) Voy. Meig.
(2) Ce genre est encore très embrouille dans Meijjen , et se compose d'espèces dont les antennes et les ailes . ainsi que l'annoncent ses figures, sont très diversifiées. Nous en avons retranché les Êchinoniyies et les Mélanophores ; en attendant la publication de ronvra,n;e de Robineau Desvoidy, nous laisserons les autres espèces dans le genre Tavliinu.
(ô) f'oy. Meijjcn.
\fl M . domestiqite {M. domestîca , Lin.), De G., Insect. , VI, iv , 1-11. Thorax d'un gris cendré, avec quatre raies noires; abdomen d'un brun noirâtre, tacheté de noir, avec le dessous d'un brun jaunâtre. Les cinq derniers anneaux de l'abdomen de la femelle forment un tnyau long et charnu qu'elle introduit, pour l'accouplement, dans une fente située entre les piiV ces munies de crochets , qui terminent le bout de l'abdomen du mâle et caractérisent son sexe.
La lave vit dans le fumier chaud et humide (1).
Les Sarcophages (Sarcophaga. Meig. — Musca. Lin., Fab.)
Ne diffèrent des Mouches propres, que par leurs yeux notablement écartés l'un de l'autre, dans les deux sexes. Les œufs éclosent quelquefois dans le ventre de leur mère, et ces espèces sont distinguées par l'épithète de f^ivipares. La 3/. vivipare ( 31. carnarla , Lin. ) De G., insect., VI, ,ni 3-18. Un peu plus grande et plus alongée que la Mouche de la viande; corps cendré, avec les yeux rouges ; des raies sur le thorax et des taches carrées sur l'abdomen , noires. La femelle est vivipare , et dépose ses larves , qui remplissent la capacité de son ventre , sur la viande, les cadavres , et quelquefois même sur l'homme, dans des plaies. Lorsqu'on presse fortement l'abdomen du mâle , on en fait sortir un corps en forme de boyau , d'un blanc transparent , et qui se meut vermiculairement et en divers sens , même après avoir coupé l'Insecte en deux (2).
Nous terminerons lesCréophiles , par quelques sous-genres contrastant avec les précédents , soit à l'égard de quelques particularités de la tête , soit par la situation des ailes , ou les cellules de leur extrémité postérieure. La soie des antennes du plus grand nombre est velue.
Dans les uns, tels que les deux sous-genres suivants , les ailes se terminent de la même manière que dans les précédents , ou présentent à leur extrémité postérieure , entre le milieu et la côte , deux cellules complètes.
Les AcHiAS. ( AcHiAS. Fab. )
Très singuliers par les prolongements , en forme de cornes , des côtés de leur tête, se rapprochent à cet égard des Diopsis, autres Diptères; mais ils ont leurs antennes insérées au haut du front, et semblables à celles des Mouches , quant aux formes et proportions des articles ; les ailes sont écartées (5).
Les Idies. ( Idia. Meig., AVied. )
Où l'extrémité antérieure de la tête fait une saillie en manière de bec corné. Les ailes sont couchées sur le corps (4).
Dans les deux autres et derniers sous-genres de Créophiles , les cellules terminales des ailes sont fermées par le bord postérieur. Les yeux sont très écartés. L'abdomen est aplati.
Les LiPSES ( LispE. Lat. , Fab., Meig. — Musca, De G. )
Ont le corps oblong , les antennes insérées près du front , presque aussi longues que la face de la tête , avec le dernier article beaucoup plus long que les précédents, linéaire, et muni d'une soie plumeuse.
(1) Voijez Meig. Quelques espèces plus velues foi ment son G. meseiiibriiia.
(2) Ibiil.
(-3) l'oyez Fab. Sysicm. nnll.
(4) Foijcz Meig. et AYied. (Anal. Entom.) ; j'en connais deux espèces de rile-de-Franre, «■t une autre des environs de Paris. l\apporlez-y la Mii.ica fvlina de Fab.. qui se trouve dans le midi de la Fraiire.
DIPTERES. 313
Les ailes sont couchées l'une sur l'autre. Les palpes sont très dilatés supérieurement . en forme de spatule , et un peu extérieurs. Ces Insectes fréquentent le bord des eaux (1).
Les Argyrites. ( Argyritis. Lat. )
Qui , par la forme courte de leur corps, leur abdomen très aplati , presque demi-circulaire , leur tète courte et large , et leurs ailes écartées, ressemblent aux Phasies. Leurs antennes sont insérées au-dessous du front , très courtes, avec le dernier article un peu plus grand que le précédent, presque orbiculaire et muni d'une soie simple et coudée , comme celle des antennes des Gonies. Les palpes se terminent en une massue courte , mais presque ovoïde et pointue.
J'ai établi ce genre sur deux espèce^ de Diptères que Marcel de Serres m'avait envoyées , et qu'il avait prises aux environs de Montpellier. Elles sont de petite taille et ont un duvet soyeux , argenté , qui , dans Tune garnit tout l'abdomen.
Quelques espèces de Tachines de Meigen , celles, par exemple, dont les ailes ont pour type la lîg. 52 , de la pi. 41 , et quelques unes de ses Anlhomyies , à cuillerons grands et recouvrant en grande partie les balanciers, rentreront dans cette dernière division des Créophiies.
Dans toutes les autres Muscides dont nous allons exposer les caractères , les cuillerons sont petits ou presque nuls , les balanciers sont à découvert , et les principales nervures longitudinales des ailes s'étendent jusqu'au bord postérieur , qui, à l'exception d'un très petit nombre , ferme les cellules postérieures et même d'autres, dont l'origine remonte près de l'extrémité opposée ; les ailes , dans la plupart , sont couchées l'une sur l'autre.
ITne seconde division générale des Muscides, celle des Anthomyzides ( ^nthoviyzïdes ) , se compose d'espèces ayant le port des Mouches ordinaires ; dont les ailes sont le plus souvent couchées , et non vibratiles ; dont les antennes sont insérées près du front , toujours plus courtes que la tête, terminées par une palette en carré long ou linéaire , plus longue que l'article précédent , avec la soie le plus souvent plumeuse. La tête est hémisphérique , garnie de poils en devant , avec les yeux très rapprochés ou contigus postérieurement dans les mâle?. Les pieds sont de grandeur ordinaire , et l'abdomen est composé extérieurement de quatre anneaux.
Les unes ont les antennes presque aussi longues que la face de la tête, avec la soie plumeuse.
Tantôt l'abdomen des deux sexes va en se rétrécissant, pour se terminer en pointe.
Les Anthomyies. ( Anthomyia. Meig. — Musca, Lin. Fab. )
Où les yeux sont séparés dans les deux sexes ; dont la trompe ne se termine point en manière de crochet , ou par un angle bruscjne et très ouvert.
\^A. des pluies ( 3Iiisca pluvkdis , Lin. ) , cendrée, avec des taches noires sur le thorax , et neuf taches triangulaires également noires sur l'abdomen. Très commune dans notre pays (2).
Les Drymeïes. { Drymeia. 3Ieig. )
Dont la trompe présente ce caractère, et où les yeux sont réunis postérieurement dans les mâles (5).
(1) royez Latr. Gencr. Crust cl Insect., IV, 547 ; Dcj. Fall et Meigen.
(2) t'oyez Meig.
(ô)Idem.
