HUITIEME ORDRE DES INSECTES
LES NEVROPTERES ( Neuropteba — Odonata , et majeure partie des Sytiistala de Fab. )
Se distinguent des trois ordres précédents par leurs deux ailes périeures, qui sont membraneuses, ordinairement nues, transparentes, et semblables aux deux inférieures quant à leur consistance et à leurs propriétés ; du dixième et du suivant par le nombre de ces organes , ainsi que par leur bouche , propre à la mastication , ou pourvue de mandibules et de mâchoires véritables, c'est-à-dire conformées à l'ordinaire ^ caractère qui éloigne encore cet ordre du neuvième ou de celui des Lépidoptères , dont les quatre ailes sont d'ailleurs farineuses. Dans les Névroptères, ces ailes ont leur surface garnie d'un réseau très fin ; les inférieures sont, le plus souvent, de la grandeur des supérieures, ou tantôt plus larges, tantôt plus étroites, mais plus longues. Leurs mâchoires et la pièce inférieure de leur lèvre , ou le men-
(1) Voyez , pour les autres espèces , Réaumur , Linnseus , GeoCfroy, De Géer , Latreille , Olivier, art. Cochenille. ( Encycl. Méthod.) Foi/es quant à celle de Nopal, une gazette littéraire, imprimée à Mexico , n" du 5 février 1794. Bory de Saint-Vincent nous a appris (Annal, des scienc. natur. VIII, 103) qu'on avait fait à Malaga , en Espagne, des essais pour y introduire la culture de la Cochenille du Nopal , et qu'ils avaient été heureux.
(2) Le docteur Vircy a publié dans le Journal complémeutaire des sciences médicales ( tome X ) , de nouvelles recherches sur cette production.
ton , n'ont jamais une forme tubiilaire. L'abdomen est dépourvu d'aiguillon et rarement muni d'une tarière.
Ils ont, pour la plupart, des antennes en forme de soie, et composées d'un grand nombre d'articles; deux ou trois yeux lisses ; le tronc formé de trois segments intimement unis en un seul corps, distinct de l'abdomen, et portant les six pieds : le premier de ces segments est ordinairement très court, en forme de collier. Le nombre des articles des tarses est encore variable. Le corps est généralement alongé, avec des téguments assez mous, ou faiblement écailleux; l'abdomen est toujourssessile. Beaucoup de ces Insectes sont carnassiers dans leur premier et leur dernier état.
Les uns ne subissent qu'une demi-métamorphose; les autres en éprouvent une complète ; mais les larves ont constamment six pieds à crochet, dont elles font ordinairement usage pour chercher leur nourriture.
Je diviserai cet ordre en trois familles , qui , dans leur marche progressive, nous présenteront les rapports naturels suivants : 1^ Insectes carnassiers; demi-métamorphose; larves aquatiques. 2° Insectes carnassiers; métamorphose complète; larves terrestres ou aquatiques. 3« Insectes carnassiers ou omnivores, terrestres; demi-métamorphose. 4" Insectes herbivores; métamorphose complète : larves aquatiques, se construisant des domiciles portatifs. Nous finirons |)ar ceux dont les ailes sont le moins en réseau, et qui ressemblent à des Phalènes ou à des Teignes
La première famille , celle
Des SUBULICORNES (SuBULICORNES. Lat.) (1)
Se compose de l'ordre des Odo7iates de Vahrïcius . et du genre Èphémèi^e. Les antennes sont en forme d'alêne, guère plus longues que la tête, de sept articles au plus, dont le dernier sous la figure d'une soie. Les mandibules et les mâchoires sont entièrement couvertes par le labre et la lèvre , ou par l'extrémité antérieure et avancée delà tête.
Les ailes sont toujours très réticulées, écartées, tantôt horizontales, et tantôt élevées perpendiculairement; les inférieures sont de la grandeur des supérieures ou quelquefois très petites , et même nulles. Ils ont tous les yeux ordinaires gros ou très saillants, et deux à trois yeux lisses, situés entre les précédents. Ils
(1) Une section , divisée en deux familles , les Libellulines {Libellulinœ ), dans mon ouvrage sur les fam. nafui'. du règne animal.
])nssent les deux premiers âges de leur vie au sein deseaux, où ils se nourrissent de proies vivantes.
Les larves et les nymphes , dont la forme se rapproche de de l'Insecte parfait , respirent par le moyen d'organes particuliers, situés sur les côtés de l'abdomen ou à son extrémité. Elles sortent de l'eau pour subir leur dernière métamorphose.
Les uns ont des mandibules et des mâchoires cornées , très fortes , et recouvertes par les deux lèvres; trois articles aux tarses; les ailes égales, et l'extrémité postérieure de l'abdomen terminée simplement par des crochets ou des appendices en lames ou en feuillets. Ils forment l'ordre des Odonates de Fabricius, ou le genre
Des Demoiselles ou Libellules, ( Libellula. Lin., GeofF.)
Leur forme svelte, les couleurs agréables et variées qui les parent, leurs ailes grandes et semblables à une gaze éclatante , la rapidité de vol avec laquelle elles poursuivent les mouches ou les autres Insectes qui leur servent de nourriture , fixent notre attention et font distinguer aisément ces Névroptères. Ils ont la tête grosse, arrondie, ou en forme de triangle large ; deux grands yeux latéraux (1) , trois yeux lisses, situés sur le vertex; deux antennes insérées sur le front, derrière une élévation vésiculeuse , dans le plus grand nombre cinq à six articles, ou du moins trois, dont le dernier composé, et s'amincissant en forme de stylet; le labre demicirculaire , voûté ; deux mandibules écailleuses, très fortes et dentées ; des mâchoires terminées par une pièce de la même consistance , dentée, épineuse et ciliée au côté intérieur , avec un palpe d'un seul article, appliqué sur le dos, et imitant la galète des Orthoptères ; une lèvre grande, voûtée, à trois feuillets , e' dont les latéraux sont des palpes ; une sorte d'épiglotte ou de langue vésiculeuse et longitudinale dans l'intérieur de leur bouche ; le corselet s^ros, arrondi; l'abdomen très alongé, tantôt en forme d'épée , tantôt en forme de baguette, terminé dans les mâles , par deux appendices lamellaires , dont la figure varie selon les espèces (2) ; enfin des pieds courts et courbes en avant.
Le dessous du second anneau de l'abdomen renferme , dans les mâles , leurs organes sexuels, et, comme ceux de la femelle, ils sont situés au dernier anneau; l'accouplement dans ces Insectes s'opère différemment que dans les autres. Le mâle, planant d'abord au-dessus de sa femelle, la saisit par le col, au moyen des crochets de l'extrémité postérieure de son ventre, et s'envole ainsi avec elle. Au bout d'un temps, plus ou moins long, celle-ci se prêtant â ses désirs, courbe en dessous son abdomen et en applique l'extrémité sur les parties du mâle, dont le corps est alors courbé en forme de boucle. La copulation a souvent lieu dans les airs, et quelquefois encore
(1) f^oyez-pouT leur composition , Cuvier , Mém. de la soc. d'hist. nat.de Paris, in-4", p. 41.
