LES POLYPES A POLYPIERS
Forment celte nombreuse suite d'espèces que l'on a longtemps regardées comme des plantes marines, et dont les individus sont en effet réunis en grand nombre, pour former des animaux composés, pour la plupart fixés comme des végétaux, soit qu'ils forment une tige ou de simples expansions, par le moyen des appuis solides qui les revêtent à l'intérieur. Les animaux particuliers aux Actinies ou Polypes à bras, sont liés tous par un corps commun, et en communauté de nutrition; en sorte que ce qui est mangé par l'un, profite au corps général et à tous les autres Polypes. Ils sont même en communauté de volonté; du moins ce dernier article est-il certain pour les espèces libres, telles que les Pennatules, que l'on voit nager par les contractions de leurs tiges, et parles mouvements combinés de leurs Polypes.
On a donné le nom de Polypiers aux parties communes de ces animaux composés ; elles sont toujours formées par dépôt et par couches, comme l'ivoire des dents ; mais tantôt elles sont à la surface, tantôt dans l'intérieur de l'animal composé. Ces positions diverses ont donné lieu à l'établissement des familles de cet ordre.
(1 ) Je ne rapporte à ce genre que les espèces représentées dans les planches XXIV et XXVI de l'Encycl. Elles s'unissent par de grands rapports avec certaines espèces rangées parnà les Microscopiques.
(2) rayez Mull., Zool. dan., XVI; copié Enoycl., LXVI.
570 ZOOPIIYTES.
La première famille,
Les Polypes a tuyaux
Habitent des tubes dont le corps gélatineux commun traverse l'axe, comme ferait la moelle d'un arbre, et qui sont ouverts, soit au sommet, soit aux côtés, pour laisser passer les Polypes.
Leurs Polypes plus simples paraissent ressembler principalement aux Hydres et aux Cristatelles.
Les TuBIPORES (TUBIPORA. L.)
Ont des tubes simples, de substance pierreuse, contenant chacun un Polype. Ces tubes sont parallèles et unis ensemble de distance en distance, ])ar des lames transversales , ce qui les a fait comparer à des tuyaux d'orgues.
L'espèce la plus connue [Tubipora miisica, L.), Seb. , III, ex, 89, est iVun beau rouge ; ses Polypes sont verts et de la l'orme d'Hydres. Elle abonde dans PArcliipel des Indes (1).
Il paraît que c'est des Tubipores que l'on doit rapprocher quelques Polypiers fossiles, également composés de tubes simples, tels que les Caténipores, Lam., où les tubes sont dressés sur des lignes qui interceptent des mailles vides (2) ; les Favosites, id (â), composés de tubes hexagones, serrés les uns près des autres, etc.
Les TUBCLAIRES (TuBULARlA. L.)
Ont des tubes simples ou branehus de substance cornée , des extrémités desquels sortent et se montrent les Polypes.
Les Polypes des Tubulaires d'eau douce, (Pldmateiles, Bosc. [U) , paraissent fort rapprochés des Cristatelles par la disposition de leurs tentacules.
Nous en avons quelques-unes qui rampent sur les plantes de nos eaux dormantes (3)
Les Tubulaires marines
Ont des Polypes à deux rangs de tentacules ; rextérieur se développant en rayons; Pinlérieur se relevant en houppe.
Nos côtes en produisent une ( Tub. indivisa. Lam, ) , Ellis , Corail. , XVI, c.
(1) Les autres Tubipores de Gm., n'appartiennent pas à cegenre; quelques unes, surtout celles de Fabric. Faun. Groen., sont peut-être des tubes d'Annelides; mais c'est à tort qu'on a supposé un habitant de cette classe dans l'espèce ci-dessus. C'est bien un Polype, f^'oyez Quoy etGaim., Zool. de Freyc, pi. 88.
(2) l^ithipora caleiuilato, Gm., Linn., Amœn. Ac, I, iv, 20.
(5) Corallium <jolhlandicum, Amœn. Ac, I, iv, 27; — Fuvos, conimtine, Laraouronx, Ac.,Sol. ctElL, pi. 75, f, 1,2,
(4)Lamouroux a changé ce nom en Naïsa.
(ij) T'HbiilariacaiiipaituIata,^œse\., 11I,i,xxi!I-lxxv; — Tub. sM?/fl»»a, Blumemb., Man., Irad. fr., tom. II , pi. de lap. 10, iîg, 9:— Tub. Incifugn, Vaucher , Bullet. des Sc.frim. an 12, pi. XIX, f. 0,7.
POLTPES. 377
à tubes simples de deux et trois pouces de haut , semblables à des brins de paille (1),
Les TiBiANEs , Lamour.
Ont des tubes en zigzag, qui donnent de chaque angle une petite branche ouverte (2).
Les CoRxuLAiRES, Lam.
Ont de petits tubes coniques, de chacun desquels sort un Polype à huit bras dentelés , comme ceux des Alcyons, des Gorgones , etc. (3).
Les Angcinaires (Anguinaria. Lam.)
Ont de petits tubes cylindriques, adhérant à une tige rampante, et dont chacun est ouvert latéralement, près de son extrémité , pour le passage d'un Polype (4).
Les Campanclaires , Lamarck.
Ont les bouts des branches par où passent les Polypes, élargis en forme de cloches.
Lamoureux les dislingue en Clyties dont les tiges sont grimpantes (5).
Et en Laomédées , où elles ne le sont pas , les cloches y sont plus petites et à branches plus courtes (6).
Les Sertciaires (Sertularia. L.)
Ont une tige cornée , tantôt simple , tantôt branchue , et sur ses côtés des cellules de formes très variées qu'occupent des Polypes , tenant tous à une tige gélatineuse qui traverse l'axe, comme ferait la moelle d'un arbre. Ces Zoophytes ont l'air de petites plantes aussi délicates qu'agréables à voir.
Leur propagation se fait par des œufs ou des gemmes qui se développent dans des cellules plus grandes que les autres et de forme différente.
Les diverses directions de leurs cellules ont donné lieu de les distribuer en plusieurs subdivisions. Ainsi , quand les petites cellules sont rangées d'un seul côté sur les branches, ce sont des Aglaophénies de Lamouroux , que Lamarck nomme Plumulaires (7).
(1) Aj. Tiib. raj«osa,|Ellis, Corail., XVIT,a; — Tub. muscoides, id,, XVI, b.; — Tuh. trichoidcs, id., ib., a; — Tuh. solitaria, Rapp., Ac. nat.cur.. XIV, xxxviii, 2.
