Le règne de Jésus-Christ [microforme]
Sermon prononcé dans la chapelle des Dames Religieuse Ursulines de Québec, le 22 juin 1900, pour la clôture du Triduum à l’occasion du deuxième centenaire de la chapelle du Sacré-Cœur.
Adveniat regnum tuum !
Que votre règne arrive !
Mes frères,
Je n'ai point à vous donner la raison de ces fêtes à la fois intimes et solennelles qui vont finir, — Vous avez tenu à vous associer aux filles de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation pour remercier Dieu qui a bien voulu placer, il y a deux cents ans, dans la chapelle de cet antique monastère, le berceau du culte public du Sacré-Cœur de Jésus dans notre pays. Vous avez ainsi rempli un devoir de reconnaissance envers Notre Seigneur Jésus-Christ qui a fait cette gloire à votre ville, et envers cette famille religieuse à laquelle vous devez sans doute la plupart, ces traditions de foi et de piété qui font la joie et l'honneur de vos familles. En même temps vous êtes entrés dans Îles sentiments du chef de l'Eglise qui demande à tous les catholiques de consacrer par des hommages solennels au Sacré-Cœur de Jésus le siècle qui achève et celui qui va commencer. C'est plus qu'il n'en faut pour vous féliciter de votre pieuse assistance et pour croire qu'elle ne sera pas sans fruit pour vos âmes.-—Mais puisque vous revenez, au soir de ce dernier jour, demander encore une parole d'édification que vous emporterez comme un dernier souvenir de ce deuxième centenaire,que vous dirai-je,si ce n’est l'enseignement pratique que l'Eglise entend vous donner par ces fêtes et le fruit qu'elle en attend ? Car si les joies stériles des fêtes mondaines se flétrissent et s’effeuillent sans laisser d'elles qu'un souvenir doux ou amer, les joies saintes des fêtes chrétiennes sont tuujours fécondes. Elle ne durent point sur la terre où tout passe, mais elles ne semblent mourir que pour engendrer dans les âmes des fruits de vie et de salut.
Or, mes frères, le fruit que l'Eglise espère pour vous de ces fêtes, c’est celui que le Souverain Pontife attend des
hommages universels au Cœur Sacré de Jésus qu'il a demandés au monde chrétien ; c'est celui-là même que Notre Seigneur Jésus-Christ s'est proposé en prèchant,il y a deux cents ans, par ses saintes servantes, le culte des on Cœur adorable ; c'est celui que Dieu le Père a voulu en envoyant en ce monde son Fils unique pour le racheter dans son sang. S. Paul nous dit en trois mots tout ce dessein de Dieu : Z#s{aurare omnia in Christo.. Donner le monde entier à Jésus-Christ comme à son roi et à son chef, voilà le dessein de Dieu. Vous donner complètement à Jésus-Christ et par vous lui gagner un grand nombre d'âmes ; en d’autres termes affermir et achever en vous le règne de Jésus-Christ, et par vous le propager et l'étendre, voilà le fruit que l'Eglise attend de ces fêtes et de votre dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.
C'est pourquoi la parole qui résume le mieux l'enseignement pratique de ces fêtes, et qui doit être naturellement le thème de ce dernier entretien, c'est celle que Notre Seigneur Jésus-Christ a mise sur nos lèvres et que nous récitons tous les jours sans peut-être en approfondir la portée : Advenrat regnum tuum ! Que votre règne arrive ! Que votre règne arrive, éternel et glorieux dans l'Eglise triomphante au ciel ! Oui sans doute ; mais qu'il arrive glorieux aussi et incontesté dans l'Eglise militante et par elle sur toute la terre et jusqu'à la fin des siècles ! Que votre règne, qui est celui de votre Fils Jésus, s'achève en nous par une possession incontestée de notre esprit, de notre cœur et de toute notre vie, et que par nous il se propage dans le monde et s'affermisse autour de nous !—C'est le sens complet de cette prière, que je voudrais vous commenter en quelques mots simples et familiers.
Le premier fruit de ces fêtes,et de toute vraie dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, ce doit être l'extension et l'affermissement du règne de Jésus-Christ en vous d'abord.
Que veux-je dire, mes frères ? Que Jésus-Christ ne règne pas sur vous ? Que vous n'êtes pas chrétiens ? A Dieu ne plaise que je méconnaisse les grâces qu'il vous a faites. — [1 ne s'agit point ici de ce règne essentiel de Jésus- Christ par la foi et la grâce sanctifiante sans lequel il n'y a point de salut.——-Votre foi, pourrais-je dire avec l’apôtre,
elle est connue du monde entier ; et vous la manifestez par des œuvres. Votre présence ici ce soir me dit que nonseulement vous êtes chrétiens, mais que vous savez encore faire dans votre vie une part aux œuvres de piété et de dévotion qui ne sont point indispensables au salut.