(2) Van-der-Linden et Toussaint Charpentier en ont fait une élude particulière. Le second a représenté avec soin toutes ces variétés {f^^oyezson ouvrage intitulé Horœ enlomol.). Le genre Pctnlura An docteur Leach (Zool. Miscell. ), ne reposant essentiellement que sur des caractères tirés de ces appendices, ne me semble pas pouvoir être admis, parce que celte base une fois adoptée, il faudrait établir presque autant de genres (ju'il y a d'espèces.
NÉVROPTÈRES. 14o
sur les corps où ces Insectes sont posés. La femelle, pour pondre ses œufs, se met sur des plantes aquatiques, peu élevées au-dessus de la surface de l'eau, et y plonge l'extrémité postérieure de son ventre.
Les larves et les nymphes vivent dans l'eau jusqu'à l'époque de leur dernière transformation , et sont assez semblables à l'Insecte parfait , aux ailes près. Mais leur tête, sur laquelle on ne découvre pas encore les yeux lisses, est remarquable par la forme singulière de la pièce qui remplace la lèvre inférieure. C'est une espèce de masque, recouvrant les mandibules, les mâchoires et presque tout le dessous delà tête. II est composé 1" d'une pièce principale, triangulaire, tantôt voûtée , tantôt plate, que Réaumur nomme mentonnière, s'articulant, par une charnière, avec un pédicule ou sorte de manche annexé à la tête; 2° de deux autres pièces insérées aux angles latéraux et supérieurs de la précédente, mobiles à leur base, transversales, soit en forme de lames assez larges et dentelées, semblables par leur jeu et la manière dont elles ferment la bouche , à des volets, soit sous la figure de crochets ou de petites serres. Réaumur donne à cette partie du masque où la mentonnière s'articule avec son support , ou le genou , et qui paraît la terminer inférieurenient , lorsque le masque est replié sur lui-même, le nom de menton. L'Insecte le déploie ou l'étcnd d'une manière très preste, et saisit sa proie avec les tenailles de sa partie supérieure. L'extrémité postérieure de l'abdomen présente tantôt cinq appendices en forme de feuillets, de grandeur inégale, pouvant s'écarter ou se rapprocher, et composant alors une sorte de queue pyramidale; tantôt trois lames alongées et velues, ou des sortes de nageoires. On voit ces Insectes les épanouir à chaque instant, ouvrir leur rectum , le remplir d'eau, puis le fermer, éjaculer bientôt après avec force , en manière de fusée , cette eau mêlée de grosses bulles d'air, jeu qui paraît favoriser leurs mouvements. L'intérieur du rectum (1) présente à l'œil nu douze rangées longitudinales de petites taches noires , rapprochées par paires, semblables aux feuilles ailées des botanistes. Vues au microscope, chacune de ces taches est un composé de petits tubes coniques , ayant la structure des trachées , et d'où partent de petits rameaux qui vont se rendre dans six grands troncs de trachées principales, parcourant toute la longueur du corps.
Arrivées à l'époque de leur dernier changement , les nymphes sortent de l'eau , grimpent sur les tiges des plantes , s'y fixent et se défont de leur peau.
Poë , qui a fait une étude particulière des Insectes de l'île de Cuba , m'a raconté qu'à une certaine époque de l'année, les vents du nord transportaient dans la ville de la Havane ou aux environs, une quantité innombrable d'une espèce de ce genre, et qu'il a eu l'amitié de me communiquer.
Fabriciiis , devancé à cet égard par Réaumur , divise les Libellules en (rois genres.
Les Libellules proprement dites. (Libellula. Fab.)
Oui ont les ailes étendues horizonlalement dans le repos, la lète presque globuleuse, avec les yeux très grands , contigus ou très rapprochés; une élé-
(1) Cuv. Mcm. delà soc. d'hist. nat. in-4'', pao;. 48.
vation vésiculaire , ayant de chaque côté un œil lisse , sur le verlex; Tautre œil lisse , ou Pantérieur , beaucoup plus grand; la division mitoyenne delà lèvre, beaucoup plus petite que les latérales (1), qui se joignent en dessus , par une suture longitudinale , en fermant exactement la bouche. Leur abdomen est ordinairement en forme d'épée et aplati.
Les larves et les nymphes ont cinq appendices à l'extrémité postérieure du corps, réunis en une queue pointue; le corps court, la mentonnière voûtée, on forme de casque, avec les deux serres en forme de volets.
La L. aplatie (L. depressa , Lin.; Rœs., Insect. aquat., VI, vu, 3), d'un brun un peu jaunâtre ; base des ailes noirâtre ; deux lignes jaunes au corselet; abdomen en forme de lame d'épée , tantôt brun, tantôt couleur d'ardoise, avec les côtés jaunâtres (2).
Les iEsHNES, (TEsHNA. Fab.)
Semblables aux libellules propres par la manière dont elles portent les ailes et la forme de la tête , mais dont les deux yeux lisses postérieurs sont situés sur une simple élévation transverse , en forme de carène ; ayant , en outre , le lobe intermédiaire de la lèvre plus grand, et les deux autres écartés, armés d'une dent très forte et d'un appendice en forme d'épine ; l'abdomen est toujours étroit et alongé ,à la manière d'une baguette.
Le corps des larves et des nymphes est aussi plus alongé que celui des Libellules , dans les mêmes états. Le masque est plat, et les deux serres sont étroites, avec un onglet mobile au bout. L'abdomen est d'ailleurs terminé par cinq appendices , mais dont l'un est tronqué à sa pointe.
L'' JE . grande {Libellula grandis, Lin.; Rœs., îbid., iv), une des plus grandes de cette famille , et qui a près de deux pouces et demi de long; d'un brun fauve, avec deux lignes jaunes de chaque côté du corselet, l'abdomen tacheté de vert ou de jaunâtre , et les ailes irisées. Elle vole avec une extrême rapidité dans les prairies et sur les bords des eaux, poursuit les Mouches , à la manières des Hirondelles (3).
Les Agrions, (Agrion. Fab.)
Dont les ailes s'élèvent perpendiculairement dans le repos , et qui ont la tête transversale , avec les yeux écartés.
La forme de leur lèvre est analogue à celle des jEshnes, mais le lobe du milieu est divisé en deux jusqu'à sa base. Le troisième article des latéraux est en forme de languette membraneuse. Les antennes ne paraissent être composées que de quatre articles. Le front n'offre point de vésicule ; les yeux lisses sont presque égaux et disposés en triangle sur le vertex. L'abdomen est très menu ou même filiforme , et quelquefois très long. Celui des femelles a des lames en scie à son extrémité postérieure.
Leur corps , dans le premier et le second états , est pareillement menu et alongé ; l'abdomen est terminé par trois lames en nageoire. Le masque est plat, avec l'extrémité supérieure de la mentonnière s'élevant en pointe dans
(1 ) Ces divisions latérales ou palpes présentent, dans les trois sous-genres, des différences remarquables.