(^)Tihiana fasciculala, Lamouroux, pi tm, f. 3. a.
Lamouroux place ici les Lugores, les Télesto et les Néomeris, petits genres qui seraient peut-être aussi bien près des Corallines creuses.
{ô)Tubularia cornucopia. N. B. Les prétendues Tubulaires des planches xi-xsvi d'Esper,ne représentent que des enveloppes d'œufs de Mollusques Gastéropodes ( excepté la dix-huitième qui est une Galaxaure).
(4) Sertularia anguina, EU., Corail., XXII, ii, c, C , D. Lamouroux a changé ce nom en AÉTÉE.
(5) Sertularia verticillata, EU., CoraU., XIII, a; — Sert, volubilis, id., XIV, a ; — Sert, vta, id., XV, C; — Sert, rugosa, id., XV, a, A.
(C) Sertularia dichotoma, Gm., EU., CoraU., XII , a, C; — Sert, spinosa, id., ib.,XI , b, d; — Sert, gcniculata, ib., b ; — Sert, muricata, SoU. et EU., Cor., VII, 3, 4.
(7) Sertularia myriopliyllum , Gm. , EU. CoraU. VIII, a, A ; — S. penuatula , Sol. et EU. Vn,l, 2; —S. pluma, EU. Cor. VII, b, B. 5 ; — A', setacea , ib. xxxvui , 4,D.T; — Ol.pinnata, ib. XI, a. A; —S.fructescen!!,So\. et EU. VI, a , A; — A'. falcata,'m. T. m. 48
578 ZOOPIIYTES.
Quand elles sont rassemblées , en certains endroits , comme de petits tuyaux d'orgue , ce sont les Amatia, Lamour. , ou Sérialaires, Lam. (1).
On pourrait en distinguer les espèces où les cellules ainsi disposées entourent la lige d'une spirale.
Quand les cellules sont placées autour de la lige, en anneaux horizontaux , ce sont les A^^ITE^•lsnLAIREs, Lam., que Lamouroux avait nommées CALLiANYr.F.s(2).
Ainsi le nom de Sertulaires propres ne reste qu'aux espèces où les cellules sont des deux côtés de la tige , soit opposées (5) , soit alternes (4). Encore Lamouroux dislingue-t-il les premières sous le nom de Dynamèines.
L'extrême petitesse des cellules lui fait établir le genre Thoea (5).
La deuxième famille est celle
Des Polypes a cellules ,
Où chaque Polype est adhérent dans une cellule cornée ou calcaire, à parois minces, et ne communique avec les autres que pt^r une tunique extérieure , très tenue , ou par les pores déliés qui traversent les parois des cellules. Ces Polypes ressemblent en général à des Hydres.
Les CELLCL^kiRES (Cellularia. L.)
Ont ces cellules disposées de manière a former des tiges brancliucs , à la manière des Sertulaires, mais sans tube de communication dans l'axe. Leur substance est d'ailleurs plus calcaire.
Lamouroux y distingue
Les Crisies.
Dont les cellules sur deux rangs, ordinairement alternes, s'ouvrent sur la même face (6) .
Corail. VII , a , A, et xxxvni , 5, f. ; — Jylaoph. ci/près, Zool. de Freyc. pi. sci, l-ô; — ^gl. godard, ib. xcv , 9 , 10.
(1 ) Sertularia lendigera , EU. Coroll. XV , b , B.
(2) Lamouroux a depuis changé ce nom en Némertésie , Sertularia antenninay Gm. , EU. Corail. IX , a, A, B , G ; — Nemert. ramosa, Lamour. EU. ib. b.
(ô) Sertularia abietina jÇim.^W. Corail., ï,b, B j — S. tamarindus, ib. a, A; — S. filiciila , Sol. et EU. c , G ; — S. poUjzonias, Eli. Cor. II , a , b , A , B; — S. cupressina , ib. III , a. A; — S. argeniea, ib. II, c, G; — S. thuya , ib. V, b. B; — S. ciipressoides, Lepech. Act. Pétrop. 1780, IX, 3, 4; — S. lichenastrum , EU. Gor. VI, a, A; — S. racemosa , Cavol. Pol. mar . III , vi , 1 , 2; — S. fuscescetis , Baster , op. subs. 1,6; — S. obsoleta , Lepech. Act. Pétrop. 1778 , deuxième part. VII, B; — S.pinus,iA. 1780 , première part. IX, 1-2 ; — S. cuscuta,YÀ\. Corail, xiv , c , G.
(4) Sertularia operculata , EU. Goral. III , b, B •■,—S. pinastrum , Sol. et EU. vi , b, B ; — S. rosacca , EU. Gor. iv , a , A, B, G; — S. pumila, ib. V, a, A ; — S. disticha , Bosc. Vers. , III , XXIX , 2 ; — S. pelasgtca , id. ib. 5 ; — Dinam. crisioïde , Zool. de Freyc, pi. xc, f. 12.
(5) Sertularia hœlccina , Gra. EU. Corail. X , a, A , B, G. l'oyez pour d'autres petits genres établis dans cette famiUe par Lamouroux, (les Pasythées, les Salacies ,lesCYMODOr.ÉEs), son Hist. des Polypiers flexibles, in-8° 1816; et son Exposition méthod, desgenres des Polypiers, in-4", 1821.
(6) Sertularia cburnea, Gm. EU. Corail. XXI, a, A; — iS". scrupom, id. XX, c, C; — S. reptans, ib. b ,B , E, F ; — 5". fastigiata ,\h. , XVIII , a, A.
Les ACAMARCHIS ,
Qui , avec la même disposition , ont une vésicule à chaque ouverture (1).
Les LoRicuLES.
Où chaque articulation se compose de deux cellules adosséees , dont les orilices opposés sont vers le haut qui est élargi (2).
, Les EUCRATÉES.
Où chaque articulation n'a qu'une seule cellule à ouverture oblique (5). On peut en rapprocher
Les Électres, Lamouroux.
Où chaque articulation se compose de plusieurs cellules disposées en anneau (4).
On doit en séparer celles qui ont des articulations cylindriques , vides à Tintérieur, creusées à toute leur surface de cellules en quinconce : elles conduisent aux Flustres et peut-être aux Corallines. Je les nomme Salicorniaires (5).
Les Flustres (Flustra. L.) (6)
Présentent un grand nombre de cellules , unies comme des rayons d'Abeilles , et tantôt recouvrant divers corps , tantôt formant des feuilles ou des tiges , dont un seul côté est garni de cellules dans certaines espèces , tous les deux dans d'autres ; leur substance est plus ou moins cornée. (7).