Que veux-je donc dire ?--Que votre vie sincèrement chrétienne de volonté et d'intention, se sent encore trop du malheur des temps où nous vivons ;-—-non point parce que dans notre pavs comme dans bien d'autres Jésus-Christ règne à la condition de ne pas gouverner, mais plutôt parce que souvent Jésus-Christ gouverne pratiquement notre vie à la condition de ne pas régner.—Nous faisons en fait et implicitement sa volonté,nous accomplissons à peu près tout ce qu'il commande absolument, sinon tout ce qu'il désire, mais par habitude prise dans l'enfance, par routine, par instinct religieux, plutôt que par conviction personnelle de sa royauté et par la preoccupation du service et de la gloire de sa Majesté.
Ce qui manque à notre foi, et par suite à notre vie chrétienne, puis-je vous le dire sans vous blesser ? oui, puisqu en vous blessant, je me blesserais moi-mème.—[Ce qui manque à un grand nombre de chrétiens et de chrétiennes mème et peut-être surtout dans les classes instruites de notre société,c'est la connaissance complète, parfaite, personnelle de Jésus-Christ, —ce que l'apôtre appelait la science suréminente de Jésus-Christ. -— S7 scires donum Dei ! Si vous saviez le don de Dieu, disait Notre Seigneur à cette femme à laquelle 11 demandait à boire au bord du puits de Jacob. Le don de Dieu, c'est Jésus- Christ. Nous aussi, chrétiens,si nous connaissions le don de Dieu. Szscires donum Dei !
Ah ! sans doute, nous avons une connaissauce élémentaire de Jésus-Christ ; nous savons de lui ce qui est strictement nécessaire pour profiter des grâces de la rédemption et assurer notre salut éternel ; mais nous ignorons souvent tout le reste, qui ferait de lui la lumière de notre esprit, la plénitude de notre cœur, le roi, —j'allais dire la passion de notre vie.
A quoi cela tient-il ? à bien des causes qu'il serait trop long et inutile d'énumérer: il suffit d’en signaler deux en passant. La première, c'est l'éducation surtout des classes instruites de notre société. Il y a sans nul doute des
lacunes regrettables dans l'enseignement religieux qui se donne au foyer ; il y en a peut-être aussi et de non moins désastreuses dans l'enseignement qui doit succéder à celui des jeunes années et le compléter. Malheureusement ce ne sont pas celles dont nos grands apôtres de réformes dans l'enseignement se préoccupent davantage. Si notre enseignement secondaire et supérieur laisse à désirer en quelque chose, c'est moins parce qu'il ne sait point faire de ceux qu'on lui confie des machines perfectionnées et brevetées pour faire de l'argent que parce qu'il fait arriver aux premiers rangs de notre société un trop grand nombre d'hommes incomplets et de chrétiens imparfaits.
Mais ce n'est pas à l'enseignement seul--je veux dire, ce n'est pas à l'enseignement surtout—qu'il faut s'en prendre. La science de Jésus-Christ, pas plus qu'aucune autre, moins qu'aucune autre même, ne s'apprend point seulement des meilleures leçons des plus excellents maîtres. Si parfait et si complet fut-il, l'enseignement ne dispenserait jamais qui veut savoir de l'étude personnelle, de la réflexion et de la méditation. L'homme ne sait vraiment que lorsqu'il peut dire comme les Samaritains à cette femme qui leur avait apporté la première nouvelle du Messie : ‘“ Jam non propler luam loquelam credimus ” ; ce n'est point au témoignage d’un autre que je m'en remets : j'en crois mes yeux et mes oreilles qui ont vu et entendu Île Verbe de vie et de Vérité. L'âme donc ne peut posséder la science de Jésus-Christ comme toutes les autres sciences qu'à condition d'en avoir fait la conquête personnelle. (1) Or, cette conquête précieuse et difficile entre toutes, on n'y songe guère avant que l'âme ait été mürie par l'âge. Ce travail de réflexion, de méditation, de contempiation dans l'étude et la prière, sans lequel la science de Jésus-Christ d'ordinaire ne s'acquiert point, qui en est capable ou l'entreprend avant vingt ans ? Et après vingt ans, qui s'est soucié de le faire ? Passé cet âge, à quo: se borne l'étude de la religion chez la plupart des hommes et des femmes de la classe instruite de la société ? A relire une ou plusieurs fois l'année un examen de conscience, à répéter des prières que l’on redit depuis l'enfance sans en avoir peutêtre jamais approfondi le sens, à entendre le plus rarement
(1) On n'entend point contester la science infuse, qui est un pur don de Dieu dans l'âme des saints.
possible quelque sermon, le plus court possible,et que l'on ne complète jamais par des lectures sérieuses et la réflexion.