Tantôt l'abdomen de ces individus est renflé au bout , et forme la massue. Les CoENOSiES. ( Cœnosia. Meig. — Musca, De G. )
De Géer nous a donné l'histoire d'une espèce de ce sous-genre ( Musca fun- (jorum , Insect. , VI , 89, v, 2-7 ), Sa larve vit dans les champignons , et le plus souvent dans ceux que l'on mange. 11 a observé , fait rare parmi les Diptères, que ces larves s'entre-dévorent (1).
Les autres ont des antennes plus courtes et à soie simple.
Les yeux des mâles sont réunis postérieurement. La bouche est très velue.
Les Eriphies. ( Eriphia. Meig. ) (2).
Notre troisième division , celle des Hydromyzides ( Hydromj-zldes ) , a pour signalement : tête presqu'en triangle , avec les yeux très saillants ; un museau ou mulle renflé , voûté ; une petite lame cintrée rebordant le haut de la cavité buccale, qui est très grande ; la trompe très grosse ; les côtés de la face sans soies. Les antennes sont insérées près du front , inclinées , fort courtes, avec la soie , le plus souvent plumeuse. Les ailes sont couchées l'une sur l'autre. Les pattes sont fortes, avec les cuisses , ou du moins les antérieures, renflées dans plusieurs.
Toutes les espèces indigènes vivent dans les lieux aquatiques.
Les unes ont toutes les cuisses , ou du moins les antérieures, renflées ; la soie des antennes est toujours velue (3).
Les ROPALOMÈRES. ( ROPALOMERA. Wicd. )
Dont toutes les cuisses sont renflées , et dont la face présente antérieurement une élévation ou tubercule (4).
Les OcHTÈREs. ( OcHTERA. Lat. — Muscd, De G. — Tephritis, Fab. — Macrochira, 3Ieig. )
Dont les deux pieds antérieurs ont les cuisses très grandes , comprimées , dentelées en dessous , et les jambes arquées , pouvant s'appliquer sur la tranche inférieure de ces cuisses , et terminées par une forte épine (5).
Les autres Hydromyzides n'ont point les cuisses renflées.
Les Ephydres. ( Ephydra. Fall. )
Semblables aux Ochtères par la saillie de leurs yeux , qui débordent en arrière la tête , par leur gros mufle , mais dont la soie des antennes est simplement épaissie inférieurement et simple ; la palette est arrondie au bout. Le vcrtex offre postérieurement une petite élévation (6).
Les NoTiPHiLES ( NoTiPHiLA. Fall. )
Ont la tête plus arrondie, sans prolongement antérieur , en forme de museau 5 les yeux moins saillants, point avancés en arrière , au-delà du bord postérieur. La soie des antennes est plumeuse; la palette est proportionnellement
(1) Foyez Meig.
(2) Idem.
(3) Les ailes ofFrcnt aussi quelques difrcrcnces.
(4) Wied., Anal. Entom.
(5) Latr. Gêner. Crust. et Inset. , IV, ô47. (G) Fall.I)ipt.;etWicd.ibid.
DIPTERES. 315
plus alongée que celle des Ej)hydres , et moins arrondie ; le verlex n'offre point d'élévation.
Nous avons suivi Fallen , en plaçant ce sous-genre dans cette division , mais nous pensons qu'il serait plus convenable de le mettre dans la suivante, et près des Héléomyzes , dont il diffère peu.
La Mouche des celliers ( cellaria ). Panz. , Faun. Insect. Germ.,xvii , 2i; qui dépose ses œufs dans des vaisseaux renfermant des liqueurs vineuses , appartient à ce sous-genre. Nous l'avions d'abord rapportée à celui de Mosille(l).
Les Muscides des trois divisions suivantes ont le corps oblong , les ailes couchées, non vibratiles, la tête soit arrondie ou presque sphérique , soit presque pyramidale ou ovalaire, plane en dessus, prolongée et rétrécie en pointe, ordinairement tronquée ou obtuse à son extrémité antérieure et supérieure , et la face recouverte d'une membrane blanche ( sillonnée longitudinalemenl de chaque côté ). Cette tête est souvent comprimée au-dessous des antennes , et son extrémité inférieure ou buccale est avancée en manière de museau tronqué ; dans les autres , la face forme un plan très incliné, qui ne se relève point ou presque pas, inférieurement. Les antennes sont insérées au haut du front, inclinées , et même reçues quelquefois dans des fossettes , mais le plus souvent avancées , droites , écartées , et dans plusieurs, aussi longues ou plus longues que la tête. Dans toutes les autres Muscides, elles sont toujours plus courtes qu'elle.
Les Muscides de la quatrième division , les Scatomyzides { Scatomyzldes ) , ainsi que celles de la suivante, sont distinguées des espèces de la sixième , par les caractères suivants : leur tête , vue en dessus , n'est jamais plus longue que large et sa forme est presque sphérique , ou triangulaire. Leurs pattes postérieures ne sont jamais guère plus longues que le corps , ni très grêles. Le corps , quoique quelquefois étroit et alongé , n'est point filiforme.
Maintenant les Scatomyzides se distinguent des Muscides de la division suivante, ou celle des Dolichocèrcs, par leurs antennes , dont le troisième article est évidemment plus long que le précédent ; un seul genre excepté ( les Loxocères) , elles sont toujours plus courtes que la tête. Cette partie du corps s'avance rarement , à son extrémité antérieure et supérieure , au-delà des yeux , et paraît, le plus souvent, vue en dessus, presque hémisphérique, et un peu plus large que longue.
Tantôt les pattes postérieures sont grandes, écartées, avec les cuisses grosses ou comprimées , et les articles de leurs tarses dilatés ou élargis. Les antennes sont toujours très courtes , avec le dernier article lenticulaire ou presque globuleux et muni d'une soie simple. Les côtés de la face sont poilus ou soyeux.
Les Thyréophores. { Thyreophora. Lat. , Meig. — Musca, Panz. )
Dont les antennes sont logées dans une cavité sous-frontale , avec la palette lenticulaire, mais point transverse ; où la tête va graduellement en pente, depuis son sommet jusqu'à la bouche ; dont les cuisses postérieures sont épaisses , et oii le second article des tarses et les suivants sont presque semblables.
Toutes les cellules terminales des ailes sont fermées par le bord postérieur. Les palpes sont fortement élargis au bout, en forme de spatule.
(1) Peut-être est-ce un Ptophyle Y<our Fallen, genre dans lequel est'placée la Mouche du fiomage casei) de Linnaeus, dont le corps est très noir , luisant, avec la snrbouclie , le devant du front et les pattes fauves ; les antérieures et les cuisses postérieures ont un anneau noir.
La T. cynophile (Musca cynophila. Panz. , Faun. Insect. Germ. XXXIV , 52) est d'un bleu foncé, avec la tête d'un jaune rougeàtre et deux points noirs sur chaque aile. L'écusson est terminé par deux épines. On la trouve sur les cadavres des chiens , et toujours dans l'arrière saison. Suivant une observation qui m'a été communiquée par l'un de nos entomologistes parisiens des plus zélés et des plus instruits, Percheron fils, cet Insecte est quelquefois phosphorescent , particularité qui avait frappé l'un de ses amis, et qui l'avait déterminé à s'emparer, pendant la nuit , de ce Diptère , réfugié dans sa chambre (1).