(1) Sertularia verttina, Gm. EU. Corail. XIX , a, A, B, C.
{'i)Sertidaria loricata, EU. Cor. XXI , b, B. Lamouroux les nomme Loricaires; mais ce nom est depuis long-temps consacré à un poisson de la famille des Silures.
(3) Sertularia chelata, Gm. Eli. Corail. XXII , b , B , — ^. cornuta , id. XXI , c , C.
Ici se rattacbent les genres moins nombreux : Lafoée, Alecto, IIippotiiée , sur lesquels on peutconsulter Lamouroux aux ouvrages cités. Quanta ses Ménippées (Sertularia flabclltim , Gm. Sol. et EU. IV c, c, 1 , C, C, 1 ; et S. crispa, ib. 1 , D , D) je doule qu'elles appartiennent à ce groupe.
{4} Flustra verticillafa , Gm. Sol. et Eli. IV, a, A.
(5) Cellularia salicornia , Ellis. Corail. XXIII ; — Cell. cercoïdes , EU. et Sol. V, b , E , C,etc.; — Ce//. ct>/a<a,Sol.et EU. IV,d, D; — Cell. flabelluin , \h. c, C.
(6) N. B. D'après les ebservations de Spalianzani , Audouin , Edwards et Blainville , certaines Flustres seraientbabilées par des animaux du groupe des Ascidies; mais il y en a aussi , qui bien certainement, d'après Quoy et Gaimard , le sont par de vrais Polypes. Il sera important desavoir quelles espèces appartiennent à l'une ou à l'autre catégorie.
(7) Flustrafoltacea, Gm. EU. Corail. XXIX , a, A; — FI. truncata , iid. XXVIII, a, Aj — FI. bomhicina, Sol. et EU. IV, b, B; — FI. carbasea, id. III , 6, 1\—Fl. pilosa, EU. CoraU. XXXI , a, A, b ; — FI. tomcntosa , MuUer , Zool. dan. III , xcv , 1 , 2; — FI. compressa , MoU. Esch. C, 9; — FI. viembranacea, Zool. dan., CXVII, 1,2;— FI. papiracea, MoU. esch. S, — FI. tubulosa ,]iosc.,\lL\U, III , xxx, 2; — Fl.duntala, EU. Cor. XXIX, C, D,D;— F/, quadrata, Desmar. et Lcss., BuUet. Philoni. 1814, x, y;—Fl.depressa, MoU., f. 21 ; — FI. épineuse; — FI. à diadème ; — FI. à collier; — FI. globifère. Toutes les quatre , Zool. de,Freyc. , pi. 89;— i^/. à petit rase, ib. 91 i—Fl. gentille ;—Fl. margaritifera, ib. 92; — FI. à grande ouverture, ib. pi. 95, f. 0, 7; FI. à j)elits sillons; — FI. à gibecière; — FI. à j)etits nids , ib. 95, et les espèces nouvelles représentées dans le grand ouvrage sur l'Egypte, Zool. Zooph. , p. 7 — 10. A ce genre se rattachent aussi les PiiÉRusES de Lamouroux. — FI. tuhulosa , Esper, IX, 1, 2; — ses Bérénices, Lamour. ad. Sol. cl EU., pi. Lxxx, f. 1-6;— ses Ei,sÉRiNES,ib. LXIV, 15 et 16; et d'autres petits genres sur lesquels on peut le consulter.
Les Cellèpores (Cellepora. Fabr.)
Offrent des amas de petites cellules ou vésicules calcaires , serrées les unes contre les autres et percées chacune d'un petit trou (1).
Les TcBULiPOREs (TcBULiPORA. Lam.)
Sont des amas de petits tubes , dont l'entrée est autant ou plus large que le fond (2).
Il existe dans la mer des corps assez semblables aux Polypiers pour leur substance et leur forme générale , où l'on n'a pu encore apercevoir de Polypes. Leur nature est donc douteuse, et de grands naturalistes , tels que Pallas et autres . les ont regardés comme des plantes ; cependant il en est plusieurs qui les regardent commedes Polypiers à Polypes età cellules extrêmementpetites. Si celte conjecture était vraie, c'est à l'ordre présent qu'ils appartiendraient. Ceux d'entre eux où l'intérieur est rempli de filets cornés , présentent toutefois de l'analogie avec les Cérato-
PHYTES.
Les CORALLINES (CoRALUNA. L.)
Ont des tiges articulées , portées sur des sortes de racines , divisées en rameaux également articulés, à la surface desquels on ne voit aucuns pores, et où il n'a pas été possible d'apercevoir de Polypes.
On les divise comme il suit :
Les CoRALLiNES propres.
Elles ont leurs articles calcaires, d'apparence homogène, sansécorcesensible.
Le fond de la mer est tout couvert, sur certains rivages, du Corallina officinalis, L. , Eli. , Coral., XXIV, a. A, b. B , dont les articles sont en ovale renversé, les petites branches disposées comme dans les feuilles pennées, et portant ellesmêmes d'autres branches disposées semblablement. Elle est blanche , rougeâtre ou verdâtre. On l'employait autrefois en pharmacie , à cause de sa substance calcaire (3).
Lamouroux en distingue encore , mais assez légèrement
(1) Cellepora hyalina,Gm. Cavol. Pol. Mar.,III, i\ , S, Q ; — C. magneville ,LamouT. Polvp. Flex. pi. 1, f. 3 ; — C. megastoma , Desmar. et Less. Bullet. Phil., 1814, II , 5;— C. globulosa , ib. 7; C. annidans, MoU. Esc. 4;— C. pumicosa , EU. Corail. XXVII, F. et XXX, d,D; — C. rubra, Mùll. Zool. dan. CXLVI, 1, 2; — C. radiata, MoU. Esc. 17, A, I ; — C. sedecimdentata, id. 16, A, C ; — C. bïmucrouata , id. 18 , A, C; — C. vulgaris , id.lO, A, B; — C. cijclostoma , id. 12, A, Y;—C. pallasiana, id. 15 A,B.— C. borniana , id, 14, A, C; — C. otlo-muUeriana , id. 15, A, C.
(2) MiUepom tubulosa, Gm.^ EU., CoraU. XXVII, c, E.
