‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 26 sur 211 · INVASION DU ROYAUME DE CHARLES PAR LOTHAIRE · texte numérisé non relu

INVASION DU ROYAUME DE CHARLES PAR LOTHAIRE

Une action énergique eût été d'autant plus nécessaire que Lothaire, levant le masque, venait, quelques jours auparavant, de disposer du siège épiscopal de Reims, comme s'il eût fait partie de ses états, en faveur de l'évêque Ebon. déposé au temps de Louis le Pieux1. Par malheur, au même moment, la nouvelle arrivait au roi d'une attaque concertée de Pépin et de ses partisans contre l'impératrice Judith 2. Aussitôt Charles quitte la « France », recommandant qu'on vienne l'avertir au cas où Lothaire prendrait l'offensive3, et il envoie à ce dernier une seconde ambassade, composée d'Alard4, de Hugue, de Gérard et d'Égilon, pour le rappeler une dernière fois au respect des conventions5.

Lothaire, cette fois, ne chercha plus à dissimuler : débarrassé provisoirement de Louis le Germanique, avec lequel il avait conclu une trêve jusqu'au 11 novembre6, et voyant venir à lui tous ceux qui, à l'est de la forêt Charbonnière, avaient abandonné la cause de son frère", il résolut de profiter de la situation. Franchissant la Meuse, qui marquait la frontière des deux états 8, il se dirigea vers la Seine 9. Le 10 octobre, il était au palais de Yer, au sud-est de Senlis 10. A mesure qu'il avançait, les défections en sa faveur se multipliaient :

(Ann. Bertin., ann. 841, éd. Waitz, p. 26). Le Maasgau oriental, sur la rive droite du fleuve, devait, en vertu du traité de \Vorms, appartenir à Lothaire.

Page 1