Les éléments de la doctrine chrétienne, ce que l'apétre appelait le lait des enfants, grâce à Dieu, personne parmi nous ne les ignore et ne les méprise ; mais qui donc parmi nous a faim et se rassasie du pain robuste des âmes adultes dans la foi ? Nous avons bien cette science élémentaire de la morale et de la foi sans laquelle nous ne saurions être admis à la participation des sacrements, ni remplir les devoirs quotidiens de la vie chrétienne ; mais ce qui fait le fond mème du christianisme et de toute religion, puisqu il n'y a point d'autre religion que le christianisme, - Mais Jésus-Christ lui-méme, ce Fils de Dieu vivant trente ans de notre vie mortelle pour nous révéler les secrets de Dieu et nous donner l'exemple de toute sainteté, mourant Sur une Croix pour nous assurer l'amitie de Dieu sur la terre et les joies éternelles de l'autre vie, éternisant dans un sacrement le mystère de sa présence au milieu des hommes et de sa mort pour leur salut, se survivant dans son Eglise pour les enseigner et les diriger, perpétuant dans les saints les miracles de sa puissance et l'exemple de ses vertus, qui donc, à l'âge où il a pris possession de ses facultés, a mis, je ne dis pas un an, je ne dis pas un mois ni une semaine, mais un jour, mais une heure pour l'étudier et v réfléchir sérieusement ? Hélas ! nous comprenons si peu l'importance de connaître à fond Jésus- Christ que si quelque prédicateur entreprenait de nous instruire sérieusement des mystères de sa vie et de sa mort, je ne sais pas si prêtres et fidèles ne jugeraient pas que prédicateur et auditeurs perdent leur tenips et leur peine, l'un à donner, les autres à écouter des enseignements qui touchent si peu à la pratique de la commune vie chrétienne.
Pourtant, ce n'est pas au prêtre et au religieux seulement qu'est réservée la science de Jésus-Christ. Elle est nécessaire au simple chrétien et tellement nécessaire qu'il sera toujours chrétien imparfait s'il connait imparfaitement Jésus-Christ. C'est être chrétien à moitié que de n'avoir de Jésus-Christ qu'une connaissance sommaire, de le connaître seulement de nom et par ouï dire, comme ces personnes dont on a toujours entendu parler, mais que l’on n'a jamais vues et auxquelles on n'a jamais parlé.
Et comment serions-nous chrétiens, ayant l'esprit de Jésus-Christ et sur toutes choses les pensées de Jésus- Christ,si en fait Jésus-Christ est pour nous un étranger, si, arrivés à l’âge d'homme, nous ne l'avons jamais rencontré dans nos études,dans nos prières,dans nos réflexions, dans ces conversations intimes de l'âme où il se révèle à ceux qui le cherchent ?
Et si nous connaissons si imparfaitement Jésus-Christ, comment pourrons-nous l'aimer, comme il doit être aimé de tout chrétien ?
Il y a cinquante ans, dans une conférence fameuse,un grand orateur, amant passionné de Jésus-Christ, prouvait la divinité de son Maître par cet amour qui lui survit dans le cœur des hommes, dans le cœur des saints. Il y a cependant un mystère plus inexplicable que celui de l'amour des saints pour Jésus-Christ jusqu'à l'extase, jusqu'à la folie et au martyre volontaire ; cest celui de l'indifférence d'un grand nombre de chrétiens,
Qui vivent de sa mort et qui mourraient sans lui,
et n'ont aucun amour pour lui.-—-Qui donc est aimé comme Jésus-Christ ? demandait Lacordaire. Hélas ! mes frères, si nous mettions la main sur notre cœur et sur celui d'un grand nombre de chrétiens, ne pourrions-nous pas demander avec tristesse : Qui donc n’est pas aimé plus que Jésus- Christ ?
Mystère d'indifférence et d'insensibilité ! oui, sans doute, mais qui s explique par l'inintelligence et l'irréeflexion. Car pourquoi n'aimons-nous pas Jésus-Christ ? Nous l’aimons implicitement, mais explicitement nous ne l’'aimons pas, comme tous les êtres qui nous sont chers, desquels nous vivons et qui vivent de nous. Pourquoi n'aimons-nous pas Jésus-Christ humainement ? Pourquoi son souvenir et son nom ne font-ils presque jamais tres saillir notre cœur ? Pourquoi ne nous ess il jamais présent et n'avons-nous rien à lui dire ? Parce que nous ne le connaissons pas ; parce que nous n'avons jamais fait avec lui connaissance intime et personnelle ; parce que nous n'avons l'intelligence ni de sa vie ni de sa mort,ni de sa survivance sacramentelle dans l'E ucharistie, ni de sa vie mystique dans l'Eglise et dans les âmes. De là vient que chrétiens par le baptème et de profession, chrétiens de
désir et d'intention, et même par des œuvres de foi et de charité, vivant de la pensée de Jésus-Christ par la foi et de son sang par les sacrements,nous semblons avoir un cœur pour tout, excepté pour Jésus-Christ.
