‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 38 sur 447 · Baud. d'.Vvesnes, loc. cit · texte numérisé non relu

Baud. d'.Vvesnes, loc. cit

une compilation anonyme du xiv" siècle * : « Ce Pierre, maître conseiller du roi et gouverneur du royaume ».

Mais cette toute-puissance, dont il usa pour s'enrichir^ le favori en usa-t-il aussi pour gouverner ou bien n'a-t-il été, comme Philippe III, qu'un comparse brillant sur la scène politique où d'autres jouaient les rôles essentiels? Sur ce point, les textes gardent le silence -, et cela est naturel, car si Pierre de la Broce a dirigé l'administration royale pendant la première partie du règne, son action a été certainement occulte; elle ne pouvait pas laisser de traces. A supposer même qu'il eût rédigé, comme Nogaret, des mémoires et des projets d'ordonnances, ces pièces n'auraient-elles pas été détruites après sa disgrâce? On est donc réduit à formuler des hypothèses sur la valeur, en tant qu'homme d'État, du chambellan de Philippe le Hardi; toutefois il est très vraisemblable que cette valeur a été nulle. Il faut avouer que c'est pendant la première partie du règne que les principales ordonnances do Philippe III ont été rédigées, mais rien n'autorise à croire qu'elles soient l'œuvre du favori : elles ne portent point l'empreinte d'une volonté originale et vigoureuse. Si Pierre de la Broce a gouverné, de 1270 à 1278, il n'a pas eu de politique personnelle. N'est-il pas plus croyable que ce petit gentilhomme, transformé en valet de l'hôtel et en grand seigneur, manqua tout à fait à sa fortune? C'est ce que tend à prouver, sans parler de ses faiblesses de parvenu, l'histoire lamentable de sa chute.

Comme il tomba de très haut très bas, il est demeuré longtemps le type légendaire de l'instabilité des choses humaines, et toute une littérature de complaintes s'est développée sur son nom ^ Sa brusque faveur, l'apparat qu'il eut la simplicité de lui donner, et son éclatante disgrâce sur-

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