(2) /^'oi/es pour les autres espèces , Fabricius (Entom. syslem.), et Latreille,Hist. gén. desCrust. et Insect. XIII, p. 10 etsuiv.;mais surtout les Monogra])hies des Insectes de cettefainilIe,desenvironsdc Bologne, publiées en latin, parVan-der-Linden, et celle qu'il^a donnée depuissur les espèces d'Europe ; enfin, une autre Monographie des Libellulines européennes, faisant partie de l'ouvrage précité de Toussaint Charpentier.
(3) Voyez les mêmes ouvrages ; Y^. forcijiata pourrait former un autre sous-genre.
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les uns, fourchue ou évidée dans les autres; les serres sont étroites, mais terminées par plusieurs dentelures et en forme de mains.
Ij'j. vierge {Libellula virgo , Lin. ; Rœs., ibid., ix) , d\in vert doré ou d'un bleu vert, avec les ailes supérieures tantôt bleues, soit entièrement, soit dans leur milieu; tantôt d'un brun jaunâtre. La mentonnière des larves et des nymphes est évidée au bout, en forme de losange, et terminée par deux pointes.
\i^ A. jouvencelle {Libellula puella, Lin.; Rœs., ibid., x et xi), variant beaucoup pour les couleurs , mais ayant le plus souvent l'abdomen annelé de noir, et les ailes sans couleurs.
L'extrémité supérieure de la mentonnière des Itirves et des nymphes forme un angle saillant (1).
Les autres Névroptères subclicornes ont la bouche entièrement membraneuse ou très molle , et composée de parties peu distinctes ; cinq articles aux tarses; les ailes inférieures beaucoup plus petites queles supérieures ou même nulles ; et l'abdomen terminé par deux ou trois soies. Ils forment le genre
Des Éphémères. (Ephemera. Lin.)
Ainsi nommées de la courte durée de leur vie , dans leur état parfait. Leur corps est très mou , long , effilé , et se termine postérieurement par deux ou trois soies longues et articulées. Les antennes sont très petites et composées de trois articles, dont le dernier très long, en forme de filet conique. Le devant de leur tête s'avance , en manière de chaperon , souvent caréné et échrancré, et recouvre la bouche , dont on ne peut distinguer les organes, à raison de leur mollesse et de leur exiguité. Ces Insectes portent presque toujours les ailes élevées perpendiculairement, ou un peu inclinées en arrière, de même que les Agrions. Les pieds sont très grêles, avec les jambes très courtes, se confondant avec le tarse, qui n'offre souvent que quatre articles , le premier disparaissant presque ; les deux crochets du dernier sont très comprimés en forme de petite palette ; les deux pieds antérieurs sont beaucoup plus longs que les autres, presque insérés sous la^tête et dirigés en avant.
Les Éphémères paraissent ordinairement au coucher du soleil , dans les beaux jours d'été ou d'automne, le long des rivières , des lacs, etc., et quelquefois en si grande abondance , que le sol , après leur mort , en est tout couvert, et que , dans certains cantons , on les amasse par charretées, pour fumer les terres.
La chute d'une espèce remarquable par la blancheur de ses ailes [Alhipennis), renouvelle à nos yeux le spectacle de ces jours d'hiver où l'on voit tomber la neige par gros flocons.
Ces Insectes s'attroupent dans les airs, y voltigent et s'y balancent, à la manière des Diptères connus sous le nom de Tipiiles , en tenant écartés les filets de leur queue. C'est là aussi que les deux sexes se réunissent. Les mâles sont distingués des femelles par deux crochets articulés, qu'ils ont au bout de l'abdomen , et avec lesquels ils les saisissent. Il paraît qu'ils
(1) Foi/ez pour les autres espèces , Fabricius (Enlom. syst.); Latr. Hist. Gen. des Crust. et des Iiisect. XIII, p. 15; Olivier. Encycl. mcthod. arlicle Libellule; et surtout les Mouographies précitées, où les variétés des espèces et leurs diflferences sexuelles sont indiquées avec soiu, ce qui a beaucoup contribué à débrouiller la synonymie.
ont encore les pieds antérieurs et les filets de la queue plus longs, et les yeux plus gros ; quelques-uns même ont quatre yeux à réseau , dont deux beaucoup plus grands, élevés, et qu'on a nommés, à raison de leurs formes, des yeux en turban ou en colonne. Les couples s'étant formés , se posent sur des arbres ou sur des plantes , pour achever leur accouplement, qui ne dure qu'un instant. La femelle , bientôt après . répand dans l'eau tous ses œufs à la fois, rassemblés en un paquet. La propagation de leur race est la seule fonction que ces Insectes aient à remplir ; car ils ne prennent pas de nourriture et meurent souvent le même jour qu'ils se sont métamorphosés , ou ne vivent même que quelques heures. Ceux qui tombent dans l'eau sont un régal pour les poissons, et les pêcheurs leur ont donné le nom de Mailne.
Mais si on remonte à l'époque où ils ont paru sous la forme de larves , leur carrière, est beaucoup plus longue, est de deux à trois ans. Dans cet état et celui de demi-nymphe , ils vivent dans l'eau, souvent cachés , du moins pendant le jour, dans la vase ou sous des pierres, quelquefois encore dans des trous horizontaux, divisés intérieurement en deux canaux réunis , et ayant chacun leur ouverture propre. Ces habitations sont toujours pratiquées dans de la terre, glaise baignée par l'eau qui en occupe les cavités, on ci'oit même que ces larves se nourrissent de cette terre. Quoiqu'elles aient des rapports avec l'Insecte parfait , lorsqu'il a subi sa dernière transformation, elles s'en éloignent cependant à quelques égards; les antennes sont plus longues ; les yeux lisses manquent ; la bouche offre deux saillies en forme de cornes , qu'on regarde comme des mandibules ; l'abdomen a , de chaque côté , une rangée de lames ou feuillets , ordinairement réunis par paires, à leur base, qui sont des sortes de fausses branchies , sur lesquelles les trachées s'étendent et se ramifient, et qui leur servent, nonseulement à la respiration , mais encore pour nager ou se mouvoir avec facilité ; les tarses n'ont qu'un crochet terminal. L'extrémité postérieure du corps se termine par des soies , et en même nombre que dans l'Insecte parfait. La demi-nymphe ne diffère de la larve que par la présence des fourreaux renfermant les ailes. Au moment où elles doivent s'y développer, elle sort de l'eau, et se montre, après avoir changé de peau , sous une nouvelle forme; mais par une exception singulière, ces Insectes doivent encore muer une autre fois, avant que de devenir propres à la génération. On trouve souvent leur dernière dépouille accrochée aux arbres et sur les murs ; souvent même l'animal la laisse sur les vêtements des personnes qui se promènent autour des lieux qu'il habitait.
De Géer avait formé un ordre particulier avec ce genre et celui des Friganes, d'après l'absence ou l'extrême petitesse des mandibules. Dans le Tableau élémentaire de l'histoire naturelle des animaux de Cuvier, ils composent aussi une famille spéciale, celle des Agnathes, mais faisant toujours partie de l'ordre des Névroptères.
Le nombre des ailes et celui des filets de la queue donnent le moyen de diviser le genre des Ephémères.