De là vient aussi que Jésus-Christ occupe une si petite place, —j'allais dire une place dérisoire dans notre vie comme dans notre cœur. Car la vie d'un grand nombre de chrétiens de haut rang,estimables d'ailleurs et craignant Dieu, ressemble à leur demeure : il y a place pour tout, excepté pour Jésus-Christ. Entrez dans certaines demeures somptueuses, chrétiennes, parce que des chrétiens les habitent, et cherchez-y Jésus-Christ ; vous ne l'y trouverez pas. Dans les appartements d'honneur, il y a place pour tout, pour les souvenirs de famille, pour les objets d'art, pour des meubles précieux, pour tout ce qui tient au cœur de ceux qui y vivent, pour des riens de grand prix, pour tous ces objets inutiles, témoins encombrants d'une richesse qui ne se refuse rien, ou d'une aisance qui se donne comme elle peut, par la magnificence du mauvais goût, l'illusion de la fortune ; mais de Jésus-Christ il n'y a aucune trace ni aucun souvenir. Ne le cherchez pas davantage dans les appartements voisins, ceux où doit vivre habituellement cette famille chrétienne ; vous n'y trouverez ni sa Croix, ni son image, ni rien qui vous dise qu'il est ici présent, qu'il y est chez lui dans une demeure dont il est le maître et le roi. Il y est pourtant, mais dans un endroit retiré, dans ces appartements intimes où ne pénètrent même pas les amis ; où l’on vit d'ordinaire seulement aux heures où l'on ne voit rien et où l’on ne peut penser à rien. C'est la toute la place réservée à Jésus-Christ dans un grand nombre de maisons chrétiennes : c'est la même place qui lui est faite dans la vie d'un bon nombre de chrétiens.
Je n’ignore pas,mes frères,que la part de Jésus-Christ est plus grande dans nos actions et nos œuvres que dans nos sentiments et nos pensées ; car nous restons chrétiens par habitude et par les pratiques dans l'âge mûr comme dans l'enfance, sans que Jésus-Christ croisse dans notre esprit et notre cœur pour y arriver à la plénitude de l'âge parfait. C'est pourquoi je vous disais tout à l'heure que Jésus-Christ parmi nous gouverne sans régner. Or,]Jésus- Christ veut bien sans doute la vie et le fidèle service du
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chrétien ; mais ce qu’il désire avant tout, c'est le chrétien lui-même, c'est son esprit st son cœur, puisque c'est par eux qu'il est homme et par eux aussi qu'il doit être chrétien. La vie humaine est gouvernée par le cœur et la raison : elle n'appartiendra fermement et totalement à Jésus- Christ que s’il règne pleinement et lui seul sur l’intelligence et le cœur du chrétien.
Voyez, quand Jésus-Christ veut s'emparer d’une âme et régner sur elle et par elle, que fait-il ? II la saisit, il la pénètre de sa présence, de sa beauté, de sa puissance, il investit son intelligence de sa splendeur et de sa gloire, et elle le voit partout et en tout et voit tout en lui ; il déborde dans son cœur et dans sa vie.
Voyez S. Paul. Il court comme un furieux sur le chemin de Damas. Jésus-Christ le voit : il veut en faire l'Apotre, le plus glorieux instrument de son règne sur la terre. Il l’arrète, il se montre à lui dans le ravissement et l'extase. C'en est fait, Paul l'a vu : il ne voit plus rien que Jésus-Christ, il ne sait plus rien que Jésus-Christ, il n'aime plus rien que Jésus-Christ, il ne vit plus que pour Jésus-Christ, ou plutôt, c'est lui-mème qui le dit, ce n’est plus Paul qui vit, c'est Jésus-Christ qui vit en lui.
L'histoire de S. Paul est l'histoire de tous les saints. Tous les saints sont comme lui, Jésus-Christ vivant et rayonnant dans une âme et un corps transfigurés. Or, la sainteté vient en nous comme en eux ; il faut que Jésus- Christ remplisse de sa lumiére et de sa grâce notre esprit et notre cœur pour de là descendre dans les facultés ouvrières de notre vie ; comme la lumiére du soleil n'éclaire et ne féconde les plaines et les vallées qu'après avoir illuminé la cime des montagnes. Car la vie chrétienne est substantiellement la même en nous et dans les saints : il n'y a que des différences de dégrés. [ls ne sont que des chrétiens parfaits : nous ne sommes que des saints commencés. C'est pourquoi la théorie américaine qui voudrait faire des saints modernes des machines à bonnes œuvres simplement perfectionnées parce qu’on appelle des vertus actives, a le tort d'être aussi contraire à la foi qu'au bon sens. La loi de la saintete, la même pour tous les temps, c'est que Jésus-Christ règne uniquement dans l'esprit et le cœur, pour de la règner ensuite dans la vie entière. //æc
est vila ælerna ut cognoscant te solum Deum verum et quem du misisti Jesum Christum.
