‹ Le reine de Saba, opéra en quatre actesChapitre 7 sur 29 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

Entrée de la Reine de Saba.

On voit paraître d'abord une troupe de soldats, puis, par un des côtés entrent des femmes et des jeunes filles suivies par des esclaves. Les femmes jettent des roses*, les esclaves portent des harpes. Les gardes du corps entrent par le fond. D'autres femmes suivies d'esclaves entrent par le côté opposé à celui où sont entrées les premières et de la même manière. Quatre trompettes se placent sur les gradins du péristyle. Après une courte fanfare paraît le cortège de la Reine de Saba Esclaves des deux sexes avec des vêtements resplendissants d'or de perles et de pierreries. Entrée de la reine et d'Astaroth portées sur un palanquin.. Les esclaves aident la reine à descendre.

CHŒUR GENERAL

Que Dieu garde la reine, Etoile de Saba, Doux rayon qu'au soleil l'orient déroba. Salut, salut ô souveraine!

Salut à toi, Fille, épouse de roi Qui viens de Foasis lointaine; Reine d'amour et de beauté, Fleur de grâce et de volupté!

Salomon entre à son tour, le manteau royal sur les épaules et la couronne en tête. Il est suivi par le Grand-Prêtre par Baal-Hanan par Assad et par Sulamith laquelle se presse contre son fiancé. La reine est couverte de perles et de pierreries. De sa coifiiire tombe un voile brodé d'or qui la couvre tout entière.

SALOMON

0 reine, sois ici la bienvenue; ■ De Salomon vers toi se tend la main. Jérusalem saura, je crois, charmer ta vue Sainte est la terre où finit ton chemin.

LA REINE

Prince, merci ! Je te présente Les trésors dont Saba se vante.

Voici tous les parfums que notre sol mûrit, Les perles que la mer aux pieds d'Ophir nourrit. Je t'offre encor, pour te servir d'esclaves, Trente guerriers choisis parmi les braves. Mes traits enfin que nul ne vit jamais, A te les découvrir, ô roi, je me soumets.

[Elle se dévoile] ASSAD

Songe! non !... je la vois. C'est elle, c'est bien elle ! [R tient ses regards fixés sur la reine qui le regarde froidement]

SALOMON

Qu'as-tu donc, Assad ?

ASSAD

Je chancelle!

Ce sont bien ses divins attraits.

Oui, c'est elle! Cette image Dont le charme fut vainqueur Ne peut être un vain mirage, L'œuvre d'un démon moqueur.

Mon âme d'amour blessée N'a plus rien qu'une pensée, Revivre l'heure passée.

Et mourir de son bonheur.

SULAMITH

Non, sur ce royal visage Rien n' indique la terreur.

Assad, quelle est donc l' image Qui m'a fait perdre ton cœur?

Va, ta triste fiancée

Aura pour seule pensée De guérir l'âme blessée Par une funeste erreur.

LA REINE

Cette plainte, ce langage Me remplissent de terreur.

D' une reine le visage Ne doit pas trahir le cœur.

Pour mon âme caressée Par une haute pensée, L' heure d' extase passée Doit être un rêve menteur.

ASTAROTH

Sur son pâle et lier visage Se reflète la terreur.

Pauvre reine! cette image Doit encor troubler ton cœur; Et ton âme caressée Par une douce pensée Revient à V heure passée Dans une enivrante erreur.

SALOMON

Il chancelle! son visage Dit le trouble de son cœur, A-t-il reconnu F image De son démon séducteur?

Dieu m' inspire 1 >. pensée De guérir l'âme blessée Qui se débat terrassée Par une magique erreur.

BAAL-HANAN

Il tressaille; cette image Met le trouble dans son cœur Et son âme d' un mirage

Subit le pouvoir moqueur.

Reste, pauvre fiancée Ta tendresse repoussée Sauvera Fâme blessée Et l'amour sera vainqueur.

LE GRAND-PRÊTRE

Cette forme, cette image Ont troublé ce lâche cœur.

Je veux pardonner l'outrage, Que Dieu dissipe l'erreur !

Qu' il bénisse la pensée De la triste fiancée Pleurant sur l'âme blessée Par une funeste erreur.

CHŒUR

Sa raison est terrassée, Un démon est dans son cœur.

Dieu bénisse la pensée Qui d' une funeste erreur Sauvera Fâme blessée.

LA REINE

Ce perfide étranger, roi, que veut-il de moi?

ASSAD

Etranger! suis-je donc un étranger pour toi? Vois la fontaine Bien loin, la-bàs, Où vers moi, reine, Tu te penchas.

LA REINE

{le repoussant] Lâche! Je ne te connais pas.

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