LE\ de Swammerdam { E . Swammerdiana , Lalr., E. longicauda , Oliv.; Svvamm. Bib. iial., H, xui, 6, 8) , la plus grande de toutes les espèces connues; quatre ailes, queue de deux filets deux ou trois fois plus longs que le corps, qui est d'un jaune roussâlre , avec les yeux noirs. En Hollande et en Allemagne^ dans les grandes rivières.
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VÉ. commune {E. vulgata , Lin.; De G., liisect., II, xv, 9-15), quatre ailes; trois filels au bout de rabdomen ; brune, avec Pabdomen d'un jaune foncé, ayant des taches triangulaires noires; ailes tachetées de brun.
UÉ. diptera de Linneeus n'a que deux ailes ; le mâle a quatre yeux à réseau , dont deux plus grands , placés perpendiculairement comme deux colonnes (1).
La seconde famille , celle
Des Planipennes, (Planipennes.)
Qui compose , avec la suivante , la plus grande partie de l'oidie des Synistates de Fabricius , comprend les Névroptères , dont les antennes, toujours composées d'un grand nombre d'articles , sont notablement plus longues que la têle, sans avoir la forme d'une alêne ou d'un stylet; qui ont des mandibules très distinctes , et les ailes inférieures presque égales aux supérieures, étendues ou repliées simplement dessous, à leur bord intérieur.
Ils ont presque toujours les ailes très réticulées et nues , avec les palpes maxillaires ordinairement filiformes , ou un peu plus gros à leur extrémité , plus courts que la tête , et composés de quatre à cinq articles.
Je partagerai cette famille en cinq sections, composant, à raison des habitudes , autant de petites sous-familles particulières.
1° Les PAi\ORPATEs(P«?«orjOff/œ)deLalreille, qui ont cinq articles à tous les tarses , et l'extrémité antérieure de leur tête prolongée et rétrécie en forme de bec ou de trompe.
Ils constituent le genre
Des Panorbes. (Panokpa. Lin., Fab. ou Mocche-Scorpioiv. )
Elles ont les antennes sétacées et insérées entre les yeux ; le chaperon prolongé en une lame cornée , conique , voûtée en dessous, pour recouvrir la bouche ; les mandibules , les mâchoires et la lèvre presque linéaires ; quatre à six palpes courts , filiformes, et dont les maxillaires ne m'ont oflfert distinctement que quatre articles.
Leur corps est alongé , avec la tête verticale , le premier segment du tronc ordinairement très petit , en forme de collier, et l'ahdomen conique ou presque cylindrique.
Les deux sexes diffèrent beaucoup l'un de l'autre , dans plusieurs espèces. On n'a pas encore observé leurs métamorphoses.
Les mies, et c'est le plus grand nombre, ont la partie nue ou découverte du corselet formée de deux segments , dont le premier plus petit; les deux sexes sont ailés , et les ailes sont propres au vol, plus longues que l'abdomen , ovales
(1) f-^oyez pour les autres espèces, Olivier, Eiicycl. méth. ; Fabricius, et Latreille, Uist. gén. des Crust. et des Insect. tom. XIII, p. 93; etGen. Crust. et Insecl. III, p. 18ô.
ou linéaires, mais point rélrécies à leur extrémité , en manière d'alèue. Tels sont
Les Némoptères , (Nemoptera. Latr., Oliv.)
Qui ont les ailes supérieures écartées, presque ovales , très finement réticulées ; les inférieures très longues et linéaires , et qui manquent d'yeux lisses.
Leur abdomen a presque la même Terme dans les deux sexes ; il paraissent avoir six palpes, et n'ont été observés jusqu'ici que dans les parties les plus méridionales de l'Europe , en Afrique et dans les contrées adjacentes de l'Asie (1).
Les BiTTAQUES. {BiTTAcus. Lat.)
Où les quatre ailes sont égales et couchées horizontalement sur le corps; qui ont des yeux lisses , l'abdomen presque semblable dans les deux sexes, et les pieds très longs , avec les tarses terminés par un seul crochet et sans pelotte (2).
Les Panorpes propres. (Panorpa. Lat. )
Ayant. les ailes et les yeux lisses, comme dans le genre précédent; mais où l'abdomen des mâles se termine par une queue articulée, presque à la manière de celui des Scorpions , avec une pince au bout; où celui des femelles finit en pointe, et dont les deux sexes ont les pieds de longueur moyenne , avec deux crochets et une pelotte au bout des tarses.
La P. commune {Panorpa communis ^ Lin., De G., Insect.,11, xxiv, 5i), longue de sept à huit lignes; noire, avec le museau et l'extrémité de l'abdomen roussàtres , et les ailes tachetées de noir. — Sur les haies et dans les bois (5).
Les autres ont le premier segment du thorax grand, en forme de corselet , et les deux suivants couverts par les ailes dans les mâles ; les ailes sont en forme d'alêne , recourbées au bout , plus courtes que l'abdomen et manquent aux femelles, où celte partie du corps est terminée par une tarière en sabre.
Les Borées. (Boreus. Latr.)
La seule espèce connue {Panorpa kiemaUs , Lin., Gryllus j>roboscideus . Panz., Faun. Insect. Germ., XXll , 18), se trouve en hiver, sous la mousse . au nord de l'Europe et dans les Alpes (4).
2° Les Fourmilions [Myrmeleonides) , ayant aussi cinq articles aux tarses , mais dont la tête ne se prolonge pas en forme de bec ou de museau , et où les antennes vont en grossissant , ou se terminent par un bouton.
Ils ont la tête transverse , verticale , n'offrant que les yeux ordinaires , qui sont ronds et saillants ; six palpes , dont les labiaux ordinairement plus longs que les autres et renflés au bout ; le palais de la bouche élevé en forme d epiglotte ; le premier seg-
(l)Latr. Gen. Crust. et Insect., III, p. 186; Olivier, Encycl. mélh., aiticle|iVé»»ojo/ére. Le docteur Leach le nomme Nomopterys; il en a représenté (Zool. miscell. lxxxv), deux espèces, Lusilanica, Africana.
(2) Latr. ibid.
(3) Foy. pour Icsaulres espèces , Latr. Oliv. ibid. art. /'oHorpc. et Leach (Zool. miscell. xciv ).
(4) Oliv. ibid. art. id.
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ment du thorax petit ; les ailes égales, alongées, disposées en toit ;; l'abdomen le plus souvent long et cylindrique , avec deux appendices saillants, à son extrémité, dans les mâles. Les pieds sont courts. Les Fourmilions fréquentent les endroits chauds des contrées méridionales des deux continents, s'accrochent aux plantes, où ils se tiennent tranquilles pendant le jour, et volent très bien pour la plupart. Leur nymphes sont inactives.
Ces insectes forment le genre
Des FooRMiLioNS , (Myrmeleon. Lin.) Que Fabricius a divisé en deux.
Les Fourmilions proprement dits. (Myrmeleon, Fab.)
Dont les antennes grossissant insensiblement, presque sous la forme d'un fuseau , sont crochues au bout, beaucoup plus courtes que le corps, et dont Fabdomen est très long et linéaire.