Les Sphérocères. (SpHiEROcERA. Latr. — Borborus, Meig. — Copromyza, Fali.)
Où les antennes sont saillantes , avec la palette presque hémisphérique , transverse ; dont la tête est brusquement concave au-dessous du front , et se relève vers la cavité orale , qui a son extrémité supérieure bordée ; dont les pattes postérieures ont les cuisses comprimées, avec les deux premiers articles des tarses sensiblement plus larges que les suivants.
La seconde cellule de l'extrémité postérieure de l'aile (la dernière des deux qui occupent le milieu de sa longueur) est fermée avant le bord postérieur. La trompe est très épaisse. Le corps est déprimé.
C'est presque toujours près des fumiers que l'on rencontre ces Diptères , et c'est là probablement qu'ils vivent dans leur premier état (2).
Tantôt les pattes postérieures ne diffèrent point ou presque pas des autres. Les antennes de plusieurs sont presque aussi longues que la face de la tête , et leur soie est souvent velue. Les côtés de la face sont quelquefois glabres.
Les uns ont les antennes presque aussi longues que la face, inclinées, ordinairement rapprochées et terminées en une palette étroite et alongée , et dont la soie est toujours velue. L'abdomen des mâles au moins est alongé , presque cylindrique, terminé en massue dans quelques-uns, et par un stylet dans d'autres.
Ceux-ci ont les côtés de la face garnis de poils ou de moustaches.
Ici l'abdomen n'offre extérieurement que quatre segments. La soie des antennes est simple.
Les DiALYTES (DiALYTA. Mcig.) (3).
Là , il offre cinq anneaux au moins.
Les CoRDYLi'RES. (CoRDYLURA. Fall., 3Ieig. — Ocyptera^ Fab.)
Dont les ailes ne' dépassent point ou peu l'abdomen qui se termine en massue dans les mâles (A).
Les ScATOPHAGEs. (ScATOPHAGA. Latr., Meig., — Musca, Lin., Fab.)
Où les ailes sont notablement plus longues , et dont l'abdomen n'est renflé à son extrémité postérieure , dans aucun sexe.
Le .S", commun {Musca stercoraria Lin.) Réaum. , Ins. IV , xxviii , très velu, et d'un jaune grisâtre; front roux ; un point brun sur les ailes, soie de la palette barbue. Très commun sur les excréments , particulièrement sur ceux de l'homme. La femelle y dépose ses œufs , qui sont retenus à la surface , au moyen de deux appendices , en forme d'ailerons (5) .
(1) Latr. Gc'uer. Crust. et Insect. , IV, 558 , et Meig.
(2) Latr. Gêner. Ciust. et Insect., IV, 3159; Weid.; Aual. Entom. , sous le nom de Copromyza.
(3) Foyez Meigen.
(4) Idem.
(5) Idem . et Lalr. Gencr. Crust. et Insect. , IV, 358.
DIPTERES. Ô17
Ceux-là sont dépourvus de moustaches.
Le cors est toujours long , étroit , cylindrique et linéaire.
Les LoxocÈRES (Loxocera. Lat., Fab. , M eig.)
Ont les antennes beaucoup plus longues que la tète ; ils ressemblent à de petits Ichneumons (1).
Les Chylizes. (Chyliza. Fall. , Meig.)
Où elles sont un peu plus courtes que la tête , avec la soie épaisse , en l'orme de stylet (2).
Les autres ont les antennes toujours beaucoup plus courtes que la tète , ordinairement avancées, écartées, avec la palette jamais beaucoup plus longue que large, tantôt presque ovoïde ou ovalaire , tantôt presque globuleuse.
<^)uelques-unes , dont la soie antennaire est ordinairement velue , ont le corps étroit etalongé des précédents, et l'abdomen terminé aussi, dans plusieurs, par une pointe ou un stylet.
Il en est parmi ces Bluscides dont la lace est nue, et dont la palette des antennes est plus ou moins ovoïde ou ovalaire.
Tels sont les deux sous-genres suivants :
Les Lisses. (Lissa. Meig.)
Où le dessus de la tête présente une élévation , et dont Fabdomen , presque linéaire , n'est point terminé par un stylet articulé (3).
Les PsiLOMYiEs. (PsiLor.iYiA. Latri — Psila, Meig.)
Dont le corps est proportionnellement moins alongé et moins cylindrique , avec l'abdomen terminé , dans les femelles, par un stylet articulé (4).
Les Géomyzes (Geomyza) de Fallen peuvent leur être réunis (5).
Des sous-genres précédents paraissent se rapprocher les deux suivants de Meigen , Teta?iura çl Tanypeza. Dans l'un et l'autre , les pattes semblent être proportionnellement plus longues et plus grêles que celles des précédents. L'abdomen desTétanures est obtus et épaissi au bout.
La première nervure extérieure des ailes est simple et ne forme point de cellule stigmatiCorme; les cellules terminales extérieures sont écartées (6).
L'abdomen des Tanypèzes femelles est terminé par une pointe ou stylet. La première cellule terminale , celle qui vient après la cubitale, est presque fermée au bout , ou en forme de triangle étroit, alongé et tronqué. Je soupçonne que ce sous-genre appartient <à la division des Dolichopodes (7).
D'autres ont les côtés de la face garnis de poils; le premier article de leurs antennes est beaucoup plus grêle que les suivants, presque cylindrique , un peu-
(1) Foijcz Lat. Fab. Meig.
(2) Meig.
(5) Idem.
(4) f^oi/ez Meigen. J'ai changé la dénomination de Psila, parce qu'elle dififcrelrop peu de celle déjà donnée à un genre d'Hémiptères. ■ (5) Fall. Dipt.
(6) Meig.
(7) Idem.
f^oi/es , Quant au G. ietanops de Meigen , qui semble , sous quelques rapports , être de cette division , celle des Carpophilcs.
épaissi au boutj les deux suivants forment une petite massue arrondie, en forme de tête.
Les LoNCHOPTÈREs. (LoNCHOPTERA. Meig. — Dipsa, Fall.)
Les yeux lisses sont situés sur une élévation. Les ailes sont longues, et n'offrent, au-delà de leur base , aucune nervure transverse; la troisième nervure longitudinale, à commencer au hord extérieur, se bifurque. Ce sous-genre est très éloigné des Dolichopodes, près desquels il a été placé par Meigen (1).
Le corps des autres Scatomyzides est plus épais et moins oblong , et sa forme est plus rapprochée de celle de la Mouche commune.
Un seul sous-genre , celui des
HÉLÉOMYZES, Heleomyza. Fall.) *^
Nous offre des moustaches (2).
Deux autres sous-genres s'éloignent des derniers de la division , par la soie velue ou plumeuse de leurs antennes.
Les Dryomyzes. ( Dryomyza. Fall. , Meig. )
Où la face est concave au-dessous des antennes, et se termine inférieurement, ou à la cavité buccale, par un museau court, tronqué, de même que dans les Scatophages et la pluj>art des Dolichocères (5).
Les Sapromyzes. ( Sapromyza. Fall. , Meig. )
Où la face est droite et ne s'avance point inférieurement (4).