Voilà pourquoi Notre Seigneur Jésus-Christ voulant renouveler la vie surnaturelle dans les âmes chrétiennes, il y a deux cents ans,n'a point révélé au monde des lois nouvelles et des devoirs nouveaux, ni de nouvelles vertus inconnues aux siècles passés et nécessaires aux temps modernes. Il est apparu avec son cœur à découvert ; il a demandé qu'on le connaisse pour l'aimer,qu'on le connaisse parfaitement pour l'aimer parfaitement, mais d’un amour qui prenne toute la vie et fasse porter à l'âme les fruits de toute sainteté.
À nous aussi tout à l'heure il va se montrer une dernière fois dans son sacrement. Voyons-le, non des veux du corps, sous cette humble apparence du pain, mais des veux de la foi, avec sa croix, sa poitrine entrouverte qui veut nous découvrir les secrets de son cœur adorable, son rega”{ plein de tendresse humaine et de bonté divine fixé sur . ous. Puisse-t-il ravir tellement notre âme qu'il lui soit toujours présent et qu'elle le voit partout et voit tout en lui. Puisse-il être désormais le roi unique de notre esprit, de notre cœur et de toute notre vie ! Adventat regnum tuum ! Que votre règne, à Jésus, s'achève et s'affermisse en nous ! C'est notre première prière : ce sera le premier fruit de ces fêtes.
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Adveniat regnum tuum ! Que le règne de Jésus- Christ arrive, non-seulement en nous, mais par nous, autour de nous,dans le monde entier,si c'est possible ! C'est notre deuxième prière et le deuxième fruit que l'Eglise attend de ces fêtes.
Ne vous étonnez pas, mes frères, que l'Eglise compte sur vous pour l'extension du règne de Jésus-Christ dans le monde. Encore que vous ne soyez de profession ni apôtres, ni prédicateurs, ni missionnaires, vous êtes tous chrétiens ; c'est dire que vous appartenez à Jésus-Christ, non pour vous-mêmes seulement, mais pour lui, pour son service et pour sa gloire. Vous n'êtes pas seulement chrétiens par le baptême pour être incorporés à Jésus-Christ et recevoir de lui avec la vie surnaturelle toutes les grâces nécessaires au salut ; par la confirmation, vous avez été faits
soldats pour défendre son règne et en reculer les limites aussi loin que portera votre influence.
Et quels moyens avez-vous de travailler à l'extension du règne de Jésus-Christ ? Le premier, c'est l’action. — L'influence est aux hommes d'action, dites-vous souvent ; et vous avez raison.—Eh bien ! c’est par l’action que vous étendrez et affermirez autour de vous le règne de Jésus- Christ : l'action privée et l'action publique.
Je n'insiste point sur l'action privée : ce serait inutile ; mais je dis : l’action publique.-—-Et à cet égard que de chrétiens se font illusion !—Qre de chrétiens honnêtes, pieux, irréprochables dans leur vie privée, qui ont horreur du péché, qui ne manquent jamais de faire leur prière de chaque jour, qui assistent régulièrement au saint sacrifice, s'approchent pieusement des sacrements plusieurs fois dans l'année, sont attentifs à leurs devoirs de famille, mais qui, en dehors de ces devoirs de piété personnelle et de vie privée, croient ne rien devoir à Jésus-Christ, qui, chrétiens à l'église et à la maison, sont partout ailleurs neutres et indifférents ! Mais que leur sert de garder sur leur front le signe de leur baptème, s'ils effacent et dissimulent celui de leur confirmation ? Jésus-Christ ne veut pas seulement des chrétiens de vie privée, des chrétiens de sacristie et de chambre à couche:, il a besoin de chrétiens de vie publique qui le servent devant les hommes comme devant Dieu. L'adorer et le prier dans le secret de sa demeure, le confesser à l'église, mais avoir honte de lui ou ne pas le reconnaître sur la rue et sur la place publique,oublier là et faire oublier autant qu'on le peut qu'on est chrétien, c'est le renier publiquement. En un mot, être chrétien à l’église et à la maison seulement et partout ailleurs homme d'affaires, citoyen, journaliste, politicien, tout, excepté chrétien, c'est en réalité n'être qu’un mauvais chrétien.