La destruction que la larve de Tespèce la plus commune en Europe, fait particulièrement des Fourmis, lui a valu la dénomination de Formica-leo ou Fourmilion. Son abdomen est très volumnieux, proportionnellement au reste du corps. Sa tête est très petite, aplatie, et armée de deux longues mandibules, en forme de cornes, dentelées au côté intérieur, pointues au bout, et qui lui servent à la fois de pinces et de suçoirs. Son corps est grisâtre ou de la couleur du sable où elle vit. Quoique pourvue de six pattes, elle marche lentement, et presque toujours à reculons. Ne pouvant ainsi saisir sa proie à la course , elle lui tend un piège, en forme d'entonnoir, qu'elle creuse dans le sable le plus fin , au pied des arbres, des vieux murs dégradés, au bas des terrains coupés et exposés au midi. Elle arrive au lieu où elle veut s'établir, en pratiquant un fossé, et trace l'enceinte de l'entonnoir, dont la grandeur est relative à sa croissance. Puis , allant toujours à reculons, décrivant par sa marche des tours de spire, dont le diamètre diminue progressivement, chargeant sa tête de sable avec une de ses pattes antérieures , le jetant ensuite au loin , elle vient à bout, quelquefois dans l'espace d'une demi-heure , d'enlever un cône de sable renversé, dont la base a un diamètre égal à celui de l'enceinte, et dont la hauteur égale à peu près les trois quarts de ce diamètre. Cachée et tranquille au fond de sa retraite , ne laissant paraître que ses mandibules , elle attend patiemment qu'un Insecte tombe dans le précipice ; s'il cherche à s'échapper , ou s'il est à une distance qui ne lui permet pas de s'en saisir, elle fait pleuvoir sur lui , avec sa tète et ses mandibules, une si grande quantité de grains de sable, qu'elle l'étourdit elle faitrouler au fond du trou. Elle l'entraîne ensuite ,1e suce et rejette loin d'elle son cadavre.
La matière nutritive qu'elle en retire ne se convertit point en excréments sensibles , d'autant mieux que cette larve , ainsi que plusieurs autres , n'a point d'ouverture analogue à l'anus. Elle peut supporter de longs jeûnes sans paraître en souffrir.
Elle se file , lorsqu'elle veut passer à l'état de nymphe , une coque parfaitement ronde , d'une matière soyeuse , d'un blanc satiné , qu'elle recouvre extérieurement de grains de sable. Ses filières sont situées à l'extrémité postérieure du corps. L'Insecteparfait sort au bout de quinze à vingt jours , et laisse sa dépouille de nymphe à l'ouverture qu'il a faite à la coque.
Le Fourmilion ordinaire { Myrmeleon forjnicarimn , Lin. 5 Rœs. Insect. III,
xvii-xx), long dV^nviron un pouce, noirâtre, taclielé de jaunâtre ; ailes transparentes, avec les nervures noires, entrecoupées de blanc : des taches obscures , et une autre blanchâtre , vers l'extrémité du bord antérieur (1).
Les AscALAPHEs. (AscALAPHus. Fab. )
Oui ont les antennes longues et terminées brusquement en bouton , avec l'abdomen ovale-oblong et guère plus long que le thorax.
Les ailes sont proportionnellement plus larges et moins longues que celles des Fourmilions.
Bonnet a observé , aux environs de Genève, une larve semblable à celle du sous-genre précédent , mais qui ne marche pas à reculons et ne fait pas d'entonnoir (2). L'extrémité postérieure de son ventre offre une plaque bifide et tronquée au bout. Cette larve est peut-être celle de YAscalaphe italique , propre au midi de l'Europe , et que l'on commence à trouver, en France, aux environs de Fontainebleau (5).
3°. Les Hémérobins [Hemerobini.) de Latreille, semblables aux piëcédenls par la forme généiMle du corps et par les ailes, mais dont les antennes sont en filets, et qui n'ont que quatre palpes.
Ils forment le genre
Des Hémérobes. (Hemerobius. Lin., Fab.)
Les uns ont le pi-emier segment du tronc fort petit, les ailes en toit , le dernier article des palpes plus épais , ovoïde et pointu. Les larves sont terrestres. Ils forment le genre
Des HÉMÉROBES proprement dits, (Hemerobius. Lat. )
Qu'on a aussi nommés Demoiselles terrestres. Leur corps est mou , avec les yeux globuleux et ornés souvent de couleurs métalliques ; les ailes grandes, très inclinées, et dont le limbe extérieur est élargi. Ils volent lourdement , et plusieurs répandent une odeur forte d'excréments, dont les doigs demeurent long-temps imprégnés, lorsqu'on les touche.
Les femelles pondent sur les l'euilles, au nombre de dix à douze , des œufs ovales, blancs , qui y sont fixés par le moyen d'un pédicule fort long et capillaire. Quelques auteurs les ont pris pour des espèces de champignons. Les larves ressemblent beaucoup à celles de la division précédente ; elles sont plus alongées et vagabondes. Réaumur les nomme Lions des pucerons ^ parce qu'elles se nourrissent de ces Insectes. Elles les saisissent avec leurs mandibules , en forme de cornes , et les sucent en très peu de temps. Quelques-unes se forment avec leurs dépouilles un fourreau assez épais , ce qui leur donne une apparence bizarre. La nymphe est renfermée dans une coque de soie d'un tissu très serré, dont le volume est très petit, comparativement à celui de l'Insecte. Les filières de la larve sont situées à l'extrémité postérieure du ventre, comme celles des larves de Fourmilions.
(1) yoyci, pour les autres espèces, Latr. Gen. Crust. et Insect.III, p. 190; Oliv. Encycl. niélh. article Myrmélioti. Ployez encore, quant à ce genre et au suivant, l'ouvrage précité do Toussaint Charpentier.
Câ) Trouvée aussi en Dalnialie par Dcjean.
(ô) Les mêmes ouvrages. Foycz aussi , pour quelques espèces de la Nouvelle-Hollande , Leach. , Mélanges de Zoologie.
NEVROPTERES. I5.3
VH. Perle (Hemerobius Pevla, Lin. ; Rœs., Insect., III, siippl. xxi , 4 , 5) , d'un jaune vert ; yeux dorés , ailes transparentes, avec les nervures entièrement vertes (1).
Je H. tacheté Ae Fabricius a trois petits yeux lisses, tandis que les autres en sont dépourvus. Latreille en a formé son genre Osmyle (Osmylus) (2). Celui de Nymphes (Nymphes) du docteur Léach, établi sur des Insectes de la Nouvelle-Hollande, présente le même caractère; mais ici les antennes sont filiformes et plus courtes (5).
Les autres ont le premier segment du thorax grand ; en forme de corselet^ les ailes ordinairement couchées horizontalement sur le corps, et les palpes filiformes, avec le dernier article conique ou presque cylindrique, souvent plus court que le précédent. Les larves sont aquatiques.
Fabricius les réunit aux espèces du genre Perle de Geoffroy , mais qui s'en éloignent par le nombre des articles des tarses , sous le nom générique de
Semblides, (Semblis.)