(3) Aj. C. corallina elongata , Gm., EU., CoraU., XXIV, 3; — C. cupressina, Espar., Zoop'h., VII, 1 ,2; — C. squamata, Elle., XXIV, c, C; — C. granifera, Sol. et EU., XXI, c, C; — C. subiilata, iid., ib., b; — C. turneri, Laraour., Pol., Fi., X,2; — C. crisj)ata, id.,ib. 3 ; — C. simplcx,\à., ib., 4; — C. calradosii, Sol. et EU., xxiii, 14; — C. palmata, id., xxi, a, A; — C. sagitlata, Zool. de Freyc, pi. 95 , f. 11 et 12.
Les ÂMPHIROÈS.
Dont les articulations sont alongées (1) ,
Les Janies ,
Qui ont seulement les branches plus menues et les articulations moins crétacées (2).
Les Cymopolies.
Où les articulations sont séparées les unes des autres (3) par des intervalles cornés ; leur surface a des pores plus marqués. Déjà Lamarck avait séparé
Les PÉNiciLLEs, (Nesea. Lamouroux.)
Qui ont une tige simple , composée intérieurement de fibres cornées , tissues ensemble et comme feutrées j encroûtée d'un enduit calcaire, et terminée par un faisceau de branches articulées , analogues à celles des Corallines ordinaires (4).
Les Halymèdes, Lamouroux ,
Ont des tiges articulées et divisées comme les Corallines ; mais la substance de leurs articles qui sont fort larges , est pén étrée à Tintérieur de filets cornés, qu'on débarrasse aisément de leur croûte calcaire par les acides (5).
Les Flabellaires, Lamarck,
N'ont pas d'articulations distinctes, mais forment de grandes expansions foliacées, composées comme les articles des Halymèdes , et la tige des Pénicilles, de filets cornés , encroûtés d'une enveloppe calcaire (6).
, Les Galaxaures, Lamouroux ,
Ont des tiges divisées par dichotomie , mais leurs rameaux sont creux (7).
Les LiAGOREs, Id.
Ont des tiges creuses et divisées par dichotomie , mais sans articulations (8).
C'est peut-être à la suite des Corallines que doit être placée
L'Anadiomène. Lamouroux.
Vulgairement connue sous le nom de Mousse de Corse, et si utilement em-
(1) Corrallina rigens, Sol. et Eli., xxi , d; — Cor. tritulus, id., ib.,c; — C. ctispidata, ib., f; — Amph. fucoides, Lamour. , Polyp,, FI., xi , 2 ; — ^. gailloni, id., ib., 3; — A. verrucosa, id., ib., 5 ; A.jubata, ib., C.
(2) Corallina rnhens, Eli., Corail., pi. xxiv, f . F ; — Jania micrarlhrodia, Lamour., Pol. flex., 1,69, f. 5, ad Sol. et EU., pi. 69. f. 7 et 8;— 7. crassa, id., pi. 60 f. 9, 10; T. compressa, Zool. de Fieyc. pi. 90, f. 8, 9, 10.
(3) Corallina barbota, Gm.,Ell., Corail., xxv,c, C;— C. rosarium. Sol. et EU., xxi ,h, H. {A) Corail, penicillus ; — Cor. peniculutn ; — Cor. phœnix; — Nesea iiodulosa., Zool.
deFreyc.,pl.91,f. 8et9.
(5) Corallina tuna , Sol. et Eli., XX, e ; — Cor. opuntia, id., ib., b, — Cor. incrassata, id., ib., d. C'est la deuxième division des Flabellaires de Lamarck.
(6) Corallina conglutinata, Sol. et EU., XXV, 7 ; — Corail, flabellum, iid., XXIV, C ; et Corail, pavonia, Esper., Corail., VIII. IX, la première division des Flabellaires de Lani. Lamouroux en a changé le nom en Udotea.
(7) Corail, obtusala. Sol. et EU., XXII, 2 ; — Corail, lapidescens , id. , ib. , 9 ; — Tuhtilaria fragilis ,Linn., Sloane, Jam., XXX, 10; — Tubtd. «witcWa/w, E«pcr., tiibul; W\\\— Corallina viarginala. Sol. et EU.. XXII, 6; — Corail, fruliculosa, ib., 5; — Galaxaure roide , Zool. de Freyc. pi. 91, f. 10, 11 .
(8) Corail, viarginaia, Sol. et EU. xxu , 6; — Corail, fruliculosa, id. ib. 5.
382 ZOOPIIYTES.
ployée comme vermifuge. Elle se compose d'articulations régulièrement disposées en branche , de substance un peu cornée recouverte d'un enduit gélatineux (1).
Parmi ces productions sans Polypes apparents, que l'on rapporte par conjecture aux Polypiers , il en est peu de plus singulières que
Les Acétabules. (Acetabulum. Lam.)
Une tige grêle et creuse porte une plaque ronde et mince, comme un parasol, striée en rayons, crénelée au bord, ayant au centre un petit disque lisse, entouré de pores. On n'y aperçoit point de Polypes. Les rayons de son disque sont creux et contiennent des grains verdâtres , ce qui l'a fait regarder comme une plante par Cavolini (2).
Il y en a une dans la Méditerranée. ( Tubularia acetabulum , Gm.) Donat. , Adr. , III , Tournef. , Inst. cccxviii. (5)
Les PoLYPHYSES (PoLYPHYSA. Lam.)
Ont , comme les précédents , une tige grêle , et creuse , mais qui porte à son sommet un paquet de petites vessies closes , au lieu d'un disque formé de tubes (4).
La troisième famille ,
Les POLYPES CORTICAUX ,
Comprend les genres où les Polypes se tiennent tous par une substance commune , épaisse , charnue ou gélatineuse , dans les cavités de laquelle ils sont reçus . et qui enveloppe un axe de forme et de substance variables. Les Polypes de ceux que l'on a observés , sont un peu plus composés que les précédents , et se rapprochent davantage des Actinies. On distingue dans leur intérieur un estomac , duquel partent huit intestins , dont deux se prolongent dans la masse commune, et les autres, se terminant plus tôt, paraissent tenir lieu d'ovaires (5).
On la subdivise en quatre tribus.
(1) Jnadiotnene flahcllata , Lamour. Pol. flex. xiv, f. 3 et App. ad Sol. cl Eli. pi. 69 f. 15 et 16.
iV. B. Les GALAxAUREset les Liagores forment le genre DiciiOTOMAiREde Lamarck; mais ce ne sont pas , comme le croit ce naturaliste, des Polypiers vaginiformes, car leur tube no contient aucun Polype.
(2) Je ne trouve pas au pourtour les ouvertures dont parle Lamarck. Les tubes qui forment les rayons , sont clos. Les prétendus tentacules, décrits par Donati, étaient des corps étrangers. Ni rAcÉTABULE , ni la Polyphysf, , ne sont des Polypes vaginifornies.