Le chrétien est soldat de Jésus-Christ. Sa place est partout où l'appellent l'honneur et l'intérêt de son Roi qu'il doit servir en tout temps et en tous lieux avec les armes qu'il en a reçues. Vous entendez ? C'est Jésus-Christ qui vous a fait ce que vous êtes. Tout ce que vous avez d'intelligence, de puissance, d'influence, c'est lui qui vous l'a donné pour son service et pour sa gloire : n’en pas user pour ses intérêts, mais seulement pour servir de mesquins et vulgaires intérêts de personnes ou de partis, c'est plus
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qu'une ingratitude, c’est une trahison. Tous les chrétiens n'ont pas la même place ni le même grade dans l’armée du Christ, tous n'ont pas reçu les mêmes armes : mais tous sont soldats. Le devoir du soldat c'est de marcher dans les rangs, de suivre les chefs,de ne pas devancer,de ne pas traîner, de ne pas s'esquiver, de ne jamais pactiser avec l'ennemi. Donc, chaque fois que l'honneur du Christ-Roi est engagé, directement ou indirectement, il a le droit de compter sur votre dévouement et votre service dans le poste où sa providence vous a placés. Si Dieu vous a confié le pouvoir, vous userez de votre pouvoir pour faire régner Jésus-Christ dans la société par les lois et les mœurs. Si vous avez reçu en partage l'autorité plus glorieuse encore qu'assurent la supériorité de l'esprit et la sagesse dans les conseils, vous agirez puissamment pour établir son règne dans les esprits. Si vous n'exercez guère d'influence que celle de votre fortune, vous la mettrez généreusement au crédit de ceux qui savent autrement travailler au règne de Jésus-Christ.
Ce serait peu de nous mettre nous-mêmes avec tous nos moyens d'influence au service de Jésus-Christ. Nous pouvons presque toujours faire plus par les autres que par nous-mêmes, en prêtant, à défaut de ressources, notre appui moral et nos encouragements à tous ceux qui travaillent avec zèle à étendre le règne de Jésus-Christ. Il est glorieux et méritoire de donner sa vie pour une grande cause ; mais il est quelquefois plus difficile et plus nécessaire d'inspirer le courage et donner la force à ceux-là seuls qui peuvent le servir.
Enfin,si vous ne pouvez exercer sur la société où vous vivez aucune de ces influences dirigeantes, parce qu'il a plu à Dieu de vous imposer des devoirs moins glorieux devant les hommes, mais non moins méritoires devant lui, ne croyez pas que vous ne puissiez rien faire pour le règne de Jésus-Christ. Ce n'est jamais peu de chose que l'exemple d'une vie pleinement et totalement chrétienne. Soyez chrétiens dans les moindres actions de votre vie publique comme de votre vie privée, que l’on sache que personne ne pourra compter sur votre appui et votre dévouement s'il n’est lui-même chrétien dans tous les actes de sa vie publique, et vous ferez beaucoup pour le règne de Jésus- Christ.
Le deuxième moyen en votre pouvoir, c’est la parole.
Nous sommes dans un temps où l'opinion fait les rois, les rois qui règnent et ceux qui gouvernent. Or, c'est la parole qui fait l'opinion, non seulement la parole publique qui tombe d'une tribune populaire ou parlementaire, et la parole écrite du livre et du journal, mais la parole intime du foyer et la parole semi-publique du salon.
Je n'ai garde de contester la puissance terrible de la parole publique et de la presse pour déterminer dans l’opinion ces courants irrésistibles qui font et défont les pou-
voirs humains selon les exigences des intérêts matériels qui préoccupent une société. Mais ce ne sont pas toujours les journaux et les tribuns qui font |' opinion : : d'ordinaire, ils la suivent, mais ne la font pas. L'opinion,c'est la conscience publique qui est à la vie sociale ce qu'est la conscience à la vie humaine !'elle relève d'une autre influence qui fait les mœurs et l'esprit d'un peuple. Cette influence, Mesdames, elle est entre vos mains. C’est pourquoi c’est à vous particulièrement que je demande ce soir de faire l'opinion en faveur du roi Jésus.
Or, vous ferez l'opinion en faisant les mœurs et l’esprit de la société, par vos exemples sans doute, mais aussi par votre parole, par vos conversations et cette atmosphère imprégnée de sens chrétien que vous saurez créer et entretenir dans vos salons et autour de votre foyer. Là vous êtes reines et l'usage du monde vous accorde un empire incontesté. Qui peut,comme la femme chrétienne, bannir de la société la morale mondaine et les idées anti-chrétiennes ? Qui peut et qui sait comme elle propager l’idée chrétienne ? Qui peut comme elle faire contrepoids aux erreurs qui courent le monde et reconquérir par cette sainte influence de l'esprit chrétien tout ce que les passions de la vie publique font si facilement perdre à Jésus-Christ dans les âmes qu’elles ont la mission de fortifier et de garder pour lui ?
C'est donc vous, surtout, femmes chrétiennes, qui affermirez le règne de Jésus-Christ dans ia société en bannissant de vos maisons les lectures malsaines, les conversations suspectes pour la foi et la morale, en y faisant régner par les conversations et les mœurs l'esprit chrétien. Vous aurez soin, par la culture sérieusement chrétienne de votre esprit, comme par la douce gravité de vos mœurs et la séduction de vos vertus, de garder entière pour le servi-
ce de Jésus-Christ cette influence à laquelle tout finit par céder et qui gagnera tout à Jésus-Chirst.
