BouTARic, la Fr. sous Ph. le Bel, p
4285, des chambres ambulatoires de la cour judiciaire du roi \
La Curia régis, au sens large de l'expression, comptait encore, en 1270, une chambre sédentaire, celle des maîtres qui s'occupait particulièrement des affaires financières. P^lle siégeait aussi à Paris, mais au Temple et non dans la Cité; on l'appelait « la chambre des contes le roi » et, absolument, la chambre, caméra. Sous Philippe III, M" G. du Temple, Me Nicolas de Nanteuil, Gautiers de Fontaines étaient députés aux comptes du Temple ^; à ce titre, ils surveillaient la comptabilité du trésor et connaissaient des contestations en matière fiscale ^ Ainsi, au sein de la curia primitive, deux corporations distinctes s'étaient déjà formées : l'une, qui devait retenir le titre de curia régis, était une compagnie judiciaire, déjà articulée en sections et munie de règlements; l'autre, qui portait le nom de caméra, était un conseil de judicature financière, encore simple, moins développée, et qui ne devait recevoir ses chartes constitutives qu'au commencement du xiv*^ siècle.
C'est à très bon droit que la cour du palais de la Cité a gardé le nom de curia par excellence, car ses fonctions étaient multiples comme celles de la cour des premiers Capétiens. Outre ses attributions judiciaires, elle avait une grande autorité sur les choses de l'administration et de la politique. Le Conseil d'Etat, en effet, n'a été constitué séparément qu'à une période plus avancée de l'évolution de la ciiria générale. Les personnages qui étaient de service auprès du prince formaient alors tout son conseil quand il était en voyage ou à la guerre *; quand il était à Paris, c'étaient les clercs et les
1. Sur les archives de l'Echiquier, des grands jours et de la l'ommission de Toulouse, voy. notre thèse latine, chop. m.