Ce genre se compose de ceux des Corydales (Corydalis) , des Chauliodes (Chau- LiODEs), et des SiALis(SiALis), dç Latreille. Les premiers se distinguent par les mandibules, qui sont très grandes et en forme de cornes, dans les mâles (4); les seconds par les antennes pectinées (5) , et les troisièmes , en ce que ses mandibules sont de grandeur moyenne , comme dans celui-ci , que les antennes sont simples , ainsi que dans celui-là , et des deux précédents , en ce que les ailes sont en toit. A ce dernier sous-genre appartient
La Semblide de la boue {Hemeroblus liitarius , Lin.; Rœs. Insect. II , class. 2, Insect. aquat. , xiii) , d'un noir mat , avec les ailes d'un brun clair, chargées de nervures noires. La femelle dépose une quantité prodigieuse d'œufs, qui se terminent brusquement par une petite pointe , sur les feuilles des plantes ou des corps situés près des eaux. Ils y sont implantés perpendiculairement comme des quilles , avec symétrie, contigus , et y forment de grandes plaques brunes. La larve vit dans l'eau , où elle court et nage très vite. Elle a , ainsi que celles des Ephémères , des fausses branchies sur les côtés de l'abdomen , et son dernier anneau s'alonge en forme de queue ; mais elle se change en une nymphe immobile.
4« Une autre division, celle des Termitines {Termitinœ)^ comprendra des Névroptères à demi-métamorphose, tous terrestres ; actifs , carnassiers ou rongeurs , dans tous les étals. Si l'on en excepte les Mantispes, bien distinctes de tous les Insectes
(1) Ajoutez les H. fîlosus , albus , capttatus , palœnoides , nitidultis , hirtus, fuscalux , htimuli , variegatus , tiervostis , de Fabricius. f^oi/. Latr. Gen. Ciust. et Insect. III, pag. 196.
(5) Latr.ibid.
(û) Nymphes Myrmeleonides , Leach. Zool. miscell., xlv. Peut-être a-t-il six palpes, et dans ce cas il appartieiuhait à la division précédente.
(4) Latr. Gen. Crus, et Insect. III p. 199.
(5)Ibid. p.l98.
T. ni. 20
de cet ordre , par la forme de leurs pattes antérieures , ressemblant aux mêmes des Mantes ; les tarses ont quatre articles au plus, ce qui les éloigne des genres précédents de la même famille. Les mandibules sont toujours cornées et fortes. Les ailes inférieures sont presque de la grandeur des supérieures, et sans plis, ou plus petites.
Les uns ont de cinq à trois articles aux tarses , des palpes labiaux saillants et très distincts; les antennes généralement composées de plus de dix articles, le prothorax grand , en forme de corselet; les ailes égales et très réticulées.
Les Mantispes (Manpispa. lUig. — Rhaphidia. Scop., Lin. — Mantis, Fab., Pall., Oliv.)
Ont cinq articles à tous les tarses, et les deux premières pattes conformées sur le modèle des mêmes des Manies, ou Ravisseuses. Ces Insectes ont des antennes fort courtes et grenues , les yeux grands , le prothorax fort long, épaissi en devant, et les ailes en toit (1).
Les Raphidies, (Raphidia. Lin., Fab.
Qui ont quatre articles aux tarses : les ailes en toit; la tête alongée, rétrécie en arrière ; le corselet long , étroit et presque cylindrique ; l'abdomen des femelles se termine par un long oviducte extérieur, formé de deux lames.
La R. commune (R. ophlopsis , Lin. ; De G., Insect., II , xxv ,4 — 8), longue d'un demi-pouce , noire, avec des raies jaunâtres sur Tabdomen ; ailes Iransparenles, avec une tache noire vers le bout. Dans les bois.
La larve se tient dans les fissures des écorces d'arbres , et a la forme d'un petit serpent. Elle est très vive (2).
Les Termites, (Termes. Hemerobius. Lin.)
Qui ont aussi quatre articles à tous les tarses, mais dont les ailes sont couchées horizontalement sur le corps, très longues ; dont la tête est arrondie et le corselet presque carré ou en demi-cercle.
Leur corps est déprimé , avec les antennes courtes et en forme de chapelet ; la bouche presque semblable à celle des Orthoptères et la lèvre quadrifide; trois yeux lisses, dont un peu distinct, sur le front, et les deux autres situés , un de chaque côté , près du bord interne des yeux ordinaires; les ailes d'ordinaire légèrement transparentes, colorées, à nervures très fines et très serrées, ne formant pas de réseau bien distinct ; deux petites pointes coniques et à deux articles au bout de l'abdomen , et les pieds courts.
Les Termites, propres aux contrées situées entre les tropiques ou à celles qui les avoisinent , sont connus sous le nom de Fourmis blanches, poux de
(1) Latr. Gêner. Crust. et Insect. III, 95.
(2) Foyez Lalv. Gen. Cnisl. et Insect. III, p. 20ô; Fab. Entom. Syst.; et Illiger, édition du Fanna Etrnsca de Ros.si.
! NEVROPTERES. 153
bois, Caria, ctc.j, et y font d'horribles dégâts, sous la forme de larves, plus particulièrement. Ces larves, ou les Termites ouvriers, travailleurs, ressemblent beaucoup à l'Insecte parfait ; mais elles ont le corps plus mou, sans ailes, et leur tête, qui paraît proportionnellement plus grande, est ordinairement privée d'yeux, ou n'en a que de très petits. Elles sont réunies en sociétés, dont la population surpasse tout calcul , vivent à couvert dans l'intérieur de la terre, des arbres, et de toutes les matières ligneuses , comme meubles , planches, solives, etc., qui font partie des habitations. Elles y creusent des galeries, qui forment autant de routes conduisant au point central de leur domicile, et ces corps ainsi minés, ne conservant que leur écorce , tombent bientôt en poussière. Si des obstacles les forcent d'en sortir, elles construisent en dehors, avec les matières qu'elles rongent , des tuyaux ou des chemins qui les dérobent toujours à la vue. Les habitations ou les nids de plusieurs espèces sont extérieures , mais sans issue apparente. Tantôt elles s'élèvent au-dessus du sol, en forme de pyramides, de tourelles, quelquefois surmontées d'un chapiteau ou d'un toit très solide , et qui, par leur hauteur et leur nombre, ont l'apparence d'un petit village; tonlôt elles forment, sur les branches des arbres , une grosse masse globuleuse. Une autre sorte d'individus, des Neutres, nommés aussi iÇoWa^.s, et que Fabricius prend faussement pour des nymphes , défend l'habitation. On les distingue à leur tète beaucoup plus forte et plus alongée , et dont les mandibules sont aussi plus longues, étroites et très croisées l'une sur l'autre. Ils sont beaucoup moins nombreux , se tiennent près de la surface extérieure de l'habitation, se présentent les premiers dès qu'on y fait une brèche , et pincent avec force. On dit aussi qu'ils forcent les ouvriers au travail. Les demi-nymphes ont des rudiments d'ailes, et ressemblent d'ailleurs aux larves.
