TOURNOIS
sur son casque de si rudes coups de masse d'armes qu'il devint fou. Les tournois de 1279 comptent parmi les plus célèbres du moyen âge ; ils égalent en renommée le pas d'armes de Cliauvenci, de 1285, qui a laissé de si longs souvenirs dans la Flandre impériale ' ,
Le légat du pape, n'ayant pas relevé assez vivement la faiblesse de Philippe, fut blâmé par Nicolas III en termes très durs. Quoi! le roi avait fait un édit prohibitif et, sur la prière dos grands, il l'avait violé lui-même sans que le représentant du Saint-Siège eût protesté - ! Le légat fut invité à frapper d'excommunication, en vertu des canons des conciles de Latran et de Lyon, ceux qui paraîtraient dans ces fêtes. Il semble que l'énergie do Nicolas III ne resta pas sans effet; car, au parlement de la Pentecôte 1280, l'interdiction absolue des tournois fut prorogée jusqu'à la Pâques prochaine, sous les peines établies ^ Mais l'avènement du légat Simon de Brie au trône pontifical inclina de nouveau l'esprit du roi à l'indulgence. En 1281, Martin IV, reconnaissant que les mœurs étaient plus fortes que les lois, révoqua les anathèmes dont les tenants dos joutes chevaleresques avaient été frappés (encore qu'il maintînt la prohibition en principe), sous prétexte que ces anathèmes entravaient grandement, loin do le favoriser, le recrutement pour la croisade *.
Il faut reconnaître que Philippe le Bel déploya plus de persévérance que son père pour couper court à l'abus des tournois en temps de guerre étrangère ^ Mais quant au duel judiciaire et aux guerres privées, Philippe III et Philippe IV restèrent également en deçà des réformes législatives du règne de saint Louis.
A la vérité, Philippe le Hardi n'alla pas, comme le fit son
1. Voy. le tournoi de Chauvenci, par Jacques Bretex, éd. Delmotte, 1833.