‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 415 sur 447 · PAYEURS ET INTENDANTS · texte numérisé non relu

PAYEURS ET INTENDANTS

appelle aujourd'hui, dans le langage technique, les services de l'intendance, de la remonte, de l'artillerie, du génie, sans parler de la marine de guerre,

« Faute de pourvéances », dit un mémoire anonyme, c'est a la t'ois (( honte etdomages » '. Philippe III était payé pour le savoir, lui qui suhit, faute de pourvéances, son fameux échec de Sauveterre et qui se trouva encore, pendant l'expédition d'Aragon, à la disette des vivres ^ On voit pourtant, grâce aux comptes très précieux de l'armée de Navarre et de l'armée d'Aragon, documents très propres à faire comprendre, suivant l'expression des continuateurs de dom Bouquet, les ressources et les pratiques de l'administration militaire à la fin du xni^ siècle, que l'approvisionnement des troupes en campagne s'accomplissait déjà selon un mécanisme assez bien réglé. D'abord, comme beaucoup de gens d'armes étaient « retenus » ou gagistes, il était nécessaire de leur distribuer régulièrement leur solde; on aie compte des charretiers qui transportèrent de Paris à Toulouse r« avoir du roi », l'argent des soldes, en février 1283 ^ Le payeur général de l'armée d'Aragon s'appelait Guerrier des Quarrières \ En Navarre, le gouverneur disposait des fonds et il indemnisait les hommes, soit directement, soit par l'intermédiaire de certains banquiers tels que G. Marzel et G. Rolland de Cahors ^,

Les vivres étaient accumulés longtemps d'avance dans les régions où les armées devaient se réunir, et les agents du roi parcouraient les provinces en opérant en son nom d'énormes achats ^. Des officiers avaient pour fonctions de faire les livraisons aux chefs de compagnie, au fur et à mesure de leurs besoins, et de tenir registre de ces livraisons. On a conservé une partie du rouleau où Jehan d'Ays, principal comptable de l'intendance durant la guerre d'Aragon, a con-

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