‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 88 sur 447 · Ibid., c · texte numérisé non relu

Ibid., c

4. Roger Bernard fut mis en liberté à la fin de l'anaéc 1273; nous ne savons 'pourquoi M. Dareste [Hi.st. de /<>., H, 2!)8) dit qu'il « mourut presque aussitôt dans sa prison ». — Sur l'abandon du Sabartès par Jayme I''"", V. ue Touktou- LON, Jacme /", II, 480.

LA VACANCE DU SAIiNT EMPIRE 63

cédèrent enfin, le 8 février 1273, en abandonnant le Sabartès.

Dès le 29 juin, Philippe le Hardi était revenu à Limoges et, dès le 23 août, à Saint-Denis \ Jusqu'alors son règne avait été très heureux : il avait fait, pendant l'expédition de Foix, rexpérience de sa force; il avait pacifiquement recueilli mi immense héritage. Le roi d'Angleterre ne songeait plus à réclamer énergiqucment le Quercy ni l'Agenais, il se mourait; deux fois, le 20 mai et le 5 juin, il avait écrit h Philippe pour s'excuser sur l'état de sa santé de ne pas lui avoir encore prêté hommage '; il succomba le 30 novembre. D'autre part, en Italie, les affaires du nouveau roi de France semblaient en bonne voie.

Grégoire X, ancien légat en Terre sainte, avait été élu pape le 1" septembre 1271. C'était un homme des anciens temps, tout pénétré de l'idéal du moyen âge, qui commençait alors à s'obscurcir. Etranger aux passions guelfes ou gibelines de ses prédécesseurs, il avait, comme Innocent III, la passion de la croisade ; il rêvait l'union de tous les peuples chrétiens sous la double magistrature, spirituelle et temporelle, du pape et de l'empereur. Créer un empereur qui pût relever l'i^llemagne, défendre l'Eglise, entraîner à sa suite tout l'Occident à la délivrance de Jérusalem, telle était sa chimère. Or, à son avènement, le monde n'avait point d'empereur; la chrétienté était veuve, depuis plus de vingt ans, de son chef traditionnel.

Pendant l'Interrègne, des princes étrangers s'étaient bien parés du titre impérial, mais l'un de ces pseudo-Césars, Richard de Cornouailles, mourut en Angleterre le 2 avril 1272 ; son rival, Alfonse de Castille, envoya aussitôt deux messagers à Grégoire X pour lui demander de le reconnaître et de fixer le jour du couronnement. Le pape avait plusieurs raisons pour rejeter une pareille requête : Alfonse X ne pouvait rien pour relever l'Allemagne et pour organiser la future croisade; de plus, il était l'ennemi déclaré de Charles d'Anjou, étant le chef reconnu des Gibelins des villes lombardes;

1. Il fit en septembre un voyage en Normandie et un pèlerinage au Mont- Saint-Michel. « Cuni mugno apparatu ubi transiil a civitatibuâ et caslellis Normannie receptus est. » E Chronico Norm. H. F., XXIII, 222.

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