Les derniers Scatomyzides ont la soie des antennes simple (5); ces organes sont toujours très courts , écartés , droits , avec le dernier article semi-ovoïde, ou en triangle court et obtus au bout. Ces Diptères sont très petits , presque glabres , noirs ou cendrés et plus ou moins variés de jaune , avec les pattes assez fortes , et les yeux assez grands. Le dessus de la tête est plat, et offre souvent au milieu de son extrémité postérieure, un espace triangulaire, brun, sur lequel sont placés les yeux lisses. Les deux nervures trausverses ordinaires des ailes sont rapprochées près de leur milieu. On trouve ces Insectes sur les fleurs. Plusieurs de leurs larves minent Tintérieur de divers végétaux , et quelques-unes sont extrêmement nuisibles à Fagriculture , en ce qu'elles font périr divers sortes de plantes céréales , avant leur fructification. Celles d'une espèce { Musca frit. , Lin.), détruit quelquefois, en Suède, le dixième du produit de l'orge , perte évaluée à 100,000 ducats d'or. Les larves de quelques autres espèces ( les Oscincs pumilio)i?s , lineata de Fab. ) sont encore très pernicieuses. Nous renverrons, pour des renseignements plus détaillés, au mémoire d'Olivier, sur quelques Insectes qui attaquent les céréales (6).
(1) f^oi/ez Meigen.
(2) Fall. Dipt. ; la Mouche des latrines ( Musca serrata , Lin. ) de De Géer , que Falleii rapporte à ce sous-genre , diffère des autres espèces par la soie des antennes, qui est simple. La palette est aussi plus grande et plus orbiculaire. Cet Insecte, dont le corps est cendré, avec 1 abdomen fauve, est très commun dans l'intérieur des maisons. Les soies et les dentelures du bord extérieur des ailes ne forment point de caractère qui lui soit propre ; il est commun à plusieurs autres Scatomyzides. La Mouche bossue de De Géer ( lusect. , VI, ii, 5) , citée dans la première édition de cet ouvrage , et dont la larve , vivant de Pucerons , a postérieurement deux cornes , n'est point une Oscine , mais plutôt luie Héléomvzc.
(5) Meig. ' ^
(4) Meig.
(5) Elle est épaissie à sa base.
(6) Quelques espèces à soie des antennes plumeuse et qu'il rapporte au genre Tcphiiti.s , sont peut-être des Sapromyzes.
DIPTÈRES. 31 a
Ces Scatomyzides composent notre genre
OsciNE. ( OsciNis. Latr. , Fab. )
Auquel nous rapportons celui de Chlorops de Meigen. Une espèce que j'ai reçue d'Allemagne sous le nom de Brevipennis , pourrait cependant former un sous-genre propre , à raison de la soie de ses antennes, qui est épaisse, presque en forme de stylet et coudée. L'extrémité antérieure et supérieure de la tête est tantôt tronquée, tantôt pointue. Un autre Diptère que j'ai eu aussi d'Allemagne , avec l'étiquette de Piophilavulgaris (1), est dans le premier cas; mais cet Insecte ne me paraît pas d'ailleurs s'éloigner suffisamment des Oscines (2).
La cinquième division, celle des DolichocÎîres { Dolichocera) , et qui embrasse le genre que Duméril avait désigné sous le nom de Tétanocère , est très rapprochée de la précédente; mais la longueur du second article des antennes, qui égale et surpasse le plus souvent celle du troisième ou la palette , la distingue de celle-ci. Ces organes , toujours écartés et avancés , sont, peu exceptés, aussi longs, ou plus longs que la tête, et terminés en pointe. Le plan supérieur de la têle, forme un triangle obtus ou tronqué au bout. La face est unie ou faiblement soyeuse.
Les uns ont des antennes plus courtes que la tête.
Les Otites. ( Otites. Latr. )
Où la soie des antennes est simple , et dont l'extrémité inférieure de la tête, ou sa portion buccale , ne fait point de saillie (3).
Les Euthycères. (Euthycera. Lat. )
Où le second article des antennes est plus prand que le suivant , presque carré, et où celui-ci est triangulaire , pointu , avec une soie plumeuse. L'extrémité inférieure de la tête est avancée en manière de museau tronqué (4).
Les autres ont des antennes manifestement aussi longues ou plus longues que la tête.
Les Sépédons, ( Sepedon. Latr. — Baccha, Fab. )
Qui ont les antennes notablement plus longues que la tête , avec le second article beaucoup plus long que le dernier, cylindrique ( celui-ci en triangle alongé , pointu, et pourvu d'une soie simple) (5).
(1) Le P. scutellaris de Fallen et Meigen. La face n'est presque pas soyeuse. Le dessus de la tète et du thorax est velu dans les Hélcomyses , sous-genre qu'il est facile de confondre avec le précédent. Dans les Oseines , ou les Piophiles et les Chlorops , le dessus de la tête . ainsi que nous l'avons déjà dit, offre postérieurement un espace triangulaire, quelquefois même un peu élevé , ordinairement brun et luisant , sur lequel sont les yeux lisses. Les antennes sont toujours écartées, la soie simple. Le corps estuniquementpubescent. Les pattes sont proportionnellement plus robustes que celles des Héléomyzes, et l'on voit que ces Insectes se rapprochent des Tétanocères. Fallen et Meigen n'ont pas suffisamment comparé les caractères des genres qu'ils ont établis, ni cnerché à les rapprocher dans uïie série naturelle, d'où il résulte qu'on a bien de la peine à saisir les difl'érences de plusieurs d'entre eux. L'ouvrage du second n'étant pas encore terminé, j'ai été souvent embairassé, pour plusieurs genres, sur lesquels il m'aurait sans doute éclairé.
(2) l^oycz l'article Oschie de la seconde édition du nouv. Diction, d'hist. nat. , division II, et Latr. , Gêner. Crust. et Insect., IV, ôGl; Oscinis lineala, et espèces suiv. f^oycz aussi, à l'égard des Piophiles, Fallen , Meigen et Wiedemann (Analect. Entom. . )
(ô)Latr. Hist. nat. des Crust. et des Insect.; l'article Oscine de la deuxième éd. du nouv. Dict. d'hist. nat., div. I; et Latr. Gêner. Crust. et Insect., IV, 551; j'y rapporte aussi VOscin is umhraculalnde Fah.
(4) Scatophaga chœrophylli , Fab. et quelques Tétanocères.
(5) Latr. Gêner. Crust. et Insect. IV, ô49.
Les TÉTANOcÈRF.s ( Tetanocera.. Dum. , Latr. — Scatophaga , Fab, )
Dont les antennes de la longueur de la tête, ou un peu plus longues, ont leur second article comprimé , en carré long et étroit , de la longueur du troisième ou seulement un peu plus long ( celui-ci , comme dans le sous-genre précédent , mais avec la soie quelquefois plumeuse ) (1).
La sixième division, celle des Leptopodites {Leplopodites) , est remarquable par la ténuité et la longueur des pattes ; les deux dernières , étant une fois au moins , plus longues que le corps , qui est pareillement grêle et filiforme ; les deux premières sont éloignées des autres, tous les tarses sont courts. La tête est sphérique , ou ellipsoïdale et terminée en pointe ; sa longueur égale ou surpasse son diamètre transversal. L'abdomen se termine en pointe dans les femelles, et en massue dans les mâles. Les antennes sont très petites et insérées sous le front. Ces Muscides se tiennent sur les plantes , et plusieurs fréquentent les lieux aquatiques.
