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Le régne minéral

fct ■ Dans les premières années du xvii* siècle, vYHenri IV, le bon roi, exprimait sa sollici- 'citude pour ses sujets dans les termes sui- '■'vants: « Si Dieu me donne la vie, je ferai « qu'il n'y aura point de laboureur en mon « royaume qui n'ait moyen d'avoir une « poule dans son pot. »

Depuis les philosophes des xvn" et iviii' siècles et la Révolution de 1789, qui a enfin amené la mise en pratique de leurs aspirations, les sociétés modernes, et particulièrement' la société française, sont plus exi-

géantes. Elles veulent que. chacun de leurs membres puisse, j'allais dire soit forcé de devenir un propriétaire inttruit, car elles croient que le plus haut degré possible de moralisation ne sera atteint que quand chaque citoyen aura sa part, grande ou petite, tant du savoir général que du territoire national.

L'étude plus ou moins savante et approfondie de chacune des nombreuses branches du savoir humain, et surtout des sciences, peut en effet être mise à la portée 6e tout homme, quel que soit son degré d'instruction; elle doit l'être, car elle aide à combattre l'instinct, elle agrandit l'intelligence, elle éclaire la raison.

L'étude porte l'homme à penser ; elle le met à. même de penser en pleine liberté, c'est-à-dire en dehors de tout sentiment inné, de tout préjugé acquis. Elle lui apprend à se faire des convictions raisonnées de certitude et de doute. Elle lui montre les limites de ce qu'il peut arriver k connaître

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et de' ce qu'il paraît condamné à toujours ignorer. Elle doit surtout lui apprendre à se tenir en défiance vis-à-vis du merveilleux, du surnaturel, qui, ainsi que son nom l'indique, n'existe pas dans la nature, mais seulement dans l'imagination de l'homme qui ne connaît ni l'Univers, ni les phénomènes de tout ordre dont celui-ci est le théâtre.

Aujourd'hui, la plupart des branches des connaissances humaines ne sont encore enseignées que dans des cours supérieurs s'adressant à quelques élus, et aussi dans de trop rares conférences auxquelles la foule conviée ne fait heureusement pas défaut.

Le jour viendra, espérons-le prochain, où elles seront prodiguées dans leurs éléments, non-seulement aux classes d'adultes, mais aussi à l'école primaire, devenue gratuite et obligatoire, car il ne peut être permis qu'k l'idiot, au crétin, de croupir dans l'ignorance.

Après l'enseignement supérieur que l'État

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dispense gratuitement dans les Facultés à tous ceux qui veulent en profiter, la conscience indique encore aux professeurs deux devoirs à accomplir : l'un, le plus important de tous, comme me le disait M. Dumas, le savant chimiste, qui consiste à faire avancer la science, c'est-à-dire la recherche et la découverte de la vérité, par leurs travaux personnels, chacun dans sa spécialité ; l'autre, qui a bien aussi son importance, qui consiste, lorsque le moment favorable se présente, à en répandre les données les plus générales dans lea populations et surtout dans, les niasses laborieuses qui malheureu- , sèment lisent trop peu, peut-être parce qu'il n'y a guère de vrais livres pour elles.

Il n'est pas donné à ces professeurs de faire des propriétaires; c'est à chacun à se tailler, par son travail, une part, la plus grande possible, dans le sol de la patrie; mais il leur appartient de contribuer k répandre l'instruction, J'aime peu à me produire en public, ail-

leurs que dans nos chaires sérieuses; mais je m'estime heureux que votre sous-directeur ait songé à moi cour tous exposer quelques vérités scientifiques dans le langage simple qu'elles comportent. Je remercie M. Simon de m'avoir ainsi fourni l'occasion de remplir, pour la première fois, le devoir que je viens de rappeler, et je vous donne l'assurance que mon concours ne fera jamais défaut à l'œuvre qui a été fondée pour vous.

Les conférences si instructives auxquelles vous avez déjà assisté, vous ont certainement fait apercevoir que l'étude, comme je l'ai dit, provoque la pensée libre. La revue que nous allons faire d'une partie des principales données de la géologie, vous montrera, j'espère, que sous ce rapport cette science n'est inférieure à aucune autre.

Je vais être très-élémentaire, car je dois

m'adresser, non à ceux qui savent la géolo-

• gie, mais à ceux, en plus grand nombre, je

suppose, qui en ont à peine les premières

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