N. B. Depuis ma première édition , Rafcneau, de Lille a présenté à l'Académie un Mémoire où il considère l'Acétabule conune un végétal de la famille des Conferves.
(3) Aj. YAcclahido petit Godet , Zool de Frcyc. pi xc , f. 0 cl 7.
(4) Pol. aspertjillum , Lamour., Ap. ad Sol et EU., pi. 69 , f. 2-6, ou Fucus pcniculus , D. Turner., fuc., IV, pi. 228.
{!î) Savigny a publié sur ces animaux des observations non moins intéressantes que celles qu'il a faites sur les Ascidies composées.
POLYPES. 58ô
La première est celle des
Cératophytes ,
Oùl'axe intérieur est d'apparence de bois ou de corne, et fixé : on en connaît deux genres fort nombreux l'un et l'autre.
Les Antipathes (Antipathes. Lin.) Vulgairement Corail noir.
Ont la substance branchue et d'apparence ligneuse de leur axe, enveloppée d'une écorce si molle , qu'elle se détruit après la mort. Aussi ressemblent-ils , dans les cabinets, à des branches de bois sec (1).
Les Gorgones (Gorgonta. L.)
Ont, au contraire, cette substance ligneuse ou cornée de leur axe enveloppéje d'une écorce, dont la chair est tellement pénétrée de grains calcaires , qu'elle se dessèche sur l'axe, et y conserve ses couleurs souvent très vives et très belles ; elle se dissout dans les acides. On a observé les Polypes de plusieurs espèces ; ils ont chacun huit bras dentelés , un estomac, etc., comme ceux du Corail et des Alcyons (2).
Lamoiiroux en distingue
Les Plexaures.
Dont récorce épaisse , à cellules non saillantes , (ait peu d'effervescence dans les acides (3).
Les EuNicÉES,
Dont l'écorce organisée comme celle des Plexaures , a des mamelons saillants , d'où sortent ses Polypes (4).
Les MunicÉEs.
Dont l'écorce, médiocrement épaisse, a des mamelons saillants, couverts d'écailles imbriquées et hérissées (5).
{\)Ant.spiralis, Sol. et Eli., pi. six, f. 1-0; et les autres espèces indiquées par LaiTiarck. Anim. sans \ert , Il , p. 505 et suivantes.
(2) Gorgonta pinnata , Gm. ; — G. americana ; — G. selosa ; — G. sanguin olenta , que Lamouroux regarde comme autant de variétés d'une seule espèce ; — G. pelechisans , Sol., et Eli., pi. xvij— G. patula, Sol. et Eli., pi. xv , f. 3, 4; — G.palma, Sol, et El!., pi. XI ; — G. vcrriculata , pi. xvu 5 — G. timhraculum , id., x; — G. e.vserta , id., xv , ] , 2; — G. ceratophyta, iid. , 11 , 1 , 2 , 3; ix , 5, C , 7, 8 ; xii , 2,5,- G. viminalis , id. , XII, 1 ; — G. verlicillaris , id., 11, 4 , 5 ; — G. hriareus , id., xiv, 1,2, etc.
(.3) G. crassa, Gmel., Ac. des Se., 1700, pi. 11; — G.stihcrosa, EU., Corail., pi. 26, f. p , q, r ; — G. frtabilis, Lamour., Soll. et EU., pi. xviii, f. 3.
(4) Gorgonta antipathes , Séb., III, civ, 2, cvii,4; — Eun. limiformis, Lamour., Sol., et Ell.,pl.,xviii, f. 1 ; — Fun. clavaria, iid.,ib.,2; ^^ Eun, mammosa, Lamour., ad Sol. et EU., pi. lxx , f. o.
(5) M. spicifera, Lam. , ou Gorg. muricata , Gm., Ap. , ad Sol. et Eli., pi. lxxi , f. 1,2; — M. clongala, Lam., id. f. 3, 4.
384 ZOOPHTTES.
Les Primnoas.
Dont les mammelons , alongés, s'imbriquent, en pendant les uns sur les autres (1).
La deuxième tribu ,
Les LITHOPHYTES ,
A l'axe intérieur, de substance pierreuse et fixé.
Les Isis(Isis. L.)
Ont cet axe branchuet sans empreintes ni cellules creusées à sa surface. L'écorcc animale qui l'enveloppe est mélangée de grains calcaires , comme dans les Gorgones.
Le Corail ( Coralium. Lamarck. )
A son axe sans articulations, et seulement strié à sa surface. Cest à ce sous-genre qu'appartient
Le Corail du commerce. ( Isis nobilis. L. ) , Esp. 1, VIL
Célèbre par la belle couleur rouge de son axe pierreux et le beau poli dont il est susceptible , ce qui le rend propre à des bijoux agréables. On en fait une pêche très productive en plusieurs endroits de la Méditerranée. Son écorce est crétacée et rougeâtre. Ses Polypes , comme dans beaucoup d'autres genres , ont huit bras dentelés.
Les MÉLiTEs, Lamarck.
Ont la substance pierreuse de leur axe interrompue par des nœuds renflés d'une matière semblable à du liège (2).
Les Isis proprement dites, Lamarck.
L'ont interrompue par des étranglements dont la matière ressemble à de la corne. Leur écorce épaisse et molle , tombe plus facilement que dans les précédents (3).
Lamouroux distingue encore des Isis proprement dites,
Les MopsÉEs.
Dont l'écorce est plus mince et persistante (4).
Les Madrépores ( Madrepora. L. )
Ont leur partie pierreuse tantôt branchue , tantôt en masses arrondies , ou en lames étendues, ou en feuilles; mais toujours garnie de lamelles qui s'y réunissent concentriquement en des points où elles représentent des étoiles , ou bien qui aboutissent à des lignes plus ou moins serpentantes.
(1) Gorg. rcseda , Gm. , Sol. et Eli. , pi. xiii , f. 1 , 2. (:2) Isis ocracea , Esper. , I ^ iv ; — Is. coccinca , id. , III , A , 5.
(ô) Isis hippuris , L. ; Sol. et EU. , Zooph., III ; Esp., 1, 1 ; — Isis elongata , Esp. , I, vi. (4) Isis dickotoma , Séb. , III , cvi , 4 ; — 7s. encrinula , Lamarck , ou verticillata , Lamouroui,Pol. , Flex.,xviii, f. 2, et Ap. , ad Sol. et EU. ,pl. lxx, f. 4.
