GUERRE DE FOIX
du maréchal F. de Yerncuil, qui était chargé d'y recevoir les « montres » : il comprenait les plus grands seigneurs de France; le comte de Bretagne avait soixante chevaliers; le comte de Flandre en amenait cinquante-trois; les comtes de Boulogne, de Rodez, de Pontieu, de Blois, à proportion. L'armée se dirigea du côté de Toulouse, où le roi arriva luimême le 2o mai. D'autres contingents sillonnaient encore la France, se hâtant vers le même hut •. Huit jours après son entrée à Toulouse, Philippe quitta cette ville à la tête de toutes ses forces. Il avait fait, dans l'intervalle, frayer et aplanir les routes ^
Sur le chemin de Pamiers à Bolbonne, le 1" juin, Philippe III rencontra le roi d'Aragon, jadis son beau-père, qui venait l'implorer en faveur du rebelle avec d'autant plus d'autorité qu'il avait défendu à ses propres vassaux de l'aider dans sa rébellion ^ On régla aussitôt les termes d'une capitulation; mais Roger Bernard refusa d'y souscrire. Alors le roi jura qu'il ne partirait point sans avoir détruit le repaire de son ennemi , et il fit miner les rochers sur lesquels s'élevait le château fort où le comte s'était réfugié. C'en fut assez pour que, le 5 juin, le comte de Foix, suivant les conseils de Jaymc d'Aragon et de Gaston de Béarn, se mît, lui, sa famille et ses domaines, à la discrétion du vainqueur, Gaston de Béarn lui-même, allié de très près au comte de Foix, dut s'agenouiller devant son suzerain et se purger par serment de tout soupçon de complicité * ; Roger Bernard fut enfermé dans une des tours de Carcassonne et un sénéchal fut installé au nom du roi dans son comté. Le châtiment avait donc suivi de près l'offense, et l'impression qu'on en retira fut certainement profonde et salutaire ^
i. H. F., XXI, 778.
2. Philippe III fit indemniser les babitaQts foulés par le passage de Tost.
3. Caiuni, GU Archivi H le bibliotcche di Spar/na, fascic. II, p. 191 (1" mars 1272) : «Mandamus vobis qnalenus ipsiim comitem non juvelis coutra diclum regem Fr. pro co quod... nolunius ut aliqiiis de terra nostra faciat ei nialura vel terre
sue ». — Cf. DE TOUHTOULON, JaCiUC 1"', II, 479.