RÉVOLTE DE GUILLAUME DE GOTHIE
l'a vu1, avait institué pour marquis un comte Sunifré, au moment même où il assiégeait Toulouse, en 844, et faisait condamner à mort Bernard de Gothie. Sunifré étant mort quelques annnées après, Charles lui donna pour successeur, peut-être à Limoges en 848, un ancien serviteur de son père, le comte de Troyes Aleran -.
Le fils aîné de Bernard, Guillaume, qui, on l'a vu3, s'était rallié à Pépin, crut le moment favorable de recouvrer la Gothie, tout au moins la partie située au delà des Pyrénées. Il n'hésita pas à avoir recours aux infidèles. Abd-er-rhaman, khalife de Gordoue, lui fournit des troupes. Avec l'aide des Musulmans, à la fin de 848, Guillaums s'empara par surprise d'Ampurias et de Barcelone et expulsa le marquis Aleran de cette dernière ville, boulevard et capitale de la marche d'Espagne4.
Charles, de Toulouse s'avança jusqu'à Narbonne, principale cité de la Gothie cispyrénéenne ou Septimamie. Il s'y rencontra avec Aleran 3
rabili viro Heriberlo, abbati Fontinellensis monasterii, simulque Odoni viro illustri, ad custodiendum. Homines quoque Heriberti abbatis, injecto igné, praedictara portam igné cremaverunt maxinia ex parte. Quo metu custos ejusdem urbis, Fridolo nomme, in crastino in deditionein venit, datisque sacramentis, post rege urbem ingresso, reddita est illi civitas ad custodiendum » (loc. cit., t. II, p. 388).
La brièveté du siège et la mollesse de la résistance sont attestées par le silence de Prudence qui ne parle même pas de Toulouse et se contente de dire que Charles soumit les rebelles par la conciliation : a Karolus Aquitaniam ingressus pêne omnes, Christo sibi propitio, conciliando subjugat » (Annales Bertiniani, p. 3? .
Fridolon était un des plus grands personnages de l'Aquitaine. Hincmar usait de son influence auprès de Pépin II pour la protection des biens de l'église de Reims en Auvergne, Limousin et Poitou (Flodoard, Hist. eccles. Rem. t. III, c. 20<. Il était fils aîné de Foucaud, missus en Rouergue ou en Nemsès, en 836. Son frère cadet, Raimond, lui succédera vers 850-851, non seulement dans le Toulousain, mais aussi dans le Rouergue et le Limousin et sera la souche des comtes de Toulouse-Rouergue. Voy. F. Lot, Fidèles ou Vassaux, p. 99 et suiv. — La brillance conduite du comte Eude sera récompensée peu après. Voy. p. 207, note 2.