À. — ALBUMINURIE
L'albuminurie a été signalée dans un grand nombre de comas diabétiques et il semble que la plupart des auteurs la considèrent même comme constante.
Nous devons constater que nous ne l’avons décelée que dans 7 des 20 cas étudiés.
Sur 7 cas, six avaient une azotémie élevée.
Mais 1 (Fu...) avait une azotémie normale à 0 gr. 35; signalons que la malade était une tuberculeuse.
L’albuminurie a été constatée les sept fois dès le début du coma diabétique.
Chez deux des malades (Peyr.. et Lem...) qui avaient pu être examinés avant l’appparition du coma lui-même, cette albuminurie n’existait pas.
Chez trois malades qui guérirent, l’albuminurie disparut complètement une fois le coma terminé.
Cette albuminurie a été mesurée deux fois chez Cou... et Br... et s’est toujours montrée légère au-dessous de 1 gramme (0 gr. 46 et O gr. 60).
Mais nous devons donc conclure que cette albuminurie est loin d’être constante puisqu’ellé manquait dans 13 cas dont 9 avaient une azotémie élevée, ce qui ne nous étonne qu’à demi car toutes les néphrites ne sont pas forcément albuminogènes.
B. — CYLINDRURIE
Décrite par Kultz dans le coma diabétique, de nombreux auteurs en ont confirmé l'existence, sans toujours spécifier
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toutefois s’il s’agissait de cylindres granuleux qui seuls ont de la valeur.
Ces cylindres ne furent pas recherchés systématiquement dans toutes nos observations.
Nous les avons trouvés chez trois de nos malades présentant de l’albuminurie. Chez tous les trois dont deux moururent (Bre.. et Cou...) et 1 guérit (Bou...), les cylindres étaient très nombreux et nettement granuleux.
CT GLYCOSURIE
Tous les auteurs sont d'accord pour affirmer que la glycosurie n’est pas souvent très élevée au début du coma diabétique. Mais certains, comme Warburg, Payne et Poulton, Clarke Begg ont insisté sur le taux très bas de cette glycosurie comparée à la hauteur souvent énorme de la glycémie.
Cette opinion n’a pas été confirmée.
Dans nos observations, la glycosurie fut en moyenne de 30 à 40 grammes par litre, quelle que soit l'importance de la glycémie. C’est ainsi que Br... qui maintint une glycémie audessus de 10 grammes n’avait une glycosurie de 38 gramme par litre. Sous l’influence du traitement insulinique, cette glycosurie baisse souvent beaucoup.
D. — ACÉTONURIE
Cette question de l’acétonémie au cours du coma fut une des plus discutées dans ces dernières années.
Nous avons vu combien nombreux étaient les auteurs qui apportèrent des cas de coma sans acétonurie, la plupart se basant uniquement sur le fait que la réaction de Gerhardt était négative et sans apporter de dosages précis.
Lorant par contre, dès 1929, niait tous ces faits en mettant en doute le diagnostic posé de coma diabétique.
Labbé et Boulin partageaient tout d’abord cette opinion en 1931 n’en ayant alors jamais observé et n'ayant pu en découvrir un seul authentique dans les observations publiées qu'ils avaient compulsé. Mais ces mêmes auteurs en obser-
vérent un cas en 1933 et en signalèrent un second en 1934. Mais leurs observations, quoique beaucoup mieux étudiées que les précédentes, n'étaient pas encore absolument complètes car on n’avait pas dosé séparément l’acétone et l'acide 8-oxybutyrique du sang, comme nous l’avons déjà indiqué.
Il nous semble que l’observation n° 1 Bre... ne puisse plus laisser aucun doute sur la possibilité de tels faits.
Dans cette observation, l’acétone urinaire était seulement de 0 gr. 34 au début et l’acide B-oxybulÿrique de 2,23, soit au total 2,57 alors qu’il y avait 0 gr. 260 d’acétone dans le sang et 1 gr. 120 d'acide &-oxybutyrique, chiffres vraiment très élevés. Chose plus importante encore, l’acétone baïssait à 0,19 et l’acide B-oxybutyrique à 0,49. La réaction de Gerhardt était complètement négative alors que la glycémie,
l’acétonémie,
l’azotémie, restaient élevées et vers la fin l’excrétion des corps cétoniques se relevait à 0,23 et 1,07 tandis qu’ils baissaient notablement dans le sang.
C’est évidemment la seule de nos 20 observations montrant de tels faits avec cette netteté saisissante.
Cependant chez Le B... on constata une excrétion très modérée de 0 gr. 15 d’acétone et 1 gr. 49 d’acide £-oxybutyrique le premier jour du coma alors que l’urée sanguine était à 1,50. Mais les corps cétoniques ne furent pas dosés dans le sang.
Cependant les urines de cette malade furent dosées plusieurs mois avant et plusieurs jours après le coma, et les deux fois contenaient davantage de corps cétoniques qu’au moment même du coma.
Chez Dol... également on peut noter que l’acide B-oxybutyrique n’était au moment du coma que de 5 gr. 62 alors que un an avant il était de 18 grammes, la malade n'étant pas alors dans le coma.
Chez tous nos autres malades, le taux des corps cétoniques était d'environ :
1 gramme à 1 gr. 50 pour l’acétone.
10 à 12 grammes pour l’acide B-oxybutyrique et diminuait rapidement avec le traitement insulinique.
Répétons donc que dans certains cas il y a certainement au moment du coma une certaine gêne dans l’excrétion des corps cétoniques, mais que ce n’est pas sur les réactions colorées de Gerhardt ou même sur celle plus sensible de Denigès qu’on peut baser de telles observations, car, comme l’ont depuis longtemps fait remarquer Desgrez, Rathery et Bierry, ces réactions ne montrent pas l'acide 6-oxybutyrique qui joue un rôle si important parmi les corps cétoniques.