POLYPES. 38:i
Dans l'état de vie , cette partie pierreuse est recouverte d'une ecorce vivante , molle et gélatineuse , toute hérissée de rosettes de tentacules , qui sont les Polypes, ou plutôt les Actinies; car ils ont généralement plusieurs cercles de tentacules et les lames pierreuses des étoiles correspondent à quelques égards aux lames membraneuses du corps des Actinies. L'écorceet les polypes se contractent au moindre attouchement.
Les variétés de leur forme générale et des figures qui résultent des combinaisons de leurs lamelles, ont donné lieu à beaucoup de subdivisions, dont phisleurs rentrent cependant les unes dans les autres. On ne pourra les établir définitivement que lorsqu'on connaîtra les rapports des Polypes avec ces dispositions.
Quand il n''y a qu'une seule étoile circulaire, ou en ligne alongée, à lames très nombreuses, ce sont les Fongies , Lam. (I) Leur animal représente vraiment une seule Actinie à tentacules grands et nombreux, et dont la bouche répond à la partie enfoncée où aboutissent toutes les lames.
On trouve parmi les fossiles des Polypiers pierreux, à une seule étoile, qui paraissent avoir été libres de toute adbérence. Ce sont les Tcrbiinolies , Lamarck (2), les Cyclolithes (5), et les Turbinolopses , Lamour. (I).
Quand le Jladrépore est branclui , et qu'il n'y a d'étoiles qu'au bout de cbaque branche , c'est une Caryophyllie , Lam. Les rameaux sont striés. A cbaque étoile est une boucbe entourée de beaucoup de tentacules (5).
Les Oculines , Lam.
Ont de petites branches latérales, très courtes , ce qui leur donne l'air davoir des étoiles le long des branches comme au bout (6).
Les Madrépores proprement dits , du même ,
Ont toute leur surface hérissée de petites étoiles à bords saillants (7). Ses PociLLOPOREs y ont de petites étoiles enfoncées, et des pores dans les intervalles (8).
Dans les Sérialopores, les petites étoiles sont rangées par séries linéaires (9).
Les AsTRÉES , du même.
Ont une large surface, le plus souvent bombée, creusée d'étoiles serrées,
(1) Mad. fuitgites, L. ou Fungia agariciformis , Lamarck, Sol. et Eli., pi, xxvm , f. 5 , 6 ; — M. patella, ou F. palellaris , Lam., iid ib., 1,2, 5 , 4 ; — M. pileus , ou Futnj. liinacina, Lam. id. pl.XLV,Séb. III,cxi,o-5; — F. talpa , Lam. Séb. cxi , C, cxu,ôl.
(2) Madr. tnrbinata, Lin. An. Ac. I, iv, 1,2,3, 7; — Turb. crispa, Lam. Ap.ad. Sol. et EIL pi. Lxxiv, f. 14-17; — T. cristata , ib. f. 18-21; — T. compressa, ib., 22, 23.
(3) Mad, porpita, Linn. , Am. Ac. I , iv , 3; Cijcl. elliptica , Guctt. , Mém. III , xxi , 17, 18.
(4) Turhinolopsisocracea , Lamour. ad. Sol. etEil. pl.Lxxxu, f. 4-4.
(^) Madr. cyalhus, Sol. et EU. pi. xxvni, f, 7; — M. caliciilaris, Gm. Esper. , I, pi. XVI ; — M . fa.icictilata , Sol. et Eli. \x\]—M.flexuosa, Sol, et Eli. xxxu, 1;— J/. ramea. Sol. et Eil. xwxm;— M. fasligi'ata , id. xxxiu ; M. angulosa, id. xxxiv; M. cardinis, id. xsxv, etc.
(6) Madr. virginca, L. Sol. et Eli. xxxvi; M, hirtella , id. xxxvii ; — M. a.villayis, id , xni , 5; — M. proliféra, id. xxxu, 2 , etc.
(7) Les espèces que Lamarck place dans ce sous-genre, sont regardées par Gmelin, Esper. clc, comme des variétés dn Madrepora niuricala, Linn. Sol. et Eil. pl.r.vii, etc.
(8) Madr. damicornis. Espcr,, xi.vi; Millepora cœnilea , Sol. et Eil. xu , 4.
(9) Madr. seriala . Paîl. Soll. cl Eli. xxxi ,1,2,
dont chacune a un Polype armé de bras nombreux, mais sur une seule rangée au centre de laquelle est la bouche (1)
Quand c'est une surlace plane ou en larges lames , semée d'étoiles d'un seul côté, on les nomme Explanaires (2).
Les PoRiTEs sont en quelque sorte des Astrées rameuses (3).
Quand cette surface est creusée de lignes alongées , comme des vallons séparés par des collines sillonnées en travers , ce sont les Méandrines , Lam.
Dans chaque vallon s'ouvrent d'espace en espace des bouches , et les tentacules au lieu de former des rosettes autour de ces bouches, forment une rangée le long des côtés de chaque vallon. Quelques espèces n'en ont point du tout, mais le bord de chaque bouche y est seulement festonné (i).
Si les collines qui séparent ces vallons sont élevées en feuilles ou en crêtes sillonnées des deux côtés , ce sont des Pavonies. Il y a des bouches dans le fond des vallons , et d'ordinaire sans tentacules (5).
Quand ces collines sont élevées en cônes , comme si c'était des étoiles saillantes, Fischer les nomme Hydnophores , Lam. Monticulaires. On devra les distinguer selon que leurs polypes sont au sommet des parties saillantes, comme dans les Oculines , ou dans le fonds des parties concaves, comme dans les Méandrines (6).
Les Agaricines
Se composent de lames creusées d'un seul côté par des vallons eux-mêmes sillonnés (7).
On croit pouvoir rapprocher des Madrépores en général , certains Polypiers (les Sarcinules, Lam.). formés de cylindres dont la coupe forme une étoile à cause de lames saillantes qui en parcourent l'intérieur (8). Quand il y a un axe solide au milieu des lames , ce sont les Stylines. Ces Polypiers tiennent peutêtre d'aussi près aux Tubipores.
Les MlLLÉPORES (MlLLEPORA. L.)
Ont leur partie pierreuse de formes très diverses, et sa surface creusée seulement de petits trous ou pores, ou même sans trous apparents. Lamarck dis lingue
Les Distichopores.
Où des pores plus marqués sont rangés des deux côtés des branches (9).