Les MicROPÈzES ( MicROPEZA ) de Meigen , et que j'avais désignées sous le nom de Calobates , ont la tête ellipsoïdale, terminé en pointe, avec le dernier article des antennes semi-orbiculaire et la soie simple. L'écart qui sépare les pattes antérieures des autres , est ici plus sensible que dans le sous-genre suivant.
La M. filiforme ( Calobata fiUformis , Fab. ) Schell. , Dipt. , VI, 1 , noirâtre, avec les anneaux de l'abdomen bordés en dessus de blancbàtre ; les pieds fauves et ayant un anneau noir aux cuisses postérieures. Dans les laois , aux environs de Paris. Meigen rapporte à cette espèce la Mouche corrlglolata de Linnœus , et qui est encore une Calobate pour Fabricius (2). Les Calorates ( Calobata ) du même et de Fabricius, ou mes Micropèzes , ont la tête sphéroïdale , avec le dernier article des antennes plus alongé que dans le sous-genre précédent , presque triangulaire et arrondi au bout ; la soie est souvent plumeuse (3).
Des ailes relevées ou écartées dans le repos , susceptibles alors d'un mouvement réitéré de vibration , ou de s'élever et de s'abaisser alternativement , tachetées ou ponctuées de noir ou de jaunâtre ; un port généralement analogue à celui de nos Mouches ordinaires , mais avec les yeux toujours écartés , les balanciers découverts , et l'abdomen de quatre à cinq anneaux extérieurs , et souvent terminé , dans les femelles, par une pointe dure, cylindrique ou conique, servant d'oviducte; des antennes en palette , toujours courtes, et dont la soie est rarement velue, tel est le signalement de notre septième division des Muscides, les Carpomyzes (carpomyzœ), ou Mouches des fruits, ainsi nommées de ce que les larves de plusieurs espèces se nourrissent de fruits et de graines, dans le germe desquels les mères avaient déposé leurs œufs. Plusieurs espèces se rapprochent de celles des derniers sous-genres, à l'égard
(1) Lat. Gen. Ce sous-genre a besoin d'un nouvel examen. Quelques espèces pourront se rap porter aux Sépédons { S. ru fa, rtifipes ^Tah. ); d'autres formeront des sous-genres propres. Il en est qui se lient avec les Oscines et les Diyomyzes.
(2) Lalr. Gêner. Crust. et Insect., IV, 552; Meig., Dipt. D'après la figure qu'a donnée Wiedemann, d'une espèce de Nerius {Fusais Anal. Entom, .1) de Fabricius, ces Insectes auraient le port des Micropèzes; mais ils s'en éloigneraient par leurs antennes presque aussi longues que la tête , et dont le second article aussi long au moins que le troisième; celui-ci serait presque orbiciilaire, un peu plus long que large. Il est donc évident que ce genre se lie avec celui des Tctanocères , de même que les Calobates de Meigen conduisent aux Scpsis, que j'avais réunis aux précédents , sous le nom commun de Micropèze. Ici les ailes sont vibratiles , ce qui nous indique qu'il faut passer de là aux CéphalieSy aux Ortalides et aux Tri/pètes.de ce savant , Diptères offrant le même caractère.
(ô) A'^oî/r 5 Meigen.
DIPTERES. 521
tle la forme étroite et alongée de leur corps , de la longueur de leurs pattes , de leur tète globuleuse, ou plus alongée que dans les autres Carpomyzes, où sa forme est hémisphérique. Ces espèces alongées Composent trois sous-genres (1).
Les Diopsis. (Diopsis. Lin., Fab.)
Appelés aussi Mouches à lunettes, parce que leurs yeux sont placés à l'extrémité de deux prolongements latéraux, écartés, grêles et cylindriques, de la tête; les antennes sont insérées au-dessous. LV-cusson est terminé par deux épines. Ces singuliers IJiptères . dont Dalman nous a donné une bonne Monographie (Anal, enlom., 1), sont exotiques. On n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces, dont une rouge, avec le thorax noir, et une tache de cette couleur à l'extrémité dos ailes , se trouve en Guinée et au Sénégal. M. de Jousselin m'a donné, de la manière la plus généreuse, un individu de cette espèce, qu'il avait reçu de cette dernière contrée. Dalman, qui en décrit cinq, la nomme jipîcalis.
Les CÉPiiALiEs (Cephalia. Meig.)
Ont la palette des antennes étroite et alongée , presque linéaire, avec la soie pubescenle; le devant de la tête notablement prolongé, sans soies, et les palpes très dilatés , en forme de spatule (2).
Les Sepsis. (Sepsis. FalL, Meig. — Tephritis, Fab. — Micropeza, Lat.)
Où cette palette est beaucoup plus courte , semi-eiliplique, avec la soie simple; où le devant de la tête , peu avancé , est garni de soies, et dont les palpes sont presque filiformes , et vont simplement en grossissant.
Nous citerons la Mouche C/nipsea de Linnaeus , qui est très petite, d'un noir cuivreux , luisant, avec la tête noire, les hanches et les pattes antérieures fauves ; un point noir près du bout des ailes. Elle répand une forte odeur de mélisse , et se trouve en quantité sur les feuilles, les fleurs , et où on la voit faire vibrer presque continuellement , mais lentement , ses ailes (3).
Les autres Carpomyzes ont le port des Mouches ordinaires , la tête courte , hémisphérique , l'abdomen triangulaire ou conique , et les pattes de grandeur moyenne.
Tantôt le plan supérieur de la tête est presque horizontal ou légèrement incliné , de sorte que les antennes , si on la considère de profil , paraissent être insérées presque de niveau avec ce plan , ou près du front. Les palpes et la trompe sont retirés dans la cavité buccale. Les ailes sont relevées dans le repos, et l'abdomen paraît composé extérieurement de cinq anneaux.
Les Ortalides. (Ortalis. Fall. — Scatophaga, Tephritis, Dictya , Fab. — Tephritis , Latr. )
Dont l'abdomen n'est point terminé , dans les femelles , par un prolongement toujours extérieur, en forme de queue ou de stylet , servant d'oviducte (4). Le corps de plusieurs espèces est un peu plus alongé que dans le sous-genre
(1 ) Suivant Meigen, deux de ces sous-genres , les Céphnlies et les Sepsis n'ont que quatre anneaux a|parents à l'abdomen , tandis que celui des sous-genres venant après , les Plattjslomes exceptés, en offre cinq.
(2) Meig. Dipt. slvu , 10-16. F'otjez, quanta Fabricius , son genre Calobata.
(ô) /^Oî/es , pour les autres espèces, Meigen.
(4) Suivant Meigen , rilyppostome est voûté , ou plutôt caréné dans son milieu, tandis qu'il est plan dans les Trypètes. Mais cette carène , quoique moins forte, m'a paru exister aussi dans plusieurs espèces de ce dernier genre.
suivant, et ces Diptères sont, à cet égard, intermédiaires entre celui-ci et les précédents.
La palette des antennes est tantôt longue et linéaire, comme dans 1 0. des marais (Palitdum , Fall.); tantôt plus courte et plus large, comme dans TO. vibrante ( Musca vibrons , Lin. ) De G. , Ins. , VI . 1 , 19 , 20 , dont le corps est noir, avec la têle ronge , et ayant près de chaque bord interne des yeux une raie blanche; on voit une tache noire au bout des ailes; la première nervure extérieure de leur base, en se réunissant à la côte, s'y épaissit et présente Tapparence d'un stigmate de cette couleur.
