SCÈNE VII
Les précédents, Salomon, Assc«d.
(Salomon avec sa suite et Assad entrent à gauche par le praticable. Assad porte une tunique blanche avec ceinture d'or. Il marche en hésitant, le yeux baissés vers la terre.)
SALOMON [il considère un instant le Saint des Saints puis s' adressant à Assad:)
Voici l'arche d'alliance, L'éternello majesté; Si ton caur à confiance Le démoQ sera dompté.
Viens, élève ta pensée Vers le Dieu de Débora, Et ta sainte fiancée Par l'rmour te sauvera.
{Sulamith place sa nain sur Vèpaule d' Assad. Salomon se tourne vers le Grand-Prêtre.)
Toi, consacre l'union sainte,
Et sur leurs fronts étends la main.
{Assad est près de Sulamith. Des jeunes gens portant des rameaux verts se dirigent vers Assad. Des jeunes filles portants des rameaux verts se dirigent vers Sulamith. Assad tressaille.)
LE GRAND-PRÊTRE
Que Dieu bénisse à jamais votre hymen.
LE CHŒUR
Amen.
LE GRAND-PRÊTRE
Qu'il vous admette aux spleudeurs de l'Eden.
LE CHŒQR
Amen.
LE GRAND-PRÊTRE
Et que la paix soit sur votre chemin.
LE CHŒUR
Amen.
{Le Grand-Prêtre se place entre les deux fiancés et présente Vanneau à Assad. A ce moment la reine apparaît sur la tribune accompagnée d^Astaroth.)
LE GRAND-PRÊTRE
Que F un à l'autre soit fidèle.
Je vous unis par cet anneau.
ASSAD
(reconnaissant la reine)
Par cet anneau!
Malheur! qui vient à moi? Je rêve... non c'est elle! La vision qui creuse mon tombeau!
[il jette Vanneau]
LE CHCEUR
Il délire! L'enfer tient cette âme rebelle!
SALOMON
La reine ici !
C'est moi vraiment Aux fiancés j'offre un royal présent.
{La reine désigne une coupe remplie de perles que porte Astaroth; elle s^ approche de Sulamith qui recule vivement)
ASSAD
N'es-tu qu'une ombre vaine, Qu'un spectre énamouré?
Malgré ton voile, ô reine, Enfin je le saurai !
(7^ se précipite vers la reine et saisit son voile, les lévites s'emparent de lui)
LE CHŒUR
Arrête, malheureux, as-tu, par cette injure Résolu de souiller l'autel?
SULAMITH
Ah grand Dieu! quel effroi mortel!
LA REINE
[à part) J'ai donc pu le rendre parjure.
SALOMON
Jéhovah, grâce a ton appui, La vérité devant mes yeux a lui.
ASSAD
(à la reine]
Si je délire, ô femme !
A toi de r affirmer,
Toi qui m'a pris mon âme
En te laissant aimer.
De mon malheur tu fus la cause, Condamne-moi si ton cœur l'ose.
SALOMON
Reine, ces mots seraient-ils vrais?
LE CHŒUR
Si tu le peux rends-lui la paix.
LA REINE
Cet homme ment! Je ne le vis jamais!
(Avant de prononcer ces mots la reine s^est montrée un instant hésitante. Elle doit les dire avec un sentiment d^orgueil méprisant.)
LE CHŒUR
Tout est fini, sombre épouvante !
Un immonde démon le poursuit et le hante, Plus d'espoir pour lui désormais.
M:[i^mië,MM:m-&
LA REINE
Je règne sur son âme, Et mon charme est vainqueur, Jamais une autre femme Ne me prendra son cœur.
ASTAROTH
Tu règnes sur son âme Et ton charme est vainqueur, Jamais une autre femme Ne te prendra son cœur.
SULAMITH
Mon âme est torturée, Mon Dieu, c'est trop souffrir, Quand sa perte est jurée Gomment le secourir !
ASSAD
Mon âme est torturée.
C'est trop, c'est trop souffrir !
Ma mort est assurée, Mais je saurai mourir.
SALOMON
Un doute épouvantable
Se dresse devant moi.
Si la reine est coupable ^i
Que Dieu guide le roi! 3
LE GRAND-PRÊTRE
Grand Dieu, que ta victime Éprouve ta bonté.
Seigneur, punis le crime Extirpe l' impiété.