(1) Madr. radiata , Sol. et Eli. xlvu, 8; — M. annularis , Sol. et Eli. lui, 1,2; — M. rohdosa, id. lv , 1, 3;— 71/. ananas, id. xLVii, 6;— 71/. pléiades, id. un, 7, 8j — M. stelhdnta , id. lui , 3 , 4 j — il/, farosa , id. l , 1 ; — M. denticulata , id. xlix , 1 : — M. ahditn, id. L , 2 ; — il/, siderea, id. xlix, 2 ; — M. galaxen , id. xlvu, 7.
(2) 3Iadr. cinerascens , Sol. et EU. xlui ; — M. aspera , id. xxxix. (ô) Mttdr. poritcs, Sol. et EU. , xlvu; — M.foliosa, id. lu, etc.
(4) Madr. lahyrinthica, Sol. et Eli. xlvi, 3, 4;— j1/. cercbri/brmis, Séb. III, cxii, 1 , 5, fi; — 31. dœdalea , id. xlvi , 1 ; — il/, meandrites, id. xlviii , 1; — il/, areolata , id. xLVin , 4,3; — il/, crispa, Séb. , III , cviii, 3-3 ; il/, gyrosa , Sol. et EU. li , 2 ; — il/, phrijgia , id. XLVIII, 2; — 31. filograna, Gm. Guall. iiid. xcvii.
(3) 3Iadr. agaricites , Sol. et EU. 45 ; — 3Iadr. lacluca , id. xliv ; — M. crislata , id. XXXI, 5, 4, etc.
(C) 3Tadr. crcsa, Sol. et EU. xlix , 3; — elles différentes Hydnophores de Fischer.
(7) 3Iadr. cucullata , Sol. et EU. xlii; — M. undaia, id. xl; — il/, complicata , id. xu,1,2.
(8) 31adr. organum , Linn. Am. Ac. I , iv, C.
(9) Millcpora viohcca, Pal!. Sol. et EU. pi. xxvi, f. 3, 4, copié Enryrl. mélli. Vers. pi. 4SI, CI.
Parmi ceux où les pores sont («galemeut répartis , on distingue
Les Millépores propres. (Millepora. Lam.)
Solides, diversement branchus (1).
(^)uand leurs pores ne sont pas apparents, comme il arrive <(uclquefois , on les nomme Nullipores (2).
Les EscHARES, (EscHARA. Lam.)
Qui ont des expansions aplaties en feuilles (5).
Les RÉTÉPOUES, (Retepora. id.)
Qui sont des Eschares percées de mailles (4).
Les Adéones, (Adeona. Lamouroux.)
Qui sont des Eschares portées sur une tige articulée ; il y en a d'entières cl de percées de mailles (5) .
Troisième tribu ,
Les Polypiers Nageurs , Dont l'axe est pierreux , mais non fixé.
Les Peknatules, (Pennatcia. L.)
Ont le corps commun, libre de toute adhérence (6), de forme régulière et constante , et pouvant se mouvoir par les contractions de sa partie charnue, et aussi par l'action combinée de ses Polypes. Ce corps est charnu , susceptible de se contracter ou de se dilater dans ses diverses parties , au moyen de couches fibreuses qui entrent dans sa composition ; son axe renferme une tige pierreuse, simple, les^Polypes ont généralement huit bras dentelés.
La plupart des espèces répandent une vive lueur phosphorique.
Quelle que soit la forme générale des Pennatules, elles ont toujours une de leurs extrémités sans Polypes; c'est ce que l'on a comparé à la partie tubuleuse des plumes d'oiseaux.
(1) Mill. alcicornis , Pall. Esper. I, v, 7, et sup. I, xxvi; — Mill. aspura, Lam. Espcr. sup. , I , xviu; — M. truncata , Sol. et EIL pL xxiii, f. 1-8.
(2) Millepora informis, EH. CoraU. pi. xxvii , f , c ; — M. calcarea , Sol. et Eli. , pi. xxui, f. 1-3; — M. cretacea, id. \h.\}; — M. alga, id. ib. 10,11,12.
(ô) Millepora fol iacea, Eli. Corail, pi. xxx, f, a; — Esc. lichenoïdes, Séb. III, c, 10; — Esc. lobala, Lamour. ad. Sol. et EU. pi. lxxii, f. 9-12.
(4) Millepora cellulosa , vulîjairement manchette do Neptune, EU. Corail, pi. xxv, f, d. Daubent.; pi. enl. n» 2-3; — M. reticulata, Marsill. Ilist. mar. pi. xxxiv, f. 16j, IGG.
(3) Ad. (jrisca, Lamouroux , Sol. et EU. pi. lxx , f . 5 ; — Ad. foUicolina , id.
Sur ces genres ainsi que sur plusieurs autres établis d'après des considérations assez peu importantes, consultez V'exposilion mcthod. des genres des Polypiers acec les planches de Solander et Ellis , par Lamouroux. Paris 1821 .
(6) Quelques espèces s'enfoncent dans le sable ou s'embarrassent dans les replis de divers corps marins , mais ne contractent point d'adhérence constante.
o88 ZOOPllYTES.
Les PiiNNATutES proprenieul dites, (Pennatula, Cuv.) Viilgaircmeiil Plumes de mer.
Qui ont donné leur nom à tout le genre, l'ont tiré elles-mêmes de leur ressemblance avec une plume. La partie sans Polypes, est cylindrique et terminée en pointe mousse. L'autre partie est garnie de chaque côté d'ailes ou de barbes plus ou moins longues et larges . soutenues par des épines ou soies roides, qui naissent de leur intérieur, et hérissent un de leurs bords, sans s'articuler toutefois avec la tige pierreuse de l'axe j c'est d'entre ces barbes que sortent les Polypes.
L'océan et la Méditerranée produisent également
La Pennatiile rouge {Pcnnat. rubra, et Penn. phosphorea , Gm. (1), Albinus . Annot. acad., I, vi, 3, 4,
Qui a la tige entre les barbes très rude par derrière . excepté sur la ligue qui parcourt sa longueur.
On trouve plus particulièrement dans la Méditerranée
La Pennatule grise. {Penn. grlsca , Gm.), Albinus, Annol. acad., I , vi , 1-2,
Plus grande , à barbes plus larges , plus épineuses, à tige lisse (2).
Les ViRGULAiRES, Lam.
IVe différent des Pennatules que parce que leurs ailes , beaucoup plus courtes à proportion de leur longueur totale, sont dépourvues d'épines (3).
Ces ailes ne représentent quelquefois que de simples rangées transversales de tubercules (4).
Les Scip.PKAiREs, Cuv.
Ont le corps très long et très grêle , et les Polypes isolés , rangés alternativement le long des deux côtés (5).
Les Pavonaires, Cuv.