Devenus Insectes parfaits, les Termites quittent leur retraite primitive, s'envolent le soir ou la nuit, en quantité prodigieuse , perdent, au lever du soleil , leurs ailes qui se sont desséchées , tombent , et sont en majeure partie dévorés par les Oiseaux, les Lézards et leurs autres ennemis. Au rapport de Smeathmann , les larves recueillent les couples qu'elles rencontrent, enferment chacun d'eux dans une grande cellule, sorte de prison nuptiale où elles nourrissent les époux; mais j'ai lieu de présumer que l'accouplement a lieu, comme celui des Fourmis, dans l'air ou hors de l'habitation, et que les femelles occupent seules l'attention des larves, dans le but de former une nouvelle colonie. L'abdomen des femelles acquiert, à l'aison de la quantité innombrable des œufs dont il est rempli, un volume d'une grandeur étonnante. La chambre nuptiale occupe le centime de l'habitation, et autour d'elle sont distribuées avec ordre celles qui contiennent les œufs et les provisions.
Quelques larves de Termites, dits F'oyageurs, ont des yeux et paraissent avoir des habitudes un peu différentes , et se rapprocher davantage , sous ce rapport , de nos Fourmis.
Les Nègres , les Hottentots sont très friands de ces Insectes. On les détruit avec de la chaux vive , et mieux encore avec de l'arsenic que l'on introduit dans leur domicile. Les deux espèces suivantes, que l'on trouve dans nos départements méridionaux, vivent dans l'intérieur de diveis arbres.
Le T. lucifuge ( T. lucifugum , Ross. , Faun. , Etriisc. , Mant. II , v , k , ) noir , luisant ; ailes brunâtres , un peu transparentes , avec la côte plus obscure; extrémités supérieures des antennes , jambes et tarses d'un roussâtre pâle.
Il s'est tellement multiplié à Rochefort, dans les ateliers et les magasins de la marine, qu'on ne peut réussir à le détruire , et qu'il y fait de grands ravages.
Le T. à corselet jaune {T.flavicolle, Fab.,) n'en diffère que par la couleur du corselet. Il nuit beaucoup aux oliviers , surtout en Espagne.
Linnœus a placé les larves dans son genre Termes de l'ordre des Aptères^ et les individus ailés avec les Hémérobes.
On n'a caractérisé que très imparfaitement les espèces exotiques. Linnaeus en confond plusieurs sous le nom de Termes fatale (1).
Les autres Termitines ont deux articles aux tarses , les palpes labiaux peu distincts et très courts , les antennes d'environ dix articles, le premier segment du tronc très petit , et les ailes inférieures plus petites que les supérieures.
Ils forment le genre
Des PsoQCES. (Psocus. Lat., Fab. — Termes Hemerohius. Lin.)
Ce sont de très petits Insectes , dont le corps est court, très mou, souvent renflé ou comme bossu , avec la tête grande , les antennes sétacées , les palpes maxillaires saillants , et les ailes en toit , peu réticulées ou simplement veinées. Us sont très agiles , vivent sur les écorces des arbres , dans le bois , le vieux chaume , etc. On trouve communément dans les livres et les collections d'Insectes ou de plantes , l'espèce suivante :
Le P. pulsateur , vulgairement Pou du bois {Termes pulsatorium, Lin.; Schaeff , Elem., Entom. cxxvi, 1, 2) ; il est, le plus souvent, sans ailes , d'un blanc jaunâtre , avec les yeux et de petites taches sur l'abdomen , de couleur rousse. On avait cru qu'il produisait ce petit bruit, pareil au battement d'une montre , que l'on entend souvent dans nos maisons , et dont nous avons parlé au genre Krillette. Telle est l'origine de son nom spécifique (2).
5^ Les Perlides, {Perlides) ^ qui ont trois articles aux tarses, les mandibules presque toujours en partie membraneuses et petites , avec les ailes inférieures plus larges que les supérieures , et doublées sur elle-mêmes au côté interne.
(1) Voyez Latr. Gêner. Crust. et Insect. III, p. 203 , et non v. Dict. d'hist. nat., art. Termes.
Des Insectes des contrées méridionales de l'Europe et de l'Afrique, analogues au Termes ; mais à tête plus large que le corselet , à tarses de trois articles , à ailes ne dépassant guère l'abdomen, ou nulles , ayant les pieds comprimés, les deux jambes antérieures plus larges, sans yeux lisses , et dont le corselet est alongé , forment le genre que j'ai indiqué dans mes familles naturelles du règne animal, sous le nom d'EiMEiE [Evibia) ; il est figuré dans le grand ouvrage sur l'Égvpte.
(2) Foijez Latr. Gen. Crust. et Insect. III, p. 207; Fab. Supp. Entom. Syst. et la Monographie de ce genre, dans la première décade des Illust. Icon. des Insect. de Coquebert. Le quatrième volume du magasin entomologique de Germar offre quelques observations anatomiques sur l'espèce commune {Pulsalorius ).
NÉVROPTÈRES. 137
Elles comprennent le genre
Perle. (Perla) de Geoffroy.
Leur corps est alongé , étroit, aplati, avec Ja tête assez grande , les antennes sétaeées, les palpes maxillaires très saillants, le premier segment du tronc presque carré , les ailes couchées et croisées horizontalement sur le corps , et l'abdomen terminé ordinairement par deux soies articulées. Leurs larves sont aquatiques et vivent dans des fourreaux qu'elles se construisent à la manière de celles de la famille suivante, et où elles passent à l'état de nymphe. Elles subissent leur dernière transformation aux premiers jours du printemps.
Les NÉMouRES (Nemoura) de Latreille , diffèrent des Perles proprement dites, par leur labre très apparent, leurs mandibules cornées, les articles presque également longs de leurs tarses, et en ce que leur abdomen n'a presque pas de soies au bout (1).
La P. à longue queue {Pkryganea bicaudata. Lin.; Geoff., Insect. II, xiii, 2), longue de huit lignes, d'un brun obscur , avec une ligne jaune le long du milieu de la tête et du corselet; nervures des ailes brunes; soies de la queue presque aussi longues que les antennes. Commune au printemps , sur les bords des rivières (2).
La troisième famille des Névroptères ,
Les PLICIPENNES, (PLICIPENNES.) (3).
N'ont point de mandibules, et leurs ailes inférieures, sont ordinairement plus larges que les supérieures , et plissées dans leur longueur. Elle se compose du genre
Des Friganes. (Phrygawea. Lin., Fab.)
Ces Névroptères ont l'air , au premier coup-d'œil , de petites Phalènes , ce qui les a fait nommer par Réaumur Mouches Papilionacées. De Géer même observe que l'organisation intérieure de leurs larvesales plus grands rapports avec celle des Chenilles. La tête de ces Névroptères est petite , et oflFre deux antennes sétaeées , ordinairement fort longues et avancées; des yeux arrondis et saillants; des yeux lisses situés sur le front ; un labre conique ou courbé ; quatre palpes, dont les maxillaires le plus souvent très longs , filiformes ou presque sétacés , de cinq articles , et les labiaux de trois , avec le dernier un peu plus gros , des mâchoires et une lèvre mem-
(1) Foijes Latr. Gen. Crust. et Insect. III, p. 210; Oliv. Encycl, méth. article Némoure; j}hrijganca nebulosa , Linn. etc.
(2) Foyez Geoffroy et Latr. ibid.
