Ihid., AA, 26. — Cf. B. N., Coll. Doat, L, f
7. Arch. de Narbonne, AA, 10 i, fo 57. — Cf. Uist. gên. Lang., X, c. 170, n" 3.
procédure dilatoire, il résolut de trancher, suivant son expression, le différend à coups d'épée K Or, la famille de Narbonne, maîtresse des diocèses de Narbonne et de Béziers, alliée aux maisons de Foix et de Castille, était la plus puissante de celles qu'avaient épargnées les guerres albigeoises. Aimeri ne cachait pas sa haine pour les Français. « Certain jour, raconta plus tard aux enquêteurs le clerc G. Gathala, j'allais à Béziers avec un clerc; je rencontrai le vicomte sur la route avec toute sa suite et, l'ayant rejoint, je lui dis, après avoir chevauché quelque temps de compagnie, que son frère Amauri le priait de se purger devant le roi de France des accusations de haute trahison qui pesaient sur lui. Il répondit à haute voix qu'il s'en moquait, et qu'il voudrait être noyé au fond de la mer avec tous les clercs et tous les Français du monde, tant il détestait cette engeance ^. » 11 n'est pas étonnant qu'un tel homme, excédé par les tracasseries des officiers royaux, fier de sa race et aveuglé sur les chances d'une restauration de l'indépendance de son pays, ait pris les armes à l'exemple de Trencavel et de Raymond VII.
On a vu comment le vicomte noua des intelligences avec la Castille et comment le complot échoua avant qu'il eût reçu un commencement d'exécution, vers la fin de mars 1282 ^ Grâce aux rouleaux d'enquête qui ont été conservés *, on sait à peu près comment le gouvernement de Philippe III, instruit du danger, agit pour l'étouffer. Deux messagers du roi. Gui le Bas et Robert Sans-Avoir, arrivèrent promptement à Castres, où ils s'abouchèrent avec le sénéchal de Carcassonne; à Carcassonne, ils trouvèrent Aimeri, qui y avait été cité à propos de certains troubles survenus à Narbonne ; ils obtinrent de lui par de belles paroles qu'il leur baillât son château, « sous prétexte de contraindre plus facilement ceux des bourgeois qui se refuseraient à la paix ». A cet effet.
1. Afch. Nat., J, 102.'), n" 2. Déposifon d'un témoin : « Ex quo isti inquisit,ore3 auirerunt milii jus meuni et dilatant causam dicte inquisilionis , ego tamen faciam et prociirabo quod seulencia super causa dicte inquisitionis ciwi ensibii.s proferctur. »