Ont aussi le corps alongé et grêle , mais ne portent de Polypes que d'un seul côté , et ils y sont serrés en quinconce (6).
Les Renilles ( Rénilla. Lam. )
Ont le corps court , et au lieu de la partie qui dans les Pennatules propres est garnie de barbes , un large disque en forme de rein , portant les Polypes sur l'une de ses faces (7).
Les VÉRÉTILLES ( VeRETILLUM. CuV. )
Ont un corps cylindrique , simple et sans branches , garni de Polypes dans
(1) L'une et l'autre sont rouges. Le P . rubra ne cliCFère que par une petite épine à la base de chaque barbe eu arrière. Ce n'est peut-être qu'une variété.
(2) Aj. Pcnnatula argentea ^ Soland. et Ellis , Zooph. VllI ,1, 2,35—/'. grandis. (5) Pennatula mirabilis , Hùli. , Zool, dan. XI , très différente du vrai /'otMOf. mirabilis i\c Linn.
(4) Pential. jiincca , Pall. et Gm. Elle est aussi très différente du Peu. mirabilis. La f^irijtilaire auslralo , Lam. , n'est point différente du Juncea.
(5) Pennatula mirabilis, L. Mus. Ad. Fred. , XIX , 4.
(6) Pennnl. untennina, Bohatsch-, IX, 4, 5;— Pen. scirpca , Pall. et GmeL
(7) Pennut. rcni forints , Ellis , Traits. Pliil. , LUI , xix , «i-10 , ou Alcijonium agarivuiii , Gm.
une partie de sa longueur. Leur os est crorilinaire petit, et les Polypes grands.
On y suit plus aisément que dans aucun autre Zoophyte composé, les prolouge-
Jiients de leurs intestins dans la tige coiumune.
Nous en avons un dans la Méditerranée ( Pcnnatiila cynomorhan , Pall. , Miscell., Zool. , XIII; \-\ -^ A'.cyonium epîpelnim, Gmel. ; Rap., ac. nat. cur. XiV , p. 2 , xxxviii , 1 ) , long souvent de plus d'un pied , plus gros que le pouce, remarquable par Téclat de la lumière qu'il répand (1). Enfin
Les Ombellulaires , Cuv.
Ont une très longue lige, soutenue par un os de même longueur, et terminée au sommet seulement par un bouquet de Polypes (2).
On trouve dans la mer et paimi les fossiles de petit corps pierreux, percés de pores, que l'on a cru pouvoir rapprocher des Millépores. S'ils étaient en effet enveloppés d'une écorce contenant des Polypes, ce seraient des Polypiers mobiles, et il faudrait plutôt les rapprocher des Pcnnatules. Tels sont
Les OvuLiTEs , Lam., en forme d'œufs , creux intérieurement, souvent percés aux deux bouts; les Lbnulites , orbiculaires, convexes, striés et poreux d'un côté, concaves de l'autre; les Orbcutes , orbiculaires , plats ou concaves , poreux des deux côtés ou aux bords. Si le Dactylopore est libre, comme le pense Lamarck, il appartiendrait aussi à cette subdivision; c'est un ovoïde creux, ouvert aux deux bouts, à deux enveloppes, l'une et l'autre percées de mailles , comme les Rétépores (3).
Quatrième tribu, lecorce animal ne renferme qu'une substance charnue, sans axe ni osseux ni corné.
Les Alcyons ( Alcyonium. L.)
Ont, comme les Pennatules, des Polypes à huit bras dentelés, des intestins se prolongeant dans la masse commune des ovaires; mais cette masse n'est point soutenue par un axe osseux ; elle est toujours fixée au corps , et quand elle s'élève en troncs ou en branches , on ne trouve dans son intérieur qu'une substance gélatineuse , parcourue de beaucoup de canaux entourés de membranes fibreuses. L'écoree est plus dure et creusée de cellules où les Polypes se retirent plus ou moins complètement.
Nous avons en abondance dans nos mers ,
Ia Alcyon , 3Iain de mer , {Aie. digitalum) , Eli. Corail, xxxii.
Qui se divise en grosses branches courtes ; VAlc. exos , qui a des branches plus grêles , d'un beau rouge , etc.
(1) Aj. Ponnat. phalloïdes , Pall. Mise. Zoll. , XIII, 5-'J ; — Peunat. stcllifera , MuU. Zool.dan.,XXXVl,l-3.
(2) Pennatnla cncrinus, EUis, Corail. , XXXVII , a , b, c.
N. B. Pcnnalula filosa, et Pcnnatiila sa<jiltata, sont des animaux parasites, du genre des Lernées (les Pennelles, Oken ) ; mais nullement des Pennatules. Le Penn. sagitla^ £sper, Pennat., pi. v, est tout autre chose que celui deLinn.; peut-être est-ce un Neptiiys.
(5) \.e Réléporilo , Bosc., Journ. Phys., juin 1806. f^oijez aussi sur ces génies de petits 31illépores libres, l'ouvrage de Lamouroux que nous venons citer.
I iiinaeus et ses successeurs ont réuni un peu légèrement aux Alcyons, divers corps marins de tissus variés , mais toujours sans Polypes visibles. Tels
-90 ZOOPUYTES.
jorps sont
Les Théthyes. { Thethya. Lam. )
Dont rintérieur est tout hérissé de longues spirales siliceuses qui se reunissent sur un noyau central également siliceux. Leur croûte présente comme dans les lîponges, deux ordres de trous; les uns, fermés par une sorte de treillage, seraient à l'entrée de l'eau, les autres, béants, sont destines a sa sortie (1).
On place encore à la suite des Alcyons ,
Les Éponges. (Spongia. L. (2).
Corps marins fibreux , qui ne paraissent avoir de sensible qu'une sorte de gélatine ténue, laquelle se dessèche et ne laisse presque aucune trace, et où l'on n'a pu encore observer de Polypes ni d'autres parties mobiles. On u dit que les Éponges vivantes éprouvent une sorte de frémissement ou de contraction quand on les touche ; que les pores dont leur superficie est percée palpitent en quelque sorte ; mais ces mouvements sont contestes par Grant (S). , ,
Les Éponges prennent des formes innombrables, chacune selon son espèce, comme d'arbustes, de cornets, de vases, de tubes, de globes, d'eventails.
Tout le monde connaît VÉponge usuelle ( Spongîa officlnalis) , qui est en prandes masses brunes, formées de fibres très fines, flexibles, élastiques, et percées d'un grand nombre de pores et de petits conduits irréguliers, donnant les uns dans les autres.