Anelier, v
Langlois. 7
s'entendirent pour implorer l'intervention du roi do France, lui dénoncer l'ambition de la Castille et lui demander un gouverneur qui « justiciât leur terre avec roideur ec loyauté ^ », Les chroniqueurs de Saint-Denis ne parlent pas de cette ambassade; mais, qu'elle ait été envoyée ou non, Philippe III était alors très disposé à l'accueillir. Il faisait élever auprès de lui la légitime héritière du royaume pyrénéen; n'avait-il pas on même temps le droit et le devoir de protéger les intérêts de la reine Blanche et de sa fille? Il y aurait eu déshonneur à les abandonner \ Mais il avait bien d'autres raisons de s'émouvoir en leur faveur; on n'avait pas tardé à penser ^ à la cour de France que le mariage de dona Juana avec l'un des fils du roi serait fort profitable à la dynastie capétienne. Ne pouvait-on pas se dégager aisément de la promesse faite à l'infant d'Aragon? Gomme la reine Blanche avait consenti de grand cœur, on avait rédigé, en mai 1273, le traité d'Orléans, pour fixer les conditions de l'union à intervenir*; Blanche avait cédé au roi le droit qu'elle avait au gouvernement de la Navarre jusqu'à la majorité de sa fille. Comme il y avait entre les futurs, dona Juana et Philippe de France, parenté canonique au 3^ degré, le pape avait accordé une dispense ^ et, par là, confirmé la convention. 11 est clair que Philippe III ne pouvait plus, après cette promesse de mariage, se désintéresser des choses d'Espagne.
Déjà, en décembre 1274, Philippe le Hardi avait ordonné au sénéchal de Carcassonne de convoquer les hommes qui lui devaient le service militaire, sans doute pour surveiller les frontières d'Aragon ". Après le traité d'Orléans, il informa les Navarrais qu'il avait reçu leur pays « sous sa garde spé-