Fallen rapporte à ce sous-genre la Mouche du cerisier {Cerasi, Lin.), ou celle dont la larve se nourrit plus particulièrement des bigarreaux; lorsqu'elle doit se métamorphoser, elle quitte le fruit, entre en terre et y achève ses transformations. L'Insecte parfait est très noir, luisant, avec quatre bandes noirâtres et transverses sur les ailes, se réunissant par paires, en sens opposé (1).
Les TÉTANOPs. (Tetanops. Meig.)
Où l'abdomen des femelles se termine par un oviducte tubulaire toujours saillant, en forme de queue ; la tète, vue en dessus, paraît être presque triangulaire et aussi longue que large (2).
Les TÉPHRiTES. (Tephritis. Latr. , Fab. , Fall. — Trypeta , Meig. — Dncus , Fab. )
Ayant l'abdomen terminé de même, mais dont la tête, vue en dessus, est plutôt trausversc que longitudinale et arrondie.
Les espèces dont la palette est plus alongée , forment le genre Dacus de Fabricius. De ce nombre est celle qui attaque plus communément les olives, et qu'il a cependant placée avec ses Oscines. Elle est rougeàtre , avec le dessus du thorax, quelques raies du dos et l'écusson exceptés, noirâtres; les côtés du dessus de l'abdomen sont tachetés de celte couleur. L'écusson est assez saillant. Coquebert l'a figurée dans son Illust. Iconog. des Insect. XXIV, 16.
La T. du chardon [Musca cardui , Lin.) Réaum. Insect. III, xlv, 12-14, noire ; tète et pieds d'un jaune fauve ; yeux verts ; une ligne brune en zigzag sur les ailes. La larve pique les tiges du Chardon hémorroidal , pour y enfoncer ses œufs. Il s'y forme une galle , qui sert d'habitation et de nourriture à la larve.
Les colons de l'Ile-de-France ne peuvent presque pas, d'après des observations que m'a communiquées Cattoire , obtenir des citrons sains et en parfaite maturité, à raison de l'extrême multiplicité d'un Diptère du même sous-genre qui y dépose ses œufs (5).
Tantôt la tête est plus comprimée transversalement , de manière que son plan supérieur est plus incliné que dans les précédents ; et que les antennes, lorsqu'on la regarde de profil, paraissent être insérées vers le milieu de la face. La trompe est très grosse et en partie saillante. Les ailes sont écartées horisontalement, et l'abdomen n'offre à l'extérieur que quatre segments.
LcsPlatystomes. (Platystoma. Meig. — Dictya, Fab. (4). Ce dernier sous-genre nous conduit manifestement à celui de Timie de Wie-
[\)yoyez Meigen.
(2) Idem. Sous-genre se rapprochant de ceux des Dolichocères par la forme pyramidale de la tête et des Téphrites , par les antres caractères, et surtout par rabdomen terminé en un tube tronqué.
(3) Foyez Meig.
(4) Idem.
DIPTERES. 3JÔ
demann , très rapproché lui-même de nos MosHles, de nos Lauxanies el de quelques autres genres de Meigen. Ils composeront notre huitième division, celle des Gymnomyzides ( Gymnomyzules). Ce sont de petites Muscides, à corps court, ramassé , arqué, presque glabre , d'un noir luisant, à tète très comprimée transversalement, de même que celle des Platystomes, de couleur uniforme et généralement de celle du corps , sans saillie iniérieure , et à ouverture bue cale large; ayant les ailes couchées sur le corps, et le dépassant postérieurerement ; Técusson assez avancé ; Tabdomeo déprimé, court , terminé dans quelques par une petite pointe en forme de stylet , et les pattes presque glabres ou très peu velues.
Les unes ont les antennes aussi longues au moins que la tète (et écartées.)
Les CÉLYPUES. (Celyphus. Daim. )
Bien distingués de tous les Diptères par leur ccusson, recouvrant tout le dessus de l'abdomen , comme dans les Sculellères. La seule espèce connue {Obteclus, Daim., Anal, entom.) est de Java.
Les Lauxanies. (Lauxania. Lalr. , Fab., Meig.)
Dont récusson est de grandeur ordinaire, et dont les antennes ont une soie plumeuse (1).
Les autres ont les antennes plus courtes que la tête.
Ici elles sont toujours très courtes, insérées sous une espèce de cintre traversant la face, et très écartées ; la première cellule du limbe postérieur des ailes, ou celle qui vient immédiatement après la cubitale, est le plus souvent presque fermée. Les antennes sont logées dans des fossettes; l'intervalle compris entre elles est élevé. Le front. est souvent ponctué.
Les espèces dont la première cellule du limbe postérieur est presque fermée, forment, dans Meigen, deux genres, mais que nous réunirons en un seul sousgenre celui
Des MosiLLEs. (MosiLLLS. Latr. )
SesTiMiES (Timia), dont l'abdomen a, suivant lui, six anneaux, et dont la palette des antennes est courte, presque demi-ovoïde ; et ses Ulidies (Ulidia), où elle est plus alongée, presque elliptique, et où l'abdomen n'offre que cinq anneaux. Fallen avait désigné ce dernier genre sous le nom de Chryzomyza.
J'ai souvent trouvé en grand nombre le Mosille arqué sur la poussière des crevasses ou des trous des vieux murs (2).
Les espèces dont les premières cellules du limbe postérieur des ailes sont entièrement ouvertes et longitudinales, composent , dans Meigen, deux autres genres :
Celui d'HoMALURE (Homalura), où l'abdomen a cinq segments; et celui d'Ac- TORE (Actora), où il en offre six. La tète est encore plus comprimée que dans les sous-genres précédents. La soie, suivant lui, est nue ; mais je l'ai vue plumeuse dans quelques individus (3).
Là les antennes sont presque contiguës, les cellules du limbe postérieur des ailes sont toujours ouvertes.
Les Gymnomyzides, où ces antennes sont très courtes, insérées, comme dans le dernier sous-genre , sous une sorte de cintre et près du milieu de la face ,
(1) Lalr. Gêner. Crust. etinsect., IV, 357 ; Fab. el Meig. Le dernier y réunit quelque* espèces à antennes plus courtes et qui pourraient former un sous-genre propre.
(2) Foyez Latr. Genev. Crust. cl Insect., IV, 357, Meig. et Fall, (5) Voyez Meig.
composent le genre des Gymnomyzes (Gymnomyra) de Fallen (1). Celles où ces organes sont insérés plus haut, sans apparence distincte de cintre à leur origine, et se lerniinent par une palette alongée, composent le genre de Lonchée (Lonch.ea) du même et de Meigen. Suivant celui-ci, le front est plus étroit dans les mâles que dans les femelles, et Ton voit par ce caractère, que ces Insectes tiennent, à quelques égards, de plusieurs espèces d'Anlhomyzes (2). Les antennes desCélyphes et desLauxanics sont pareillement insérées plus haut que dans les autres Gymnomyzes.
