‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 66 sur 211 · JONCTION DE CHARLES ET DE LOUIS · texte numérisé non relu

JONCTION DE CHARLES ET DE LOUIS

et sachant que Louis cherchait à le joindre avec une forte armée, il décida d'aller à sa rencontre '.

11 arriva à Ghâlons-sur-Marnc pour Noël2 et se rendit de là à Troyes3. Suivant, semble-t-il, la route romaine qui de Ghâlons se rendait à Autun, il avait déjà dû atteindre Avallon4 quand il apprit que Louis se heurtait sur les bords du Rhin, — vraisemblablement du côté de Strasbourg, — à Ottokar, évêque de Mayencetj. Coupant droit à travers l'Auxois, il précipita sa marche sur ïoul et franchit les Vosges au col de Saverne6. Cette marche rapide suffit à faire fuir Ottokar7, et les deux frères purent faire leur jonction à Strasbourg, le 14 février 842 8.

Comprenant désormais qu'il ne pourraient triompher définitivement de Lothaire qu'en restant étroitement unis, ils conclurent dans cette ville une alliance précise et solennelle. Les détails de la cérémonie nous ont été heureusement conservés. Les deux rois commencèrent par haranguer leurs sujets, chacun dans sa langue, d'abord l'aîné, Louis, en francique, puis Charles en roman : a Vous savez », déclara

1. Nithard, III, 4, éd. Mùller, p. 34 : « His ita se habentibus, repente nuntium accepit (Lodharius) quod Lodhuvicus et Karolus una cum ingenti exercitu alter alteri studeret. »

2. Ann. Bertin., ann. 841, é I. Waitz, p. 27 : « Karolus apud Parisios diutius diversatus urbem Catalaunis nalivitatis dominicae festum inibi celebraturusadvenit. » C'est sans doute par suite d'une confusion que l'annaliste fait ici mention d'un séjour de Charles à Paris : il a oublié la chevauchée du roi dans le Perche.

3. Ann. Bertin., ann. 842, éd. Waitz, p. 27 : « Inde Trecas adiens... »

4. C'est ce que suppose l'itinéraire indiqué par les Annales de Saint-Bertin (voir la note 6) : pour que Charles ait dû traverser FAuxois pour se rendre à Toul, après avoir quitté Chàlons, il faut qu'il ait pris à Chàlons la route romaine d' Autun, comptant sans doute rejoindre Louis du côté de la Saône, et qu'il n'ait été averti qu'aux environs d'Avallon de l'endroit exact où son frère se trouvait.

5. Nithard, III, 4, éd. Millier, p. 35: « lnterea audiens Karolus quod Otgarius, Maguntiae sedis episcopus, una cum ceteris Lodhuwico fratri suo transitum ad se prohibuisset... » Cf. Dùmmler, Gesch. des ostfrank. Relches., 2e éd., 1. 1, p. 170.

6. Ann. Bertin., éd. Waitz, p. 27 : « Inde Trecas adiens, per Alsensem pagum et Tullum civilatem, Vosegi saltu transposito... » ; Nithard, III, 4, éd. Mùller, p. 35 : « Iter per Tullensem urbem accelerans,Elisazam ad Zabarnam introiit. »

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