Et nous aussi, chrétiens,nous rendrons à Jésus-Christ ce service de la parole, de la parole publique comme de la parole privée. Que nous servirait-il d'etre chrétiens d'esprit, si nos paroles renient nos pensées ? Et que nous servirait de parler en chrétiens dans le cercle intime de la famille et des :mis,si en public nous dissimulons nos croyances, si nous gardons un silence prudent quand l'honneur et le service de Jésus-Christ nous font un devoir d'écrire ou de parler en chrétiens ? Ah ! qu'il plaise au Seigneur Jésus de nos délivrer à jamais de ce démon muet, qui possède un si grand nombre de chrétiens, quand son honneur seul est en jeu !
Enfin,mes frères,qui que nous soyons,quels que soient notre âge et notre condition, nous avons tous un moyen plus puissant encore que la parole et l'action de travailler à l'extension du :egne de Jésus-Christ dans le monde : c'est la prière. Il faut agir, quand on le peut, et que l'action étendra l'influence de Jésus-Christ. Il faut parler quand la parole est opportune et qu’elle peut servir efficacement les intérêts de Jésus-Christ. Mais on peut toujours prier et la prière est toujours efficace : la prière est l'arme ofensive et défensive la plus formidable aux mainsdu chrétien.
Quand les Hébreux entrèrent dans la terre promise pour en prendre possession, il leur fallait d'abord emporter d'assaut une ville puissante, imprenable. Dieu leur dit de faire sept fois le tour de la ville en sonnant des trompettes sacrées. Au septième tour, les murailles de Jéricho tombèrent et livrèrent la ville aux enfants d'Israël. La priere est la trompette sacrée aux mains des chrétiens, qui fait tomber quand ils le veulent les forteresses ennemies de Jésus-Christ. C'est pourquoi Notre Seigneur a mis sur toutes les lèvres chrétiennes cette prière : Adventat regnum tuum ! Que votre règne arrive ! Si seulement nous savions prier pour l' accroissement du règne de Jésus- -Christ!
A la fin du seizième siècle, quand” la moitié de l'Europe se fut séparée de l'Eglise et que la chrétienté divisée par les intérêts politiques des souverains, allait succomber devant la puissance musulmane, Dieu voulant sauver le règne de son Fils, donna à son Eglise, non pas un grand politique, ni un grand capitaine, mais un homme de foi et
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de prière pour la gouverner : ce fut Pie V. En six années de règne, S. Pie V fit ce que les Pontifes Romains, un concile œcumenique et les princes chrétiens n'avaient pas pu faire en un siècle : il arrêta les progrès du protestantisme et porta un coup mortel à la puissance musulmane.
Sans doute, ce grand Pape sut agir, il sut parler,mais surtout il sut prier et faire prier. Il arma pour la défense de l'Eglise et du nom chrétien ses confrères du Rosaire et les miten prières. Et quand on prévint le Sultan des préparatifs du Pape et des troupes qu'il avait assemblées, Soliman répondit : ‘‘ Je crains plus les Ave Maria de ce Pape que les armes de ses soldats.” Il avait raison : ce n'est point la puissance des armes, ni le génie de la politique, ni l'éloquence de la parole, c'est la prière qui a toujours eu raison des ennemis de Jésus-Christ et c'est elle encore le plus ferme soutien de son règne et sa plus sûre espérance.
C'est pourquoi le grand et sage Pontife qui gouverne l'Eglise dans ces jours troublés où le règne de Jésus-Christ est partout combattu avec acharnement, ne cesse d'exhorter les chrétiens à la prière, afin qu'ils obtiennent par elle l'afflermissement et l'extension du règne de Dieu par Jésus- Christ sur toute la terre. C'est ce qu'il nous exhorte à demander cette année surtout avec instance à Dieu par ie Cœur Sacré de Jésus.
Tous les jours, depuis notre enfance, nous disons à Dieu : Advenial regnum luum ! Avons-nous pensé une seule fois à demander l'extension du règne de Jésus-Christ autour de nous et même au loin par les conquêtes des missionnaires et des apôtres ? Hélas ! nous ne savons peutêtre pas s’il v a encore des apôtres et des missionnaires ! Nous nous intéressons à tout, aux guerres justes ou injustes dont nous suivons avec passion toutes les péripities, aux débats de la politique, à l'étalage et au triomphe de la force brutale et musculaire,aux détails les plus répugnants des crimes qui épouvantent et deshonorent la société, à tout ce qui intéresse et passionne la curiosité humaine; la seule chose qui ne nous préoccupe point et qui semble ne nous intéresser en rien, c'est celle qui devrait passionner davantage l'âme du chrétien, l'accroissement ici-bas du règne de Jésus-Christ.