Notre seconde section des Muscides, et qui formera notre neuvième et dernière sous-tribu , ou division générale , les IIypocères {Hypocera), ne comprend' qu'un seul sous-genre , très distinct des précédents , par plusieurs caractères. Les palpes sont toujours extérieurs; les antennes sont insérées près delà cavité orale, très courtes , et terminées par un gros article presque globuleux, avec la soie très longue. Les ailes, dont la côte est munie supérieurement de cils nombreux , offre près de sa base une forte nervure oblique qui gagne la côte , au point où, dans les Hyménoptères, est situé le stigmate, et de cette nervure en partent trois autres qui s'étendent presque parallèlement dans la longueur de l'aiie ; de là l'origine de la dénomination de Trineitra, imposée à ce sous-genre par Meigen. Le corps est arqué; les pattes sont fortes, épineutes , avec les cuisses grandes , comprimées , surtout les postérieures. Ces Insecses sont d'une vivacité extrême, et forment dans notre Gener^a le genre
Les Phores. (Phora. Lat. — Trineura, Meig. )
Les Diptères dont nous avons traité , nous ont offert un suçoir reçu dans le canal supérieur d'une gaine tubulaire , plus ou moins membraneuse , coudée à sa base , le plus souvent terminée par deux sortes de lèvres, et accompagnée de deux palpes. Les antennes, à l'exception du dernier sous-genre, celui de Phore , nous ont toujours paru être insérées près du front. Les larves de ces Diptères, quoique pouvant naître sous celte forme dans le ventre de leur mère , passent néanmoins leur vie au dehors , et tirent leur nourriture de diverses substances , soit animales, soit végétales. Ces Diptères ont composé notre première section générale, partagée en cinq familles. Ceux de la seconde diffèrent , sous tous ces rapports et quelques autres , mais moins généraux , et ces dissemblances ont même déterminé le docteur Leach à faire de ces derniers Diptères un ordre particulier, celui D'omaloptères {Omalopterd). Ceux qui le terminent et qui sont privés d'ailes et de balanciers, ont une certaine affinité avec les Insectes Hexapodes et Aptères qui composent notre ordre des Parasites, ou]egenre.Peo?«ci«/?/,sdeLinnœus.
Celte seconde section formera notre sixième et dernière famille des Diptères, celle
Des PUPIPARES. (PUPIPARA.)
Insectes queUéaumur, à l'égard des Hippobosques , avait
(l)Fall. Dipt.
(2) Fall.rl Mt-i-;.
DIPTERES. 525
distingués par une dénomination analogue , celle de Nymphipares.
La tête de ces Insectes, vue en dessus, est divisée en deux aires ou parties distinctes , dont l'une postérieure et principale, ou composant plus spécialement la tête , porte les yeux , et reçoit, dans une échancrure, l'autre partie. Celle-ci se partage aussi en deux , dont la postérieure plus grande et coriace porte Tatéralement les antennes, et dont l'autre constitue l'appareil manducateur. La cavité inférieure et buccale de la tête est occupée par une membrane ; on voit sortir de son extrémité un suçoir , naissant d'un petit bulbe ou pédicule avancé , composé de deux filets ou soies très rapprochés , et recouvert par deux lames coriaces, étroites, alongées et velues, qui lui font l'office de gaîne. Que ces lames ou valvules représentent, ainsi que je l'ai présumé, les palpes des autres Diptères , ou qu'elles soient les pièces d'une gaîne proprement dite, comme le pense Dufour, à l'occasion d'une espèce d'Ornilhomyie (Annales des Scienc. nat., X , 243 , XI , 1) , où il a découvert deux petits corps, qu'il prend pour des palpes (1), il n'en serait pas moins vrai que la trompe de ces Insectes différerait sensiblement de celle des Diptères précédents , et que la gaîne , dans ce cas , aurait plus de rapports avec celle de la trompe de la Puce , dont elle s'éloignerait cependant par l'absence d'articulations.
Le corps est court , assez large , aplati , et défendu par un derme solide ou presque de la consistance du cuir. La tête s'unit plus intimement au thorax , que dans les familles précédentes. Les antennes, toujours situées aux extrémités latérales et antérieures de la tête , se présentent tantôt sous la forme d'un tubercule portant trois soies, tantôt sous celle de petites lames velues. La grandeur des yeux varie ^ ils sont très petits dans quelques espèces.
Dans sa description de L'Ornithomyie hilobée ^ Léon Dufour observe que , quoiqu'on ait attribué aux Insectes de ce genre , des yeux lisses, il n'a pu en découvrir aucun. Un nouvel examen des espèces que j'ai pu me procurer, m'a en effet convaincu que l'on s'était mépris (2) , et l'on peut établir en règle générale , que les Pupipares sont privés de ces organes. Le thorax
(1) Dan» les Mélophages , la base des laines du suçoir est recouverlc par deux petites pièces coriaces , triangulaires , réunies, et formant une sorte délabre. Elles semblent représenter, en petit , les deux pièces qui recouvrent la base de la trompe de la Puce.
(2) Le docteur Lcach admet cependant leur existence à l'égard de quelques espèces. f^oyez ci-après,
offre quatre stigmates, deux antérieurs et deux postérieurs. Ce savant naturaliste n'a aperçu , dans l'Hippobosque des Chevaux, dont il nous a fait connaître l'anatomie (Annal, des scienc. nal. VI, 299 etsuiv.), que les deux premiers, ceux qui sont situés aux extrémités latérales et antérieures du mésothorax; mais j'ai découvert dans le même Insecte, les deux autres ou les deux postérieurs. Ils sont situés , comme dans les autres Diptères, près de l'origine des balanciers. L'abdomen de V H. du Mouton (voyez Mélophage) m'en a offert dix , sous la forme de petits tubercules ronds , cornés, ombiliqués , et dont les quatre derniers rapprochés de l'anus. Ceux du thorax, toujours au nombre de quatre, sont très apparents. Suivant le même observateur, l'intérieur de cette partie du corps offre dans VH. des Chevauœ , des trachés ulriculaires et des trachées tubulaires; mais cellesde l'abdomen, ettrès multipliées, sont toutes de cette dernière sorte.
