Voir le texte de Nithard cité ci-dessus, p. 14, note
5. Nous allons voir, en effet (p. 16), qu'après quelques négociations assez lentes, il avait décidé de passer à Tours le 10 août.
6. Nithard, II, 2, éd. Millier, p. 14 : « Per idem tempus Karolus Bituricas ad placitum quo Pippinum sui juraverant venturum venerat. Qui quidem ex omnibus nuntio recepto... »
7. Nithard, auquel nous devons le récit détaillé de tous ces événements, était fils de l'abbé de Saint-Riquier Angilbert et de Berthe, fille de Charlemagoe.
8. Lothaire était, en effet, le parrain de Charles. Cf. Vita Hludowicl, lx, où il est dit que Charles devait, en vertu du partage de 839, soumission à Lothaire « tanquam patri spirituali ac fratri seniori ». Lothaire lui-même, au dire de Nithard (II, 1, éd. Millier, p. 14) aurait rappelé la chose à Charles, lors de l'ambassade qu'il lui envoya au lendemain de la mort de Louis le Pieux, puisqu'il lui aurait prorais alors de se conduire envers lui « sicut erga filiolum ex baptismate oportebat d.
i6 ORGANISATION MILITAIRE DE L AQUITAINE [840]
pas rompre la paix, il était prêt à en donnera son frère tous les gages que celui-ci désirerait '.
Lothairefit mine d'accueillir favorablement ce message, mais, déclarant qu'il ferait parvenir sa réponse par ses gens, il chargea seulement Nithard et son compagnon de saluer leur maître de sa part 2. Avant de les congédier, il tenta même de les attirer dans son parti, et comme ils se refusaient à trahir, il leur enleva tous les bénéfices dont Louis le Pieux les avait gratifiés3. Cette dernière manœuvre était significative.
Au même moment, les habitants d'entre Seine et Meuse adressaient à Charles un appel éploré, lui demandant d'accourir, de peur que Lothaire ne prît les devants *. La situation du jeune roi était critique : malgré les promesses formelles faites par ses partisans5, Pépin II n'avait point paru à l'assemblée de Bourges6. On pouvait donc toujours craindre en Aquitaine une reprise du mouvement insurrectionnel. Tout en licenciant une partie de ses troupes7, Charles organisa dans le pays trois grands commandements, à Clermcnt, à Limoges et à Angou lême, confiés, le premier à Modoin, évêque d'Autun, et à Aubert, comte d'Avallon, le second au comte Gérard, le troisième à Renaud, comte d'Herbauge8, et, ces mesures prises, il se hâta de gagner la ((Franco).
Suivant l'ancienne route romaine qui de Bourges allait rejoindre la Loire à Tours, où l'on attendait son passage pour le 10 août, il avait