: Ces fêtes n'auront pas été inutiles, si, comme l'Eglise
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l'espère, elles nous font bien comprendre que pour le chrétien il n'y a de jour vraiment malheureux et perdu que celui où il n'a rien su faire pour le règne de Jésus-Christ en lui et dans les autres, et que notre premier devoir c'est de le désirer de tout notre cœur et de le demander à Dieu avec ferveur. Nous y penserons désormais tous les jours. Quand nos lèvres répèteront la prière du matin et du soir: Adveniat regnum tuum ! notre cœur dira à Jésus-Christ : Que votre règne arrive en moi et par moi ! Que je sois rempli de vous, afin d'être pour tous ceux qui m'approchent la bonne odeur de Jésus-Christ ! Que votre règne s'affermisse dans les âmes qui vous appartiennent et qu'il s'étende bientôt à toutes les âmes qui ne vous reconnaissent pas encore pour leur Maître et leur Roi. Nous v penserons en assistant à l’auguste sacrifice qui se renouvelle jusqu'à la fin des temps pour le salut du monde et nous dirons à Jésus-Christ : Que votre règne arrive ! Régnez sur toutes les âmes que vous avez rachetées par votre sang ! Mais surtout lorsque par la sainte communion Jésus- Christ mettra à notre service sa toute puissance. nous lui répèterons avec ferveur : Que votre règne arrive ! ! Qu'il arrive parfaitement en moi ‘dès cette vie ; qu'il arrive et se propage par moi ici bas ; qu'il arrive pour moi dans l'éternite de la gloire et de la béatitude.
Ce sera aussi, mes frères, la dernière prière de ces fètes qui vont finir. Dans un instant le roi unique de nos âmes va nous apparaître sur son trône de grâce et de miséricorde ; élevons vers lui la clameur puissante de nos désirs et de notre prière.
Adveniat regnum tuum ! Que votre règne arrive, 6 mon Dieu, en chacun de nous ! Soyez à jamais le roi unique de nos pensées, de notre cœur et de notre vie ! Que par toutes nos actions, que par notre parole et par nos prières nous affermissions votre règne dans les âmes et que nous en reculions les limites, s'il se pouvait, jusqu'aux extrémités du monde !
Adveniat regnum tuum ! Que votre règne arrive, 6 mon Dieu, pour cette vénérable servante qui la première nous a appris à tout demander à Dieu le Père par le Cœur Sacré de son Divin Fiis ; aue votre règne glorieux déjà pour elle au ciel arrive aussi dans:la gioîre da cuite public sur la terre, afin que les honneurs rendus à la servante
rejaillissent sur le Maître qui l'a comblée de ses dons et de ses grâces et remontent jusqu’au Cœur adorable qui en a été la source !
Adveniat regnum tuum ! Que votre règne arrive ! Qu'il s'affermisse à jamais dans cette vénérable famille religieuse, vouée dès son berceau au culte de votre Cœur adorable ! Régnez en elle par cet esprit de charité, de renoncement, de douce austérité, de simplicité et de ferveur apostolique qu ‘elle a reçu de sa sainte fondatrice et qui a fait jusqu'i ici sa gloire devant | É glise ; que par elle votre règne s’étende et s’affermisse ; qu’elle soit toujours, par l'éducation sérieusement chrétienne des jeunes filles, l'honneur de la ville de Quebec et l'un des plus fermes boulevards des mœurs et de la foi chrétienne dans la société de notre pays.
Adveniat regnum tuum ! Que votre règne arrive ! Qu'ils 'affermisse, Ô mon Dieu, dans cette sainte Église de Ouébec, qui la première sur cette terre d'Amérique a élevé un sanctuaire à votre Cœur adorable ! Qu'elle soit à jamais, par une succession de Pontifes puissants en doctrine et en œuvres, par le zèle et la discipline de ses prêtres, par la multitude et la ferveur de ses vierges, par la foi, l’obéissance et la charité de ses fidèles, la lumière et l'exemple des autres Eglises !
Adveniat regnum tuum ! Soyez toujours le Roi de cette chrétienne cité de Quebec d'où tant d'apôtres et de missionnaires sont partis et d'où la foi a rayonné depuis deux cents ans sur ce continent, d’un océan à l’autre. Régnez dans toutes les familles, et gardez en elles la foi e: la piété des anciens âges. Qu'’aux jours du troisième centenaire ses plus vastes églises ne puissent contenir la multitude de ses citoyens qui viendront acclamer le Roi unique de leurs âmes. Et nous, du haut du ciel où nous espérons régner avec Vous, nous mêlerons nos chants de joie et de reconnaissance à ceux de nos frères, et déposant à vos pieds nos couronnes, nous acclamerons avec eux le Roi éternel des siècles qui après avoir régné en nous et par nous sur la terre nous aura associés à sa royauté éternelle dans la gloire. Ainsi soit-il.
msn ons seu: ges SR. P. GONTHIER, C des fr. prèch.
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