Les ailes sont toujours écartées et accompagnées de balanciers. Leur côte est plus ou moins bordée de poils ou de cils. Les nervures supérieures qui l'a voisinent sont fortes et bien distinctes; mais celles qui se prolongent ensuite jusqu'au bord postérieur, sont faibles ou peu marquées, et ne sont point réunies transversalement. Dans les derniers Diptères de cette famille, ces organes sont nuls, ou simplement rudimentaires. Les balanciers aussi disparaissent. Les pieds sont fort écartés et terminés par deux ongles robustes, ayant en dessous une ou deux dents, qui les font paraître doubles ou triples. La peau de l'abdomen est formée d'une membrane continue, de sorte que cette partie du corps peut se distendre et acquérir un volume considérable , ainsi que cela a lieu et devenait nécessaire dans les Hippobosques femelles ; car leurs larves y éclosent et s'y nourrissent jusqu'à l'époque de leur transformation en nymphes. Elles en sortent alors sous la forme d'un œuf mou , blanc , presqu'aussi gros que l'abdomen de leur mère ; sa peau se durcit et devient une coque sodide , d'abord brune, ensuite noire, ronde , et souvent échancrée par un bout , offrant une plaque luisante ou l'opercule , qui se détachera en manière de calotte , à l'époque de la dernière transformation. Cette coque n'a point d'anneaux ou d'incisions transverses, caractère qui la distingue des autres nymphes de Diptères , de celles des Athéricères, particulièrement, dont elles se rapprochent le plus. C'est dans les beaux Mémoires de Réaumur, de de Géer et de Léon Dufour, relatifs à ces Insectes, et tous accompagnés de figures détail-
DIPTERES. 327
lées, que l'on puisera une connaissance approfondie de ces transformations, et l'explication des changements qui s'opèrent dans la femelle au moment de la ponte. Le dernier, surtout, a surpassé ses devanciers par des recherches anatomiques, qui nous ont dévoilé des faits très curieux, tels que l'existence de glandes salivaires, d'une sorte de matrice (1) consistant en une grande poche musculo-membraneuse , destinée à une véritable gestation analogue à l'utérus de la femme, et des ovaires totalement différents de ceux des autres Insectes. Ils sont formés de deux corps ovoïdes, obtus , remplis d'une pulpe blanche et homogène, libres et arrondis par un bout, et alDOUtissant par l'autre à un conduit propre. Suivant lui ces ovaires, par leur configuration et leur position, se rapprochent de ceux delà femme; Réaumur avait entrevu leur existence. La matrice, d'abord très petite , se dilate énormément , par les progrès successifs de la gestation , refoule tous les viscères , et finit par envahir toute la capacité abdominale, à laquelle elle donne une ampleur considérable. Le mémoire de cet habile observateur offrira d'autres faits intéressants , mais dont nous ne donnerons point l'analyse, parce qu'ils ne s'écartent point ou peu des lois ordinaires.
Ces Diptères, nommés par quelques Auteurs Mouches Araignées , vivent exclusivement sur des Quadrupèdes ou sur des Oiseaux , courent très vite et souvent de côté.
Les uns (Cormce^ ^Lat.) (2) ont une tête très distincte et articulée avec l'extrémité antérieure du thorax. Ils forment le genre
Des HiPPOBosQUES , (Hippobosca. Lin. , Fab. )
Les HippoBOSQUES proprement dites. ( Hippobosca).
Qui ont des ailes , des yeux très distincts , occupant tous les côtés de la tête, et les antennes en forme de tubercules , avec trois soies sur le dos.
VH. du Cheval {H. equina , Lin.) De G., Insect. , VI, xvi , 1-20, brune, mélangée de jaunâtre. Elle se tient sur les Chevaux et les Bœufs , et ordinairement sous la queue, près de leur fondement (5).
Les Ornithomyies (Ornithomyia. Latr.)
Ne diffèrent des Hippobosques que par leurs antennes en forme de lames , velues et avancées , et en ce que les ailes ont postérieurement des nervures longitudinales très prononcées , et gagnant le bord postérieur.
(1) Le docteur Nilzsch, qui, dans son Mémoire sur les Insectes épizo'ujues, a traité divers fjcnres de la famille des Pupipares , fait mention des deux ovaires et des quatre vaisseaux biliaires des Hippobosques; mais il ne parle ni de celle matrice, ni des glandes salivaires.
(2) Le docteur Leach a publié une Monographie de ces Insectes ( On the gêner, et spec. of eproboc. . Insect. , 1817 ) , enrichie de figures excellentes et parfaitement gravées,
(ô) Voyez Lat.Gen. Crust. et Insect., IV, p. 302; Lcach, Dufour, etc.
Ces Insectes forment, dans la Monographie des Diptères, du docteur Leach, quatre penres. l'" Les Féronies (Feronia. — Nirmomyia , Nitsch.). Distinct des suivants, par les antennes en forme de tubercules , et les ongles des tarses n'ayant que deux dents an lieu de trois. 2° Les Ornithomyies (Ornithomyia) qui ont, ainsi que les trois sous-genres suivants , des yeux lisses et des ongles tridentés; et, comme les deux qui viennent après, des antennes en forme de lames , mais dont les ailes sont presque également larges et arrondies. S» Les SténÉpteryx (Stenepteryx) , semblables aux Féronies , aux ailes près, qui sont étroites, très aiguës. 4° Les Oxyptères (Oxypterum) , dont les ailes sont pareillement aiguës, mais dont les antennes sont en forme de dents, dont les yeux sont petits, et qui manquent d'yeux lisses, ainsi que les Hippobosques et les Féronies.
Elles vivent sur divers oiseaux, les Hirondelles , les Mésanges , et même sur des Vautours.
L'O. verte {Hippobosca avicularia, Lin.) De G., Ins., ibid., 21-24 , verte , avec le dessus du thorax noir; trompe avancée; ailes presque ovales. Sur les Moineaux , les Rouge-Queues , etc. (1).
Les Strèbles. (Strebla. Daim.)
Différeraient des Ornithomyies, par leurs ailes croisées sur le corps , et dont quelques nervures longitudinales seraient réunies par des petites nervures transverses. Les yeux sont encore très petits, et situés aux angles postérieurs de la tête. Sur une Chauve-Souris de l'Amérique méridionale (2).
Les MÉLOPHAGES. Latr. (Melophagls. — MelophilOf Nitz.)
Sans ailes et dont les yeux sont peu distincts.
Le M. commun {Hippobosca ovina, \À\\.) Panz., Faun. Insect. Gcrm., LXI, 14 ; rongcàtre. Il se lient caché dans la laine des Moutons. Une autre espèce se trouve sur le Cerf (3).
Une espèce de Mélophage vivant sur les cerfs , offrant des rudiments d'ailes , et dont le thorax est un peu plus large que la tête , forme le sous-genre LiPOTEPNE (Lipotepna) du doctcur Nilzsch. Près des Mélophages, paraît devoir venir son genre Braule ) Braula , Germ. Magaz. Entom. ) , dont la seule espèce connue vit sur l'Abeille domestique, et a été figurée par Germar (Faun. Insect. Europ. , VI , 25). Elle est absolument aveugle. Son thorax est divisé en deux parties transverses. Le dernier article des tarses a en dessous une rangée Iransverse de piquants, formant un peigne. Réaumur avait, depuis long-temps, observé sur l'Abeille un animal parasite , très analogue, si ce n'est pas le même , pourvu d'une trompe, et dont il a donné des figures, tome V , pi. xxxviii , fig. 1 — 4 , de ses Mémoires.
Les autres Pupipares {Phtliiromyies , Lat.) , ont la têle très petite ou presque nulle. Elle forme près de l'extrémité antérieure et dorsale du thorax un petit corps qui s'élève verticalement.
(1) Latr. Gen., l'article Orntithovnjicàe l'Encydop. méth., Leach. Les yeux des Ornithomyies m'ont paru un peu moins grands que ceux des Hippobosques. Les côtés du thorax se terminent par devant , en pointe. Le suçoir part d'une petite pièce échancrée en cœur , qui , dans les Hippobosques , n'est pas à découvert.
(5) Daim., Anal. Entom.
(-3) Latr. ibid.; et Leaeli.
ZOOPUYTES. 0-20
Elles composent le genre
Des Nyctéribies (Nycteribia. Latr. — Phihiridiwn. Herm.)
Ces Insectes n'ont ni ailes ni balanciers, et ressemblent encore plus que les précédents à des Araignées. Ils vivent sur les Chauves-Souris. LinnuMis en a placé une espèce, et la seule qu'il a connue, avec les Poux (I).