(3) Elle forme dans les Méthodes de Rirby et Leach, l'ordre des Trichoptères (Trichop- TERA ) , qui se lierait par les Tinéïtes , avec celui des Lépidoptères. Mais , comme des Plicipennes on passe naturellement aux Perles, l'on serait forcé, en continuant de suivre la série des rapports naturels , de terminer les Névroptères, par les Libellules et les Éphémères , dont l'organisation et les habitudes diffèrent beaucoup de celles des Hyménoptères , succédant aux Névroptères dans cette Méthode. Les Libellules et les autres Névroptères, qui, dans la nôtre, viennent immédiatement après, nous paraissent être ceux qui se rapprochent le plus des Orthoptères.
braneuse réunies. Le corps est le plus souvent hérissé de poils, et forme , aveeles ailes, un triangle alongé , comme plusieurs Noctuelles ou Pyrales. Le premier segment du thorax est petit. Les ailes sont simplement veinées, ordinairement colorées ou presque opaques, soyeuses ou velues, dans plusieurs , et toujours en toit très incliné. Les pieds sont alongés, garnis de petites épines , avec cinq articles à tous les tarses. Ces Insectes volent principalement le soir et dans la nuit , pénètrent souvent dans les maisons , attirés par la lumière , sont d'une vivacité extrême dans tous leurs mouvements , ont une mauvaise odeur , sont placés bout à bout dans l'accouplement, et restent long-temps dans cet état. Les petites espèces voltigent par troupes, au-dessus des étangs et des rivières. Plusieurs femelles portent leurs œufs , rassemblés en un paquet verdàtre , à l'extrémité postérieure de leur abdomen. De Géer a vu de ces œufs qui étaient renfermés dans une matière glaireuse, semblable à du frai de grenouille , et placée sur des plantes ou d'autres corps , au bord des eaux.
Leurs larves , que d'anciens naturalistes ont nommées Ligniperdes , et d'autres Charrées, vivent toujours comme les Teignes , dans des fourreaux Ordinairement cylindriques, recouverts de différentes matières qu'elles trouvent dans l'eau, comme des morceaux de gramen, de jonc, de feuilles, de bois , de racines , de graines , de sable , même de petites coquilles , et souvent arrangés avec symétrie. Elles lient ces différents corps avec des fils de soie, matière contenue dans des réservoirs intérieurs, semblables à ceux des Chenilles , et dont les fils sortent également par des filières de la lèvre. L'intérieur de l'habitation forme un tube qui est ouvert aux deux bouts pour l'entrée de l'eau. La larve traîne toujours son fourreau avec elle , fait sortir l'extrémité antérieure de son corps lorsqu'elle marche , ne quitte jamais sa maison , et y rentre volontairement lorsqu'on l'en retire de force et qu'on la laisse à sa portée.
Ces larves sont alongées, presque cylindriques, ont la tête écailleuse , pourvue de fortes mandibules et d'un petit œil de chaque côté , six pieds, dont les deux antérieurs plus courts et ordinairement plus gros , et les autres alongés. Leur corps est composé de douze anneaux, dont le quatrième a , de chaque côté, dans le plus grand nombre , un mamelon conique; le dernier se termine par deux crochets mobiles. On voit aussi , dans la plupart , deux rangées de filets blancs , membraneux et très flexibles , qui paraissent être des organes respiratoires. Lorsque ces larves veulent se transformer en nymphes, elles fixent à différents corps , mais toujours dans l'eau, leurs tuyaux, en fermant les deux ouvertures avec une porte grillée , dont la forme , de même que celle du tuyau , varie selon les espèces.
Elles ont soin d'arrêter leur demeure portative de manière que l'ouverture, située au point d'appui, ne soit point bouchée.
La nymphe a, en devant, deux crochets qui se croisent, et forment l'apparence d'un nez ou d'un bec. Elle s'en sert pour percer une des deux cloisons grillées , et en sortir lorsque le moment de sa dernière transformation est arrivé.
Immobile jusqu'alors , elle marche ou nage maintenant avec agilité, au moyen de ses quatre pieds antérieurs qui sont libres et pourvus de franges de poils serrés. Les Nymphes des grandes espèces sortent tout-à-fait de l'eau et grimpent sur différents corps, où s'opère leur dernière muej les
NEVROPTERES. 159
petites se rendent simplement à sa surface et s'y transforment en Insectes ailés , à la manière des Cousins et de plusieurs Tipulaires ; leur ancienne dépouille leur sert de bateau.
Les unes ont les ailes inférieures évidemment plus larges que les supérieures , et plissées. 7
Les Séricostomes (Sericostoma. Lat.)
Ont , dans l'un des sexes , les palpes maxillaires en forme de valvules , recouvrant la bouche en manière de museau arrondi , de trois articles , et sous lesquels l'on découvre un duvet épais et cotonneux 5 ceux de l'autre sexe sont filiformes, et de cinq articles (1).
Les Frigaxes propres (Phryganea.)
Ont la bouche semblable dans les deux sexes , et les palpes maxillaires plus courts que la tète et le corselet, et peu velus. jàt^
La F. grande (P. grandis; Rœs. , Insect. II, Ins. aq. , cl. 2, xvii) , la ^■
plus grande de notre pays. Antennes de la longueur du corps; ailes supérieures d'un brun grisâtre , avec des taches cendrées , une raie longitudinale noire, et deux ou trois points blancs à leur extrémité.
Le tuyau de sa larve est revêtu de petits fragments d'écorces ou de matières ligneuses , disposés horizontalement.
La F. fauve {P. striata. Lin. ; Geoff, Insect. II, xiii, 5), longue de près d'un pouce , fauve , avec les yeux noirs et les nervures des ailes un peu plus foncées que le reste.
La F. à rliombe {P. rho7nbica ;Rœs. , ibid. xvi) , longue de sept lignes, d'un jaune brun ; une grande tache blanche , en forme de rhombe et latérale, aux ailes supérieures. Le tuyau de la larve est garni de petites pierres et de débris de coquilles (2).
Quelques espèces, telles que les sm\ antes, Jilosa^ quadrifasciala , longicornis , hlrta, nigra , ont des antennes excessivement longues, et les palpes maxillaires pareillement fort longs , et très velus. Elles forment notre sousgenre Mystacide (Mystacida.)
Les autres ont les quatre ailes étroites , lancéolées, presque égales, et sans plis.
A cette division appartient le genre Hydroptile (Hydroptila) de Dalman. Les antennes sont courtes , presque grenues et de la même grosseur (3).
L'on pourrait composer un autre sous-genre {Psychomyie), avec d'autres Friganes à ailes semblables, mais dont les antennes sont longues et sétacées, ainsi que dans presque toutes les autres. On en rencontre très souvent dans les jardins, sur les feuilles de divers arbustes, une espèce très petite, d'une grande vivacité , dont tout le corps est d'un brun fauve , avec les antennes annelées de blanc , et qui me paraît inédite ou imparfaitement décrite.
(1) Genre établi sur une espèce des environs d'Aix, communiquée parBoyerde Fons- Colombe, et que de Labillardière, de l'acad. roy. des sciences, a aussi rapportée du Levant.
(2) Foyez , pour les autres espèces , Fabricius, De Géeret Rœsel.
(3) Anal.Entom.p. 26.