CAUSES DU REIN MOBILE
De toutes les influences invoquées, j’en retiens seulement quelques-unes.
Grossesse. — D’abord la grossesse a une influence certaine sur la production du rein mobile ; la grossesse et l’accouchement agissent par les modifications que l’une apporte à la statique pelvienne, par les changements que l’autre apporte à la pression abdominale et parles efforts qu’il occasionne. Le rein mobile est infiniment.
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plus fréquent chez la femme qui a eu des enfants- (60 p. 100, d’après Glénard), bien qu’on ne puissecependant accuser la grossesse à elle seule decréer la mobilité rénale, puisqu’on observe assez souvent le rein mobile en dehors d’elle, et quele déplacement du rein ne s’accroît pas non plus avec le nombre des grossesses (Godard- Danhieux).
Affaiblissement de la musculature de l’abdomen. — Ensuite Y affaiblissement de la musculature de l'abdomen a aussi son importance r les expériences de Volkoff et Delitzine l’ont bien montré. Ils remplissent d’abord la cavité abdominale de liquide, et, en l’évacuant ensuite brusquement, ils provoquent ainsi par dépression subite la mobilisation des reins. L’affaiblissement de la musculature pariétale n’agit pas autrement : il se réalise dans une foule de circonstances, pendant ou après la grossesse d’abord. On le voit encore lors de la suppression d’une grosse tumeur, lors d’un amaigrissement rapide. Ce serait enfin la lésion initiale de l’entéroptose, et tout le système que Glénard a imaginé et développé avec
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tant d’insistance est basé sur celte défectuositéinitiale, qui entraîne la ptose des intestins d’abord et celle du rein ensuite. La néphroptose devient ainsi un des éléments de l’entéroptose. Malgréune grande part de vérité, ce n’est pas tout à fait exact. Godard-Danbicux trouve sur 603 malades 212 néphroptoses, dont 131 sans entéroptose, et 78 entéroptoses dont 97 sans néphroptose : les deux affections sontdonc très séparées de la néphroptose et indépendantes de la tension intra-abdominale.
Corset. — Enfin voici le corset, tant incriminé et souvent avec raison. Et cependant on ne peut accuser le corset seul de faire le rein mobile : les femmes arabes n ont pas de corset, il en est tout de même parmi elles qui ont un rein mobile. Sur 100 femmes qui ne portent ni corset, ni ceinture, il y en a 43 (d’après Trekaki) qui ont cependant un rein mobile.
Hérédité. — A défaut d autre causes, ou » cherché dans l 'Hérédité et dans une disposition congénitale la raison du rein mobile (Guterbock,
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Ewald). Albarran tient compte (les malformations souvent constatées (anomalies vasculaires, stigmates do dégénérescence) et fait du rein mobile une maladie congénitale, une sorte d’anomalie héréditaire, ce qui expliquerait qu’on l’observe de temps en temps chez l'enfant,
Le rein mobile n’est pas une maladie locale ; sa cause est plus haute, plus lointaine, plus indirecte. Le rein mobile n’est que la manifestation locale d’une maladie générale, qui consiste dans un trouble de nutrition des systèmes fibreux, musculaire et nerveux, et dont les manifestations se répandent, se dispersent de divers côtés dans l'organisme. Le rein en est comme le réactif, le critérium : il est le premier atteint et reste souvent la seule manifestation.
Cette maladie est congénitale ou acquise : congénitale, elle l’est quelquefois au sens propre du mot, en ce sens que les enfants arrivent avec les lésions nécessaires.
D’autres fois la maladie est acquise, se développe tôt ou tard, plus souvent tard que tôt, et elle s’accroît avec l’âge, et les diverses manifestations
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de celte maladie s’ajoutent les unes aux autres. Les hernies, les varices, l'es éventrations, l’entéroptosc sont les diverses manifestations successives ou combinées de cette maladie. A cette déchéance préparent toutes les tares abdominales, la dyspepsie, l’entérite, etc.
Le rein mobile, chez ces malades, apparaît quelquefois brusquement, après une secousse violente, une alerte quelconque, un effort d’accouchement; et on parle de rein mobile traumatique . Je ne trouve pas cette expression juste, il n’y a pas de rein mobile par effort. L’effort ne fait que rendre apparente une mobilité qui restait jusqu’alors latente : et quand bien même — ce qui est très vraisemblable — l’effort augmenterait, achèverait de rendre mobile un rein qui ne l’était pas encore au même degré, je ne crois pas qu’on pourrait invoquer ici la causalité de l’effort, car la mobilité était depuis longtemps préparée par les lésions profondes, internes, cachées, qui préexistent à son apparition.
Le rein mobile est toujours spontané, même quand il paraît être traumatique.
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